La Cour suprême argentine a confirmé mardi la condamnation de l’ex-présidente péroniste Cristina Kirchner à une peine de six ans de prison et d’inéligibilité à vie pour fraude pendant sa présidence, un jugement retentissant contre une figure dominante de la vie politique argentine depuis 20 ans. Celle-ci dénonce une « guérilla » judiciaire et « une sentence écrite d’avance ».
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Pourquoi Rima Hassan ne peut pas faire valoir son statut d’eurodéputée face à Israël
Malgré son statut tout récent d’eurodéputée, Rima Hassan, arrêtée en Israël dans le cadre de la flottille pour Gaza, ne peut pas faire valoir son immunité parlementaire pour échapper à sa détention. Une situation qui suscite l’indignation en France, mais dont les ressorts juridiques sont plus complexes qu’il n’y paraît.
Une détention qui fait polémique
Depuis plus de 30 heures, Rima Hassan, militante franco-palestinienne élue députée européenne, est retenue en détention en Israël, comme cinq autres ressortissants français arrêtés après l’arraisonnement d’un bateau humanitaire en route vers Gaza.
Jean-Luc Mélenchon s’est emporté mardi 10 juin sur X (ex-Twitter) :
« De quel droit Netanyahu retient-il de force depuis 30 heures une députée française ? »
Ce cri d’alarme s’inscrit dans une série de réactions indignées à gauche, notamment chez les Insoumis, qui dénoncent une violation de l’immunité parlementaire de Rima Hassan.
L’immunité parlementaire européenne a ses limites
En théorie, les eurodéputés bénéficient d’une immunité conçue pour leur permettre d’exercer librement leur mandat sans craindre des poursuites de nature politique. Mais en pratique, cette immunité n’est pas absolue, surtout hors du territoire de l’Union européenne.
En effet, le règlement du Parlement européen précise que cette protection s’applique :
•Dans l’exercice des fonctions parlementaires
•Et sur le territoire européen ou d’un État membre
Or :
•Israël ne fait pas partie de l’Union européenne
•Et l’embarquement sur une flottille humanitaire à destination de Gaza ne relève pas, juridiquement, d’une activité parlementaire stricto sensu
Autrement dit, ni le lieu, ni le contexte de l’arrestation ne permettent à Rima Hassan de faire valoir son immunité parlementaire.
Une protection consulaire, mais pas plus
Rima Hassan, en tant que ressortissante française, peut bénéficier de l’assistance consulaire. Celle-ci vise à garantir le respect de ses droits, à assurer qu’elle est bien traitée, et à suivre l’évolution de sa situation judiciaire. Mais cette protection n’implique aucune immunité ni prérogative spéciale, contrairement à ce que certains responsables politiques suggèrent.
L’opposition accuse d’ailleurs le ministère des Affaires étrangères d’inaction. Jean-Luc Mélenchon interroge publiquement :
« Pourquoi le consulat de France a-t-il attendu tant d’heures pour se montrer auprès des prisonniers au contraire de tous ses collègues sur place ? »
Une accusation que rejette vigoureusement le ministre Jean-Noël Barrot, dénonçant des « manœuvres de désinformation », et assurant que le Quai d’Orsay est mobilisé et en lien constant avec les autorités israéliennes.
Et maintenant ?
Pour l’heure, les eurodéputés détenus qui ont refusé leur expulsion volontaire, dont Rima Hassan, sont toujours en détention administrative. Leur sort devrait être décidé par un juge israélien dans les prochains jours, avant une éventuelle expulsion forcée.
Du côté du Parlement européen, on se veut prudent. Une source confie au HuffPost :
« On reste attentif à la sécurité des eurodéputés en toutes circonstances, et on procède en ce moment à des vérifications. »
Mais les leviers d’action sont minces. En dehors de la diplomatie française, l’Union européenne ne dispose d’aucune autorité sur le sol israélien.
Une affaire à la croisée du droit et de la politique
Le cas de Rima Hassan illustre les limites concrètes du pouvoir parlementaire européen à l’international. Il soulève aussi des tensions politiques en France, entre défense de la liberté d’action des députés et respect du droit international local.
