Le Maroc pourrait avoir subi une troisième cyberattaque d’ampleur depuis le mois d’avril 2025. Un groupe se faisant appeler « Jabaroot DZ » et affirmant agir pour défendre les intérêts de l’Algérie, annonce avoir attaqué les serveurs du ministère de la Justice marocain. Dans le Royaume, les voix s’élèvent pour proposer une issue à ces cyberattaques
Lire la suite Maroc: multiplication des cyberattaques contre les institutions du paysGrossesses sous pression climatique : quand la chaleur menace la vie avant la naissance
Le réchauffement climatique n’épargne aucun corps, pas même celui de la femme enceinte. Tandis que les températures mondiales grimpent, les risques liés à la grossesse augmentent : naissances prématurées, stress fœtal, complications maternelles, voire mortalité périnatale. Un enjeu de santé publique encore largement ignoré dans les stratégies climatiques internationales.
Chaque jour un peu plus chaud que le précédent. Chaque saison un peu plus longue, plus sèche, plus suffocante. Dans ce monde en surchauffe, le corps de la femme enceinte devient un terrain fragile, exposé à des agressions physiologiques qu’on commence tout juste à comprendre scientifiquement.
Les chiffres sont éloquents. Selon une méta-analyse récente couvrant 940 villes dans 247 pays, les « jours à risque thermique pour la grossesse » ont doublé en moins de deux décennies. Dans certains pays comme l’Inde ou l’Australie, les femmes enceintes doivent désormais composer avec jusqu’à six semaines supplémentaires de chaleur dangereuse chaque année.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte : l’exposition à des températures supérieures à 35 °C pendant plusieurs jours consécutifs augmente de façon significative le risque de naissance prématurée, de faible poids à la naissance et de mortinatalité. Ces effets ne sont pas théoriques. Ils sont observés, documentés, quantifiés.
Pourquoi la grossesse est-elle si sensible à la chaleur ? Parce que le métabolisme maternel s’intensifie naturellement durant la gestation. Le volume sanguin augmente, le rythme cardiaque s’accélère, la température corporelle est légèrement plus élevée. Ce qui rend les femmes enceintes plus vulnérables à la déshydratation, aux coups de chaleur, et aux troubles de la régulation thermique.
Le stress thermique affecte également le fœtus. Des études menées en Gambie ou en Californie ont montré qu’une simple augmentation de 1 °C suffit à modifier le flux sanguin placentaire, à désynchroniser le rythme cardiaque fœtal, ou à provoquer un accouchement anticipé. En Australie, les femmes exposées à des épisodes de chaleur extrême au troisième trimestre ont deux fois plus de risques de prolongation de grossesse au-delà de 41 semaines, avec les complications que cela entraîne.
À cela s’ajoute la pollution atmosphérique, souvent corrélée aux pics de chaleur. Les particules fines (PM2,5), l’ozone et les oxydes d’azote pénètrent la circulation sanguine, atteignant le placenta, voire le fœtus. Ils sont associés à un risque accru de fausses couches, de retard de croissance intra-utérin et de troubles du développement neurologique.
Cette menace climatique ne frappe pas toutes les femmes de la même manière. Elle accentue les inégalités socio-économiques et géographiques.
Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les femmes enceintes ont moins accès à des systèmes de santé adaptés, à des lieux de travail climatisés ou à un suivi médical régulier.
En milieu rural, notamment en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud, les conditions de travail physique intense (agriculture, marché, portage) exposent les femmes à un stress thermique quotidien, sans possibilité de repli.
Les infrastructures hospitalières sont souvent inadéquates pour gérer les complications obstétricales liées à la chaleur ou aux maladies vectorielles amplifiées par le climat (paludisme, dengue, Zika).
C’est la double peine climatique : être enceinte et pauvre, dans une région chaude.
Malgré les alertes répétées de l’OMS, de l’UNICEF ou du Journal of Global Health, la santé maternelle reste quasiment absente des plans climat nationaux. Moins de 20 % des contributions nationales déterminées (NDC) dans le cadre de l’Accord de Paris mentionnent la vulnérabilité des femmes enceintes. Quant aux financements internationaux, ils privilégient encore les infrastructures ou la transition énergétique, reléguant la santé reproductive au second plan.
