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Berlin renonce à livrer ses missiles Taurus à l’Ukraine mais accorde une aide militaire de 1,9 milliard d’euros

Pas de missiles, mais une aide financière renforcée.

L’Allemagne a tranché. Alors que l’Ukraine réclame depuis plusieurs mois la livraison de missiles longue portée capables de frapper des cibles stratégiques sur le sol russe, Berlin a confirmé son refus de fournir les missiles Taurus, pourtant promis un temps par le chancelier Friedrich Merz. En contrepartie, le gouvernement allemand débloque une nouvelle aide militaire d’un montant de 1,9 milliard d’euros, comme l’a annoncé ce jeudi le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius lors d’une visite officielle à Kiev.

« Nous planifions (de verser) 1,9 milliard d’euros supplémentaires. L’Allemagne soutiendra cette année l’Ukraine à hauteur d’environ 9 milliards d’euros », a déclaré Boris Pistorius devant la presse.

Il s’agit de la première visite du ministre en Ukraine depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur de Friedrich Merz. Ce soutien financier vient s’ajouter à une aide déjà importante et positionne l’Allemagne comme deuxième contributeur mondial de l’aide militaire à l’Ukraine, derrière les États-Unis.

Un revirement sur les missiles Taurus

Au cœur des tensions diplomatiques se trouve le missile Taurus, un engin de précision capable de changer le cours d’une guerre. Conçu par le consortium Taurus Systems (joint-venture entre MBDA Allemagne et Saab Suède), ce missile air-sol peut atteindre jusqu’à 500 kilomètres de distance et frapper des infrastructures stratégiques avec une ogive de 500 kg.

Caractéristiques principales du missile Taurus :
•Vitesse : 800 km/h
•Portée : 500 km (contre 250 km pour les missiles SCALP/Storm Shadow franco-britanniques)
•Ogive : Mephisto (Multi-Effect Penetrator, HIgh Sophisticated and Target Optimised)
•Compatibilité : chasseurs Eurofighter, Gripen, F-16, F/A-18, F-35

Capables de viser Moscou depuis l’Ukraine sans que les avions ukrainiens ne pénètrent l’espace aérien russe, ces missiles représentent une capacité offensive redoutable. Mais c’est justement cette capacité qui suscite les inquiétudes de Berlin.

« Nous ne considérons pas la livraison des Taurus pour l’instant », a précisé Boris Pistorius à Kiev, rompant ainsi avec les promesses initiales du chancelier Merz.

Entre soutien à l’Ukraine et peur de l’escalade

Ce revirement stratégique illustre les profondes hésitations allemandes depuis le début de la guerre en Ukraine. Sous le gouvernement précédent, dirigé par le social-démocrate Olaf Scholz, Berlin avait également refusé la livraison des Taurus, redoutant une escalade incontrôlable du conflit avec la Russie.

Pour Berlin, le principal risque est celui de devenir, de facto, cobelligérant si les armes livrées venaient à être utilisées pour frapper le territoire russe en profondeur. Une ligne rouge que l’Allemagne ne souhaite pas franchir, malgré les demandes répétées de l’Ukraine et le soutien plus affirmé d’autres alliés comme le Royaume-Uni ou la France.

Kiev déçue mais reconnaissante

Du côté ukrainien, la déception est palpable. Les missiles Taurus sont perçus comme une arme décisive qui permettrait de cibler des dépôts de munitions, des postes de commandement, des ponts ou encore des infrastructures logistiques essentielles aux forces russes. Toutefois, Kiev a salué l’aide financière débloquée par Berlin, soulignant l’importance de la solidarité occidentale dans un conflit qui s’enlise.

« Chaque euro compte, chaque soutien est crucial », a déclaré un conseiller du président Volodymyr Zelensky, en marge de la conférence de presse.

Une stratégie prudente mais ferme

En refusant la livraison des missiles Taurus, l’Allemagne confirme son approche prudente et mesurée du soutien militaire à l’Ukraine. Si Berlin reste un acteur majeur de l’aide occidentale, elle continue de fixer ses propres limites, soucieuse de ne pas provoquer une confrontation directe avec la Russie.

Ce choix, critiqué par certains alliés de l’OTAN mais salué pour sa cohérence diplomatique, reflète une volonté allemande de soutenir l’Ukraine sans franchir le seuil de la co-belligérance.

