Archives pour la catégorie Politique

Guerre en Ukraine : un émissaire de Trump juge l’élargissement de l’OTAN “légitimement préoccupant” pour Moscou, tandis que l’Alliance installe un QG permanent en Arctique

Alors que le conflit en Ukraine entre dans sa quatrième année, les discussions diplomatiques s’intensifient, et les positions occidentales commencent à se nuancer. Le général Keith Kellogg, envoyé spécial de Donald Trump en Ukraine, a récemment déclaré que l’élargissement de l’OTAN vers l’Est constituait une “préoccupation légitime” pour la Russie. Dans le même temps, l’Alliance atlantique annonce l’installation d’un QG permanent dans l’Arctique, illustrant la montée en puissance stratégique dans cette région disputée.

Une position américaine plus nuancée sur l’OTAN

Depuis plusieurs mois, le général Keith Kellogg joue un rôle central dans les efforts de médiation entre Kiev et Moscou. Interrogé le 29 mai par la chaîne ABC, l’émissaire de Trump a surpris en déclarant que les États-Unis ne souhaitent pas voir l’Ukraine rejoindre l’OTAN, reprenant ainsi un argument régulièrement avancé par le Kremlin. « C’est une préoccupation légitime. Nous l’avons dit à plusieurs reprises. Nous avons dit que, pour nous, l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’était pas envisageable », a-t-il affirmé.

Ces déclarations ont rapidement trouvé un écho à Moscou. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a rappelé que Vladimir Poutine avait “constamment” dénoncé l’expansion de l’OTAN vers l’Est comme une menace existentielle pour la Russie.

Une nouvelle rencontre entre les délégations ukrainienne et russe est prévue ce lundi 2 juin à Istanbul. Selon des sources diplomatiques, la Russie devrait y exiger noir sur blanc la non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, ainsi que des garanties similaires concernant la Géorgie et la Moldavie. « C’est un sujet qu’il faut traiter globalement », a insisté Kellogg.

Des réactions européennes plus prudentes

Du côté européen, cette position américaine ne fait pas l’unanimité. Le président tchèque Petr Pavel, ancien général de l’OTAN, a estimé qu’il n’était « pas réaliste, à court terme » que l’Ukraine rejoigne l’alliance. Cependant, il a averti qu’il ne fallait pas abandonner cette perspective, considérant que l’adhésion de Kiev renforcerait l’équilibre stratégique de l’organisation. Les autorités ukrainiennes, de leur côté, n’ont pas encore réagi officiellement aux propos du général américain.

Un nouveau QG de l’OTAN dans l’Arctique

Parallèlement à ces développements en Ukraine, l’OTAN a annoncé l’ouverture prochaine d’un Centre de commandement et de contrôle des opérations aériennes (CAOC) permanent à Bodø, une ville située au nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire.

Cette décision intervient dans un contexte de montée des tensions dans l’Arctique, où la Russie multiplie les initiatives militaires, modernisant ses bases et renforçant sa présence stratégique. Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a justifié ce choix par des raisons “géopolitiques” : « Nous souhaitons que l’OTAN ait un ancrage solide dans le Nord », a-t-il déclaré.

Ce centre viendra compléter les deux autres CAOC déjà existants en Europe, situés en Allemagne et en Espagne. Il aura pour mission la coordination de la surveillance aérienne ainsi que la planification des opérations militaires dans la région arctique, un théâtre désormais central dans les équilibres stratégiques mondiaux.

100 000 Afghans en France : un rapport pointe les limites de l’intégration

Une note de la Fondapol alerte sur l’ampleur de la présence afghane en France et les défis posés en matière d’accueil et d’intégration.

En 2025, la France accueille désormais environ 100 000 ressortissants afghans, contre seulement 1 600 en 2007. Cette augmentation spectaculaire de la population afghane sur le sol français fait l’objet d’une note d’alerte publiée par la Fondapol (Fondation pour l’innovation politique) et signée par Didier Leschi, directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).

Dans ce rapport, Leschi met en évidence les limites du modèle français d’intégration, confronté à une vague migratoire massive et rapide, marquée par des écarts culturels et linguistiques importants.