À moins d’un geste politique d’Israël ou d’une forte pression diplomatique, Rima Hassan devra passer par les procédures israéliennes ordinaires, comme tout autre citoyen étranger en détention.
Hong Kong interdit le téléchargement d’un jeu vidéo anticommuniste
Accusé de promouvoir la sédition et la révolution armée, un jeu développé à Taïwan a été retiré du téléchargement à Hong Kong. « Reversed Front » met en scène une insurrection contre le Parti chinois, sur le font d’allégeance à Taïwan, Hong Kong, au Tibet ou aux Ouïghours. Pékin dénonçait une menace pour la sécurité nationale.
Lire la suite Hong Kong interdit le téléchargement d’un jeu vidéo anticommunistePlus diplômées, plus exposées : ce que révèle le lien entre niveau d’éducation et cancer du sein
Une étude de grande ampleur, menée dans dix pays européens et publiée en avril 2025 dans l’International Journal of Cancer, vient ébranler certaines idées reçues sur les rapports entre niveau socio-éducatif et santé. Elle met en lumière une corrélation significative entre un niveau d’instruction élevé et un risque accru de développer un cancer du sein, en particulier les formes dites de « bon pronostic ».
Les résultats s’appuient sur les données de la cohorte EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition), qui a suivi plus de 311 000 femmes âgées de 35 à 70 ans sur une période de 4 à 14 ans. Au total, plus de 14 400 cas de cancer du sein ont été recensés. L’étude révèle un constat troublant : les femmes ayant le niveau d’éducation le plus élevé présentent un risque 40 % plus élevé de développer un cancer du sein in situ (non invasif) et 20 % de plus pour les formes invasives, en comparaison avec les femmes les moins instruites.
Ces écarts sont particulièrement marqués pour les cancers dits ER-positifs c’est-à-dire sensibles aux œstrogènes, alors qu’ils ne sont pas significatifs pour les cancers ER-négatifs, plus agressifs.
L’éducation, en soi, ne cause pas le cancer. Toutefois, elle influe sur un ensemble de variables sociales, comportementales et médicales qui peuvent, elles, modifier le risque.
Parmi les explications les plus probables figurent :
Des grossesses plus tardives et un nombre réduit d’enfants, deux facteurs de risque bien établis.
Une consommation d’alcool statistiquement plus élevée.
Un recours plus fréquent à l’hormonothérapie substitutive œstroprogestative, notamment pour soulager les effets de la ménopause.
Une meilleure participation au dépistage, qui augmente la probabilité de détection, en particulier des formes précoces comme les cancers in situ.
Ces éléments expliqueraient environ 30 à 40 % de l’écart de risque observé. Mais la majorité 60 à 70 %* demeure encore inexpliquée, ouvrant la voie à des hypothèses biologiques ou systémiques non élucidées.
Ce constat interpelle : dans l’imaginaire collectif, un niveau d’éducation élevé est souvent associé à une meilleure hygiène de vie, à un accès facilité aux soins, à une prévention plus efficace. Ces dimensions sont vraies, mais elles s’accompagnent aussi de choix de vie et de trajectoires reproductives qui modifient l’équilibre hormonal féminin de façon significative.
Il ne s’agit pas ici de juger ces choix, mais de les comprendre dans leur complexité. Le recul de l’âge à la maternité, le nombre réduit d’enfants ou encore le recours à la médicalisation hormonale sont souvent liés à des impératifs professionnels, sociaux ou culturels, eux-mêmes façonnés par l’environnement éducatif.
L’étude appelle à affiner les politiques de prévention : non seulement en continuant à promouvoir le dépistage, mais aussi en personnalisant les messages de santé publique. Informer les femmes instruites sur les risques associés à certains comportements de leur groupe social n’a rien d’élitiste : c’est reconnaître que la prévention ne peut être uniforme.
Par ailleurs, ce travail statistique souligne que les inégalités sociales ne se traduisent pas toujours par des désavantages dans un seul sens. Certaines formes d’élévation sociale peuvent exposer à des vulnérabilités spécifiques, que seule une approche rigoureuse, contextualisée et non idéologique permet de mettre en lumière.