République tchèque : un sursis pour les victimes de stérilisations forcées, la mémoire face au silence administratif

Il y a des blessures que le temps n’efface pas. Il y a des humiliations que seule la reconnaissance peut atténuer. En prolongeant d’un an, le 12 juin 2025, le délai imparti pour les demandes d’indemnité des femmes stérilisées sans consentement entre 1966 et 2012, le Sénat tchèque n’a pas seulement rectifié une erreur administrative : il a réouvert un pan de l’histoire que la démocratie post-communiste avait trop longtemps laissé dans l’ombre.

Adoptée en juillet 2021, la loi prévoyait une indemnité forfaitaire de 300 000 couronnes (environ 12 000 euros) pour les femmes ayant été stérilisées sans leur consentement libre et éclairé. Une avancée saluée, mais tardive, et restée en grande partie théorique : sur les plusieurs milliers de femmes concernées, seules environ 600 avaient déposé un dossier à la date de clôture initiale. Manque d’information, barrières linguistiques, méfiance vis-à-vis des autorités, difficultés à produire des preuves : l’appareil administratif s’est révélé aussi insensible que les médecins de l’époque.

Les principales victimes sont des femmes roms, touchées par une politique de contrôle des naissances motivée par un racisme institutionnalisé, hérité du régime communiste et perpétué bien après 1989. Le consentement était arraché sous la pression, la menace de perdre les aides sociales ou la garde des enfants, voire obtenue juste après l’accouchement, dans un état de vulnérabilité extrême.

En 2005, le gouvernement avait présenté des excuses formelles, mais aucun mécanisme d’indemnisation n’avait suivi. Il aura fallu plus de quinze ans de combat judiciaire, de rapports d’ONG, d’interventions du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe et de la société civile pour arracher cette loi de 2021.

La prolongation du délai répond à une nécessité pratique : permettre à des femmes aujourd’hui très âgées, parfois analphabètes, souvent isolées, d’être enfin indemnisées. Mais elle renvoie aussi à une question plus profonde : pourquoi une telle réticence à affronter le passé ? Pourquoi tant de lenteurs, d’opacité, de blocages ? En creux, c’est toute une société qui semble peiner à se regarder en face, à reconnaître que la démocratie tchèque n’a pas seulement hérité des institutions du communisme, mais aussi de ses angles morts, de ses hiérarchies implicites, de son obsession du contrôle social.

Dans une tribune récente, l’ancienne ombudsman tchèque Anna Šabatová réclamait plus qu’une prolongation de délai : un accompagnement juridique et psychologique spécifique, une meilleure formation des administrations, et surtout, un véritable travail mémoriel. Car si l’argent peut soulager une part de la souffrance, il ne restitue ni les enfants jamais nés, ni les filiations brisées, ni l’image de soi ravagée par la médicalisation de la domination.

En Europe centrale comme ailleurs, les politiques de santé publique ont trop souvent servi de paravent à des logiques de sélection, d’éviction ou de stigmatisation. Aujourd’hui, à l’heure des discours sur la biotechnologie, la génétique ou l’économie des soins, cette affaire rappelle une vérité essentielle : le progrès technique n’est rien sans progrès éthique. Il ne suffit pas de réparer, il faut aussi se souvenir, nommer, enseigner.

La république tchèque a accordé un sursis. Mais elle n’a pas encore gagné son pari moral. C’est une course contre l’oubli qui s’engage désormais.

Sport féminin : Martina Navratilova dénonce l’inclusion des athlètes transgenres au nom de l’équité

Figure historique du tennis mondial et militante de longue date des droits des femmes et des minorités sexuelles, Martina Navratilova fait aujourd’hui entendre une voix discordante dans le débat brûlant sur la place des personnes transgenres dans le sport féminin. Au nom de l’équité biologique, elle appelle à une séparation stricte entre sport féminin et participation des athlètes ayant vécu une puberté masculine.

Interrogée par la journaliste états-unienne Kara Swisher, Navratilova a défendu une ligne claire :

« Une compétition féminine équitable doit reposer sur le sexe biologique, sinon elle cesse d’être juste. »

Pour la championne aux 18 titres du Grand Chelem, les femmes trans ayant traversé une puberté masculine bénéficient d’un avantage physique irréductible, qu’aucun traitement hormonal ne peut totalement annuler. Gabarit osseux, densité musculaire, capacité respiratoire : autant d’éléments qui, selon elle, faussent la donne dans les disciplines de force, d’endurance ou de vitesse.