Une vague migratoire sous-estimée

Le phénomène migratoire afghan a commencé bien avant la chute de Kaboul en 2021. Il remonte à la crise migratoire européenne de 2015, au cours de laquelle des milliers d’Afghans ont quitté leur pays, non seulement pour des raisons politiques, mais aussi économiques.

« Nous avons accueilli des personnes qui n’étaient pas nécessairement hostiles aux talibans, mais qui ont fui la misère économique », observe Leschi. Cette immigration est par ailleurs largement masculine (85 %) et faiblement diplômée, ce qui complique davantage son insertion dans la société française.

Une intégration difficile et des tensions sociétales

Le rapport souligne que plus de la moitié des Afghans présents en France sont sans emploi, en raison de freins linguistiques, éducatifs, mais aussi de différences culturelles marquées, notamment en matière de rapports hommes/femmes.

Didier Leschi pointe également un déficit de volonté d’adaptation chez une partie des migrants afghans, et note que cette communauté est surreprésentée dans la délinquance, notamment sexuelle. En Allemagne, les statistiques montrent que les Afghans sont 20 fois plus impliqués que les Allemands dans les affaires d’abus sexuels sur mineurs. Si aucune donnée équivalente n’est citée pour la France, cette tendance alimente les inquiétudes.

Un modèle d’accueil plus généreux que chez nos voisins

Autre point mis en avant : la générosité de la politique d’asile française. Près de 80 % des demandes d’asile afghanes sont acceptées, alors que d’autres pays européens comme la Suède ou le Danemark ont drastiquement durci leur politique migratoire ces dernières années, allant jusqu’à fermer presque totalement leurs portes aux demandeurs d’asile afghans.

Pour Leschi, ce contraste pose la question de la cohérence des politiques européennes face à des flux migratoires croissants, et de la capacité réelle d’intégration dans un pays déjà confronté à de multiples défis sociaux.

Mali : le groupe Wagner se retire, remplacé par Africa Corps, nouveau bras armé du Kremlin en Afrique

Après plus de trois ans de présence controversée sur le sol malien, le groupe paramilitaire russe Wagner quitte officiellement le pays. Son départ marque la fin d’un chapitre opaque de la coopération sécuritaire entre la Russie et le Mali, et l’ouverture d’un nouveau avec l’arrivée d’Africa Corps, une autre force paramilitaire russe, cette fois placée sous un contrôle plus direct du ministère russe de la Défense.

Une transition discrète, mais stratégique

Du côté des autorités maliennes, aucune confirmation ni démenti officiel n’a été fourni concernant ce retrait. Fidèle à sa ligne depuis 2021, la junte au pouvoir continue de parler “d’instructeurs russes”, tout en refusant de reconnaître ouvertement la présence de mercenaires sur son territoire.

Pourtant, Wagner a bien confirmé son départ. L’organisation tire sa révérence après avoir opéré plus de trois ans au Mali, notamment dans les régions du nord en proie à des conflits avec des groupes rebelles et djihadistes.

Africa Corps, une relève plus institutionnalisée

Le relais sera pris par Africa Corps, nouvelle entité paramilitaire russe, composée d’anciens membres de Wagner et de nouvelles recrues. Contrairement à son prédécesseur, Africa Corps est clairement identifié comme un instrument de projection du pouvoir russe à l’étranger, notamment en Afrique, sous la supervision étroite du ministère russe de la Défense.

Cette réorganisation illustre un changement de stratégie post-Prigojine. Depuis la mort du chef de Wagner en juillet 2023 dans un crash d’avion, le Kremlin semble vouloir centraliser davantage le contrôle de ses forces armées non conventionnelles opérant à l’international.

Un bilan contrasté pour Wagner

Dans son communiqué de départ, Wagner dresse un bilan qu’il qualifie d’“élogieux”, mettant en avant sa participation à la reprise de territoires, notamment la ville stratégique de Kidal, autrefois tenue par les rebelles touaregs.