Il existe pourtant des solutions :
Mettre en place des systèmes d’alerte thermique adaptés aux femmes enceintes ;
Améliorer l’accès à l’eau potable et à la climatisation dans les maternités ;
Intégrer le suivi obstétrical dans les stratégies d’adaptation climatique ;
Former les sages-femmes et médecins aux nouveaux risques liés à l’environnement.
Au-delà des données médicales, il y a une question civilisationnelle : voulons-nous d’un monde où la grossesse devient un risque environnemental majeur ? Où porter la vie suppose de défier la température ambiante, l’air que l’on respire, la stabilité des saisons ?
Le réchauffement climatique n’est pas un phénomène abstrait. Il modifie la biologie intime des corps. Il touche l’origine même de l’humanité : la gestation. C’est pourquoi sa prise en compte dans les politiques publiques ne peut plus se limiter aux grands discours sur l’atténuation des émissions. Il faut descendre dans les détails, dans les ventres, dans les maternités, dans la vie réelle.
Le droit de naître en sécurité ne peut être dissocié du droit de vivre dans un environnement sain. Protéger la santé maternelle face au dérèglement climatique, c’est défendre à la fois l’avenir des enfants et la dignité des femmes. Cela exige une révolution dans nos priorités sanitaires, écologiques et sociales.
En Haïti, un record de 1,3 million de déplacés internes en raison des violences
L’ONU annonce un nombre record de près de 1,3 million de personnes qui ont dû fuir les violences en Haïti pour trouver un endroit sûr, ailleurs dans le pays. Un chiffre qui révèle une augmentation de 24% depuis décembre 2024 et le plus grand nombre de personnes déplacées par la violence jamais enregistré dans le pays selon l’organisation internationale pour les migrations. (OIM)
Lire la suite En Haïti, un record de 1,3 million de déplacés internes en raison des violencesDeuxième soirée de violences en Irlande du Nord après une tentative de viol
Des heurts ont opposé mardi soir des manifestants et les forces de l’ordre à Ballymena en Irlande du Nord, après des violences la veille à motivation raciste selon la police, à la suite de l’inculpation de deux adolescents pour une tentative de viol contre une jeune fille.
Lire la suite Deuxième soirée de violences en Irlande du Nord après une tentative de violSly Stone est mort : le funk perd l’un de ses architectes les plus radicaux
Le 9 juin 2025, Sylvester Stewart alias Sly Stone s’est éteint à Los Angeles à l’âge de 82 ans. Derrière les paillettes psychédéliques et les grooves effervescents, ce pionnier états-unien du funk laisse une empreinte culturelle et politique d’une rare densité.
Il fut l’un des artistes les plus novateurs du XXe siècle. Fondateur du groupe Sly and the Family Stone, Sly Stone a profondément transformé le paysage musical mondial, au croisement du funk, de la soul, du rock et de la contre-culture. Le musicien est décédé des suites d’une maladie pulmonaire chronique, entouré de ses proches. Si la nouvelle de son décès bouleverse la scène musicale mondiale, elle offre aussi une occasion de revisiter un legs artistique qui déborde largement du champ du divertissement.
Né au Texas en 1943 et élevé en Californie dans une famille religieuse, Sly Stone se forme très tôt à la musique gospel. Multi-instrumentiste surdoué, il devient producteur et animateur radio avant de fonder, en 1966, un groupe qui ne ressemble à aucun autre : Sly and the Family Stone. Un collectif mixte, tant sur le plan racial que genré fait rare, voire révolutionnaire à l’époque, où Noirs et Blancs, hommes et femmes, partagent la scène et la création. Le choix est hautement politique, en plein contexte de luttes pour les droits civiques aux États-Unis d’Amérique.
À travers des titres comme Everyday People, Family Affair ou Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin), le groupe impose une esthétique nouvelle. Le groove est tendu, syncopé, électrisant. Le message est clair : la musique est un vecteur de transformation sociale. Si James Brown a codifié le funk, Sly Stone en a démultiplié les possibilités harmoniques, narratives et spirituelles. Le genre devient un moyen de résistance, d’affirmation identitaire et d’utopie collective.