Il serait absurde de conclure qu’il vaudrait mieux être moins instruite pour éviter un cancer. Mais il serait tout aussi naïf de croire que le savoir protège de tout. Cette étude rappelle que la santé est un champ d’interactions multiples, où les trajectoires individuelles croisent les structures sociales, les politiques médicales et les normes culturelles.
En cela, ce travail européen n’est pas qu’un signal d’alerte : c’est un appel à penser la santé publique au-delà des oppositions simplistes entre favorisés et défavorisés, entre informés et ignorants. Le savoir, pour être salvateur, doit s’accompagner de lucidité sur ses effets secondaires.
Meutre devant un collège en France: une alerte d’une jeunesse de plus en plus violente envers ses professeurs et encadreurs? Quelles mesures d’urgence pour en sortir
Un élève suspecté d’avoir poignardé une assistante d’éducation devant un collège de Haute-Marne a été arrêté, ce mardi 10 juin au matin. La victime a succombé à ses blessures. Aucun mobile n’a pour le moment été défini, le passage à l’acte étant d’autant plus sidérant que le collégien n’avait aucun antécédent judiciaire. Un drame qui met en lumière une jeunesse scolaire de plus en plus violente envers ses formateurs et la nécessité de protéger l’école.
Lire la suite Meutre devant un collège en France: une alerte d’une jeunesse de plus en plus violente envers ses professeurs et encadreurs? Quelles mesures d’urgence pour en sortirMaroc: multiplication des cyberattaques contre les institutions du pays
Le Maroc pourrait avoir subi une troisième cyberattaque d’ampleur depuis le mois d’avril 2025. Un groupe se faisant appeler « Jabaroot DZ » et affirmant agir pour défendre les intérêts de l’Algérie, annonce avoir attaqué les serveurs du ministère de la Justice marocain. Dans le Royaume, les voix s’élèvent pour proposer une issue à ces cyberattaques
Lire la suite Maroc: multiplication des cyberattaques contre les institutions du paysGrossesses sous pression climatique : quand la chaleur menace la vie avant la naissance
Le réchauffement climatique n’épargne aucun corps, pas même celui de la femme enceinte. Tandis que les températures mondiales grimpent, les risques liés à la grossesse augmentent : naissances prématurées, stress fœtal, complications maternelles, voire mortalité périnatale. Un enjeu de santé publique encore largement ignoré dans les stratégies climatiques internationales.
Chaque jour un peu plus chaud que le précédent. Chaque saison un peu plus longue, plus sèche, plus suffocante. Dans ce monde en surchauffe, le corps de la femme enceinte devient un terrain fragile, exposé à des agressions physiologiques qu’on commence tout juste à comprendre scientifiquement.
Les chiffres sont éloquents. Selon une méta-analyse récente couvrant 940 villes dans 247 pays, les « jours à risque thermique pour la grossesse » ont doublé en moins de deux décennies. Dans certains pays comme l’Inde ou l’Australie, les femmes enceintes doivent désormais composer avec jusqu’à six semaines supplémentaires de chaleur dangereuse chaque année.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte : l’exposition à des températures supérieures à 35 °C pendant plusieurs jours consécutifs augmente de façon significative le risque de naissance prématurée, de faible poids à la naissance et de mortinatalité. Ces effets ne sont pas théoriques. Ils sont observés, documentés, quantifiés.
Pourquoi la grossesse est-elle si sensible à la chaleur ? Parce que le métabolisme maternel s’intensifie naturellement durant la gestation. Le volume sanguin augmente, le rythme cardiaque s’accélère, la température corporelle est légèrement plus élevée. Ce qui rend les femmes enceintes plus vulnérables à la déshydratation, aux coups de chaleur, et aux troubles de la régulation thermique.