Navratilova ne remet pas en cause les droits civils des personnes transgenres dans la société civile. Elle plaide même pour leur reconnaissance dans la vie quotidienne. Mais selon elle, le sport de haut niveau constitue une exception, car il repose sur des critères objectifs de performance.

« Ce n’est pas une question de haine ou d’exclusion. C’est une question d’équité. »

Sa position lui a valu l’exclusion du conseil consultatif d’Athlete Ally, organisation de défense des minorités LGBTQ dans le sport. Elle est désormais régulièrement taxée de « transphobie » par les cercles militants. Pourtant, plusieurs études scientifiques confortent ses arguments : elles établissent que la puberté masculine confère des avantages significatifs dans certaines disciplines, même après des années de transition.

La controverse s’inscrit dans un contexte plus large. Depuis 2022, de nombreuses fédérations internationales (World Athletics, FINA, UCI, etc.) ont décidé d’exclure les femmes transgenres ayant connu une puberté masculine des compétitions féminines élite. Certaines explorent la création d’une catégorie « open » ou « mixte », dans une tentative d’inclusion sans atteinte à l’intégrité des compétitions féminines.

Cette évolution traduit un virage prudent : le sport mondial cherche à préserver l’équité sans sombrer dans l’idéologie, alors que certains activismes exigent l’effacement de toute distinction fondée sur le sexe biologique.

Dans les milieux féministes, les positions se fracturent. Certaines militantes, comme Navratilova, affirment qu’un féminisme cohérent ne peut éluder les réalités biologiques. D’autres, au contraire, estiment que cette ligne de défense dissimule des logiques d’exclusion.

Mais pour de nombreuses sportives de haut niveau, la question est moins théorique que concrète : peuvent-elles concourir dans des conditions équitables si des concurrentes biologiquement masculines leur sont opposées ? La réponse, de plus en plus souvent, est non

Au fond, cette affaire révèle le divorce croissant entre données scientifiques, revendications identitaires et cadre légal. Alors que certaines législations encouragent une autodétermination libre du genre, d’autres domaines, comme le sport, continuent d’imposer des bornes biologiques strictes.

Martina Navratilova incarne ce dilemme : ancienne icône du progressisme, elle est aujourd’hui perçue comme une dissidente voire une hérétique par les courants qu’elle a jadis soutenus.

En résumé

Martina Navratilova exige que le sport féminin reste fondé sur le sexe biologique.
Elle est soutenue par certaines fédérations et figures scientifiques, mais critiquée par les militants LGBTQ.
Le débat cristallise les tensions entre science, inclusion et équité, dans un monde occidental de plus en plus polarisé.
Le sport, en tant qu’espace d’objectivation corporelle, devient un champ de bataille idéologique.

États-Unis d’Amérique : Donald Trump prévoit l’envoi d’ étrangers sans papiers vers la base de Guantanamo, y compris des européens, dont des ukrainiens

L’administration Trump projette une initiative explosive : transférer des milliers d’étrangers en situation irrégulière vers la base militaire étatsunienne de Guantánamo, dont des ressortissants européens, notamment des Français, Italiens, Allemands, Britanniques, Belges, Irlandais, et même des Ukrainiens. Le « Washington Post » a révélé ce plan, qui suscite déjà de vives inquiétudes parmi les alliés des États-Unis d’Amérique.

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Vietnam: cure d’austérité sans précédent dans l’administration du pays

Au Vietnam, l’Etat impose une cure d’austérité sans précédent à son administration, qui n’est pas sans rappeler la vaste offensive lancée aux États-Unis par le président Donald Trump. C’est un tournant majeur dans ce pays dirigé depuis la fin des années 1970 par le parti communiste, car, jusqu’à présent, être fonctionnaire signifiait bénéficier d’un emploi à vie. Mais la croissance économique est aujourd’hui menacée par l’offensive douanière de Washington, et les dirigeants s’y préparent.

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Oscar Pistorius au triathlon : réinsertion encadrée ou traitement de faveur ?