Au tournant des années 1970, le succès du groupe est fulgurant. There’s a Riot Goin’ On (1971) marque un virage plus sombre, lucide sur la désillusion post-hippie et la violence raciale persistante. L’album anticipe, par son ton grave et son tempo ralenti, l’émergence d’un funk introspectif, quasi crépusculaire. Prince, George Clinton, D’Angelo, Dr. Dre ou encore Public Enemy y puiseront une large part de leur inspiration.
Mais la trajectoire personnelle de Sly Stone bascule. Reclus, en proie à des addictions, il sombre progressivement dans l’oubli. Des décennies durant, l’architecte du funk moderne disparaît de la scène, au point de devenir une figure quasi mythique, entre errance et culte underground. Ce n’est qu’en 2023 qu’il refait surface avec la parution de ses mémoires, Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin), saluées pour leur sincérité et leur intelligence narrative. Le documentaire Sly Lives!, produit par Questlove, en a récemment ravivé l’éclat.
Le décès de Sly Stone suscite une vague d’hommages à travers le monde. Au-delà de la nostalgie, c’est une œuvre profondément actuelle que redécouvre le public. L’insistance sur l’unité dans la diversité, la critique des hiérarchies raciales, la valorisation des identités collectives et hybrides, autant de thèmes qui résonnent fortement avec les débats contemporains.
Dans un contexte international marqué par la montée des crispations identitaires et les fractures sociales, la musique de Sly Stone apparaît comme un antidote. Son funk ne prônait pas le repli, mais la fusion. Sa vision, à la fois exigeante et joyeuse, s’adressait à une humanité plurielle.
Sly Stone ne fut jamais un simple amuseur. Il fut un expérimentateur, un passeur, un prophète musical. Son influence traverse les frontières culturelles et géographiques, bien au-delà des États-Unis d’Amérique. Elle rappelle que la musique peut servir à autre chose qu’au divertissement : elle peut inventer des futurs désirables.
En 2025, dans un monde où la quête de sens se confronte à des mutations accélérées, cette disparition n’est pas une fin. C’est un rappel. Celui que certaines œuvres, et certains artistes, continuent à vivre dans la mémoire collective comme autant de repères dans la tempête.
Blocages des routes en Bolivie: le parquet ouvre une enquête pour «terrorisme» contre Evo Morales
Le procureur général de Bolivie a accepté lundi la plainte du gouvernement contre l’ancien président déposée après la diffusion d’un enregistrement audio dans lequel une voix, attribuée à l’ex-chef d’Etat, appelle à bloquer les principales routes menant à La Paz
Lire la suite Blocages des routes en Bolivie: le parquet ouvre une enquête pour «terrorisme» contre Evo MoralesL’Azerbaïdjan muscle son armée : nouvelle commande de chasseurs JF-17 auprès du Pakistan
Bakou poursuit sa montée en puissance militaire alors que le processus de paix avec l’Arménie piétine.
Alors qu’un accord de paix semblait à portée de main en mars dernier entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, trois mois plus tard, la signature se fait toujours attendre. En cause : des tensions persistantes, alimentées par des exigences unilatérales et une course à l’armement de plus en plus marquée. L’Azerbaïdjan, fort de ses ressources pétrolières, investit massivement dans sa flotte aérienne. Le 6 juin, Bakou a officialisé une nouvelle commande de 40 avions de chasse JF-17 Thunder auprès du Pakistan, marquant une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation militaire.
Une paix incertaine et des tensions persistantes
Les pourparlers de paix, pourtant bien engagés, achoppent sur plusieurs points cruciaux. L’Arménie a cédé quatre localités dans la région de Tavoush, un geste interprété comme une volonté d’apaisement. Mais l’Azerbaïdjan, loin de se satisfaire de ces concessions, impose de nouvelles conditions. Parmi celles-ci : la dissolution du groupe de Minsk de l’OSCE, chargé historiquement de la médiation, ainsi qu’une révision de la Constitution arménienne visant à supprimer toute référence au Haut-Karabakh.
La situation se complexifie davantage avec la question non résolue du corridor de Zanguezour, un axe stratégique reliant l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan. Par ailleurs, le contrôle total du Haut-Karabakh par l’armée azerbaïdjanaise renforce la domination de Bakou sur cette zone historiquement disputée.
