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Gérald Darmanin confirme la création d’un pôle anticriminalité à Bastia dès cet été

En visite à Bastia pour deux jours, le ministre de la Justice a confirmé ce jeudi l’annonce faite en février dernier de la création d’un pôle spécialisé dans la criminalité organisée à Bastia, et ce, dès cet été.

Pôle régional « inédit » contre la criminalité organisée, projet de pôle foncier pour simplifier les successions et souhait d’une nouvelle prison en Corse : le ministre de la Justice Gérald Darmanin a multiplié les annonces mercredi 4 juin à Bastia, assurant que « l’État n’a pas peur de juger en Corse ».

Sur la principale mesure de création d’un pôle anticriminalité à Bastia, le Garde des Sceaux a assuré qu’il « n’existera pas d’autre pôle de cette envergure dans ce combat contre la criminalité organisée dans un autre territoire de la République », ce qui « montre à la fois l’attachement de l’Etat et du ministère de la Justice à la Corse ».

Concrètement, le parquet de Bastia va prendre en charge certaines affaires liées aux bandes mafieuses comme les extorsions, incendies criminels ou trafic de stupéfiants. Les crimes de sang resteront dans le domaine de compétence de la Jirs de Marseille (juridiction interrégionale spécialisée), seule concernée, jusqu’à présent, pour le traitement de la criminalité organisée corse.

Ce pôle « ne vient rien retirer à Ajaccio, pas un magistrat en moins », a déclaré le Garde des Sceaux en confirmant un « renforcement du parquet et du siège » à Bastia pour « lutter contre la criminalité organisée qui agit dans les extorsions de fonds, qui empêche la liberté d’entreprendre, l’égalité entre les citoyens », avec l’ajout de « 57 magistrats et agents du ministère de la justice d’ici 2027″ et des arrivées »dès septembre ».

Après confirmation de la création de ce pôle dans le sillage des annonces du Garde des sceaux en février, le président de l’exécutif du Conseil Corse, Gilles Simeoni a estimé que « le contenu reste à préciser. J’ai toujours dit que l’enjeu essentiel est d’avoir une politique pénale cohérente, à la fois ferme sur les enjeux de répression mais à la fois respectueuse des droits de la défense. J’ai pris acte de la proposition qui a été rendue officielle ce jour. J’attends de voir quel sera le contenu de ce futur pôle ».

Pour sa part la première présidente de la cour d’appel de Bastia Hélène Davo a salué l’annonce de « la création immédiate » de ce pôle régional, « avec la publication dès ce soir d’une circulaire de politique pénale ». En Corse, le nombre d’homicides rapporté à la population est le plus élevé de France métropolitaine.

En même temps, nous lançons la concertation pour créer un pôle foncier à Ajaccio, qui verra le jour, je l’espère, au tout début de 2026″ pour « pouvoir aider la question des successions, de ce désordre (foncier) (..) qui empêche le fonctionnement économique classique de l’île », a également annoncé Gérald Darmanin. La Corse compte de nombreuses parcelles n’ayant jamais fait l’objet d’un titre de propriété, car la majorité des biens immobiliers et des terrains sont en indivision depuis plusieurs générations – ce qui empêche d’établir ce qui appartient à qui, ou dans quelle proportion.

Dans ce qu’il a défini comme « une révolution contre le crime organisé », le ministre est ensuite revenu sur la proposition de loi contre le narcotrafic adoptée en première lecture au Sénat, en janvier, rappelant son soutien à « la création du Pnaco (procureur national anti-criminalité organisée, ndlr) au 1er janvier 2026 », « l’extension de la confiscation de tous les avoirs criminels » et « la création d’un véritable régime de repenti » élargi aux crimes de sang.

Enfin, dans une déclaration unanimement saluée par les élus corses, il a annoncé le retrait des condamnés et mis en examen corses du Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes (Fijait), « afin qu’aucun amalgame avec les terroristes islamistes ne soit au rendez-vous ». Il répondait ainsi à une demande forte du mouvement indépendantiste Core in Fronte.

La visite du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s’est poursuit ce vendredi 6 juin au palais de justice de Bastia, où il a eu l’occasion d’échanger avec les magistrats et agents judiciaires présents en Corse.

Le Ballet National de Marseille se retire du festival Sónar 2025 en solidarité avec la Palestine

Le Ballet National de Marseille, sous la direction du collectif La Horde, a annoncé son retrait du festival Sónar 2025, prévu du 12 au 14 juin à Barcelone. Cette décision s’inscrit dans une vague croissante de boycott culturel visant les liens financiers entre le festival et le fonds d’investissement KKR, accusé d’implication dans les colonies israéliennes en territoire palestinien.

