Après six mois de crise politique marquée par une tentative de coup d’État et la procédure de destitution du président Yoon Suk-yeol, les Sud-Coréens ont élu ce mardi 3 juin leur nouveau chef d’État. Le candidat de centre gauche Lee Jae-myung est arrivé très largement en tête des suffrages avec 51,79 %.
Lire la suite Corée du Sud : le candidat du centre gauche Lee Jae-myung élu présidentArchives pour la catégorie actualité
Boxe : Imane Khelif, au cœur d’une controverse sur le genre après un rapport médical révélant un caryotype masculin – la world boxing impose des tests avant les compétitions
La boxeuse algérienne Imane Khelif, championne olympique à Paris 2024 dans la catégorie des -66 kg, fait l’objet d’une controverse majeure après la fuite d’un rapport médical confidentiel. Ce document, publié par The Telegraph le 1er juin 2025, indiquerait que l’athlète présente un caryotype masculin (XY), soulevant des interrogations sur son éligibilité à concourir dans la catégorie féminine.
Un test chromosomique contesté, mais potentiellement lourd de conséquences
Le test chromosomique aurait été effectué en mars 2023 à New Delhi, dans le cadre des procédures médicales précédant les grandes compétitions. Selon les fuites, l’analyse révèle une composition génétique masculine. Aucun organisme indépendant n’a encore confirmé officiellement ces résultats, mais ils pourraient entraîner la suspension d’Imane Khelif des compétitions féminines si leur validité est reconnue.
Malgré ces révélations, Imane Khelif continue de s’identifier comme une femme et maintient sa volonté de poursuivre sa carrière dans la catégorie féminine. Elle a été autorisée à concourir et à remporter l’or aux Jeux olympiques de Paris 2024, et reste pour l’instant soutenue par le Comité international olympique (CIO).
Vers une réglementation plus stricte : World Boxing impose les tests de genre
En réponse à cette affaire, la nouvelle Fédération internationale de boxe, World Boxing, reconnue par le CIO, a annoncé la mise en place obligatoire de tests de genre pour tous les boxeurs et boxeuses de plus de 18 ans participant à ses compétitions.
Ces tests PCR ont pour but d’identifier le sexe chromosomique à la naissance, notamment par la détection du gène SRY (indicateur du chromosome Y). Ils peuvent être réalisés par prélèvement nasal, buccal, de salive ou de sang. À partir de maintenant, les fédérations nationales devront présenter ces résultats pour valider l’inscription de leurs athlètes.
Cette nouvelle politique, explique World Boxing, vise à assurer l’équité et la sécurité des compétitions, en maintenant des catégories strictement définies par le genre biologique.
Des polémiques et un débat mondial
Imane Khelif n’est pas seule dans cette controverse. La boxeuse taïwanaise Lin Yu-Ting, également médaillée d’or à Paris dans la catégorie des -57 kg, a fait face à des accusations similaires. Toutes deux avaient été exclues des Mondiaux 2023 par l’ancienne fédération IBA, non reconnue par le CIO en raison de problèmes de gouvernance.
Ces cas ont suscité un vaste débat international, avec l’implication de personnalités comme Donald Trump, Elon Musk ou J.K. Rowling, dénonçant ou soutenant la participation d’athlètes transgenres ou intersexes aux compétitions féminines.
Prochaines étapes pour Imane Khelif
Pour continuer sa carrière internationale, notamment aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028, Imane Khelif devra se soumettre à un nouveau test génétique. Elle est également concernée par ces exigences si elle souhaite participer à la Box Cup d’Eindhoven (Pays-Bas), prévue du 5 au 10 juin 2025, ou à tout autre événement organisé par World Boxing.
World Boxing précise que sa politique sur le genre est encore en phase finale de développement, avec l’appui de groupes de travail médicaux et juridiques. L’objectif affiché est de concilier respect des individus, sécurité des compétitions, et intégrité sportive.
Une affaire révélatrice des tensions entre inclusion et équité dans le sport
Cette affaire met en lumière un débat sensible au sein du monde sportif : comment concilier l’identité de genre avec l’exigence d’équité biologique dans les compétitions ? Pour l’heure, la communauté sportive internationale cherche un équilibre entre respect des droits individuels et égalité des chances dans les disciplines où les différences physiques peuvent influencer les performances.
Le cas d’Imane Khelif pourrait bien faire jurisprudence dans la manière dont les fédérations sportives abordent les questions liées au genre, aux droits humains, et à la compétition équitable dans les années à venir.