Une course à l’armement dominée par l’Azerbaïdjan
Sur le plan militaire, l’écart entre les deux pays s’élargit rapidement. L’Azerbaïdjan profite de ses revenus énergétiques pour moderniser son armée à un rythme soutenu. En septembre dernier, Bakou réceptionnait son premier JF-17 Thunder, avion de combat de fabrication sino-pakistanaise. Initialement, 16 appareils avaient été commandés pour 1,6 milliard de dollars. Ce chiffre a ensuite été porté à 40 unités, pour une enveloppe globale de 4,6 milliards de dollars.
La nouvelle commande du 6 juin pourrait correspondre à un avenant au contrat précédent ou à un nouveau lot distinct, les autorités n’ayant pas encore clarifié ce point. Dans la foulée, l’Azerbaïdjan a également confirmé l’achat de 40 chasseurs J-35A de cinquième génération, fabriqués en Chine, accentuant davantage son avantage technologique.
Les capacités techniques des JF-17 Block III
Les JF-17 Thunder commandés par Bakou sont des modèles Block III, les plus avancés de la série. Dotés de moteurs Klimov RD-93, ils peuvent atteindre une vitesse maximale de Mach 1,6 (1 976 km/h). Leur capacité d’emport atteint 3 800 kg de munitions sur sept points d’accroche, incluant missiles air-air, air-surface, bombes guidées et non guidées.
Parmi les équipements notables : un radar à antenne active KLJ-7A, des commandes de vol électriques de dernière génération et un système de visée intégré au casque. Ces appareils ne remplacent pas les MiG-29 et Su-25 actuellement en service, mais viennent renforcer leur efficacité et leur complémentarité dans les opérations aériennes.
Un déséquilibre croissant dans le Caucase
Face à cet arsenal grandissant, l’Arménie peine à suivre. Erevan ne parvient à maintenir en état opérationnel qu’une vingtaine d’aéronefs, dont seulement quatre Su-30SM livrés sur une commande de douze à la Russie. Quant à sa quinzaine de Su-25, leur état reste incertain, rendant leur efficacité opérationnelle discutable.
Ce déséquilibre militaire souligne la vulnérabilité de l’Arménie dans le Caucase Sud, alors que l’Azerbaïdjan multiplie les achats stratégiques et consolide sa supériorité aérienne. Tant que les tensions géopolitiques perdurent, la course à l’armement risque de primer sur les efforts de paix.
États-Unis d’Amérique : le gouvernement Trump renvoie tous les membres du comité consultatif sur les vaccins, Robert F. Kennedy Jr. au centre de la polémique
Le ministre américain de la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a pris une décision controversée en annonçant le renvoi de l’ensemble des membres du comité consultatif sur les pratiques de vaccination (Advisory Committee on Immunization Practices, ACIP), un organe scientifique clé qui conseille les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) sur l’utilisation des vaccins.
Cette décision, présentée comme un “coup de balai” nécessaire pour restaurer la confiance du public dans la science des vaccins, a suscité de vives réactions au sein de la communauté médicale et scientifique américaine.
Conflits d’intérêts invoqués, politisation dénoncée
Robert F. Kennedy Jr. justifie cette mesure en invoquant la présence “de nombreux conflits d’intérêts” parmi les membres du comité, qu’il considère comme un obstacle à une gestion saine et transparente des politiques vaccinales. Selon lui, ces membres, tous nommés sous l’administration Biden, auraient empêché la nomination de nouveaux experts avant 2028, rendant nécessaire leur éviction.
Toutefois, cette décision est perçue par de nombreux spécialistes comme une politisation dangereuse d’un organe qui, jusque-là, était généralement considéré comme non partisan.
Tom Frieden, ancien directeur des CDC et actuel président-directeur général de l’organisation Resolve to Save Lives, dénonce une manœuvre qui, selon lui, risque de compromettre la confiance du public dans les vaccins, acquise au fil de décennies de travail rigoureux.
Il affirme : « Nous considérerons cela comme une grave erreur qui sacrifie des décennies de rigueur scientifique, sape la confiance du public et ouvre la porte à des théories marginales plutôt qu’à des faits. »
Réactions du monde médical et sanitaire
L’Association américaine de santé publique (APHA) a qualifié cette éviction de « coup d’État », soulignant la gravité de cette remise en cause des institutions scientifiques. De son côté, Bruce Scott, représentant de l’Association médicale américaine (AMA), a mis en garde contre une possible baisse des taux de vaccination et la recrudescence d’épidémies évitables.