Un retrait symbolique et engagé

Dans un communiqué publié sur Instagram, La Horde a déclaré :

« Nous avons décidé de nous retirer du festival Sónar 2025 en raison de son association avec le fonds d’investissement KKR, impliqué dans des activités en lien avec les colonies israéliennes en territoire palestinien. »

Le collectif affirme que ce retrait ne vise pas l’équipe du festival elle-même, mais qu’il répond à une exigence éthique : ne pas être complice d’une situation qu’il considère comme une injustice envers le peuple palestinien.

Une vague de désistements d’artistes internationaux

Le Ballet National de Marseille n’est pas seul à se désengager. Selon El País, environ 50 artistes et collectifs ont annulé leur participation, parmi lesquels des figures majeures telles que ARCA. The Guardian évoque un chiffre dépassant les 70 artistes, incluant des noms comme Kode9 et Juliana Huxtable. Ces désistements marquent un tournant dans la mobilisation artistique contre les financements jugés controversés dans le milieu culturel européen.

Le festival Sónar est détenu par Superstruct Entertainment, une entreprise partiellement financée par KKR depuis 2018. KKR est critiqué pour ses investissements jugés indirectement liés à l’occupation israélienne en Cisjordanie.

La réponse du Sónar : entre ouverture et défense

Face à la polémique, les organisateurs du Sónar ont publié un communiqué dans lequel ils affirment condamner le génocide en Palestine et précisent ne tirer aucun bénéfice direct de KKR, assurant que tous les revenus sont réinvestis dans les éditions futures. Une section dédiée a été ajoutée au site officiel du festival pour répondre aux préoccupations du public, gérer les demandes de remboursement, et autoriser l’expression de symboles de soutien à la Palestine durant l’événement.

Une mobilisation culturelle européenne en expansion

Le retrait du Ballet National de Marseille s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation artistique en Europe. Au festival Pop-Kultur de Berlin, plusieurs artistes ont également annulé leur venue après que l’ambassade d’Israël en Allemagne ait été mentionnée parmi les sponsors. Lors de la Berlinale 2024, des réalisateurs ont publiquement accusé Israël de commettre un génocide à Gaza, déclenchant de vives réactions.

Un engagement politique assumé dans le champ artistique

En se retirant du Sónar, le Ballet National de Marseille illustre la montée en puissance d’un engagement politique dans le monde artistique. Ce geste symbolique s’inscrit dans une dynamique où les institutions culturelles cherchent à affirmer leur indépendance vis-à-vis d’acteurs économiques perçus comme complices de violations des droits humains. Pour de nombreux artistes, l’art ne peut plus être neutre dans un monde marqué par les conflits et les injustices.

Imane Khelif exclue de la Box Cup d’Eindhoven après la décision de World Boxing sur les tests de genre

La boxeuse algérienne Imane Khelif ne participera pas à la Box Cup d’Eindhoven, qui se tient aux Pays-Bas du 5 au 10 juin. Son absence survient quelques jours après la mise en œuvre d’une nouvelle réglementation de la Fédération internationale de boxe, World Boxing, rendant obligatoires les tests de genre pour tous les participants majeurs.

Dirk Renders, porte-parole de l’événement, a confirmé jeudi à l’AFP que l’athlète de 26 ans, inscrite initialement à la compétition, ne figure plus parmi les participantes. Il a précisé que « la décision de son exclusion est du ressort de World Boxing ».

Des tests de genre imposés et une polémique persistante

Le 31 mai, World Boxing a instauré une règle obligeant tous les athlètes de plus de 18 ans à subir un test PCR déterminant leur sexe à la naissance, pour pouvoir prendre part à des compétitions sous son autorité. Dans son communiqué, la Fédération avait mentionné nommément Imane Khelif, indiquant qu’elle devait se conformer à cette exigence pour participer à la Box Cup d’Eindhoven. Cette communication a suscité de vives réactions, poussant l’instance à s’excuser publiquement, reconnaissant qu’il était « inapproprié » de cibler une athlète en particulier.

Imane Khelif, championne olympique des -66 kg à Paris en 2024, avait déjà été au cœur de controverses sur la question du genre. Lors de ces Jeux, elle avait été la cible de campagnes de désinformation la présentant comme un « homme combattant des femmes », bien qu’elle ait toujours concouru dans les catégories féminines, y compris lors des Jeux olympiques de Tokyo en 2021, sans contestation à l’époque.