Mais cette lecture est loin de faire l’unanimité. Si certaines victoires tactiques ont été enregistrées, la situation sécuritaire globale du Mali reste très préoccupante. De vastes zones du pays échappent encore au contrôle des autorités, et les violences contre les civils, parfois attribuées à des mercenaires étrangers, ont été dénoncées par plusieurs ONG internationales.

Un partenariat militaire toujours plus opaque

Le remplacement de Wagner par Africa Corps maintient l’ambiguïté qui entoure la coopération militaire entre le Mali et la Russie. L’absence de communication transparente sur le rôle, les effectifs, et les missions de ces groupes rend difficile toute évaluation objective de leur impact réel sur la sécurité du pays.

Ce changement de façade ne devrait donc pas fondamentalement modifier la nature du partenariat russo-malien, mais il révèle une volonté de Moscou de reprendre la main sur ses opérations extérieures, après les turbulences provoquées par la trajectoire autonome de Wagner.

États-Unis d’Amérique : Elon Musk menacé d’expulsion par Trump, Moscou lui offre un asile politique

Les tensions atteignent un nouveau sommet entre le président Donald Trump et l’ancien conseiller spécial de la Maison Blanche, Elon Musk. Moins de deux semaines après son départ du gouvernement, le milliardaire sud-africain naturalisé américain fait désormais l’objet d’un appel à l’expulsion lancé par Steve Bannon, figure influente de l’extrême droite américaine et ancien proche conseiller de Trump. En réponse, la Russie a proposé ce 6 juin un asile politique à Musk, tandis que l’Union européenne se dit prête à accueillir ses entreprises.

Une rupture brutale avec la Maison Blanche

Elon Musk, fondateur de Tesla et SpaceX, avait été recruté par l’administration Trump pour piloter une ambitieuse mission de réduction des dépenses publiques. Son passage éclair au sein du gouvernement a toutefois provoqué de vives polémiques, notamment en raison de coupes budgétaires massives, de fermetures d’agences fédérales et du licenciement de milliers de fonctionnaires.

Depuis son départ fin mai, les échanges entre Musk et Trump se sont durcis. Le président américain a affirmé avoir mis fin à la mission de Musk, qu’il accuse d’avoir “perdu la tête” après une décision défavorable aux véhicules électriques. Il a ensuite menacé d’annuler toutes les subventions et contrats gouvernementaux accordés aux entreprises de Musk, évoquant une économie de “milliards et milliards de dollars”.

De son côté, Musk a répliqué en accusant Trump d’ingratitude, soulignant qu’il avait largement contribué au financement de sa campagne électorale. Il est même allé jusqu’à affirmer, sans preuve, que le nom du président figurait dans le dossier Jeffrey Epstein.

Steve Bannon appelle à l’expulsion de Musk

Face à cette escalade verbale, Steve Bannon, soutien fidèle de Donald Trump, a franchi une étape supplémentaire en appelant publiquement à l’expulsion d’Elon Musk des États-Unis. Rappelant que Musk est né en Afrique du Sud, Bannon estime qu’il n’a “plus sa place sur le sol américain” après s’être retourné contre l’administration.

Moscou offre un asile politique, Bruxelles déroule le tapis rouge économique

En Russie, cette crise a suscité une réaction rapide du pouvoir politique. Dmitri Novikov, premier vice-président de la Commission des Affaires internationales de la Douma, a déclaré que la Russie était prête à accorder un asile politique à Elon Musk. “Il est peu probable qu’il en ait besoin, mais s’il le souhaitait, la Russie pourrait bien sûr l’accueillir”, a-t-il affirmé.

Selon Novikov, cette querelle relève de “désaccords individuels” et non d’une rupture idéologique majeure, tout en soulignant que Musk pourrait ne pas soutenir un retour des démocrates au pouvoir dans trois ans.

En parallèle, l’Union européenne a aussi réagi, cette fois sur le plan économique. Interrogée par des journalistes, Paula Pinho, porte-parole de la Commission européenne, a affirmé que Musk et ses entreprises seraient “très bienvenus” dans l’UE. Son collègue Thomas Regnier a rappelé l’initiative Choose Europe, visant à attirer les startups et entreprises innovantes sur le continent.

