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Bill et Hillary Clinton refusent de comparaître au Congrès sur l’affaire Epstein

L’ex-président américain Bill Clinton a refusé de se présenter mardi au Capitole de Washington pour une audition parlementaire sur ses liens passés avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, s’exposant avec son épouse Hillary à des poursuites pour entrave au Congrès.(Source : AFP).

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P. Diddy sollicite une grâce présidentielle auprès du président des États‑Unis d’Amérique : Donald Trump refuse

Sean « P. Diddy » Combs, condamné en octobre 2025 à cinquante mois de prison pour transport de personnes à des fins de prostitution, a adressé une demande de grâce présidentielle à Donald Trump. Le président des États‑Unis d’Amérique a décliné cette requête, mettant en lumière les enjeux constitutionnels, politiques et médiatiques du pouvoir exécutif dans le système judiciaire fédéral.

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Au‑delà de la médiatisation de cette affaire, elle révèle la complexité de l’exercice du pardon présidentiel et l’interaction entre justice fédérale, célébrité et pouvoir exécutif, tout en soulevant des questions sur l’équité et la transparence du processus.

Sean « P. Diddy » Combs, rappeur et entrepreneur culturel, a été jugé devant le tribunal fédéral de New York pour plusieurs chefs d’accusation, dont trafic sexuel et association de malfaiteurs. Il a été acquitté des accusations les plus graves mais reconnu coupable de transport de personnes à des fins de prostitution. La peine prononcée s’élève à cinquante mois de détention, accompagnée d’une amende de 500 000 dollars, qu’il purge depuis septembre 2024 à la prison fédérale de Fort Dix, dans le New Jersey.

Pour tenter de réduire sa peine, ses avocats ont adressé au président des États‑Unis d’Amérique une demande de grâce présidentielle. Bien que le contenu exact de la lettre n’ait pas été rendu public, il s’agissait d’un appel au pardon exécutif pour écourter sa détention. Donald Trump a confirmé avoir reçu la missive mais a catégoriquement refusé d’y accéder. Il a laissé entendre que les relations antérieures avec Combs, notamment des critiques émises par ce dernier lors de campagnes politiques passées, ont pu peser sur sa décision. Aucun autre élément juridique ou circonstanciel n’a été présenté pour justifier ce refus.

Cette affaire illustre la complexité du pouvoir de grâce présidentiel aux États‑Unis d’Amérique. La Constitution confère au président un pouvoir quasi absolu de commutation ou de pardon des peines fédérales, exercé selon sa discrétion, sans obligation de justification détaillée. Le refus de Donald Trump montre que ce pouvoir peut être influencé par des considérations personnelles et politiques, soulevant des interrogations sur l’impartialité et l’équité de son usage.

Par ailleurs, le cas P. Diddy met en lumière la relation entre célébrité et justice. Malgré sa renommée internationale, le rappeur n’a pu bénéficier d’aucune faveur, ce qui souligne la rigueur du système judiciaire fédéral et la capacité de l’État à appliquer la loi indépendamment de la médiatisation ou de la notoriété. L’affaire illustre également la manière dont les interactions entre médias, opinion publique et pouvoir exécutif peuvent influencer la perception de la justice aux États‑Unis d’Amérique.

Au‑delà des États‑Unis d’Amérique, cette situation invite à réfléchir sur les mécanismes de clémence exécutive dans d’autres systèmes judiciaires et sur la place de la célébrité dans le traitement judiciaire. Elle pose la question de l’égalité devant la loi et de la transparence dans l’exercice des pouvoirs présidentiels, qui, lorsqu’ils sont médiatisés, deviennent des affaires d’intérêt public international.

Le refus de la grâce présidentielle pour Sean « P. Diddy » Combs démontre que la célébrité et la médiatisation n’assurent pas de clémence devant la justice fédérale. L’affaire met en lumière l’intersection complexe entre pouvoir exécutif, justice et opinion publique, et illustre les limites de l’influence médiatique sur l’application des lois aux États‑Unis d’Amérique. Elle offre un éclairage précieux sur le fonctionnement du pardon présidentiel et sur les tensions potentielles entre politique et droit.