Un historique de tensions avec les instances de la boxe

L’exclusion d’Imane Khelif n’est pas une première. En 2023, lors des Championnats du monde organisés par l’IBA (International Boxing Association), elle avait déjà été écartée à la suite d’un test de genre non concluant selon cette instance. L’IBA, depuis suspendue par le Comité international olympique (CIO) pour des raisons éthiques et financières, s’est par ailleurs opposée à la participation de Khelif aux Jeux de Paris 2024, allant jusqu’à annoncer en février 2025 qu’elle poursuivrait le CIO en justice pour avoir permis sa présence.

En réponse, la boxeuse algérienne a qualifié ces accusations de « fausses et insultantes » et a déclaré qu’elle envisageait une action judiciaire pour rétablir son intégrité. Elle affirme : « Je suis pleinement qualifiée pour participer. Je suis une femme comme les autres. Je suis née femme, j’ai vécu femme et j’ai concouru en tant que femme. »

Un symbole en Algérie, un avenir tourné vers Los Angeles 2028

Devenue une figure emblématique en Algérie, Khelif a reçu un soutien massif de la part du public et des autorités nationales. Malgré la polémique, elle reste déterminée à poursuivre sa carrière internationale et a annoncé en mars dernier son intention de viser une nouvelle médaille d’or lors des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.

L’affaire Khelif soulève à nouveau des questions complexes sur l’équilibre entre inclusion, équité sportive et respect de la vie privée des athlètes, dans un contexte mondial de plus en plus polarisé. Des personnalités influentes comme Donald Trump ou Elon Musk se sont déjà exprimées publiquement sur le sujet, contribuant à l’amplification du débat.

Le Ghana muscle sa défense face à la menace djihadiste : une coopération internationale en pleine expansion

Face à la montée en puissance des groupes djihadistes au Sahel et à leur progression vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, le Ghana intensifie ses efforts pour renforcer sa sécurité nationale. Soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, le pays s’équipe et forme ses forces armées pour prévenir une contagion de la violence.

Soutien militaire américain et européen accru

Le 8 mai dernier, l’ambassadrice des États-Unis au Ghana, Virginia Palmer, a remis aux forces armées ghanéennes 14 véhicules blindés de transport de troupes Puma M36 Mk3, d’une valeur totale de 6 millions de dollars. Une donation symbolique mais stratégique : « Ces véhicules aideront à assurer la paix, la stabilité et la protection des frontières du Ghana, tout en contribuant à la sécurité globale, y compris celle des États-Unis », a-t-elle déclaré.

Ce don s’inscrit dans une coopération sécuritaire plus large entre Washington et Accra, estimée à 25 millions de dollars par an. Elle comprend également la fourniture d’équipements, la tenue d’exercices conjoints, ainsi que le soutien à la police nationale.

Quelques mois plus tôt, en février 2024, l’ambassadeur de l’Union européenne au Ghana, le Français Irchad Razaaly, avait lui aussi présenté un lot d’équipements non létaux d’une valeur de 50 millions d’euros, financé par le fonds européen Facilité pour la paix (FEP). Cette aide comprenait notamment des embarcations de surveillance fluviale, des équipements de guerre électronique et de reconnaissance, ainsi que des engins de construction. Une donation de 105 véhicules blindés avait également été réalisée en octobre 2023.

Une menace djihadiste qui gagne du terrain

Si le Ghana renforce ses moyens, c’est que la menace est bien réelle. Le Sahel est aujourd’hui le théâtre d’une intensification des violences armées, menées notamment par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) affilié à Al-Qaïda, et par l’État islamique au Sahel (EIS). Ces groupes cherchent à étendre leur influence idéologique et territoriale vers les pays côtiers, dont le Ghana.

Selon Daniel Eizenga, chercheur au Centre africain d’études stratégiques à Washington, « les pays du Golfe de Guinée, notamment le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Bénin, font face à une pression croissante. Ils perçoivent la situation comme une menace imminente et cherchent à renforcer rapidement leurs capacités avec l’appui de partenaires internationaux. »

Les chiffres confirment cette tendance : les attaques djihadistes ont augmenté de 250 % en quatre ans dans les pays sahéliens et leurs voisins côtiers. Le nord du Bénin et du Togo, mais aussi certaines zones du Ghana et de la Côte d’Ivoire, sont de plus en plus exposés.

Les groupes armés exploitent l’absence de contrôle étatique dans certaines zones rurales, où l’État est peu présent. « Les frontières ne sont pas un obstacle pour eux. Ils s’intéressent aux zones stratégiques : là où vivent les communautés vulnérables, là où se trouvent les ressources, là où leur message peut se répandre », explique Eizenga.