Guerre en Ukraine : les points d’accord entre la Russie et l’Ukraine lors des pourparlers d’Istanbul
Un nouveau cycle de discussions entre les délégations russes et ukrainiennes s’est tenu ce lundi 2 juin 2025 à Istanbul, en Turquie. Bien que la rencontre ait été relativement brève environ une heure , elle a permis d’aboutir à plusieurs accords concrets sur des questions humanitaires sensibles. En revanche, aucun compromis n’a été trouvé sur une trêve générale ni sur la tenue de prochaines discussions.
Échange de prisonniers : un accord confirmé
Les deux parties se sont entendues sur un nouvel échange de prisonniers de guerre. Le ministre ukrainien de la Défense, Rustem Umerov, qui dirigeait la délégation ukrainienne, a annoncé un accord portant sur l’échange de prisonniers grièvement blessés et gravement malades, ainsi que de jeunes soldats âgés de 18 à 25 ans, selon un format « tous contre tous ».
Vladimir Medinski, représentant la partie russe, a confirmé cet accord, précisant que l’échange devrait concerner entre 1 000 et 1 200 personnes au total.
Restitution des corps de soldats tombés au combat
Un second point d’accord concerne l’échange des dépouilles de soldats tués. Les deux camps ont convenu de se restituer 6 000 corps chacun, selon les déclarations concordantes des deux chefs de délégation.
Discussion sur les enfants ukrainiens déportés
Parmi les sujets abordés figure également la question des enfants ukrainiens déportés en Russie. Bien qu’aucune décision formelle n’ait été annoncée à ce stade, la délégation ukrainienne a remis à la partie russe une liste d’enfants qu’elle souhaite voir revenir en Ukraine. La délégation russe a indiqué que chaque situation serait examinée individuellement, sans toutefois s’engager sur un calendrier précis.
Désaccord sur la trêve et la suite des pourparlers
Concernant une éventuelle trêve, les discussions n’ont pas abouti. La Russie a proposé une trêve de deux à trois jours, tandis que l’Ukraine réclame un cessez-le-feu plus large de trente jours, couvrant l’ensemble du territoire, y compris la mer Noire et l’espace aérien.
Par ailleurs, l’idée d’une nouvelle réunion fin juin, avancée par la délégation ukrainienne, n’a pas été acceptée pour le moment par la partie russe.
Une avancée limitée, mais symbolique
Si les désaccords persistent sur les sujets militaires et politiques, ces pourparlers à Istanbul marquent néanmoins une avancée humanitaire notable, avec la confirmation d’échanges de prisonniers et de corps, et l’ouverture d’un dialogue sur les enfants déplacés. Ces gestes, bien que limités, pourraient constituer un pas vers une désescalade partielle du conflit, en particulier sur le plan humanitaire.
TotalEnergies de retour au Mozambique malgré les menaces sécuritaires
Au Mozambique après 4 ans d’interruption, le projet de gaz naturel liquéfié initié par TotalEnergies va peut-être redémarrer. Ce projet, l’un des plus ambitieux chantiers gaziers du continent africain sera relancé cet été, si la déclaration de force majeure qui le couvre est levée par les autorités mozambicaines ont, annoncé les responsables du géant français.
Lire la suite TotalEnergies de retour au Mozambique malgré les menaces sécuritairesNigéria : plus de 200 morts après des inondations sans précédent dans le Centre du pays
Au Nigéria des pluies torrentielles sont tombées mercredi 28 mai 2025 provoquant des inondations meurtrières dans la ville de Mokwa située dans le centre du pays où des milliers personnes ont été déplacées. Ces fortes précipitations ont entraîné d’importants dommages matériels et humains . Une semaine après, le bilan officiel fait état de plus 200 morts, a indiqué ce 3 juin 2025, le coordinateur humanitaire de l’État du Niger, tandis que des centaines de personnes sont toujours portées disparues.
Lire la suite Nigéria : plus de 200 morts après des inondations sans précédent dans le Centre du paysEuphrasie Kouassi Yao, figure ivoirienne du leadership féminin, consacrée personnalité de l’année 2024
L’univers politique et social ivoirien n’a pas manqué de figures féminines engagées. Mais rares sont celles qui, comme Euphrasie Kouassi Yao, ont su inscrire leur action dans la durée, avec un impact à la fois national, régional et international. Ancienne ministre de la Promotion de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfant, titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions », cette actrice de terrain vient d’être consacrée Personnalité de l’année 2024 par Africa Managers.
