Archives du mot-clé Soudan

Les Émirats arabes unis admettent des erreurs dans la crise soudanaise

Lors du sommet annuel de sécurité de Manama, les Émirats arabes unis ont reconnu des manquements dans leur gestion de la crise au Soudan. Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président émirati, a déclaré que la communauté internationale avait sous-estimé la gravité du renversement du gouvernement civil par les forces militaires rivales.

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Tuerie dans une maternité au Soudan : l’ONU appelle à cesser « l’escalade militaire » à El-Facher

En l’espace de trois jours, plus de 36 000 personnes ont fui les affrontements. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté jeudi à mettre fin à « l’escalade militaire » au Soudan, après le massacre de plus de 460 personnes dans une maternité à El-Facher.(Source : AFP).

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Soudan: l’armée reconnaît sa défaite à el-Facher, l’ONU s’alarme d' »exactions »

Le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhane, a reconnu lundi la défaite de ses troupes à el-Facher, où selon l’ONU, des rapports de terrain font état d’exactions depuis que les paramilitaires ont annoncé avoir pris cette ville clé de l’ouest du Soudan.(Source : AFP).

Après 18 mois de siège, el-Facher était la dernière ville de la vaste région du Darfour encore hors du contrôle des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre depuis avril 2023 contre l’armée.

Silencieux depuis la victoire proclamée par ses anciens alliés, le général Burhane a reconnu lundi soir « le retrait de l’armée d’el-Facher vers un lieu plus sûr » en affirmant que son camp « se vengera » et se battra « jusqu’à purifier cette terre », dans un discours télévisé.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a pointé la situation « extrêmement précaire » et « un risque croissant d' »atrocités motivées par des considérations ethniques ».

Son bureau a reçu des rapports faisant état « d’exactions, notamment des exécutions sommaires » commis par les FSR, souligne un communiqué.

Une vidéo publiée par des militants locaux et authentifiée par l’AFP montre un combattant connu pour exécuter des civils dans les régions contrôlées par les FSR, abattant d’une rafale à bout portant un groupe de civils désarmés assis sur le sol.

Leur victoire confirmée, les FSR espèrent contrôler l’ensemble du Darfour, où existe déjà une administration parallèle défiant le pouvoir d’al-Burhane basé à Port-Soudan (est). Avec un risque accru de partition du pays, selon les experts.

« Le niveau de souffrance que nous voyons au Soudan est intolérable », a déclaré lundi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, mettant en garde contre « une terrible escalade du conflit ».

Des images diffusées sur la page Facebook du comité de résistance local –des militants pro-démocratie qui documentent le conflit– montrent des civils en fuite, des corps jonchant le sol près de voitures enflammées. L’AFP n’est pas en mesure de vérifier de source indépendante la situation sur le terrain.

« Les milices et mercenaires sont dans tous les coins de rue pour tuer et voler », écrit le groupe sous une vidéo montrant une femme morte. « Plusieurs membres des cuisines populaires et des bénévoles ont été tués », ajoute-t-il.

Black-out

Les communications satellite Starlink, seul réseau encore opérationnel mais contrôlé par les FSR, ont été coupées, laissant la ville dans un « black-out médiatique », selon le Syndicat des journalistes soudanais.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est indigné contre l’attaque du seul hôpital encore partiellement opérationnel d’el-Facher. « Selon certaines informations, une infirmière a perdu la vie et trois autres soignants ont été blessés » dimanche, a écrit Tedros Adhanom Ghebreyesus, lundi sur X.

« Nous ne sommes pas en mesure d’acheminer l’aide humanitaire, ni de livrer des produits nutritionnels ou de soutenir les hôpitaux et les cliniques » de la ville, a déploré Denise Brown, coordinatrice humanitaire de l’ONU au Soudan, dans un briefing à New York.

