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Russie : le parti de Vladimir Putin décroche un record de 355 sièges à la Douma, 49 vétérans de la guerre en Ukraine élus

Russie Unie sort renforcé des législatives russes des 18 au 20 septembre. Selon les résultats préliminaires, le parti de Vladimir Putin obtient 355 des 450 sièges de la Douma, son meilleur résultat depuis sa création. Parmi ses nouveaux députés, 49 sont des participants à la guerre en Ukraine.

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Le scrutin était le premier renouvellement de la Douma depuis le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine en 2022. Russie Unie conserve largement la majorité des deux tiers, tandis que la principale formation russe ouvertement opposée à la guerre n’a pas pu présenter de liste nationale.

Une majorité encore plus large

Avec plus de 95 % des bulletins dépouillés, Russie Unie recueille 57,83 % des voix sur les listes fédérales, contre 49,8 % en 2021. Ses candidats sont également arrivés en tête dans 208 des 225 circonscriptions uninominales.

Le Parti communiste de la Fédération de Russie obtient 40 sièges, le LDPR 25 et Novye Liudi 20, selon la répartition provisoire. Russie Unie dépasse ainsi largement les 301 députés nécessaires pour disposer seule d’une majorité des deux tiers.

Le Kremlin y voit une confirmation de la cohésion du pays autour de Vladimir Putin. Dmitri Medvedev, président de Russie Unie, a pour sa part promis de poursuivre la ligne fixée par le chef de l’État.

49 anciens combattants à la Douma

L’un des faits nouveaux de cette législature est l’arrivée annoncée de 49 participants à la guerre en Ukraine parmi les élus de Russie Unie.

Le chiffre a fait l’objet d’une confusion au cours de la journée. Le parti avait d’abord évoqué 86 vétérans avant de retirer cette annonce. Vladimir Yakushev, secrétaire du Conseil général de Russie Unie, a ensuite confirmé le nombre de 49.

Cette arrivée prolonge une politique menée depuis plusieurs mois par le pouvoir russe pour favoriser l’entrée d’anciens combattants dans la vie publique. Le programme « Temps des héros » a notamment été créé pour préparer certains d’entre eux à des fonctions administratives et politiques.

La prochaine Douma comptera donc davantage de responsables dont le parcours est directement lié à la guerre.

Une opposition anti-guerre absente du scrutin national

Le résultat doit aussi être regardé à travers les conditions de la compétition électorale.

Iabloko, formation libérale qui s’oppose ouvertement à la guerre en Ukraine, n’a pas été autorisée à présenter une liste fédérale. Le parti a toutefois conservé des candidats dans certaines circonscriptions individuelles.

Les autres formations ayant obtenu des sièges à la Douma n’ont pas fait de l’opposition à la guerre leur ligne nationale. Le Parti communiste, le LDPR et Novye Liudi restent ainsi les principales forces parlementaires situées derrière Russie Unie.

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe n’a, par ailleurs, pas déployé de mission d’observation électorale.

Un scrutin sous tension

La Commission électorale centrale annonce une participation de 59,3 %, présentée par sa présidente Ella Pamfilova comme un record pour des législatives de ce niveau.

Le vote s’est déroulé pendant trois jours et a également eu recours au vote électronique. Les autorités russes défendent la régularité du scrutin, tandis que des opposants et plusieurs gouvernements étrangers contestent les conditions dans lesquelles il s’est déroulé.

La Russie a en outre organisé des opérations de vote dans les territoires ukrainiens qu’elle contrôle et revendique. L’Union européenne conteste la légalité de ces opérations et a annoncé envisager des sanctions contre les personnes impliquées.

Une Douma profondément alignée sur le pouvoir

Au terme du dépouillement, le rapport de force parlementaire reste donc très largement favorable à Vladimir Putin. Mais le résultat ne se limite pas au nombre de sièges.

La nouvelle Douma sera marquée par deux évolutions : une majorité encore plus importante pour Russie Unie et l’entrée d’un nombre significatif de participants à la guerre en Ukraine.

Les résultats définitifs doivent encore être proclamés. Ils permettront de préciser la composition de cette nouvelle assemblée et la place exacte qu’y occuperont les anciens combattants.

Celine Dou

Vladimir Poutine annonce un renforcement des relations entre la Russie et la Corée du Nord

Le président russe confirme une nouvelle étape dans le rapprochement avec Pyongyang. Derrière cette déclaration, une coopération déjà engagée, notamment dans les domaines militaire et stratégique, se consolide dans le contexte de la guerre en Ukraine.

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Lorsque Vladimir Poutine évoque une « nouvelle étape » dans les relations entre Moscou et Pyongyang, il ne lance pas une initiative, il acte une évolution déjà engagée.

Depuis plusieurs mois, les liens entre la Russie et la Corée du Nord se sont resserrés de manière visible. Ce rapprochement s’est accéléré avec la guerre en Ukraine, dans un contexte où Moscou cherche à compenser son isolement vis-à-vis des puissances occidentales.

Les échanges entre les deux pays ne se limitent plus au cadre diplomatique. Ils portent désormais sur des sujets plus sensibles. Des livraisons d’équipements militaires ont été évoquées, tandis que des discussions autour de coopérations techniques et énergétiques se poursuivent. Rien de tout cela n’a été officialisé dans le détail, mais les signaux convergent.

Du côté russe, l’intérêt est immédiat. Le conflit en Ukraine s’inscrit dans la durée, et les besoins logistiques sont constants. La Corée du Nord dispose de stocks importants et d’une industrie militaire adaptée à ce type de demande.

Pour Pyongyang, l’enjeu est différent. Le pays reste soumis à des sanctions internationales lourdes. Le rapprochement avec Moscou ouvre des perspectives en matière d’approvisionnement énergétique, d’accès à certaines technologies et de soutien politique.

Cette relation n’a pas la forme d’une alliance classique. Elle repose sur des intérêts précis, ajustés au contexte. Mais à mesure que les échanges se multiplient, elle gagne en consistance.

C’est ce que traduit la déclaration du président russe. Elle ne crée pas une dynamique nouvelle, elle lui donne une visibilité politique.

Ce mouvement s’inscrit dans un cadre plus large. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie développe ses relations avec des États qui, pour des raisons différentes, se trouvent en dehors des circuits dominants. La Corée du Nord en fait partie, au même titre que d’autres partenaires ponctuels.

Pour autant, il serait excessif d’y voir la formation d’un bloc structuré. Les intérêts ne sont pas alignés sur tous les sujets, et ces coopérations restent, pour l’essentiel, pragmatiques.

En Asie, cette évolution est suivie de près. La Corée du Sud et le Japon y voient un facteur d’incertitude supplémentaire, notamment sur le plan sécuritaire. La question d’éventuels transferts de technologies militaires est particulièrement surveillée.

La déclaration de Vladimir Poutine confirme donc une tendance plus qu’elle ne l’initie. Elle marque un degré supplémentaire dans un rapprochement qui, sans être formalisé comme une alliance, s’installe dans la durée.

Reste à savoir jusqu’où il ira.

Celine Dou, pour la Boussole-infos