Douze ans après avoir tué Reeva Steenkamp, l’ancien champion paralympique Oscar Pistorius a repris la compétition sportive. Une participation autorisée qui interroge, entre cadre légal strict et perception d’un privilège judiciaire accordé aux célébrités.

Le 1ᵉʳ juin 2025, sur les rives de Durban, l’Ironman 70.3 a vu concourir un participant inattendu : Oscar Pistorius. L’ex-star de l’athlétisme mondial, longtemps surnommé le « Blade Runner », a couvert les 113 km du triathlon malgré sa liberté conditionnelle, effective depuis janvier 2024, après avoir purgé une partie de sa peine pour le meurtre de sa compagne Reeva Steenkamp.

Cette apparition publique, autorisée par les services sud-africains de probation, a provoqué une onde de choc. S’il ne s’agit pas d’une violation de sa conditionnelle Pistorius a bien obtenu l’aval administratif pour voyager de Prétoria à Durban, l’événement soulève une question plus vaste : celle de la réinsertion, certes, mais aussi de l’égalité devant la justice.

L’entourage de Pistorius insiste sur une volonté de « reconstruction personnelle » par le sport. « Il ne s’agit pas d’un retour à la compétition professionnelle, mais d’un pas vers la normalité », plaide son avocat Conrad Dormehl. Classé 555ᵉ au général, l’ancien médaillé paralympique est loin de ses exploits d’antan, et n’a bénéficié d’aucun traitement sportif particulier.

Mais la normalité, justement, est-elle la même pour tous ? De nombreuses voix en Afrique du Sud à commencer par l’UDM Women’s Organisation dénoncent une réintégration publique prématurée et perçue comme insensible envers les victimes de féminicides. « Qu’un homme reconnu coupable d’un meurtre puisse s’exhiber en public de cette manière, moins de deux ans après sa sortie de prison, est un signal dangereux », affirme un communiqué de l’organisation.

Au-delà du cas Pistorius, l’affaire illustre un phénomène mondial bien documenté : l’impression, sinon la réalité, que les personnalités célèbres bénéficient d’un traitement judiciaire distinct de celui du citoyen lambda. Du traitement médiatique aux aménagements de peine, en passant par la réactivité des services judiciaires, les exemples abondent.

Aux États-Unis d’Amérique, les peines allégées ou ajournées pour certains artistes ou sportifs (comme le rappeur états-unien Kodak Black ou l’ancien joueur de football Ray Rice) sont régulièrement dénoncées. En France, la récente libération sous bracelet électronique de personnalités médiatiques condamnées pour des faits graves alimente les débats sur l’égalité devant la loi. L’Afrique du Sud n’échappe pas à cette dynamique : Pistorius n’est pas le seul justiciable à avoir été médiatisé, mais il est peut-être l’un des seuls dont les demandes de déplacement reçoivent une attention si nuancée.

Il convient pourtant de rappeler que la liberté conditionnelle de Pistorius reste encadrée jusqu’en 2029. Toute infraction à ses obligations entraînerait sa réincarcération. Mais cette rigueur formelle ne dissipe pas les perceptions d’injustice symbolique.

Dans une société saturée d’images et d’émotions, la mémoire des victimes peine souvent à rivaliser avec le pouvoir narratif de la rédemption publique. La figure du coupable en réhabilitation fascine plus qu’elle n’indigne surtout lorsqu’elle a déjà brillé sous les projecteurs.

Pour la famille de Reeva Steenkamp, aucune course, aussi longue soit-elle, ne ramènera la jeune femme tuée en 2013. Dans un communiqué sobre, les proches de la victime ont dit vouloir « se tenir à distance du bruit médiatique », tout en rappelant que « le vrai combat, c’est celui contre les violences faites aux femmes ». Un combat, hélas, toujours inachevé.

Ce que nous dit l’affaire Pistorius :

~ La réinsertion des condamnés, même médiatiques, est un droit encadré par la loi mais elle gagne à être conduite avec discrétion.
~ La justice peut être formellement équitable, mais socialement perçue comme biaisée lorsqu’elle concerne des figures célèbres.
~ Le traitement réservé aux célébrités judiciaires mérite un débat sérieux, loin des passions, mais ancré dans une exigence de justice impartiale pour tous.