Selon l’ONU, plus d’un million de personnes ont fui la ville depuis le début de la guerre et les quelque 260.000 habitants d’el-Facher, dont la moitié sont des enfants, manquent de tout. Depuis dimanche, plus de 26.000 personnes ont fui les combats, majoritairement en périphérie de la ville, d’autres à Tawila, à 70 kilomètres à l’ouest, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Dans cette localité, les équipes de Médecins sans frontières (MSF) disent faire face à un afflux massif de blessés « arrivant d’el-Facher dans un hôpital déjà submergé ». Depuis dimanche soir, 130 ont été hospitalisées, dont 15 en urgence vitale », précise MSF dans un communiqué.

Le syndicat des journalistes a lui exprimé « sa profonde inquiétude pour la sécurité des confrères présents à el-Facher ».

Les FSR ont affirmé avoir déployé des équipes à el-Facher pour « protéger les civils », « enlever les mines », « nettoyer la ville de ses débris » et « sécuriser les rues ».

Les paramilitaires « ferment délibérément les yeux sur les comportements connus de leurs éléments qui pratiquent des exécutions collectives contre les civils et les prisonniers », a déclaré le collectif des Avocats de l’urgence, dénonçant « un comportement systématique qui s’apparente à des crimes de guerre ».

Soudan : 34 morts et des milliers de sinistrés après les crues du Nil

Les crues soudaines du Nil Bleu et du Nil Blanc ont provoqué des inondations dévastatrices dans plusieurs régions du Soudan, plongeant le pays dans une nouvelle crise humanitaire. Les pluies torrentielles ont fait céder les berges des deux fleuves, entraînant la destruction d’habitations, l’effondrement d’infrastructures et l’isolement de nombreuses localités.

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Soudan : 11 enfants tués dans une frappe de drone sur une mosquée à El-Fasher

Au moins 11 enfants ont perdu la vie dans une frappe de drone survenue vendredi matin dans la ville assiégée d’El-Fasher, a annoncé lundi l’UNICEF. L’attaque a touché une mosquée alors que les fidèles étaient en prière, provoquant un lourd bilan humain et des destructions importantes.

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Soudan: les paramilitaires des FSR et leurs alliés annoncent la formation de leur gouvernement parallèle, Le nombre de civils tués au plus haut depuis 2020, faute d’argent, le PAM menace de fermer des camps de réfugiés soudanais etc…

Alors que le conflit au Soudan entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) entre dans sa troisième année, la situation politique et humanitaire se dégrade à une vitesse alarmante. Mardi 1er juillet, les paramilitaires des FSR, dirigés par le général Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti), ont annoncé la création d’un gouvernement parallèle avec leurs alliés politiques et militaires réunis au sein de l’alliance Tasis. Cette annonce, faite dans la ville de Nyala (Darfour du Sud), intervient alors que le pays est de facto divisé et que des millions de civils font face à une crise sans précédent.

Tasis : vers un pouvoir alternatif aux autorités de Port-Soudan

L’alliance Tasis, née en février dernier à Nairobi (Kenya), réunit groupes armés, partis politiques et organisations civiles soutenant les FSR. Son objectif : challenger le pouvoir de l’armée soudanaise, désormais basée à Port-Soudan depuis le retrait de Khartoum. Après plusieurs mois de tensions internes, Tasis a dévoilé la composition de son conseil de gouvernance, formé de 31 membres, avec à sa tête Hemedti en tant que président.

Il est secondé par Abdel Aziz Adam al-Hilu, leader du Mouvement de libération du Soudan-Nord (SPLM-N). Ce groupe armé, actif dans les régions du Nil Bleu et du Kordofan du Sud, a longtemps combattu l’État central et ses milices, dont sont issues les FSR.

« Le général Hemedti a exprimé des positions claires sur la nécessité de fonder un État laïc et démocratique pour tous les Soudanais, sans discrimination », s’est félicité Hasbelnabi Mahmoud, membre de Tasis.

Il reste toutefois à définir la capitale de ce gouvernement parallèle et à surmonter les dissensions internes qui ont déjà ralenti son lancement.

Soudan du Sud : flambée de violences, bilan civil record depuis 2020

Le conflit au Soudan a des répercussions directes sur son voisin du sud, déjà fragilisé. Entre janvier et mars 2025, 739 civils ont été tués au Soudan du Sud, selon la Mission des Nations unies (UNMISS). Il s’agit du plus haut bilan trimestriel depuis 2020, avec une hausse de 110 % par rapport au trimestre précédent.