Le stress thermique affecte également le fœtus. Des études menées en Gambie ou en Californie ont montré qu’une simple augmentation de 1 °C suffit à modifier le flux sanguin placentaire, à désynchroniser le rythme cardiaque fœtal, ou à provoquer un accouchement anticipé. En Australie, les femmes exposées à des épisodes de chaleur extrême au troisième trimestre ont deux fois plus de risques de prolongation de grossesse au-delà de 41 semaines, avec les complications que cela entraîne.
À cela s’ajoute la pollution atmosphérique, souvent corrélée aux pics de chaleur. Les particules fines (PM2,5), l’ozone et les oxydes d’azote pénètrent la circulation sanguine, atteignant le placenta, voire le fœtus. Ils sont associés à un risque accru de fausses couches, de retard de croissance intra-utérin et de troubles du développement neurologique.
Cette menace climatique ne frappe pas toutes les femmes de la même manière. Elle accentue les inégalités socio-économiques et géographiques.
Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les femmes enceintes ont moins accès à des systèmes de santé adaptés, à des lieux de travail climatisés ou à un suivi médical régulier.
En milieu rural, notamment en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud, les conditions de travail physique intense (agriculture, marché, portage) exposent les femmes à un stress thermique quotidien, sans possibilité de repli.
Les infrastructures hospitalières sont souvent inadéquates pour gérer les complications obstétricales liées à la chaleur ou aux maladies vectorielles amplifiées par le climat (paludisme, dengue, Zika).
C’est la double peine climatique : être enceinte et pauvre, dans une région chaude.
Malgré les alertes répétées de l’OMS, de l’UNICEF ou du Journal of Global Health, la santé maternelle reste quasiment absente des plans climat nationaux. Moins de 20 % des contributions nationales déterminées (NDC) dans le cadre de l’Accord de Paris mentionnent la vulnérabilité des femmes enceintes. Quant aux financements internationaux, ils privilégient encore les infrastructures ou la transition énergétique, reléguant la santé reproductive au second plan.
Il existe pourtant des solutions :
Mettre en place des systèmes d’alerte thermique adaptés aux femmes enceintes ;
Améliorer l’accès à l’eau potable et à la climatisation dans les maternités ;
Intégrer le suivi obstétrical dans les stratégies d’adaptation climatique ;
Former les sages-femmes et médecins aux nouveaux risques liés à l’environnement.
Au-delà des données médicales, il y a une question civilisationnelle : voulons-nous d’un monde où la grossesse devient un risque environnemental majeur ? Où porter la vie suppose de défier la température ambiante, l’air que l’on respire, la stabilité des saisons ?
Le réchauffement climatique n’est pas un phénomène abstrait. Il modifie la biologie intime des corps. Il touche l’origine même de l’humanité : la gestation. C’est pourquoi sa prise en compte dans les politiques publiques ne peut plus se limiter aux grands discours sur l’atténuation des émissions. Il faut descendre dans les détails, dans les ventres, dans les maternités, dans la vie réelle.
Le droit de naître en sécurité ne peut être dissocié du droit de vivre dans un environnement sain. Protéger la santé maternelle face au dérèglement climatique, c’est défendre à la fois l’avenir des enfants et la dignité des femmes. Cela exige une révolution dans nos priorités sanitaires, écologiques et sociales.
En Haïti, un record de 1,3 million de déplacés internes en raison des violences
L’ONU annonce un nombre record de près de 1,3 million de personnes qui ont dû fuir les violences en Haïti pour trouver un endroit sûr, ailleurs dans le pays. Un chiffre qui révèle une augmentation de 24% depuis décembre 2024 et le plus grand nombre de personnes déplacées par la violence jamais enregistré dans le pays selon l’organisation internationale pour les migrations. (OIM)
Lire la suite En Haïti, un record de 1,3 million de déplacés internes en raison des violencesDeuxième soirée de violences en Irlande du Nord après une tentative de viol
Des heurts ont opposé mardi soir des manifestants et les forces de l’ordre à Ballymena en Irlande du Nord, après des violences la veille à motivation raciste selon la police, à la suite de l’inculpation de deux adolescents pour une tentative de viol contre une jeune fille.