Javier Milei traite Pedro Sanchez de «voyou» pendant sa visite à Madrid

«Sachez que je serai toujours à vos côtés lorsqu’il s’agira de s’opposer aux socialistes», a également clamé le président argentin, qui s’est exprimé dimanche soir lors du Forum économique de Madrid.(Source : AFP).

Le président ultralibéral argentin Javier Milei a renouvelé dimanche ses critiques à l’encontre du premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le qualifiant de «voyou» lors d’une visite à Madrid pour un forum économique. Les deux dirigeants s’étaient affrontés l’année dernière lorsque Javier Milei avait suggéré que la femme de Pedro Sanchez était corrompue, conduisant Madrid à rappeler son ambassadeur de Buenos Aires.

Javier Milei s’est exprimé dimanche soir lors du Forum économique de Madrid, un rassemblement libertaire. Alors que de la musique rock était diffusée et que certains participants criaient des insultes à l’encontre de Pedro Sánchez, Javier Milei a fait des gestes énergiques et s’en est pris au dirigeant espagnol.

«Si vous voulez aussi malmener le voyou local, je n’y vois pas d’inconvénient», a déclaré Javier Milei en faisant référence à Pedro Sánchez. Plus tard, dans un discours axé sur la défense de ses politiques économiques, Javier Milei a répondu à des membres du public criant «Nous avons besoin de vous ici !» : «Sachez que je serai toujours à vos côtés lorsqu’il s’agira de s’opposer aux socialistes».

Ces commentaires interviennent quelques heures après que des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Madrid lors d’une manifestation organisée par les partis d’opposition, accusant le gouvernement de Pedro Sánchez de corruption.

L’épouse de Pedro Sánchez, son frère et un ancien collaborateur de haut niveau font l’objet d’une enquête dans le cadre d’affaires de corruption distinctes. Pedro Sánchez a rejeté ces enquêtes comme faisant partie d’une «campagne de diffamation» de la droite visant à faire tomber son gouvernement. Javier Milei doit ensuite rallier Nice, où son agenda annonce une rencontre avec le président français Emmanuel Macron le lundi 9, en marge du sommet des océans.

Ligue des Nations : Pourquoi la sélection espagnole masculine a refusé de porter le maillot de l’équipe féminine en finale?

À l’approche de l’Euro féminin 2025 en Suisse, une initiative symbolique d’Adidas, visant à promouvoir la compétition, a été refusée par la sélection masculine espagnole. Lors de la finale de la Ligue des Nations contre le Portugal, le dimanche 9 juin (2-2, 5-3 aux tirs au but), les joueurs espagnols ont préféré conserver leur propre tenue jaune, plutôt que d’endosser celle de la Roja féminine, championne du monde en titre.

Une proposition symbolique de soutien… refusée

L’équipementier Adidas avait proposé à la Roja masculine de jouer la finale avec le maillot extérieur de l’équipe féminine, un modèle blanc agrémenté de touches bleues et roses, afin de promouvoir l’Euro féminin qui débute le 2 juillet en Suisse.

Le contexte semblait idéal : l’Espagne ayant perdu le tirage au sort, elle ne pouvait porter son maillot rouge traditionnel. Adidas voyait dans ce contretemps une opportunité parfaite de mettre en avant la sélection féminine, à travers une action visible et valorisante.

D’autres sélections ont joué le jeu

Cette démarche n’était pas inédite. La Belgique a récemment affronté le pays de Galles en arborant le maillot de son équipe féminine, en hommage aux “Red Flames”, qualifiées pour l’Euro et auteures d’un très bon parcours en Ligue des Nations. La Fédération belge avait communiqué officiellement sur ce geste symbolique.

En France, le milieu de terrain Aurélien Tchouaméni s’était aussi illustré dans cette logique de soutien, en arborant le maillot des Bleues lors de son arrivée à Clairefontaine. “Il faut représenter les filles, il y a l’Euro féminin qui arrive”, avait-il déclaré dans une vidéo publiée par la Fédération française.

Une fracture depuis l’affaire Rubiales

Mais côté espagnol, la démarche n’a pas abouti. Et ce refus ne semble pas anodin. Selon le quotidien Marca, les relations entre les sélections masculines et féminines se sont tendues depuis le scandale Rubiales, du nom de l’ex-président de la Fédération espagnole, qui avait embrassé sans son consentement la joueuse Jenni Hermoso après la finale du Mondial 2023.