Les vulnérabilités internes : un terreau fertile pour l’extrémisme

Au nord du Ghana, région à forte densité musulmane et historiquement marginalisée, les déficits de gouvernance aggravent la situation. Le chômage des jeunes atteint 39 %, et les infrastructures sont largement insuffisantes. Manque d’eau potable, routes impraticables, soins de santé défaillants et écoles en mauvais état contribuent à une forte vulnérabilité.

Dès 2023, Arthur Banga, chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny, alertait sur ce danger dans une étude pour l’IRIS : « Ces conditions créent un terrain propice à la radicalisation, notamment chez les jeunes. »

Un équilibre délicat à maintenir

Alors que les groupes djihadistes poursuivent leur stratégie d’enracinement au sud du Sahel, le Ghana, longtemps considéré comme un îlot de stabilité, entre dans une phase critique de prévention sécuritaire. Pour ne pas basculer dans le cycle des violences, l’efficacité de la coopération internationale devra s’accompagner d’un renforcement de la gouvernance locale, de la lutte contre la pauvreté et de l’inclusion sociale.

Les mois à venir seront déterminants pour évaluer si le Ghana parvient à tenir la ligne de front contre la menace islamiste.

Ce que les squelettes de femmes révèlent sur la division du travail dans la Nubie préhistorique

Une étude récente révèle que, dans la Nubie d’il y a 3 500 ans, les femmes jouaient un rôle clé dans les activités physiques du quotidien. Leurs squelettes, marqués par l’usure du temps et les contraintes de leur vie, livrent aujourd’hui un témoignage silencieux mais puissant sur la division du travail dans cette société antique, longtemps considérée à travers un prisme essentiellement masculin.

Une société nubienne oubliée par l’histoire

Durant le IIe millénaire avant notre ère, dans l’actuel Soudan, le royaume de Koush s’épanouit au sud de l’Égypte. Sa capitale, Kerma, devient un centre politique et économique majeur, rival de l’Égypte pharaonique. À proximité, dans la nécropole d’Abu Fatima, une équipe interdisciplinaire d’archéologues et d’anthropologues a étudié les restes de 30 individus enterrés à l’époque de l’âge du bronze (2500-1500 av. J.-C.).

Parmi eux, 14 femmes ont révélé des déformations osseuses significatives dans les vertèbres cervicales et à l’arrière du crâne. Ces marques sont typiques d’une technique de portage appelée tumpline, encore utilisée aujourd’hui dans certaines sociétés rurales : une sangle fixée sur le front permettant de soutenir de lourdes charges sur le dos.

Les marques du travail sur les os

Les chercheurs ont notamment mis en lumière le cas d’une femme surnommée “individu 8A2”, décédée à plus de 50 ans. Son crâne présentait une dépression osseuse notable et une arthrose sévère des vertèbres cervicales, signes d’une vie passée à porter de lourdes charges. L’analyse de ses dents révèle qu’elle n’était pas originaire de la région, ce qui suggère un parcours migratoire, suivi d’une vie rurale exigeante, où elle aurait également pu porter des enfants sur son dos.

Chez les hommes, les traces osseuses diffèrent : usure au niveau de l’épaule et du bras droit, suggérant un port de charges sur l’épaule, potentiellement lié à des activités agricoles, artisanales ou guerrières. Ces différences anatomiques permettent de reconstituer une division du travail fondée sur le genre, dans laquelle femmes et hommes contribuaient à l’économie domestique de manière complémentaire, mais distincte.

Une tradition millénaire de portage féminin

Si les représentations visuelles directes de l’époque de Kerma sont rares, des fresques égyptiennes du Nouvel Empire (vers 1550 – 1070 av. J.-C.) offrent des indices : dans la tombe de Rekhmirê, des femmes nubiennes sont dessinées portant des paniers ou des enfants sur le dos à l’aide de sangles frontales. On retrouve ces mêmes gestes bien plus tard, gravés dans les bas-reliefs du temple méroïtique de Méroé.

Ces pratiques ne sont pas seulement anciennes : elles sont encore vivantes aujourd’hui. En Afrique de l’Est (chez les Kikuyu du Kenya) ou au Congo (à Dolisie), des femmes continuent à utiliser des tumplines pour transporter du bois, de la nourriture ou des enfants. Ce lien entre le passé et le présent permet aux chercheurs de mieux comprendre les gestes techniques ancestraux, leur transmission et leur valeur culturelle.

