Le Tchad et l’Algérie poursuivent le renforcement de leurs relations bilatérales. Les deux pays ont réaffirmé leur volonté de consolider leur rapprochement diplomatique et d’intensifier leur coopération dans plusieurs domaines stratégiques, notamment l’économie, l’énergie, les transports et la sécurité.
Cette dynamique a été au centre d’une visite de travail effectuée le 3 novembre 2026 à N’Djamena par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf. À cette occasion, le chef de la diplomatie algérienne a été reçu par le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, auquel il a transmis un message du président Abdelmadjid Tebboune.
Les échanges ont permis aux deux parties de réaffirmer leur volonté de donner une nouvelle impulsion à leur partenariat et d’accélérer la mise en œuvre des engagements pris lors de précédentes rencontres bilatérales.
Au cœur de cette coopération figurent notamment les 27 accords et mémorandums conclus en avril 2026, lors de la quatrième commission mixte algéro-tchadienne. Ces engagements concernent plusieurs secteurs, dont la santé, les médias, l’agroalimentaire et les transports.
L’énergie, un axe majeur de la coopération
La coopération énergétique occupe une place importante dans le rapprochement entre les deux États. Parmi les projets annoncés figure la construction d’une centrale électrique d’une capacité de 40 mégawatts à N’Djamena. La première pierre de cette infrastructure a été posée en juin 2026.
L’Algérie s’est également engagée à approvisionner le Tchad en 5 000 tonnes de gaz de pétrole liquéfié (GPL) par mois. Cette initiative vise à contribuer à la satisfaction des besoins énergétiques tchadiens et à renforcer les échanges économiques entre les deux pays.
Ces projets traduisent la volonté d’Alger de mettre son expérience et ses capacités économiques au service du développement de ses relations avec les pays du continent africain.
La sécurité régionale au centre des discussions
Au-delà des questions économiques, les enjeux sécuritaires ont également occupé une place importante dans les discussions. Ahmed Attaf s’est entretenu avec son homologue tchadien, Ahmat Kogri, sur les défis auxquels fait face l’espace sahélo-saharien, notamment l’instabilité régionale et la menace terroriste.
Les deux responsables ont souligné la nécessité de renforcer la concertation et la coordination entre leurs pays afin de contribuer à la stabilité de la région.
La position géographique du Tchad, au carrefour de plusieurs espaces de crise, lui confère un rôle stratégique dans les équilibres sécuritaires du Sahel et de l’Afrique centrale.
Alger cherche à consolider son influence au Sahel
Ce rapprochement s’inscrit dans un contexte de recomposition des relations diplomatiques en Afrique. L’Algérie cherche à renforcer ses partenariats avec les pays du Sahel, dans une région marquée par des tensions politiques, des défis sécuritaires et des rivalités d’influence.
Selon Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, cette dynamique traduit notamment la volonté algérienne de retrouver une place centrale dans les relations régionales. Le Tchad représente, dans cette perspective, un partenaire stratégique en raison de son poids politique et sécuritaire.
Même si aucune nouvelle convention n’a été signée lors de la visite d’Ahmed Attaf, les deux pays ont réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre les accords existants et à poursuivre leur dialogue sur les questions d’intérêt commun.
Ce rapprochement entre Alger et N’Djamena témoigne ainsi d’une volonté de construire un partenariat durable, fondé sur des intérêts économiques, énergétiques et sécuritaires partagés, dans un environnement régional en pleine évolution.