Cet épisode, fortement médiatisé, a entraîné une vague de protestations internationales, la démission de Rubiales, et une crise profonde au sein du football espagnol. Il a aussi laissé des fractures durables entre les deux équipes nationales, là où des actions de soutien auraient jadis été plus simples à mettre en œuvre.

Le vestiaire masculin dit non

D’après Marca, bien que l’idée ait été bien accueillie par certains responsables fédéraux, elle nécessitait l’approbation des joueurs eux-mêmes, condition sine qua non après les turbulences récentes. Or, les joueurs de Luis de la Fuente ont exprimé leur préférence pour le maillot jaune, utilisé tout au long de leur parcours en Ligue des Nations. Selon le quotidien, ils ne voyaient “aucune raison de changer”.

Un comportement qui contraste avec celui de la Roja en 2022, alors dirigée par Luis Enrique, qui avait accepté de porter le maillot féminin lors d’un match contre la République tchèque. Une initiative qui, à l’époque, avait été directement lancée par Rubiales, avant que son image ne soit ternie.

Une tendance encore divisée en Europe

L’Espagne n’est pas seule à avoir décliné l’idée. Selon les informations du Marca, l’Allemagne a également refusé une proposition similaire d’Adidas ces dernières semaines. Si certaines fédérations adhèrent à ces gestes symboliques en faveur de la parité et de la reconnaissance du football féminin, d’autres montrent encore des réticences, qu’elles soient culturelles, politiques ou simplement liées à des dynamiques internes fragiles.

Un geste manqué ?

Alors que l’équipe féminine espagnole se prépare à défendre son titre européen, ce refus de la part des joueurs masculins pose une question : le football masculin espagnol soutient-il réellement ses homologues féminines ? Le geste aurait pu être fort. Il n’aura été, pour l’instant, qu’un débat de plus sur le long chemin vers l’égalité et la reconnaissance dans le sport.

12 juin 2025 – Travail des enfants : l’indifférence tue plus sûrement que la misère

Ce 12 juin 2025 marque la Journée mondiale contre le travail des enfants, instituée en 2002 par l’Organisation internationale du Travail (OIT). Vingt-trois ans plus tard, la situation mondiale demeure alarmante. Selon les données les plus récentes des Nations unies, 138 millions d’enfants dans le monde sont contraints de travailler, dont 54 millions dans des conditions qualifiées de dangereuses : exposition à des produits toxiques, manipulations de machines, travail de nuit, ou encore situations proches de l’esclavage moderne.

Malgré les engagements répétés de la communauté internationale, les progrès sont lents, inégaux et fragiles. En 2025, le mot d’ordre lancé par l’OIT est explicite : « Accélérer les efforts ». Mais de quels efforts parle-t-on réellement, et quelles résistances entravent encore la mise en œuvre de l’objectif 8.7 de l’Agenda 2030, qui vise à éliminer toutes les formes de travail des enfants ?

Le travail des enfants ne se limite pas à une seule région du monde, même si les pays du Sud concentrent la majorité des cas : l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud, l’Amérique latine. Il prend des formes variées : travail domestique, agriculture, confection textile, exploitation minière, pêche, informel urbain…

Mais il ne s’agit pas d’une question périphérique. En réalité, le travail des enfants est au cœur du système économique globalisé. Certains produits consommés quotidiennement dans les pays industrialisés (cacao, coton, coltan, vêtements, appareils électroniques…) sont issus de chaînes de valeur où le travail infantile est toléré, voire intégré.

Et la situation s’aggrave : les crises successives pandémie de Covid-19, guerres, inflation, changement climatique ont précipité des millions d’enfants dans le travail précoce, souvent pour compenser la perte de revenus familiaux. L’école est alors abandonnée, la santé compromise, l’avenir hypothéqué.

Les conventions internationales existent. La Convention n°138 de l’OIT fixe l’âge minimal pour travailler à 15 ans (ou 14 dans certains pays en développement). La Convention n°182, adoptée en 1999, interdit les pires formes de travail des enfants. Ces textes ont été ratifiés par presque tous les États membres de l’ONU. En théorie, le consensus est établi.