Celine Dou, Pour La Boussole – infos

France : le Parquet national financier examine une plainte pour détournement de fonds publics citant Jordan Bardella

Le Parquet national financier (PNF) a confirmé qu’il était en train d’analyser une plainte pour détournement de fonds publics déposée contre X, et citant Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN). Cette information a été rendue publique le 12 janvier 2026 par Pascal Prache, procureur national financier, lors d’une interview sur RTL.

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Corée du Sud : la députée Kang Sun-woo quitte le Parti démocrate sur fond d’allégations de corruption

La députée sud-coréenne Kang Sun-woo, membre du Parti démocrate au pouvoir, a annoncé ce jeudi sa démission du parti à la suite d’allégations selon lesquelles elle aurait reçu 100 millions de wons (environ 69.400 dollars) d’un conseiller de la ville de Séoul en 2022.

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RDC: Denis Mukwege critique les processus de paix de Doha et de Washington

Le Dr Denis Mukwege, célèbre gynécologue et militant des droits de l’homme, s’est insurgé contre les processus de paix de Washington et de Doha, destinés à ramener la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Dans un communiqué publié en ligne, il dénonce ce qu’il considère comme une marginalisation dangereuse du peuple congolais et une instrumentalisation du conflit par les grandes puissances, guidées par leurs intérêts propres.

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États-Unis d’Amérique : Trump valide la publication des dossiers Epstein, un geste de transparence aux contours incertains

Le président américain Donald Trump a promulgué l’Epstein Files Transparency Act, une loi fédérale qui impose au ministère de la Justice de publier les documents non classifiés liés à l’affaire Jeffrey Epstein. Le texte, largement soutenu par les deux chambres du Congrès, ouvre la voie à une mise à disposition partielle des archives judiciaires. Mais la portée réelle de cette transparence dépendra des exceptions prévues par la loi et des arbitrages qui seront faits dans les semaines à venir.

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Un consensus rare sur un dossier sensible

La Chambre des représentants a adopté la loi à 427 voix contre 1, une quasi-unanimité notable dans un contexte institutionnel marqué par des tensions partisanes récurrentes. Le Sénat a validé le texte par consentement unanime, confirmant un large accord sur la nécessité de rendre publiques des informations longtemps conservées sous scellés.

Le dispositif légal donne au Department of Justice un délai d’environ 30 jours pour publier les documents non classifiés relatifs à Jeffrey Epstein, à Ghislaine Maxwell et aux investigations associées.

Un cadre légal qui ouvre la publication mais maintient des limites

La loi impose la mise en ligne de l’ensemble des documents non classifiés, mais prévoit plusieurs exceptions encadrées :

  • Protection des victimes : les identités des personnes mineures ou vulnérables resteront dissimulées.
  • Enquêtes en cours : tout élément susceptible de compromettre des procédures judiciaires pourra être retenu.
  • Sécurité nationale : certains dossiers pourront demeurer confidentiels pour des raisons stratégiques.

Le texte interdit toutefois que des documents soient bloqués pour des motifs liés à « l’embarras potentiel » de personnalités publiques. Cette disposition vise à éviter que des considérations politiques ne limitent la publication.

Un changement de posture présidentiel

Donald Trump avait jusqu’ici exprimé des réticences sur la divulgation immédiate des archives, dénonçant un risque de manipulation politique autour de l’affaire. Son ralliement à la loi représente donc un revirement, interprété à Washington comme une manière de reprendre l’initiative sur un sujet hautement sensible.

La séquence traduit deux éléments :

  1. La pression croissante du Congrès, où élus républicains et démocrates réclamaient davantage d’ouverture.
  2. La volonté politique du président d’apparaître comme favorable à la transparence, dans un contexte où le sujet mobilise une large partie de l’opinion américaine.