Le corps, une mémoire sociale

Cette étude apporte une contribution précieuse à l’archéologie du genre. Elle confirme que le corps humain conserve les traces durables de l’organisation sociale, des rôles assignés, et des contraintes physiques du quotidien. Les marques visibles sur les os ne sont pas seulement le fruit du vieillissement, mais le reflet de pratiques sociales profondément enracinées.

« Les squelettes des femmes de la Nubie antique racontent une histoire oubliée, celle d’un travail quotidien intense, genré, souvent invisible dans les récits historiques dominants », concluent les auteurs.

Une réécriture nécessaire de l’histoire

Longtemps, la préhistoire et l’antiquité ont été racontées à travers une perspective centrée sur les hommes — chasseurs, bâtisseurs, guerriers. Cette recherche sur la Nubie préhistorique vient corriger ce biais : les femmes aussi travaillaient durement, au point de modeler leur squelette. Elles jouaient un rôle central dans la logistique domestique, les circuits de transport et, probablement, dans le maintien de la vie rurale.

En réexaminant les traces laissées par les corps, la science révèle une histoire plus riche, plus juste, plus inclusive : celle d’une société où les femmes portaient bien plus que des charges elles portaient l’équilibre de la communauté.

EUA : “Donald Trump cité par Elon Musk dans l’affaire Epstein : décryptage d’un scandale sexuel aux ramifications politiques”

Le nom de Donald Trump, président des États-Unis, est revenu au cœur de l’affaire Jeffrey Epstein à la suite d’une déclaration explosive d’Elon Musk. Lors d’un échange tendu par médias interposés le 5 juin 2025, l’homme d’affaires sud-africain a accusé le président américain d’être lié au dossier Epstein, relançant une affaire qui mêle exploitation sexuelle, célébrités mondiales, et zones d’ombre judiciaires.

Une déclaration choc dans un climat de tension

Tout commence par une passe d’armes entre Elon Musk et Donald Trump. Alors que le président s’exprime depuis le Bureau ovale sur la fin de sa relation avec Musk — autrefois un allié durant sa campagne — le patron de X (anciennement Twitter) publie une série de messages en direct. Il accuse Trump d’ingratitude, avant d’asséner :

« Donald Trump figure dans le dossier Epstein. C’est la véritable raison pour laquelle ils n’ont pas été rendus publics. »

Une déclaration retentissante, lancée alors même que les tensions diplomatiques étaient à leur comble, devant un chancelier allemand présent à la Maison-Blanche.

Retour sur l’affaire Epstein : un réseau d’abus sexuels

Jeffrey Epstein, financier américain, est arrêté en juillet 2019 par le FBI. Il est accusé d’avoir dirigé un vaste réseau de trafic sexuel de mineures entre 2002 et 2005, avec la complicité présumée de son ancienne compagne, Ghislaine Maxwell. L’affaire remonte en fait à bien plus tôt : dès 2008, Epstein échappe à des poursuites fédérales grâce à un accord controversé signé avec Alexander Acosta, alors procureur en Floride.

Epstein est retrouvé mort dans sa cellule en août 2019, officiellement par suicide. Ghislaine Maxwell est arrêtée en 2020 et condamnée en 2022 à 20 ans de prison.

Des personnalités éclaboussées mais peu inquiétées

L’affaire Epstein implique de nombreuses personnalités : le prince Andrew, Bill Clinton, Stephen Hawking, Michael Jackson, et d’autres. Beaucoup d’entre eux sont cités dans des documents judiciaires déclassifiés début 2024, mais sans preuves concrètes de participation aux crimes.

Bill Clinton a reconnu avoir voyagé à bord du « Lolita Express », l’avion privé d’Epstein, mais nie toute implication dans ses activités criminelles. Quant au prince Andrew, il a conclu un accord financier à l’amiable avec l’une des principales plaignantes, Virginia Giuffre, sans reconnaissance de culpabilité.

Donald Trump et Epstein : des liens ambigus

Le lien entre Trump et Epstein a souvent été évoqué. En 1992, une vidéo montre les deux hommes ensemble lors d’une fête à Mar-a-Lago. Trump avait qualifié Epstein de « type formidable » à l’époque, ajoutant qu’il « aime les belles femmes, et beaucoup d’entre elles sont très jeunes ».

