Le dossier D4vd entre dans une nouvelle phase judiciaire. Accusé du meurtre d’une adolescente de 14 ans dont le corps démembré avait été retrouvé dans une voiture qui lui était attribuée, le chanteur états-unien a comparu le 31 août 2026 devant la justice de Los Angeles. Il a plaidé non coupable, tandis que ses avocats privés se retiraient du dossier au profit d’un défenseur public. Une décision sur l’éventuel recours à la peine de mort n’a, elle, toujours pas été prise.
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David Anthony Burke, connu sous le nom de D4vd, devra finalement répondre devant la justice des accusations de meurtre au premier degré, d’actes sexuels continus sur une enfant de moins de 14 ans et de mutilation illégale de restes humains. Le 27 juillet, après cinq jours d’audience préliminaire et l’audition de douze témoins cités par l’accusation, une juge de la Cour supérieure du comté de Los Angeles avait estimé que les éléments présentés justifiaient la tenue d’un procès. Le 31 août, un nouveau chapitre s’est ouvert : l’équipe d’avocats privés du chanteur a obtenu l’autorisation de se retirer et le bureau du défenseur public du comté de Los Angeles a repris sa défense.
L’affaire remonte au printemps 2025. Celeste Rivas Hernandez, alors âgée de 14 ans, avait été signalée disparue. Le 8 septembre 2025, ses restes ont été découverts dans le coffre avant d’une Tesla immobilisée dans une fourrière de Hollywood. Le véhicule était enregistré au nom de David Anthony Burke. Selon les éléments présentés ultérieurement par les enquêteurs et le parquet, la mort de l’adolescente serait intervenue plusieurs mois auparavant.
L’accusation situe précisément les faits allégués au 23 avril 2025. Selon le parquet du comté de Los Angeles, Burke aurait invité Celeste Rivas Hernandez dans une maison qu’il louait dans les Hollywood Hills. Elle y serait arrivée ce jour-là et n’aurait plus été revue vivante. Le parquet affirme ensuite que le chanteur aurait commandé, dans les jours suivants et sous un pseudonyme, différents outils et équipements, parmi lesquels une pelle, trois tronçonneuses, un sac mortuaire et une piscine gonflable. Ces achats constituent, pour les procureurs, une partie des éléments permettant de soutenir leur scénario concernant la dissimulation du corps.
L’accusation soutient également que la relation entre Burke et l’adolescente avait une dimension sexuelle alors qu’elle était mineure. Elle affirme que la jeune fille aurait menacé de révéler cette relation et que le chanteur aurait craint que cette révélation ne compromette une carrière musicale alors en pleine ascension. Cet élément constitue toutefois la thèse du parquet sur le mobile du crime et non un fait définitivement établi par une condamnation.
Lors de l’audience préliminaire de juillet, les procureurs ont présenté des éléments matériels et médico-légaux destinés à établir le lien entre Burke, le lieu supposé du crime et la victime. Le parquet affirme notamment que le profil génétique de Celeste Rivas Hernandez a été retrouvé dans des prélèvements effectués dans le garage de Burke. Douze témoins ont été entendus au cours de ces cinq jours d’audience. À l’issue de cette procédure, la juge Charlaine Olmedo a conclu qu’il existait suffisamment d’éléments pour que Burke soit jugé.
Cette décision ne constitue cependant pas une déclaration de culpabilité. Dans le système judiciaire états-unien, l’audience préliminaire vise notamment à déterminer si les éléments présentés permettent de poursuivre l’accusé devant le tribunal. La culpabilité de Burke devra être établie au-delà du doute raisonnable lors du procès.
La défense avait d’ailleurs soulevé plusieurs failles dans le dossier de l’accusation. Selon le Los Angeles Times, les enquêteurs n’ont notamment pas retrouvé les outils qui auraient servi au démembrement et aucun témoin n’affirme avoir vu le meurtre. La défense a également obtenu, lors du contre-interrogatoire, qu’un médecin légiste reconnaisse ne pas pouvoir exclure absolument certaines hypothèses concernant les circonstances des blessures mortelles.
Le changement d’avocats
Le 31 août, David Anthony Burke est revenu devant la Cour supérieure du comté de Los Angeles pour une nouvelle comparution consécutive à son renvoi devant un tribunal. Il a plaidé une nouvelle fois non coupable.