Mais les moyens alloués à l’application de ces textes sont largement insuffisants. De nombreux États, surtout les plus pauvres, manquent de capacités de contrôle, de systèmes éducatifs fonctionnels, de couverture sociale. Dans d’autres cas, les gouvernements tolèrent ou dissimulent le travail des enfants pour ne pas fragiliser leur compétitivité à l’exportation.

L’ONU, par la voix du directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo, appelle en 2025 à un « sursaut moral ». Il souligne que le respect des droits de l’enfant n’est pas un luxe pour pays riches, mais une condition essentielle d’un développement équitable et durable.

Dans ce contexte, il est difficile d’ignorer les contradictions de nombreux pays dits « donateurs ». Alors même que des voix s’élèvent à Nice, lors de la Conférence sur les océans, pour appeler à des financements massifs en faveur de la protection des biens communs, le financement de la protection de l’enfance demeure sous-doté.

Parallèlement, la réduction drastique de l’aide publique au développement, engagée ces dernières années par les États-Unis d’Amérique, le Royaume-Uni et l’Australie, fragilise les efforts des pays du Sud dans la lutte contre l’exploitation infantile.

À cela s’ajoute une certaine hypocrisie structurelle : les multinationales, souvent domiciliées dans des pays riches, externalisent leur production vers des zones à faible régulation, tout en s’affichant en surface avec des politiques de « responsabilité sociale ».

Quelques pays montrent pourtant la voie. En Uruguay, au Népal ou au Rwanda, des programmes intégrés combinant éducation gratuite, filets sociaux, et coopération entre autorités locales et internationales ont permis de réduire significativement le travail des enfants. La condition : un engagement politique fort, soutenu par des ressources durables.

Des initiatives citoyennes émergent aussi : campagnes de sensibilisation, boycotts de marques non éthiques, certifications équitables, partenariats éducatifs. Mais leur portée reste limitée sans une volonté politique claire au niveau global.

À chaque Journée mondiale, le risque est grand de voir le sujet relégué à une date symbolique, sans suite. Pourtant, le travail des enfants n’est pas une fatalité. Il est le symptôme d’un ordre économique qui tolère l’inacceptable pour préserver ses marges.

Refuser de détourner le regard, exiger la transparence des chaînes de production, soutenir les systèmes éducatifs universels : voilà ce que signifie « accélérer les efforts ». Car chaque jour sans action concrète est un jour volé à l’enfance d’un être humain.

Encadré – Chiffres clés :

  • 138 millions d’enfants travailleurs dans le monde
  • 54 millions dans des activités dangereuses
  • 70 % dans l’agriculture
  • 72 millions en Afrique, soit plus de la moitié du total mondial
  • Objectif ONU : éradication d’ici 2025 (objectif compromis)

Une délégation du Collège national de défense de l’Inde en visite officielle en Arménie

Renforcement des liens stratégiques et échanges sur les réformes militaires.

Une délégation du Collège national de défense de l’Inde, conduite par le général de division Samart Nagar, est en visite d’étude en Arménie du 9 au 13 juin 2025, dans le cadre d’un renforcement des relations bilatérales en matière de défense.

Le 9 juin, la délégation indienne a été reçue par le lieutenant-général Edward Asryan, premier vice-ministre de la Défense de la République d’Arménie et chef d’état-major général des forces armées, au complexe administratif du ministère de la Défense à Erevan.

Au cours de cette rencontre, le général Asryan a présenté les réformes en cours au sein des forces armées arméniennes, mettant en avant les efforts entrepris pour moderniser les capacités de défense du pays dans un contexte régional complexe.

Des enjeux régionaux et internationaux au cœur des échanges

La réunion a également permis aux deux parties d’aborder des questions de sécurité régionale et internationale, à un moment où la stabilité du Caucase du Sud reste un sujet de préoccupation majeure. Les discussions ont notamment porté sur les défis sécuritaires communs, les coopérations militaires potentielles, ainsi que sur les perspectives d’échange d’expériences stratégiques entre les deux pays.

La visite s’inscrit dans une dynamique plus large d’approfondissement des relations diplomatiques et militaires entre l’Inde et l’Arménie, les deux pays partageant un intérêt pour une sécurité régionale accrue et une diversification de leurs partenariats stratégiques.