Un homme de plus en plus controversé

Alors qu’il jouissait d’une certaine aura au début de son engagement politique, Elon Musk est aujourd’hui une figure profondément polarisante. Ses actions récentes, tant au sein du gouvernement que dans l’espace public, lui ont valu une impopularité croissante aux États-Unis. En Europe, son rapprochement idéologique avec plusieurs mouvements d’extrême droite a aussi déclenché des réactions hostiles.

Entre conflit politique majeur, menaces d’expulsion, propositions d’asile et bataille d’influence entre puissances mondiales, Elon Musk se retrouve au centre d’un bras de fer diplomatique inédit, qui pourrait redéfinir son avenir… et sa nationalité.

Guerre à Gaza : le corps d’un otage thaïlandais ramené par les autorités israéliennes

Les forces israéliennes ont ramené de Gaza le corps d’un otage thaïlandais enlevé le 7 octobre 2023, lors de l’attaque du Hamas en Israël et retenu depuis dans la bande de Gaza, ont annoncé les autorités, ce samedi 7 juin 2025.

L’armée a indiqué dans un communiqué qu’au cours d’une opération conjointe avec l’agence de la sécurité intérieure (Shin Bet), les forces israéliennes avaient « récupéré le corps de Natthapong Pinta dans la région de Rafah », dans le sud du territoire palestinien.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a indiqué dans un communiqué que le corps de l’otage avait été « ramené en Israël » lors d’une « opération spéciale » dans la région de Rafah.

« Natthapong est venu de Thaïlande en Israël pour travailler dans l’agriculture, car il souhaitait construire un avenir meilleur pour lui et sa famille », a déclaré Israël Katz. Il a été « tué en captivité par l’organisation terroriste des Moujahidine », a ajouté le ministre.

Selon l’armée, le ressortissant thaïlandais avait été « enlevé par des terroristes de l’organisation terroriste Moudjahidine dans le kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023 », laquelle a été mise en cause dans la mort d’autres otages enlevés au même endroit.

L’opération des forces israéliennes pour récupérer le corps « a été rendue possible à la faveur de renseignements précis obtenus lors de l’interrogatoire d’un terroriste, ainsi qu’à des renseignements fournis par le groupe de travail sur les otages et la direction du renseignement de Tsahal », a ajouté l’armée dans un communiqué.

Deux autres corps d’otages ramenés

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait annoncé jeudi 5 juin 2025 que les corps de deux otages israélo-américains, Judy Weinstein-Haggai et Gad Haggai, enlevés eux aussi le 7 octobre 2023 au kibboutz Nir Oz, avaient été ramenés en Israël à la suite d’une opération spéciale à Gaza.

De son côté, le Forum des familles, principale organisation plaidant pour un cessez-le-feu et la libération des otages, a appelé les autorités à « faire tout ce qui est nécessaire pour parvenir à un accord qui permettra de ramener les 55 otages restants », selon un communiqué.

L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1 218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées par le Hamas ce jour-là, 55 sont toujours retenues dans la bande de Gaza, dont au moins 31 sont mortes, selon les autorités israéliennes. Le Hamas retient également la dépouille d’un soldat israélien tué lors d’une précédente guerre à Gaza, en 2014.

Plus de 54 677 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

À Paris, Lula exhorte Macron à conclure l’accord UE-Mercosur

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, reçu jeudi par Emmanuel Macron à Paris, a exhorté son homologue français de conclure l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, auquel Paris et plusieurs autres capitales du continent sont fermement opposées.

Lire la suite À Paris, Lula exhorte Macron à conclure l’accord UE-Mercosur

Gérald Darmanin confirme la création d’un pôle anticriminalité à Bastia dès cet été

En visite à Bastia pour deux jours, le ministre de la Justice a confirmé ce jeudi l’annonce faite en février dernier de la création d’un pôle spécialisé dans la criminalité organisée à Bastia, et ce, dès cet été.

Pôle régional « inédit » contre la criminalité organisée, projet de pôle foncier pour simplifier les successions et souhait d’une nouvelle prison en Corse : le ministre de la Justice Gérald Darmanin a multiplié les annonces mercredi 4 juin à Bastia, assurant que « l’État n’a pas peur de juger en Corse ».