Tom Frieden a également souligné que cette action pourrait rendre des millions de familles américaines moins sûres en réduisant potentiellement leur accès à des recommandations vaccinales fiables.
Un ministre controversé au passé anti-vaccin
Robert F. Kennedy Jr. est connu depuis longtemps pour ses prises de position critiques à l’égard des programmes de vaccination. Avant sa nomination au ministère de la Santé, il s’était illustré comme l’un des principaux militants anti-vaccins du pays, ce qui a suscité de nombreuses polémiques.
Le mois précédent, il avait déjà bousculé le cadre des recommandations sanitaires en modifiant unilatéralement les lignes directrices du CDC concernant la vaccination contre la Covid-19. Sans consulter le comité consultatif, il a supprimé la recommandation vaccinale pour les enfants et les femmes enceintes, laissant cette décision aux patients eux-mêmes.
Contexte et enjeux
Le comité consultatif sur les pratiques de vaccination joue un rôle essentiel dans la définition des stratégies vaccinales aux États-Unis, en s’appuyant sur des données scientifiques rigoureuses pour protéger la population contre diverses maladies infectieuses.
La décision de Robert F. Kennedy Jr. intervient dans un contexte où la défiance à l’égard des vaccins connaît une recrudescence, alimentée notamment par des mouvements anti-vaccins et une montée des discours complotistes. Cette mesure risque de fragiliser davantage la confiance du public, alors que la vaccination demeure un enjeu majeur de santé publique.
Soudan : Le Soudan vit « la pire catastrophe humanitaire au monde » ,au moins 1000 cas de choléra par jour, MSF sonne l’alarme
Alors que la guerre civile continue de ravager le Soudan depuis plus d’un an, le pays est désormais confronté à une crise sanitaire majeure. Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé une alerte urgente face à l’épidémie de choléra, qui ne cesse de se propager. Khartoum, la capitale, est l’épientre de la flambée, avec plus de 1 000 cas signalés chaque jour, selon les autorités sanitaires.
Une situation aggravée par la guerre
Depuis le début du conflit en avril 2023, le système de santé soudanais est en ruine. Plus de 80 % des hôpitaux sont hors service, selon MSF. Le choléra, une maladie pourtant évitable, a trouvé un terrain fertile dans un pays où l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et aux soins est gravement compromis.
“La promiscuité, le manque d’eau, le manque d’hygiène, le manque d’accès aux soins… tout cela a contribué à augmenter l’ampleur du choléra et à compliquer la riposte contre la maladie,” déclare Nicolas Jean, chef de mission de MSF au Soudan.
L’eau, une ressource devenue toxique
À Khartoum, les habitants n’ont d’autre choix que de puiser l’eau dans des rivières ou d’attendre les camions-citernes, souvent improvisés et sans moyens de traitement. Khalil Gad Allah, résident de la capitale, témoigne :
“Depuis que nous sommes revenus ici, pour trouver de l’eau potable, il n’y avait pas d’autre moyen que d’aller chercher de l’eau dans la rivière. Nous la stockons dans des barils, la laissons reposer, puis nous la buvons.”
Cette consommation d’eau non traitée est à l’origine directe de la transmission du choléra, qui se propage à grande vitesse dans les zones densément peuplées, notamment celles accueillant des déplacés internes.
Un pays au bord du gouffre humanitaire
La guerre civile entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) a plongé le pays dans une crise humanitaire d’une ampleur sans précédent.
•Au moins 24 000 morts, selon des estimations, un chiffre probablement sous-évalué.
•Plus de 14 millions de déplacés, dont 4 millions ont fui vers les pays voisins.
•Une famine a été déclarée dans au moins cinq régions, avec un épientre au Darfour, théâtre de violences parmi les plus brutales du conflit.
Une urgence ignorée ?
Malgré l’appel pressant de MSF, la réponse internationale reste insuffisante face à une épidémie qui pourrait encore s’aggraver dans les prochaines semaines. La défaillance des services publics, le manque d’accès humanitaire et l’instabilité sécuritaire rendent toute intervention extrêmement difficile, voire dangereuse.