Après l’arrestation d’Epstein, Trump a affirmé s’être éloigné de lui depuis longtemps. Pourtant, des enquêtes journalistiques indiquent qu’il aurait pris au moins sept fois le jet privé du financier. Virginia Giuffre, la principale victime médiatisée, aurait rencontré Ghislaine Maxwell dans la résidence Mar-a-Lago, propriété de Trump, alors qu’elle y travaillait comme saisonnière à 16 ans.

Aucune inculpation ni accusation officielle n’a jamais visé Donald Trump à ce jour. Cependant, l’administration Trump n’a jamais tenu sa promesse de déclassifier entièrement les dossiers Epstein, nourrissant les soupçons.

Des victimes et une affaire sans fin

Virginia Giuffre, devenue le symbole du combat des victimes d’Epstein, s’est suicidée en avril 2025 à l’âge de 41 ans. Son décès a bouleversé les États-Unis et relancé les appels à la vérité. Le public réclame davantage de transparence sur les réseaux impliqués et sur les protections dont a pu bénéficier Epstein.

Que signifie la déclaration de Musk ?

Elon Musk n’a fourni aucune preuve pour étayer ses propos. Mais dans un contexte politique tendu, ses accusations contre Trump trouvent un écho dans l’opinion. Certains y voient une tentative de diversion ou de vengeance personnelle. D’autres estiment que Musk pourrait chercher à peser sur le débat public, voire sur la présidentielle américaine à venir.

Le président Trump n’a pas encore réagi officiellement à cette accusation. La Maison-Blanche reste silencieuse, tandis que l’opposition démocrate réclame une enquête indépendante.

Entre spéculations et responsabilité

Le lien entre Trump et Epstein reste flou, comme pour de nombreuses personnalités citées dans l’affaire. Aucune preuve ne permet aujourd’hui d’affirmer que Donald Trump ait participé aux crimes d’Epstein. Mais l’affaire Epstein continue de hanter la scène politique américaine. La déclaration d’Elon Musk, sans être fondée sur des faits nouveaux, rappelle que les fantômes du passé n’ont pas fini de hanter les puissants.

Blocages en Bolivie: Evo Morales visé par une plainte pour « terrorisme »

Le conflit entre le gouvernement bolivien et l’ancien président Evo Morales, qui souhaite revenir au pouvoir, a connu une nouvelle escalade jeudi, avec le dépôt d’une plainte contre lui pour « terrorisme » ainsi que pour sept autres infractions pénales.(Source : AFP).

Ce dépôt de plainte intervient après la diffusion d’un enregistrement audio présumé dans lequel une voix, attribuée à l’ex-chef d’Etat, appelle à bloquer les principales routes menant à La Paz, la capitale administrative du pays.

L’enregistrement a été transmis mercredi aux médias par un ancien dirigeant proche de l’ex-président de gauche.

« Parmi les principales infractions dénoncées figurent le terrorisme, l’incitation publique à commettre des infractions et les atteintes à la sécurité des services publics », a déclaré le ministre de la Justice, César Siles, auprès de la presse.

Depuis lundi, les partisans d’Evo Morales bloquent les principales routes du centre du pays, notamment dans le département de Cochabamba, son fief politique.

Ils réclament la démission du président Luis Arce, qu’ils accusent d’être responsable de la profonde crise économique que traverse le pays et d’avoir manipulé le pouvoir judiciaire et le corps électoral pour exclure M. Morales de la présidentielle du 17 août.

Pour le gouvernement, ces barrages visent à empêcher l’élection présidentielle et forcer une candidature de M. Morales, qui a gouverné à trois reprises entre 2006 et 2019 et que la justice a déclaré inéligible pour avoir dépassé le nombre autorisé de réélections.

« Aucun chantage »

« Nous n’accepterons aucun chantage », a assuré le ministre Siles.

La loi bolivienne prévoit une peine de 15 à 20 ans de prison pour terrorisme.

Le nombre de barrages ne cesse d’augmenter depuis lundi, lorsque le gouvernement en a recensé une vingtaine. « Il y a plus de 40 points de blocage » dans le pays, a assuré jeudi la vice-ministre de la Communication, Gabriela Alcon.

Selon elle, 30 policiers ont été blessés dans des affrontements avec des manifestants depuis le début de la semaine. Les partisans du premier chef d’Etat bolivien d’origine indigène évoquent aussi des blessés, sans en préciser cependant le nombre.

Le ministre de l’Economie, Marcelo Montenegro, a indiqué de son côté que les blocages causaient chaque jour des pertes de 100 à 150 millions de dollars.

La Bolivie est plongée dans une profonde crise économique, en raison notamment d’une pénurie de carburant provoquée par un manque de devises étrangères.