Ce prix salue une trajectoire engagée au service de l’égalité des genres et de la construction de la paix, dans un contexte où les efforts en faveur de la représentativité féminine peinent encore à transformer durablement les institutions du continent.
Depuis plusieurs années, Euphrasie Kouassi Yao travaille à renforcer la place des femmes dans la gouvernance en Côte d’Ivoire. À travers le Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire (COCOFCI), qu’elle coordonne depuis sa création, elle contribue à identifier, valoriser et positionner les femmes dans les sphères de décision, tant au niveau public que privé.
Lancé en 2011 sous l’impulsion de la présidence ivoirienne, ce programme est aujourd’hui reconnu comme un modèle de bonne pratique. Il a inspiré d’autres pays africains, notamment au Sénégal, au Mali ou encore au Burkina Faso. En 2018, le PNUD le citait parmi les dix projets les plus innovants en Afrique en matière d’égalité des sexes.
L’autre versant de son engagement repose sur la consolidation de la paix, une urgence dans un pays marqué par une histoire politique mouvementée. À travers le programme CREA-PAIX initié après la crise post-électorale de 2010-2011, elle forme des femmes aux mécanismes de médiation communautaire. Ce travail s’inscrit dans une perspective plus large de diplomatie sociale, où les femmes ne sont pas seulement bénéficiaires de paix, mais actrices de sa construction.
Son initiative « Bridge of Peace » (Pont de la Paix), lancée en 2023, mobilise des femmes leaders dans les régions sensibles, afin de prévenir les conflits communautaires et d’encourager la cohésion sociale. Le projet conjugue formation, action de terrain et valorisation des savoirs locaux, dans une logique de paix durable et inclusive.
Le rayonnement de Mme Kouassi Yao dépasse les limites de la Côte d’Ivoire. En février 2025, elle a été faite Docteure Honoris Causa en Philosophie par l’Université Jharkhand Rai en Inde. Une distinction qui témoigne de la reconnaissance internationale de son engagement, dans une période où la diplomatie féminine connaît un regain d’intérêt dans les forums mondiaux.
Elle est par ailleurs très active au sein du réseau international G100, qui réunit 100 femmes leaders dans différents secteurs. En tant que présidente chargée des relations avec les Premières Dames du monde, elle porte la voix de l’Afrique dans les débats sur l’inclusion des femmes dans les processus de transformation sociétale
Ce qui distingue l’approche d’Euphrasie Kouassi Yao, c’est la transversalité de son action. Loin d’opposer développement économique, stabilité politique et promotion du genre, elle œuvre à leur articulation stratégique. Elle considère les femmes comme des catalyseurs, non comme des bénéficiaires passives, et insiste sur le lien entre autonomisation économique, pouvoir de décision et capacité à agir dans l’espace public.
Cette vision systémique l’amène également à investir dans des programmes éducatifs, en particulier dans les zones rurales. L’éducation des filles, selon elle, constitue la « première digue » contre les violences basées sur le genre et l’instabilité sociale.
Dans un environnement où les prix honorifiques se multiplient, la désignation d’Euphrasie Kouassi Yao comme Personnalité de l’année 2024 a une valeur particulière. Elle souligne la nécessité, pour les sociétés africaines et au-delà, de reconnaître les trajectoires féminines construites dans la rigueur, la constance et l’ancrage local.
Elle rappelle également qu’en matière de leadership, les résultats concrets sur le terrain doivent primer sur les postures. La longévité de son engagement et la cohérence de son action en font aujourd’hui l’une des figures de référence du continent.
À l’heure où la participation des femmes à la gouvernance et à la résolution des conflits demeure un défi mondial y compris dans des démocraties avancées l’exemple ivoirien porté par Euphrasie Kouassi Yao mérite attention. Il témoigne d’un leadership féminisé, non pas comme simple réponse à une injonction contemporaine, mais comme levier structurel d’un avenir commun plus équitable.
Malte face au défi de la protection des victimes de violences domestiques : entre intentions politiques et lacunes structurelles
À Malte, un pays membre de l’Union européenne comptant un peu plus de 500 000 habitants, les défaillances institutionnelles dans la gestion des cas de violences domestiques suscitent une vive préoccupation. Dans un communiqué publié le 2 juin 2025, le Malta Women’s Lobby (MWL), une organisation de la société civile engagée dans la défense des droits des femmes, a dénoncé ce qu’elle considère comme un déséquilibre persistant dans le traitement réservé aux victimes par les autorités judiciaires et policières.