Les violences, notamment dans l’État de Warrap (où l’état d’urgence a été décrété en juin), sont en majorité le fait de milices communautaires. Toutefois, l’UNMISS note une hausse inquiétante des attaques par des forces armées régulières ou rebelles (+27 %).

« Une escalade de la violence aggraverait encore la situation humanitaire déjà désastreuse », avait alerté le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Turk, en mai dernier.

La rivalité politique entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, arrêté en mars, a ravivé les tensions, mettant en péril l’accord de paix de 2018.

Réfugiés soudanais : le PAM alerte sur une possible fin de l’aide humanitaire

La guerre au Soudan a poussé plus de 4 millions de civils à fuir le pays, dont près de la moitié sont réfugiés en Égypte, Libye, Centrafrique et Éthiopie. Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU avertit qu’en l’absence de nouveaux financements, ses opérations humanitaires devront cesser dans les mois à venir dans ces pays.

« En Ouganda, le nombre de bénéficiaires a déjà été réduit, et beaucoup ne reçoivent que 25 % de la ration alimentaire minimale », explique Shaun Hughes, responsable régional du PAM.

Même au Tchad, à Adré, où la capacité logistique a été renforcée, les ressources manquent. Le PAM estime avoir besoin de 200 millions de dollars pour maintenir ses opérations pendant six mois.

Khartoum sanctionné par Washington pour usage présumé d’armes chimiques

Dans un nouveau coup dur pour les autorités de Khartoum, les États-Unis ont officialisé l’entrée en vigueur de sanctions contre le gouvernement soudanais, accusé d’avoir utilisé des armes chimiques (chlore) lors d’affrontements avec les FSR à Khartoum.

Ces mesures incluent :
• des restrictions sur les exportations américaines,
• un gel des ventes d’armes,
• l’interdiction de tout financement officiel du gouvernement soudanais.

Ces sanctions ne s’appliquent pas à l’aide humanitaire et aux produits agricoles, précise Washington. Le gouvernement soudanais nie formellement ces accusations, les qualifiant de « sans preuve » et de « politiquement motivées ».

Les faits auraient été révélés en janvier par le New York Times, citant des sources officielles anonymes. Le général Abdel Fattah al-Burhan aurait personnellement autorisé l’usage de chlore, selon ces témoignages. Ce n’est pas la première fois que le régime soudanais est accusé d’attaques chimiques : en 2016, Amnesty International avait recensé 30 attaques similaires au Darfour — également niées par Khartoum.

Un pays divisé, une région à la dérive

Avec la formation d’un gouvernement parallèle par les FSR et l’alliance Tasis, le Soudan entre dans une nouvelle phase de fragmentation politique, accentuant le risque de partition. La crise déborde désormais les frontières, touchant durement le Soudan du Sud, les pays voisins, et les réfugiés en exil, pris au piège entre guerre, famine et abandon diplomatique.

Pendant que deux généraux rivaux se disputent le pouvoir, des millions de civils sombrent dans l’oubli. Et faute d’une réponse urgente de la communauté internationale, la plus grande crise humanitaire en Afrique pourrait bientôt atteindre un point de non-retour.

Soudan : Le Soudan vit « la pire catastrophe humanitaire au monde » ,au moins 1000 cas de choléra par jour, MSF sonne l’alarme

Alors que la guerre civile continue de ravager le Soudan depuis plus d’un an, le pays est désormais confronté à une crise sanitaire majeure. Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé une alerte urgente face à l’épidémie de choléra, qui ne cesse de se propager. Khartoum, la capitale, est l’épientre de la flambée, avec plus de 1 000 cas signalés chaque jour, selon les autorités sanitaires.

Une situation aggravée par la guerre

Depuis le début du conflit en avril 2023, le système de santé soudanais est en ruine. Plus de 80 % des hôpitaux sont hors service, selon MSF. Le choléra, une maladie pourtant évitable, a trouvé un terrain fertile dans un pays où l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et aux soins est gravement compromis.