Lire la suite Deuxième soirée de violences en Irlande du Nord après une tentative de violSly Stone est mort : le funk perd l’un de ses architectes les plus radicaux
Le 9 juin 2025, Sylvester Stewart alias Sly Stone s’est éteint à Los Angeles à l’âge de 82 ans. Derrière les paillettes psychédéliques et les grooves effervescents, ce pionnier états-unien du funk laisse une empreinte culturelle et politique d’une rare densité.
Il fut l’un des artistes les plus novateurs du XXe siècle. Fondateur du groupe Sly and the Family Stone, Sly Stone a profondément transformé le paysage musical mondial, au croisement du funk, de la soul, du rock et de la contre-culture. Le musicien est décédé des suites d’une maladie pulmonaire chronique, entouré de ses proches. Si la nouvelle de son décès bouleverse la scène musicale mondiale, elle offre aussi une occasion de revisiter un legs artistique qui déborde largement du champ du divertissement.
Né au Texas en 1943 et élevé en Californie dans une famille religieuse, Sly Stone se forme très tôt à la musique gospel. Multi-instrumentiste surdoué, il devient producteur et animateur radio avant de fonder, en 1966, un groupe qui ne ressemble à aucun autre : Sly and the Family Stone. Un collectif mixte, tant sur le plan racial que genré fait rare, voire révolutionnaire à l’époque, où Noirs et Blancs, hommes et femmes, partagent la scène et la création. Le choix est hautement politique, en plein contexte de luttes pour les droits civiques aux États-Unis d’Amérique.
À travers des titres comme Everyday People, Family Affair ou Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin), le groupe impose une esthétique nouvelle. Le groove est tendu, syncopé, électrisant. Le message est clair : la musique est un vecteur de transformation sociale. Si James Brown a codifié le funk, Sly Stone en a démultiplié les possibilités harmoniques, narratives et spirituelles. Le genre devient un moyen de résistance, d’affirmation identitaire et d’utopie collective.
Au tournant des années 1970, le succès du groupe est fulgurant. There’s a Riot Goin’ On (1971) marque un virage plus sombre, lucide sur la désillusion post-hippie et la violence raciale persistante. L’album anticipe, par son ton grave et son tempo ralenti, l’émergence d’un funk introspectif, quasi crépusculaire. Prince, George Clinton, D’Angelo, Dr. Dre ou encore Public Enemy y puiseront une large part de leur inspiration.
Mais la trajectoire personnelle de Sly Stone bascule. Reclus, en proie à des addictions, il sombre progressivement dans l’oubli. Des décennies durant, l’architecte du funk moderne disparaît de la scène, au point de devenir une figure quasi mythique, entre errance et culte underground. Ce n’est qu’en 2023 qu’il refait surface avec la parution de ses mémoires, Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin), saluées pour leur sincérité et leur intelligence narrative. Le documentaire Sly Lives!, produit par Questlove, en a récemment ravivé l’éclat.
Le décès de Sly Stone suscite une vague d’hommages à travers le monde. Au-delà de la nostalgie, c’est une œuvre profondément actuelle que redécouvre le public. L’insistance sur l’unité dans la diversité, la critique des hiérarchies raciales, la valorisation des identités collectives et hybrides, autant de thèmes qui résonnent fortement avec les débats contemporains.
Dans un contexte international marqué par la montée des crispations identitaires et les fractures sociales, la musique de Sly Stone apparaît comme un antidote. Son funk ne prônait pas le repli, mais la fusion. Sa vision, à la fois exigeante et joyeuse, s’adressait à une humanité plurielle.
Sly Stone ne fut jamais un simple amuseur. Il fut un expérimentateur, un passeur, un prophète musical. Son influence traverse les frontières culturelles et géographiques, bien au-delà des États-Unis d’Amérique. Elle rappelle que la musique peut servir à autre chose qu’au divertissement : elle peut inventer des futurs désirables.
En 2025, dans un monde où la quête de sens se confronte à des mutations accélérées, cette disparition n’est pas une fin. C’est un rappel. Celui que certaines œuvres, et certains artistes, continuent à vivre dans la mémoire collective comme autant de repères dans la tempête.