Les autorités irakiennes ont lancé, dimanche 28 juin, une vaste opération anticorruption qui s’est soldée par l’arrestation de 47 responsables politiques et administratifs. Douze députés, des hauts fonctionnaires ainsi que plusieurs responsables du ministère du Pétrole figurent parmi les personnes interpellées, selon l’agence de presse officielle INA.
Lire la suite: Irak : une vaste opération anticorruption conduit à l’arrestation de 47 responsablesLes arrestations ont été menées à Bagdad et dans plusieurs provinces. Dans la capitale, les forces de sécurité ont bouclé la Zone verte, siège des principales institutions de l’État, où plusieurs perquisitions ont été effectuées au domicile ou sur le lieu de travail des suspects.
L’enquête, ouverte en octobre 2025, a pris une nouvelle ampleur après l’arrestation, le mois dernier, d’Adnan al-Joumaïli, ancien vice-ministre chargé du raffinage. Les informations recueillies au cours des investigations auraient permis aux magistrats d’identifier un réseau de responsables soupçonnés d’avoir participé à des détournements de fonds publics. Avant le déclenchement de l’opération, le Parlement avait levé l’immunité des députés concernés afin de permettre les poursuites judiciaires.
Selon les autorités, plusieurs personnes recherchées n’ont pas encore été appréhendées. Les investigations se poursuivent et d’autres arrestations ne sont pas exclues.
Cette opération intervient à un moment politiquement sensible. Le Premier ministre Ali al-Zaïdi, entré en fonction en mai dernier, a fait de la lutte contre la corruption l’un des axes de son action. Il doit effectuer, dans les prochaines semaines, une visite officielle aux États-Unis d’Amérique, où les questions de gouvernance et de transparence figurent parmi les sujets attendus des échanges avec les autorités états-uniennes.
La corruption demeure l’un des principaux défis de l’Irak depuis plus de vingt ans. Malgré les nombreuses campagnes lancées par les gouvernements successifs, les détournements de fonds publics continuent d’affecter les institutions et les secteurs stratégiques, en particulier celui du pétrole, qui assure l’essentiel des revenus de l’État. L’ampleur de cette opération lui confère donc une portée particulière, même si son impact dépendra désormais des suites judiciaires qui seront données aux dossiers.
Celine Dou, pour la Boussole-infos