Portée internationale et enjeux juridiques

1. Dimension transnationale

L’affaire Epstein dépasse le cadre américain : elle implique des déplacements internationaux, des réseaux d’influence transfrontaliers et parfois des personnalités étrangères. La publication des documents pourrait donc avoir des effets diplomatiques, en fonction du contenu effectivement déclassifié.

2. Conséquences judiciaires

Si la diffusion des archives met au jour des informations nouvelles, certaines enquêtes pourraient être réactivées ou complétées. À l’inverse, une publication très expurgée limiterait l’impact juridique du texte.

3. Impact sur le débat public

L’affaire reste un point de tension dans la société américaine. Une publication partielle ou fortement caviardée pourrait alimenter des interprétations contradictoires. Une publication substantielle pourrait, au contraire, stabiliser le débat en clarifiant les responsabilités.

Un geste politique dont la portée dépendra de l’exécution

Au-delà de l’annonce, l’enjeu central réside dans l’application de la loi. Le caviardage (redaction) demeure un outil légal qui pourrait limiter l’accès à certaines informations sensibles. Ainsi, le degré réel de transparence dépendra des arbitrages du ministère de la Justice et de la rigueur des critères invoqués pour retenir ou expurger des passages.

La séquence révèle également une dynamique plus large : malgré des divisions politiques profondes, le Congrès peut encore produire un consensus lorsqu’un dossier touche à la confiance publique et à la responsabilité institutionnelle.

Celine Dou

46 pays sous influence : l’ingérence du lobby du tabac expose la fragilité des États

Un rapport conjoint du Global Center for Good Governance in Tobacco Control (GGTC) et de l’initiative STOP dresse un constat inquiétant : dans 46 pays, l’industrie du tabac aurait intensifié ses manœuvres pour peser sur les politiques publiques de santé. Voyages offerts à des décideurs, promesses d’investissements, financements d’ONG, campagnes de responsabilité sociale d’entreprise… autant de leviers utilisés pour contourner les réglementations et retarder la mise en œuvre de mesures anti-tabac.

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Une influence persistante derrière le vernis de la “responsabilité sociale”

L’ingérence du lobby du tabac n’est pas nouvelle, mais le rapport révèle un raffinement croissant des stratégies employées. Sous couvert d’engagements sociétaux ou environnementaux, les grands groupes multiplient les initiatives de “bonne gouvernance” pour redorer leur image, tout en continuant à promouvoir des produits qui tuent plus de huit millions de personnes chaque année selon l’Organisation mondiale de la santé.
Le paradoxe est frappant : des entreprises reconnues coupables de pratiques trompeuses se positionnent désormais comme partenaires du développement durable, infiltrant les sphères politiques et économiques par le biais de mécénats et de promesses d’emploi.

Un enjeu de gouvernance mondiale

Au-delà de la santé publique, c’est la capacité des États à résister aux influences économiques qui est ici mise à l’épreuve.
Dans plusieurs pays à revenu intermédiaire, les compagnies de tabac se présentent comme des acteurs incontournables de l’économie nationale. Elles financent des campagnes locales, participent à des projets agricoles ou technologiques, et se rendent ainsi indispensables aux gouvernements en quête de stabilité budgétaire.
Cette dépendance crée un terrain propice aux compromis : les politiques anti-tabac sont édulcorées, les hausses de taxes retardées, les contrôles allégés.
Le résultat ? Une érosion de la souveraineté sanitaire et un affaiblissement de la gouvernance publique face à des multinationales aux moyens colossaux.

Santé publique contre pouvoir économique : un bras de fer inégal

L’analyse du GGTC montre que dans plusieurs cas, les représentants de l’industrie ont bénéficié d’un accès privilégié à des ministères ou à des assemblées législatives, au mépris des règles de transparence.
La lutte contre le tabagisme devient dès lors un combat asymétrique : d’un côté, des institutions de santé publique sous-financées ; de l’autre, des entreprises qui dépensent des milliards pour influencer, séduire ou dissuader.
Le rapport souligne également le risque de “capture réglementaire”, lorsque les politiques publiques finissent par refléter les intérêts privés plutôt que l’intérêt général.