Mais l’audience a surtout été marquée par le changement de défense. Blair Berk, Marilyn Bednarski et Regina Peter, qui représentaient jusqu’alors le chanteur, ont obtenu l’autorisation de se retirer. La raison précise de leur départ n’a pas été rendue publique. Dans un communiqué, les trois avocats ont indiqué que le tribunal avait déterminé que Burke remplissait les conditions pour bénéficier d’un avocat commis d’office.
La défense est désormais assurée par Walid Kandeel, du bureau du défenseur public du comté de Los Angeles. Ce changement intervient alors que la situation financière de Burke suscite des interrogations. Des témoignages présentés lors d’une audience antérieure avaient fait état d’au moins 10 millions de dollars de revenus tirés de sa musique entre 2023 et 2025. Le bureau du défenseur public affirme néanmoins avoir procédé à une évaluation financière et avoir conclu que le chanteur remplissait les conditions nécessaires pour bénéficier de cette représentation.
Le parquet, pour sa part, affirme que ce changement d’avocats ne modifiera pas sa stratégie. Le procureur du comté de Los Angeles, Nathan Hochman, a déclaré que son bureau était prêt à démontrer les trois chefs d’accusation au-delà du doute raisonnable. Il a néanmoins reconnu que l’arrivée d’une nouvelle équipe pourrait influer sur le calendrier de la procédure.
La peine de mort encore en suspens
La perspective d’une condamnation à mort est également au centre du dossier, mais là encore, la prudence s’impose.
Burke encourt potentiellement la réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle ou la peine capitale si les conditions légales sont réunies et si le parquet décide de la requérir. Mais au 3 septembre 2026, le procureur Nathan Hochman n’a pas encore arrêté sa décision concernant une éventuelle demande de peine de mort. Il a indiqué que la nouvelle équipe de défense pourrait notamment présenter des éléments destinés à atténuer la responsabilité de son client avant que le parquet ne tranche.
Il serait donc prématuré de présenter D4vd comme un condamné à mort ou d’affirmer que le parquet réclamera nécessairement cette peine.
L’intérêt judiciaire de cette affaire dépasse désormais la notoriété du chanteur. Elle concentre plusieurs questions distinctes : la mort d’une adolescente, la nature alléguée de sa relation avec un artiste majeur, la chronologie des événements d’avril 2025, les éléments matériels réunis par les enquêteurs, mais aussi les limites du dossier que la défense entend exploiter.
Le changement d’avocats constitue, à ce stade, le fait nouveau le plus significatif. Il intervient alors que l’accusation considère avoir franchi le premier obstacle judiciaire majeur : convaincre une juge que le dossier est suffisamment étayé pour aller devant un tribunal. La défense doit désormais reprendre un dossier lourd, constitué après une enquête de plusieurs mois et une audience préliminaire de cinq jours.
Mais entre une accusation solidement documentée et une condamnation, il reste précisément ce que la justice doit établir : la responsabilité pénale de l’accusé. Les éléments présentés par le parquet devront être examinés contradictoirement, et la défense disposera de la possibilité de contester leur interprétation, leur portée et leur fiabilité.
La prochaine échéance est fixée au 19 octobre 2026. Une audience de suivi doit permettre à la justice d’évaluer l’état d’avancement du dossier avec la nouvelle équipe de défense. Aucune date définitive de procès n’a encore été arrêtée. Parallèlement, le procureur Nathan Hochman doit toujours déterminer s’il demandera ou non la peine capitale.
À 21 ans, David Anthony Burke se trouve désormais face à une procédure judiciaire qui pourrait déterminer le reste de son existence. Celui qui s’était fait connaître mondialement grâce à sa musique est aujourd’hui poursuivi dans une affaire dont les accusations sont particulièrement graves. La justice de Los Angeles a considéré que les éléments réunis permettaient la tenue d’un procès. Elle n’a pas encore dit que l’accusé était coupable.
La prochaine étape ne sera donc pas celle d’un verdict déjà écrit, mais celle d’un procès au cours duquel l’accusation devra démontrer ses affirmations et la défense les contester. Dans cette affaire, la présomption d’innocence n’est pas une formule : elle demeure une exigence de justice jusqu’à la décision définitive du tribunal.
Celine Dou