Evo Morales vit retranché sous la protection de ses partisans dans son fief du centre du pays, dont il n’a pu sortir depuis sept mois, étant visé par un mandat d’arrêt pour une affaire de traite de mineure qu’il nie.

Selon le parquet, Evo Morales aurait entretenu en 2015, alors qu’il était encore président, une relation avec une adolescente de 15 ans, avec l’accord de ses parents, en échange de certains avantages.

Déjà en novembre 2019, le gouvernement de droite en place à l’époque avait déposé une plainte contre lui pour « terrorisme », après la diffusion d’un enregistrement audio dans lequel une voix présentée comme étant celle de Morales appelait au blocage des routes du pays, en pleine crise sociale consécutive à sa démission.

L’ancien président avait nié les accusations. L’affaire n’a pas été poursuivie après l’arrivée au pouvoir de Luis Arce, son ancien ministre de l’Économie.

Israël soutient un clan armé opposé au Hamas à Gaza, confirme Netanyahu

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a reconnu que les autorités soutenaient un clan palestinien à Gaza qui s’oppose au mouvement islamiste Hamas, après des déclarations d’un ex-ministre selon lesquelles Israël avait transféré des armes à ce groupe.

Selon des médias israéliens et palestiniens, ce groupe rassemble des membres d’une tribu bédouine dirigée par Yasser Abou Chabab. Le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) décrit M. Abou Chabab comme le chef d’un « gang criminel opérant dans la région de Rafah (ville à cheval entre la bande de Gaza et l’Egypte, NDLR) et accusé de piller les camions d’aide » humanitaire à Gaza.

Avigdor Lieberman, député et ancien ministre de la Défense, avait déclaré dans une interview accordée à la chaîne publique israélienne Kan que le gouvernement de M. Netanyahu « donnait des armes à un groupe de criminels et de malfaiteurs ».

« Qu’est-ce que Lieberman a divulgué? Que des sources de sécurité ont activé un clan de Gaza qui s’oppose au Hamas? Qu’y a-t-il de mal à cela? », a lancé M. Netanyahu dans une vidéo publiée sur son compte X jeudi.

« Il n’y a que du bon, a-t-il ajouté, cela sauve des vies de soldats israéliens » dans la bande de Gaza, où Israël combat le Hamas depuis son attaque sans précédent sur le sol israélien le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre.

Michael Milshtein, expert en affaires palestiniennes au Centre Moshe Dayan de Tel-Aviv, a déclaré à l’AFP que le clan Abou Chabab faisait partie d’une tribu bédouine qui vivait dans la péninsule égyptienne du Sinaï.

Selon lui, certains membres de la tribu sont impliqués dans « toutes sortes d’activités criminelles, le trafic de drogue et d’autres choses de ce genre ».

M. Abou Chabab a passé du temps en prison à Gaza et les chefs du clan l’ont récemment dénoncé comme un « collaborateur et un gangster » israélien, dit-il.

« Il semble que le Shabak (acronyme en hébreu de l’Agence de la sécurité intérieure, également connue comme le Shin Bet) ou l’armée ont pensé que c’était une excellente idée de transformer cette milice, ce gang en fait, en un mandataire, de lui donner des armes et de l’argent et de le mettre à l’abri des opérations de l’armée », a ajouté M. Milshtein.

Guerre en Ukraine : La Russie veut fermer la mer Noire à l’Ukraine,un nouveau front s’ouvre

Le 5 juin 2025, les autorités ukrainiennes ont affirmé que la Russie prépare un blocus total de la mer Noire contre l’Ukraine d’ici 2026. Cette information, transmise à Washington par le colonel Pavlo Palissa lors d’une visite officielle, marque une possible escalade majeure dans le conflit, avec une extension du champ de bataille vers la mer et les routes commerciales.

Selon Kiev, Moscou viserait à prendre les ports d’Odessa et de Mykolaïv, les derniers points d’accès maritime majeurs de l’Ukraine. Un tel scénario transformerait radicalement l’équilibre stratégique en mer Noire, verrouillant l’Ukraine de toute exportation navale, en particulier de ses ressources céréalières.

Un objectif militaire à long terme

L’année 2026, évoquée comme échéance de cette manœuvre, ne serait pas choisie au hasard. Elle correspond à un calendrier diplomatique et militaire en pleine recomposition : nouvelle administration américaine, renégociations possibles sur les sanctions, et incertitudes sur le soutien occidental.