Sur la principale mesure de création d’un pôle anticriminalité à Bastia, le Garde des Sceaux a assuré qu’il « n’existera pas d’autre pôle de cette envergure dans ce combat contre la criminalité organisée dans un autre territoire de la République », ce qui « montre à la fois l’attachement de l’Etat et du ministère de la Justice à la Corse ».

Concrètement, le parquet de Bastia va prendre en charge certaines affaires liées aux bandes mafieuses comme les extorsions, incendies criminels ou trafic de stupéfiants. Les crimes de sang resteront dans le domaine de compétence de la Jirs de Marseille (juridiction interrégionale spécialisée), seule concernée, jusqu’à présent, pour le traitement de la criminalité organisée corse.

Ce pôle « ne vient rien retirer à Ajaccio, pas un magistrat en moins », a déclaré le Garde des Sceaux en confirmant un « renforcement du parquet et du siège » à Bastia pour « lutter contre la criminalité organisée qui agit dans les extorsions de fonds, qui empêche la liberté d’entreprendre, l’égalité entre les citoyens », avec l’ajout de « 57 magistrats et agents du ministère de la justice d’ici 2027″ et des arrivées »dès septembre ».

Après confirmation de la création de ce pôle dans le sillage des annonces du Garde des sceaux en février, le président de l’exécutif du Conseil Corse, Gilles Simeoni a estimé que « le contenu reste à préciser. J’ai toujours dit que l’enjeu essentiel est d’avoir une politique pénale cohérente, à la fois ferme sur les enjeux de répression mais à la fois respectueuse des droits de la défense. J’ai pris acte de la proposition qui a été rendue officielle ce jour. J’attends de voir quel sera le contenu de ce futur pôle ».

Pour sa part la première présidente de la cour d’appel de Bastia Hélène Davo a salué l’annonce de « la création immédiate » de ce pôle régional, « avec la publication dès ce soir d’une circulaire de politique pénale ». En Corse, le nombre d’homicides rapporté à la population est le plus élevé de France métropolitaine.

En même temps, nous lançons la concertation pour créer un pôle foncier à Ajaccio, qui verra le jour, je l’espère, au tout début de 2026″ pour « pouvoir aider la question des successions, de ce désordre (foncier) (..) qui empêche le fonctionnement économique classique de l’île », a également annoncé Gérald Darmanin. La Corse compte de nombreuses parcelles n’ayant jamais fait l’objet d’un titre de propriété, car la majorité des biens immobiliers et des terrains sont en indivision depuis plusieurs générations – ce qui empêche d’établir ce qui appartient à qui, ou dans quelle proportion.

Dans ce qu’il a défini comme « une révolution contre le crime organisé », le ministre est ensuite revenu sur la proposition de loi contre le narcotrafic adoptée en première lecture au Sénat, en janvier, rappelant son soutien à « la création du Pnaco (procureur national anti-criminalité organisée, ndlr) au 1er janvier 2026 », « l’extension de la confiscation de tous les avoirs criminels » et « la création d’un véritable régime de repenti » élargi aux crimes de sang.

Enfin, dans une déclaration unanimement saluée par les élus corses, il a annoncé le retrait des condamnés et mis en examen corses du Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes (Fijait), « afin qu’aucun amalgame avec les terroristes islamistes ne soit au rendez-vous ». Il répondait ainsi à une demande forte du mouvement indépendantiste Core in Fronte.

La visite du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s’est poursuit ce vendredi 6 juin au palais de justice de Bastia, où il a eu l’occasion d’échanger avec les magistrats et agents judiciaires présents en Corse.

Le Ghana muscle sa défense face à la menace djihadiste : une coopération internationale en pleine expansion

Face à la montée en puissance des groupes djihadistes au Sahel et à leur progression vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, le Ghana intensifie ses efforts pour renforcer sa sécurité nationale. Soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, le pays s’équipe et forme ses forces armées pour prévenir une contagion de la violence.