“La promiscuité, le manque d’eau, le manque d’hygiène, le manque d’accès aux soins… tout cela a contribué à augmenter l’ampleur du choléra et à compliquer la riposte contre la maladie,” déclare Nicolas Jean, chef de mission de MSF au Soudan.

L’eau, une ressource devenue toxique

À Khartoum, les habitants n’ont d’autre choix que de puiser l’eau dans des rivières ou d’attendre les camions-citernes, souvent improvisés et sans moyens de traitement. Khalil Gad Allah, résident de la capitale, témoigne :

“Depuis que nous sommes revenus ici, pour trouver de l’eau potable, il n’y avait pas d’autre moyen que d’aller chercher de l’eau dans la rivière. Nous la stockons dans des barils, la laissons reposer, puis nous la buvons.”

Cette consommation d’eau non traitée est à l’origine directe de la transmission du choléra, qui se propage à grande vitesse dans les zones densément peuplées, notamment celles accueillant des déplacés internes.

Un pays au bord du gouffre humanitaire

La guerre civile entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) a plongé le pays dans une crise humanitaire d’une ampleur sans précédent.
•Au moins 24 000 morts, selon des estimations, un chiffre probablement sous-évalué.
•Plus de 14 millions de déplacés, dont 4 millions ont fui vers les pays voisins.
•Une famine a été déclarée dans au moins cinq régions, avec un épientre au Darfour, théâtre de violences parmi les plus brutales du conflit.

Une urgence ignorée ?

Malgré l’appel pressant de MSF, la réponse internationale reste insuffisante face à une épidémie qui pourrait encore s’aggraver dans les prochaines semaines. La défaillance des services publics, le manque d’accès humanitaire et l’instabilité sécuritaire rendent toute intervention extrêmement difficile, voire dangereuse.

Alors que le monde tourne le regard vers d’autres conflits, le Soudan s’enfonce silencieusement dans une triple crise : militaire, sanitaire et alimentaire, menaçant la survie de millions de civils pris au piège.

Le Soudan vit « la pire catastrophe humanitaire au monde »

Le chef de la diplomatie britannique, David Lammy, a déclaré lundi que le Soudan traversait « la pire catastrophe humanitaire au monde », lors d’un forum consacré à l’Afrique organisé à Marrakech, dans le centre du Maroc.

Le Soudan est le théâtre depuis avril 2023 d’une guerre pour le pouvoir entre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), dirigés par le général Mohamed Hamdane Dagalo, et l’armée menée par le général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du pays.

« La crise au Soudan (…) est actuellement la pire catastrophe humanitaire au monde et elle est extrêmement préoccupante », a alerté le ministre britannique en réponse à une question sur la situation de Mo Ibrahim, homme d’affaires anglo-soudanais et fondateur de la Fondation Mo Ibrahim, organisatrice du forum qui s’est ouvert dimanche à Marrakech.

« Il y a une ambivalence, une ambiguïté et certainement un manque de visibilité de cette crise à l’échelle mondiale, et dans une grande partie du monde occidental », a déploré M. Lammy, affirmant avoir « décidé très tôt » après son entrée en fonction de faire tout son possible « pour attirer l’attention » sur la situation.

La guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé 13 millions de personnes. Elle a conduit à l’effondrement du système de santé, ravagé de nombreuses infrastructures, et la famine a été officiellement déclarée dans cinq zones du pays: trois camps de déplacés au Darfour et plusieurs parties de la région montagneuse de Nuba.

Soudan : attaque meurtrière contre un convoi humanitaire de l’ONU au Darfour, la guerre franchit une nouvelle ligne rouge

Dans la nuit du 2 au 3 juin, un convoi humanitaire de l’ONU a été violemment attaqué à Kuma, dans le nord du Darfour, alors qu’il transportait des vivres et des médicaments vers la ville assiégée d’El-Facher. Cinq personnes ont été tuées. L’attaque, survenue après deux semaines de blocage en zone de guerre, a été fermement condamnée par l’Organisation des Nations unies, qui dénonce une nouvelle violation du droit humanitaire.