Vers un sursaut politique et institutionnel ?

La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), adoptée en 2003, interdit toute interaction non transparente entre gouvernements et industrie.
Mais plus de vingt ans après, la volonté politique demeure inégale. Les mécanismes de contrôle manquent, les sanctions sont rares, et les frontières entre lobbying, diplomatie économique et corruption sont souvent floues.
Certains pays notamment en Asie et en Amérique latine ont amorcé un resserrement des règles de contact avec les industriels, mais le rapport montre que ces efforts restent isolés face à une influence désormais globalisée.

La santé publique, dernier bastion d’une gouvernance éthique

L’ingérence du lobby du tabac révèle une réalité plus large : celle d’un déséquilibre systémique entre les intérêts économiques privés et la gouvernance publique mondiale.
La question n’est plus seulement celle du tabac, mais celle de la capacité des institutions à défendre le bien commun dans un contexte où les géants industriels s’invitent dans la décision politique.
La transparence, la cohérence des politiques publiques et la protection des institutions contre les conflits d’intérêts constituent désormais des enjeux centraux de souveraineté démocratique.

Celine Dou

Adoptions internationales : la Suède envisage une interdiction totale après des révélations sur des trafics d’enfants

La Suède pourrait tourner une page majeure de son histoire sociale. Une commission gouvernementale vient de recommander l’arrêt total des adoptions internationales vers le pays. Une mesure radicale, mais motivée par la gravité des faits révélés : durant plusieurs décennies, des enfants ont été adoptés en dehors de tout cadre éthique, voire légal.

Le rapport, commandé par le gouvernement suédois, dresse un constat accablant. Depuis les années 1970, des centaines d’enfants originaires de divers pays Sri Lanka, Colombie, Pologne, Chine notamment ont été transférés vers la Suède dans des conditions opaques, souvent inacceptables. Certains ont été déclarés morts à tort. D’autres ont été confiés à l’adoption sans que leurs parents biologiques aient donné un consentement libre et éclairé. Dans d’autres cas encore, une personne non habilitée a pris cette décision à la place des parents.

« Des lacunes importantes et systémiques » : c’est ainsi qu’Anna Singer, rapporteure spéciale de la commission, qualifie la gestion des adoptions en Suède. Le rapport pointe de nombreuses anomalies dans les documents d’origine des enfants : erreurs de date de naissance, identités parentales falsifiées, circonstances de l’abandon maquillées.

Au-delà des fautes documentaires, ce sont des cas avérés de trafic d’enfants qui sont mis au jour, sur l’ensemble des décennies couvertes par l’enquête. La majorité de ces cas concerne des adoptions privées un mode opératoire qui a longtemps échappé au contrôle des autorités, favorisant les dérives.

L’implication indirecte, mais indéniable, des autorités suédoises ajoute à la gravité du constat. Car l’enquête révèle que le gouvernement était informé de ces irrégularités « très tôt ». Pourtant, la priorité donnée à la facilitation des adoptions, combinée à la délégation de cette mission à des agences privées, a favorisé une forme de complaisance. Ces organisations, rémunérées en fonction du nombre d’enfants adoptés, avaient tout intérêt à maximiser les flux.

Aujourd’hui, quelque 60 000 personnes adoptées à l’international vivent en Suède. Beaucoup découvrent avec stupeur que leur histoire personnelle est peut-être marquée par des abus. Pour elles, ce rapport constitue à la fois une révélation douloureuse et une possible porte ouverte à la reconnaissance, voire à la réparation.

Si la proposition d’interdiction totale est adoptée, la Suède deviendrait l’un des premiers pays d’Europe occidentale à mettre un terme complet aux adoptions internationales. Une rupture radicale, certes, mais qui interroge l’ensemble de la communauté internationale : comment garantir l’éthique dans les adoptions transfrontalières ? Peut-on continuer à confier des enfants vulnérables à des circuits marqués par l’opacité, les conflits d’intérêts, voire la corruption ?