Soutien militaire américain et européen accru

Le 8 mai dernier, l’ambassadrice des États-Unis au Ghana, Virginia Palmer, a remis aux forces armées ghanéennes 14 véhicules blindés de transport de troupes Puma M36 Mk3, d’une valeur totale de 6 millions de dollars. Une donation symbolique mais stratégique : « Ces véhicules aideront à assurer la paix, la stabilité et la protection des frontières du Ghana, tout en contribuant à la sécurité globale, y compris celle des États-Unis », a-t-elle déclaré.

Ce don s’inscrit dans une coopération sécuritaire plus large entre Washington et Accra, estimée à 25 millions de dollars par an. Elle comprend également la fourniture d’équipements, la tenue d’exercices conjoints, ainsi que le soutien à la police nationale.

Quelques mois plus tôt, en février 2024, l’ambassadeur de l’Union européenne au Ghana, le Français Irchad Razaaly, avait lui aussi présenté un lot d’équipements non létaux d’une valeur de 50 millions d’euros, financé par le fonds européen Facilité pour la paix (FEP). Cette aide comprenait notamment des embarcations de surveillance fluviale, des équipements de guerre électronique et de reconnaissance, ainsi que des engins de construction. Une donation de 105 véhicules blindés avait également été réalisée en octobre 2023.

Une menace djihadiste qui gagne du terrain

Si le Ghana renforce ses moyens, c’est que la menace est bien réelle. Le Sahel est aujourd’hui le théâtre d’une intensification des violences armées, menées notamment par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) affilié à Al-Qaïda, et par l’État islamique au Sahel (EIS). Ces groupes cherchent à étendre leur influence idéologique et territoriale vers les pays côtiers, dont le Ghana.

Selon Daniel Eizenga, chercheur au Centre africain d’études stratégiques à Washington, « les pays du Golfe de Guinée, notamment le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Bénin, font face à une pression croissante. Ils perçoivent la situation comme une menace imminente et cherchent à renforcer rapidement leurs capacités avec l’appui de partenaires internationaux. »

Les chiffres confirment cette tendance : les attaques djihadistes ont augmenté de 250 % en quatre ans dans les pays sahéliens et leurs voisins côtiers. Le nord du Bénin et du Togo, mais aussi certaines zones du Ghana et de la Côte d’Ivoire, sont de plus en plus exposés.

Les groupes armés exploitent l’absence de contrôle étatique dans certaines zones rurales, où l’État est peu présent. « Les frontières ne sont pas un obstacle pour eux. Ils s’intéressent aux zones stratégiques : là où vivent les communautés vulnérables, là où se trouvent les ressources, là où leur message peut se répandre », explique Eizenga.

Les vulnérabilités internes : un terreau fertile pour l’extrémisme

Au nord du Ghana, région à forte densité musulmane et historiquement marginalisée, les déficits de gouvernance aggravent la situation. Le chômage des jeunes atteint 39 %, et les infrastructures sont largement insuffisantes. Manque d’eau potable, routes impraticables, soins de santé défaillants et écoles en mauvais état contribuent à une forte vulnérabilité.

Dès 2023, Arthur Banga, chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny, alertait sur ce danger dans une étude pour l’IRIS : « Ces conditions créent un terrain propice à la radicalisation, notamment chez les jeunes. »

Un équilibre délicat à maintenir

Alors que les groupes djihadistes poursuivent leur stratégie d’enracinement au sud du Sahel, le Ghana, longtemps considéré comme un îlot de stabilité, entre dans une phase critique de prévention sécuritaire. Pour ne pas basculer dans le cycle des violences, l’efficacité de la coopération internationale devra s’accompagner d’un renforcement de la gouvernance locale, de la lutte contre la pauvreté et de l’inclusion sociale.

Les mois à venir seront déterminants pour évaluer si le Ghana parvient à tenir la ligne de front contre la menace islamiste.

EUA : “Donald Trump cité par Elon Musk dans l’affaire Epstein : décryptage d’un scandale sexuel aux ramifications politiques”

Le nom de Donald Trump, président des États-Unis, est revenu au cœur de l’affaire Jeffrey Epstein à la suite d’une déclaration explosive d’Elon Musk. Lors d’un échange tendu par médias interposés le 5 juin 2025, l’homme d’affaires sud-africain a accusé le président américain d’être lié au dossier Epstein, relançant une affaire qui mêle exploitation sexuelle, célébrités mondiales, et zones d’ombre judiciaires.