Selon les autorités ukrainiennes, la Russie chercherait à élargir son contrôle vers l’ouest en construisant une « ceinture maritime » allant de la Crimée jusqu’aux rives du Dniepr. Un projet qui viserait autant à encercler militairement l’Ukraine qu’à couper ses liens économiques extérieurs.

Le Dniepr : prochain axe stratégique

En parallèle de cette offensive maritime présumée, Kiev affirme que Moscou prévoit de prendre le contrôle de la rive gauche du fleuve Dniepr en 2025. Ce fleuve, qui traverse le pays du nord au sud, joue un rôle crucial : transport de marchandises, approvisionnement en eau, production énergétique via ses barrages.

L’état du barrage hydroélectrique du Dniepr est jugé critique par les autorités ukrainiennes, qui évoquent des soupçons de sabotage russe. Si la Russie parvenait à contrôler cet axe, elle pourrait isoler militairement le sud de l’Ukraine, en coupant les approvisionnements et les lignes logistiques vitales.

Le poids des céréales dans le conflit

Le conflit en mer Noire dépasse les seules considérations militaires : il menace également un pilier de l’économie ukrainienne et un maillon essentiel de la sécurité alimentaire mondiale.

L’Ukraine est l’un des plus grands exportateurs mondiaux de blé, de maïs et d’huile de tournesol. Depuis le début de la guerre en 2022, ces exportations ont été perturbées à plusieurs reprises, malgré des accords de transit encadrés par l’ONU et la Turquie.

Un blocus complet remettrait en cause ces efforts et pourrait aggraver les tensions alimentaires dans des régions déjà fragiles, notamment en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Appels à des sanctions renforcées

Face à ces risques, Andriy Iermak, chef de cabinet du président Zelensky, appelle à un renforcement immédiat des sanctions économiques contre la Russie, qu’il accuse de faire de la mer Noire un outil de guerre économique.

Il critique également l’inefficacité de certaines démarches diplomatiques actuelles :

« Nous n’avons plus besoin de symboles, mais d’engagements vérifiables. »

Une diplomatie incertaine entre Washington, Bruxelles et Moscou

La réaction internationale reste mitigée. Aux États-Unis, Donald Trump, adopte une posture ambivalente. Il affirme avoir échangé avec Vladimir Poutine, tout en restant flou sur ses intentions vis-à-vis du conflit. Il a déclaré qu’aucune paix immédiate ne semble possible, sans donner plus de précisions.

L’Union européenne, de son côté, a réaffirmé son soutien à Kiev, tout en soulignant l’importance de maintenir les livraisons d’armement. Le Haut représentant pour les Affaires étrangères a insisté sur la nécessité de ne pas céder à une normalisation prématurée des relations avec Moscou.

Quant à l’OTAN, un sommet d’urgence est prévu en juillet 2025. Il pourrait aboutir à un durcissement de la position de l’alliance, à condition que les États-Unis ne s’y opposent pas. L’Ukraine espère que sa candidature à l’intégration dans l’Alliance servira de levier pour obtenir des garanties plus solides contre la menace maritime.

Vers une extension du conflit à la mer

Ce qui se profile, selon plusieurs analystes, est un changement d’échelle dans le conflit. La guerre pourrait passer d’un affrontement terrestre à un conflit hybride, mêlant contrôle maritime, pressions économiques et encerclement énergétique.

La Russie, déjà maîtresse de la Crimée depuis 2014, chercherait à construire une “frontière maritime” invisible, mais redoutablement efficace. L’objectif ne serait pas seulement militaire : il s’agirait aussi de redéfinir la mer Noire comme zone d’influence russe, mettant fin à sa neutralité historique.

Un conflit qui redessine les équilibres

À ce stade, une question majeure se pose : qui contrôlera les routes maritimes vitales de l’Europe de l’Est ? Et avec quelles conséquences pour les économies mondiales, les pays dépendants du blé ukrainien, et l’équilibre sécuritaire régional ?

La guerre en Ukraine, loin de s’essouffler, semble entrer dans une nouvelle phase stratégique, où les lignes de front ne sont plus seulement terrestres. Le Dniepr et la mer Noire deviennent les nouveaux théâtres d’un conflit globalisé, aux implications militaires, économiques et humanitaires considérables.

RDC: Tête-à-tête Tshisekedi-Fayulu,la situation sécuritaire au centre des échanges

Les échanges entre Félix Tshisekedi et Martin Fayulu ont eu lieu ce jeudi au Palais de la nation. Une rencontre inédite depuis leur rupture politique en 2018. La cohésion nationale et la sortie de la crise que traverse actuellement le pays étaient au centre de ces deux heures de tête à tête.

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