Alors que le monde tourne le regard vers d’autres conflits, le Soudan s’enfonce silencieusement dans une triple crise : militaire, sanitaire et alimentaire, menaçant la survie de millions de civils pris au piège.
Le Soudan vit « la pire catastrophe humanitaire au monde »
Le chef de la diplomatie britannique, David Lammy, a déclaré lundi que le Soudan traversait « la pire catastrophe humanitaire au monde », lors d’un forum consacré à l’Afrique organisé à Marrakech, dans le centre du Maroc.
Le Soudan est le théâtre depuis avril 2023 d’une guerre pour le pouvoir entre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), dirigés par le général Mohamed Hamdane Dagalo, et l’armée menée par le général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du pays.
« La crise au Soudan (…) est actuellement la pire catastrophe humanitaire au monde et elle est extrêmement préoccupante », a alerté le ministre britannique en réponse à une question sur la situation de Mo Ibrahim, homme d’affaires anglo-soudanais et fondateur de la Fondation Mo Ibrahim, organisatrice du forum qui s’est ouvert dimanche à Marrakech.
« Il y a une ambivalence, une ambiguïté et certainement un manque de visibilité de cette crise à l’échelle mondiale, et dans une grande partie du monde occidental », a déploré M. Lammy, affirmant avoir « décidé très tôt » après son entrée en fonction de faire tout son possible « pour attirer l’attention » sur la situation.
La guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé 13 millions de personnes. Elle a conduit à l’effondrement du système de santé, ravagé de nombreuses infrastructures, et la famine a été officiellement déclarée dans cinq zones du pays: trois camps de déplacés au Darfour et plusieurs parties de la région montagneuse de Nuba.
Mahmoud Abbas se dit favorable à la démilitarisation du Hamas, sans rôle dans la gouvernance de Gaza (lettre à Macron)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’est dit favorable à ce que le Hamas « dépose ses armes » et « ne dirige plus Gaza » dans le cadre d’un futur Etat palestinien, dans une série d’engagements écrits avant une conférence de l’ONU, a annoncé mardi l’Elysée.(Source : AFP).
Dans une lettre adressée lundi au président français Emmanuel Macron et au prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, qui coprésideront cette conférence sur la solution dite à deux Etats du 17 au 21 juin à New York, Mahmoud Abbas se dit aussi « prêt à inviter des forces arabes et internationales à se déployer dans le cadre d’une mission de stabilisation/protection avec un mandat du Conseil de sécurité ».
Un futur Etat palestinien « n’a aucune intention d’être un Etat militarisé et est prêt à travailler à des arrangements de sécurité au bénéfice de toutes les parties », « dès lors qu’il bénéficie d’une protection internationale », ajoute-t-il.
« Ce qu’a fait le Hamas le 7 octobre » 2023, « en tuant et en prenant des civils en otage, est inacceptable et condamnable », écrit par ailleurs le président de l’Autorité palestinienne, appelant le mouvement islamiste palestinien à « libérer immédiatement tous les otages et personnes retenues ».
L’Elysée salue dans un communiqué des « engagements concrets et inédits, témoignant d’une volonté réelle d’avancer vers la mise en oeuvre de la solution à deux Etats ».
La France veut faire de la conférence internationale prévue à l’ONU un moment-clé pour relancer cette solution, dont le gouvernement d’Israël ne veut toutefois pas. Emmanuel Macron, qui sera à New York le 18 juin, se dit « déterminé » à reconnaître un Etat palestinien, potentiellement à cette occasion, mais a aussi émis plusieurs conditions, dont la « démilitarisation » du Hamas et sa « non-participation » à la gouvernance de cet Etat.
Dans sa lettre, Mahmoud Abbas s’engage aussi à nouveau à continuer de réformer l’Autorité palestinienne, et confirme vouloir organiser des « élections présidentielle et législatives d’ici un an », sous « supervision » internationale.
« Nous sommes prêts à prendre toute notre part pour promouvoir un chemin crédible et irréversible vers la fin de l’occupation, et aller vers la concrétisation d’un Etat indépendant et souverain de Palestine et la mise en oeuvre de la solution à deux Etats, dans le cadre d’un calendrier clair et avec des garanties internationales fortes », insiste-t-il.