Une déclaration choc dans un climat de tension

Tout commence par une passe d’armes entre Elon Musk et Donald Trump. Alors que le président s’exprime depuis le Bureau ovale sur la fin de sa relation avec Musk — autrefois un allié durant sa campagne — le patron de X (anciennement Twitter) publie une série de messages en direct. Il accuse Trump d’ingratitude, avant d’asséner :

« Donald Trump figure dans le dossier Epstein. C’est la véritable raison pour laquelle ils n’ont pas été rendus publics. »

Une déclaration retentissante, lancée alors même que les tensions diplomatiques étaient à leur comble, devant un chancelier allemand présent à la Maison-Blanche.

Retour sur l’affaire Epstein : un réseau d’abus sexuels

Jeffrey Epstein, financier américain, est arrêté en juillet 2019 par le FBI. Il est accusé d’avoir dirigé un vaste réseau de trafic sexuel de mineures entre 2002 et 2005, avec la complicité présumée de son ancienne compagne, Ghislaine Maxwell. L’affaire remonte en fait à bien plus tôt : dès 2008, Epstein échappe à des poursuites fédérales grâce à un accord controversé signé avec Alexander Acosta, alors procureur en Floride.

Epstein est retrouvé mort dans sa cellule en août 2019, officiellement par suicide. Ghislaine Maxwell est arrêtée en 2020 et condamnée en 2022 à 20 ans de prison.

Des personnalités éclaboussées mais peu inquiétées

L’affaire Epstein implique de nombreuses personnalités : le prince Andrew, Bill Clinton, Stephen Hawking, Michael Jackson, et d’autres. Beaucoup d’entre eux sont cités dans des documents judiciaires déclassifiés début 2024, mais sans preuves concrètes de participation aux crimes.

Bill Clinton a reconnu avoir voyagé à bord du « Lolita Express », l’avion privé d’Epstein, mais nie toute implication dans ses activités criminelles. Quant au prince Andrew, il a conclu un accord financier à l’amiable avec l’une des principales plaignantes, Virginia Giuffre, sans reconnaissance de culpabilité.

Donald Trump et Epstein : des liens ambigus

Le lien entre Trump et Epstein a souvent été évoqué. En 1992, une vidéo montre les deux hommes ensemble lors d’une fête à Mar-a-Lago. Trump avait qualifié Epstein de « type formidable » à l’époque, ajoutant qu’il « aime les belles femmes, et beaucoup d’entre elles sont très jeunes ».

Après l’arrestation d’Epstein, Trump a affirmé s’être éloigné de lui depuis longtemps. Pourtant, des enquêtes journalistiques indiquent qu’il aurait pris au moins sept fois le jet privé du financier. Virginia Giuffre, la principale victime médiatisée, aurait rencontré Ghislaine Maxwell dans la résidence Mar-a-Lago, propriété de Trump, alors qu’elle y travaillait comme saisonnière à 16 ans.

Aucune inculpation ni accusation officielle n’a jamais visé Donald Trump à ce jour. Cependant, l’administration Trump n’a jamais tenu sa promesse de déclassifier entièrement les dossiers Epstein, nourrissant les soupçons.

Des victimes et une affaire sans fin

Virginia Giuffre, devenue le symbole du combat des victimes d’Epstein, s’est suicidée en avril 2025 à l’âge de 41 ans. Son décès a bouleversé les États-Unis et relancé les appels à la vérité. Le public réclame davantage de transparence sur les réseaux impliqués et sur les protections dont a pu bénéficier Epstein.

Que signifie la déclaration de Musk ?

Elon Musk n’a fourni aucune preuve pour étayer ses propos. Mais dans un contexte politique tendu, ses accusations contre Trump trouvent un écho dans l’opinion. Certains y voient une tentative de diversion ou de vengeance personnelle. D’autres estiment que Musk pourrait chercher à peser sur le débat public, voire sur la présidentielle américaine à venir.