Composé de camions du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’UNICEF, le convoi était resté bloqué plus de 15 jours en zone sous contrôle des Forces de soutien rapide (FSR), milice dirigée par Mohamed Hamdane Daglo, dans l’attente d’une autorisation pour franchir les lignes de front. L’objectif était clair : apporter une aide d’urgence à El-Facher, ville encerclée et affamée par les combats depuis mai.

Une attaque au cœur de la crise humanitaire

Les circonstances précises de l’attaque restent floues. Selon l’ONU, les auteurs ne sont pas encore identifiés, chaque camp rejetant la responsabilité sur l’autre. Les FSR accusent l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane d’avoir « délibérément attaqué » le convoi. En retour, le gouvernement soudanais affirme que ce sont les FSR qui ont ciblé le convoi « de manière agressive à l’aide de drones ».

L’incident survient dans un climat déjà explosif : quelques jours plus tôt, les entrepôts du PAM à El-Facher étaient bombardés, et l’hôpital international d’El-Obeid frappé par un drone, tuant au moins six soignants. Dans ce chaos, les ONG peinent à acheminer l’aide, malgré des besoins criants.

El-Facher, ville en état de siège

Capitale provinciale du Darfour-Nord, El-Facher est aujourd’hui coupée du monde. Les forces paramilitaires des FSR y mènent des offensives intenses contre l’armée régulière, ciblant infrastructures, hôpitaux et quartiers civils. L’eau devient rare, les marchés sont vides, et les hôpitaux débordent de blessés. Le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher, parle d’une « urgence humanitaire d’une ampleur effroyable ».

Civils en péril, aide entravée

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre fratricide entre les forces armées régulières et les FSR, issues de l’ancien appareil sécuritaire du dictateur Omar el-Béchir. Les deux camps sont accusés de crimes de guerre, frappant indistinctement civils et infrastructures médicales, tout en bloquant l’aide humanitaire.

À cela s’ajoute un jeu trouble d’ingérences étrangères : l’Égypte est accusée par les FSR de soutenir militairement l’armée régulière, tandis que les Émirats arabes unis sont soupçonnés d’armer les paramilitaires. Les deux pays démentent toute implication.

Exode massif : une crise mondiale du déplacement

La guerre a provoqué l’une des pires crises de réfugiés au monde : plus de 4 millions de personnes ont fui le Soudan. Le Tchad, voisin pauvre et instable, accueille désormais 1,2 million de réfugiés soudanais, dont 68 000 en seulement quelques semaines. Le HCR alerte sur un rythme alarmant : 1 400 nouveaux réfugiés par jour.

« Il s’agit d’un jalon dévastateur dans la plus grave crise de déplacement de population au monde », déclare Eujin Byun, porte-parole du HCR.

Une neutralité humanitaire bafouée

L’attaque du convoi à Kuma est un symbole tragique d’un conflit où même les principes fondamentaux de neutralité humanitaire ne sont plus respectés. Alors que la population meurt de faim et de blessures, les convois humanitaires deviennent eux-mêmes des cibles.

Pendant que les puissances régionales s’accusent et que la communauté internationale reste spectatrice, les humanitaires tombent, les civils fuient, et le pays s’enfonce dans le chaos.

Le Soudan dément les accusations de Washington sur l’usage d’armes chimiques et parle « d’un chantage politique »

Le gouvernement soudanais a qualifié ce vendredi 23 mai de « sans fondement » les accusations de recours à des armes chimiques contre les paramilitaires, portées contre lui par les EUA.

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Conflit au Soudan : près de 13 millions de déplacés, dont 4 millions de réfugiés dans les pays voisins

Deux ans après le déclenchement du conflit armé au Soudan, la crise humanitaire ne cesse de s’aggraver. Selon les dernières données publiées jeudi par les agences humanitaires des Nations Unies, près de 13 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer. Parmi elles, environ 4 millions ont trouvé refuge dans les pays voisins, majoritairement des femmes et des enfants.

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