Cette affaire suédoise dépasse largement les frontières du royaume scandinave. Elle met en lumière un déséquilibre structurel dans le système mondial des adoptions, souvent façonné par des logiques inégalitaires entre pays du Nord et pays du Sud, entre États riches en demande d’enfants et États pauvres où la misère familiale sert parfois de moteur à l’« offre ».

La question posée est donc double : comment réparer les injustices du passé, et surtout, comment prévenir celles de demain ?

Le débat qui s’ouvre en Suède aura, à n’en pas douter, une portée internationale. Il interpelle les autres pays pratiquant l’adoption internationale, les obligeant à réexaminer leurs pratiques à la lumière de ces révélations. À l’heure où les droits des enfants et la souveraineté familiale sont de plus en plus invoqués sur la scène mondiale, l’exemple suédois pourrait bien inaugurer un tournant majeur.

Des milliards perdus à cause des cookies : l’impasse réglementaire de l’Union européenne

14,3 milliards d’euros par an. C’est le coût économique estimé des bannières de cookies imposées aux internautes résidant dans l’Union européenne. À force de vouloir encadrer la vie privée numérique, les institutions union-européennes ont semble-t-il généré une nouvelle forme de nuisance : le clic obligatoire, chronophage, répétitif, qui ralentit le travail et dilue le sens même du consentement.

Selon une étude publiée par Legiscope, les Européens passeraient collectivement 575 millions d’heures par an à cliquer sur ces fenêtres de consentement, soit près d’1h30 par utilisateur chaque année. Ce chiffre, au-delà de sa charge symbolique, traduit une situation de perte sèche de productivité pour les particuliers comme pour les entreprises.

À l’origine, les bannières de cookies sont nées d’une ambition louable : redonner aux utilisateurs le contrôle de leurs données personnelles, conformément au Règlement général sur la protection des données (RGPD) entré en vigueur en mai 2018. Mais six ans après, la pratique s’est banalisée au point de s’industrialiser dans l’inefficacité.

Une majorité d’usagers cliquent sur « Accepter » sans lire les détails. Selon plusieurs analyses indépendantes, notamment relayées par Phonandroid, plus de 90 % des sites ne respecteraient pas fidèlement les choix des utilisateurs, soit par design manipulateur, soit par inaction technique. Le « privacy washing » est devenu la norme.

Le coût direct pour les utilisateurs est estimé à 14,375 milliards d’euros par an, selon les extrapolations faites sur la base du PIB horaire moyen. À cela s’ajoutent 1,8 milliard d’euros par an pour les entreprises, en frais de conformité (outils, prestataires, gestion juridique).

Au total, ce système, qui devait rétablir un équilibre dans le numérique européen, engendre un surcoût annuel équivalant à 0,10 % du PIB de l’Union européenne. Pour une politique publique, le ratio coût/bénéfice mérite donc réévaluation.

Dans un contexte de ralentissement économique et de tensions géopolitiques, l’Union européenne cherche à promouvoir une « souveraineté numérique ». Mais peut-elle se permettre de sacrifier autant de temps et de ressources à une mécanique inefficace ?

Certaines pistes de réforme sont évoquées : bannière unique centralisée, consentement par défaut dans les navigateurs, renforcement des sanctions contre les abus. Mais aucun consensus n’émerge, tant le terrain juridique est miné par les intérêts divergents entre éditeurs, régulateurs et acteurs de la publicité ciblée.

Ce cas union-européen mérite d’être analysé au-delà du continent. Il illustre les limites d’une approche technocratique du numérique, qui, en voulant tout encadrer, finit par asphyxier l’expérience utilisateur et l’efficacité économique. Les autres ensembles géopolitiques qu’il s’agisse de l’Afrique, des États-Unis d’Amérique ou de l’Asie orientale devront tirer les leçons de cette impasse réglementaire.

La protection de la vie privée ne doit pas se transformer en rituel bureaucratique. Elle suppose une technologie compréhensible, une réelle transparence, et une exigence d’efficacité. Faute de quoi, c’est la confiance elle-même qui s’effrite, et avec elle, l’un des piliers du numérique de demain.