Conférence des nations unies sur l’océan: Macron appelle à  » mobilisation », l’Afrique au centre des enjeux

Emmanuel Macron a appelé ce lundi 9 juin en ouverture à la conférence des Nations unies sur l’océan à « la mobilisation » pour sauver des océans »en ébullition. Une soixantaine de chefs d’État sont réunis à Nice pour répondre à l’urgence de la dégradation des océans. Une problématique à laquelle le continent africain n’échappe pas.

Plus d’une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement sont réunis, jusqu’au 13 juin, sur la côte d’azur dans le cadre de la troisième conférence visant à mieux protéger l’océan surchauffé, pollué et surpêché. Emanuel Macron a donné le ton présentant  » le multilatéralisme » comme réponse à la  » ébullition » que connait l’océan. l’Afrique frappée par le phénomène est au centre des enjeux de cette concertation.

Le président français a fait la précision selon laquelle » le climat, comme la biodiversité, ce n’est pas une question d’opinion, c’est une question de fait scientifique établis ». Face à la dégradation de l’océan, Monsieur Macron a appelé une convergence d’effort. Un point de vu partagé par le président brésilien, Lula Ignacio da Silva. Devant la tribune, il a dénoncé  » l’unilatéralisme » qui menace les océans et appelé à des  » actes clairs »de la part de l’ Autorité internationale des fonds marins. Un pied de nez au président Donald Trump, grand absent à cette rencontre, qui prévoit d’autoriser dans une démarche unilatérale l’exploitation industrielle des minerais au fond du Pacifique. À son tour, le Secrétaire général des Nations unies a martelé sur le défi de « la protection » à la place du  » pillage » afin d’éviter que les grands fonds marins ne deviennent un  » Far West », a insisté M. Guerres.

UNOC, pour quel objectif ?

Après celle de New York en 2017 puis celle de Lisbonne en 2022, le France et le Costa Rica co-organisent la troisième Conférence des Nations unies(Unoc3). Non décisionnelle, elle doit permettre d’accélérer différentes négociations cruciales pour un ocean durable, en poussant les pays environs 167, environ 60 chefs d’État à prendre des engagements. L’envergure donné à cette troisième conférence devrait renforcer la considération de l’océan dans les autres arènes, à commencer par la COP 30 S sur le climat en novembre au Brésil.

Couvrant les trois quarts de la surface de la Terre, l’océan fournit à l’homme des ressources naturelles essentielles, contribue à la décomposition et à l’élimination des déchets et de la pollution, et constitue également le plus grand puits de carbone de la planète. L’UNOC3, rassemble les délégations gouvernementales des Etats membres des Nations Unies, ainsi que les parties prenantes des organisations internationales, de la communauté de recherche, de la société civile et du secteur privé, afin de discuter de la gouvernance mondiale de l’océan.

L’objectif de l’UNOC3 est de soutenir la mise en œuvre de l’objectif de développement durable 14 des Nations Unies (ODD14) « Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable », en mettant l’accent sur trois priorités : d’abord, œuvrer à l’aboutissement des processus multilatéraux liés à l’océan pour rehausser le niveau d’ambition pour la protection de l’océan ; ensuite, mobiliser des financements pour l’ODD14 et soutenir le développement d’une économie bleue durable ; enfin, renforcer et mieux diffuser les connaissances liées aux sciences de la mer pour une meilleure prise de décision politique.

UNOC3 : l’Afrique au coeur des enjeux de cette rencontre

Une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement ont fait le déplacement pour ce premier rendez-vous onusien accueilli dans l’hexagone depuis la COP21 sur le climat à Paris, il y a dix ans. Cette Unoc-3 est sur l’océan et non les océans. Il s’agit de prendre soin de l’océan mondial. Les objectifs sont donc avant tout internationaux, avec en premier lieu : progresser vers la cible de 60 pays ratifiant le traité sur la haute mer, seuil nécessaire pour l’entrée en vigueur de ce texte négocié depuis de longues années.

Certains points de négociations concernent grandement les pays côtiers africains. Comme tous les pays littoraux, le Bénin, le Sénégal, le Maroc, l’Afrique du Sud, et tous les autres, sont confrontés au recul du trait de côte et à la montée des eaux. On attend ainsi des annonces, financières par exemple, pour les aider à s’y adapter.

Autre enjeu énorme : la pêche et la surpêche. Les stocks et les ressources sont de plus en plus durs d’accès. Créations d’aires marines protégées pour permettre aux poissons de se reproduire et lutte contre la pêche illégale sont également au menu des discussions.

Enfin, autre sujet particulièrement important sur les littoraux africains : la pollution, plastique notamment. Sur ce thème, pas de décision attendue, mais on espère des avancées dans les discussions en cours sur l’adoption d’un traité dédié à cet enjeu, dont les négociations doivent s’achever cet été.

La conférence de cinq jours, qui se terminera vendredi, comprendra dix sessions plénières et dix « panels d’action pour l’océan » collaboratifs et multipartites. Une déclaration convenue au niveau intergouvernemental sera adoptée, qui, avec une liste d’engagements volontaires, sera appelée « Plan d’action de Nice pour l’océan ».

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