Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a nommé un gouvernement intérimaire chargé de stabiliser la région septentrionale du Tigré et de préparer des élections dans un délai de six mois, après la reprise des combats entre une alliance rebelle et les forces fédérales.(Source : Reuters)
Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) a lancé, le mois dernier, une offensive contre le gouvernement d’Abiy Ahmed, ravivant un conflit qui avait fait des centaines de milliers de morts entre 2020 et 2022.
La reprise des hostilités a également entraîné une rupture des relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée. Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir les rebelles, ce que l’Érythrée dément. Le TPLF, parti au pouvoir dans la région du Tigré, a dominé la vie politique éthiopienne pendant plusieurs décennies, jusqu’à l’arrivée d’Abiy Ahmed au pouvoir en 2018.
Depuis le début des nouveaux affrontements, l’armée éthiopienne et une milice favorable au gouvernement ont enregistré des avancées importantes et pris le contrôle de vastes portions du Tigré, notamment de sa capitale régionale, Mekele.
Selon les services du Premier ministre, l’administration provisoire restera en fonction pendant six mois. Elle aura pour mission de créer un climat politique stable permettant l’organisation d’élections libres et transparentes dans ce délai.
« Pour parvenir à la paix qui leur échappe depuis longtemps, garantir leur droit à l’autonomie administrative et enfin profiter des fruits du développement, qui leur sont inaccessibles depuis de nombreuses années, les habitants du Tigré doivent sortir de ce cycle de conflit », a déclaré Abiy Ahmed dans un communiqué publié sur le réseau social X.
Le gouvernement intérimaire devra également réhabiliter les infrastructures endommagées et faciliter le retour des personnes déplacées dans leurs foyers. Le porte-parole du TPLF n’avait pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
Le Tigré peine encore à se relever des conséquences humanitaires de la précédente guerre, qui avait plongé des centaines de milliers de personnes dans la famine. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), environ 750 000 habitants de la région étaient toujours déplacés à l’intérieur du pays en février.
La région est également confrontée à une sécheresse liée au phénomène climatique El Niño.
La reprise des violences suscite par ailleurs des inquiétudes quant à une possible extension de l’instabilité au-delà des frontières éthiopiennes, dans la Corne de l’Afrique, une région fragile où plusieurs puissances rivalisent d’influence.
Outre l’Érythrée, le gouvernement éthiopien accuse également l’Égypte et le Soudan de soutenir l’alliance rebelle. Le Caire et Khartoum ont rejeté ces accusations.