Le président Trump n’a pas encore réagi officiellement à cette accusation. La Maison-Blanche reste silencieuse, tandis que l’opposition démocrate réclame une enquête indépendante.

Entre spéculations et responsabilité

Le lien entre Trump et Epstein reste flou, comme pour de nombreuses personnalités citées dans l’affaire. Aucune preuve ne permet aujourd’hui d’affirmer que Donald Trump ait participé aux crimes d’Epstein. Mais l’affaire Epstein continue de hanter la scène politique américaine. La déclaration d’Elon Musk, sans être fondée sur des faits nouveaux, rappelle que les fantômes du passé n’ont pas fini de hanter les puissants.

Blocages en Bolivie: Evo Morales visé par une plainte pour « terrorisme »

Le conflit entre le gouvernement bolivien et l’ancien président Evo Morales, qui souhaite revenir au pouvoir, a connu une nouvelle escalade jeudi, avec le dépôt d’une plainte contre lui pour « terrorisme » ainsi que pour sept autres infractions pénales.(Source : AFP).

Ce dépôt de plainte intervient après la diffusion d’un enregistrement audio présumé dans lequel une voix, attribuée à l’ex-chef d’Etat, appelle à bloquer les principales routes menant à La Paz, la capitale administrative du pays.

L’enregistrement a été transmis mercredi aux médias par un ancien dirigeant proche de l’ex-président de gauche.

« Parmi les principales infractions dénoncées figurent le terrorisme, l’incitation publique à commettre des infractions et les atteintes à la sécurité des services publics », a déclaré le ministre de la Justice, César Siles, auprès de la presse.

Depuis lundi, les partisans d’Evo Morales bloquent les principales routes du centre du pays, notamment dans le département de Cochabamba, son fief politique.

Ils réclament la démission du président Luis Arce, qu’ils accusent d’être responsable de la profonde crise économique que traverse le pays et d’avoir manipulé le pouvoir judiciaire et le corps électoral pour exclure M. Morales de la présidentielle du 17 août.

Pour le gouvernement, ces barrages visent à empêcher l’élection présidentielle et forcer une candidature de M. Morales, qui a gouverné à trois reprises entre 2006 et 2019 et que la justice a déclaré inéligible pour avoir dépassé le nombre autorisé de réélections.

« Aucun chantage »

« Nous n’accepterons aucun chantage », a assuré le ministre Siles.

La loi bolivienne prévoit une peine de 15 à 20 ans de prison pour terrorisme.

Le nombre de barrages ne cesse d’augmenter depuis lundi, lorsque le gouvernement en a recensé une vingtaine. « Il y a plus de 40 points de blocage » dans le pays, a assuré jeudi la vice-ministre de la Communication, Gabriela Alcon.

Selon elle, 30 policiers ont été blessés dans des affrontements avec des manifestants depuis le début de la semaine. Les partisans du premier chef d’Etat bolivien d’origine indigène évoquent aussi des blessés, sans en préciser cependant le nombre.

Le ministre de l’Economie, Marcelo Montenegro, a indiqué de son côté que les blocages causaient chaque jour des pertes de 100 à 150 millions de dollars.

La Bolivie est plongée dans une profonde crise économique, en raison notamment d’une pénurie de carburant provoquée par un manque de devises étrangères.

Evo Morales vit retranché sous la protection de ses partisans dans son fief du centre du pays, dont il n’a pu sortir depuis sept mois, étant visé par un mandat d’arrêt pour une affaire de traite de mineure qu’il nie.

Selon le parquet, Evo Morales aurait entretenu en 2015, alors qu’il était encore président, une relation avec une adolescente de 15 ans, avec l’accord de ses parents, en échange de certains avantages.

Déjà en novembre 2019, le gouvernement de droite en place à l’époque avait déposé une plainte contre lui pour « terrorisme », après la diffusion d’un enregistrement audio dans lequel une voix présentée comme étant celle de Morales appelait au blocage des routes du pays, en pleine crise sociale consécutive à sa démission.

L’ancien président avait nié les accusations. L’affaire n’a pas été poursuivie après l’arrivée au pouvoir de Luis Arce, son ancien ministre de l’Économie.