Au cœur des critiques formulées par le MWL figure l’engorgement des tribunaux. Selon l’organisation, les affaires de violence domestique s’accumulent, avec plus de 2 000 dossiers en attente. Un second magistrat avait bien été nommé en 2023 pour accélérer les procédures, mais ce renfort n’était plus opérationnel dès septembre de la même année. Depuis lors, les délais se sont à nouveau allongés, exposant les victimes à une attente qui dépasse parfois douze mois avant une première comparution de leur agresseur présumé devant la justice.
Cette lenteur procédurale va à l’encontre des engagements pris par Malte dans le cadre de la Convention d’Istanbul, que l’État a ratifiée en 2014. Cette convention du Conseil de l’Europe impose aux parties de garantir une réponse diligente et efficace des autorités face aux violences à l’égard des femmes.
Outre les délais judiciaires, le Malta Women’s Lobby dénonce l’inefficacité des mesures de protection existantes. Des cas tragiques, comme celui de Bernice Cassar tuée en novembre 2022 après avoir signalé plusieurs agressions de la part de son ancien conjoint illustrent les défaillances d’un système censé prévenir de tels drames.
Des dispositifs de protection, tels que les ordonnances d’éloignement, existent en droit maltais. Cependant, leur mise en œuvre demeure inégale, parfois lente ou ignorée. Le gouvernement avait promis, dès 2014, l’introduction de bracelets électroniques pour surveiller les auteurs de violences. Dix ans plus tard, cette mesure n’a toujours pas été appliquée.
L’efficacité des politiques publiques est aussi conditionnée par les perceptions collectives. À ce titre, un sondage Eurobaromètre réalisé en 2023 a mis en lumière des chiffres préoccupants : 32 % des personnes interrogées à Malte estiment que les femmes exagèrent fréquemment lorsqu’elles déclarent être victimes de viol ou de violence. Il s’agit de l’un des taux les plus élevés de l’Union européenne. Le Malta Women’s Lobby considère que cette perception participe à la banalisation de la violence, au doute systématique jeté sur la parole des victimes, et à une réticence accrue à signaler les faits.
L’organisation féministe appelle à une série de mesures urgentes : allocation de ressources supplémentaires à la justice, formation spécialisée des magistrats et policiers, généralisation des mécanismes de protection (y compris électroniques), mais aussi engagement politique clair et suivi des promesses faites.
En parallèle, elle plaide pour une transformation culturelle profonde, seule à même de créer un environnement dans lequel les femmes victimes de violences seraient pleinement écoutées, crues, protégées et leurs agresseurs véritablement sanctionnés.
Si la situation maltaise interpelle, elle s’inscrit dans un contexte plus large. Dans plusieurs États membres de l’Union européenne, la protection des victimes reste imparfaite, en dépit des cadres juridiques communs. Le cas maltais met en lumière l’écart qui peut exister entre les textes ratifiés et les dispositifs réellement appliqués.
À cet égard, la Commission européenne, tout comme le Conseil de l’Europe, sont appelés à exercer un suivi plus rigoureux des engagements pris par les États, notamment en matière de délais de justice et de dispositifs d’accompagnement.
La dénonciation du Malta Women’s Lobby ne vise pas seulement à pointer des manquements institutionnels : elle interpelle plus largement sur la nécessité d’une justice accessible, rapide et crédible, condition essentielle à la protection des droits fondamentaux. Si Malte, comme d’autres pays de l’Union européenne, a inscrit des principes louables dans ses textes, l’urgence reste d’en garantir la pleine mise en œuvre.
Le Royaume-Uni envisage un couvre-feu numérique pour les adolescents : vers une régulation plus stricte des usages en ligne
Santé mentale, temps d’écran, et protection de la jeunesse : une initiative britannique qui interroge les démocraties numériques contemporaines.
Le Royaume-Uni pourrait franchir un nouveau cap dans la régulation numérique : le gouvernement réfléchit à l’instauration d’un couvre-feu numérique pour les adolescents. L’objectif affiché est de limiter l’exposition des mineurs aux écrans durant la nuit, afin de préserver leur santé mentale et de répondre à des inquiétudes croissantes sur les effets délétères des réseaux sociaux. Si cette mesure venait à entrer en vigueur, elle placerait le pays parmi les pionniers d’une régulation active de l’attention numérique des jeunes dans les démocraties libérales.
Cette annonce s’inscrit dans le sillage de l’Online Safety Act, entrée en vigueur au Royaume-Uni à l’été 2025, qui impose déjà aux plateformes des contrôles d’âge renforcés et une modération accrue des contenus destinés aux mineurs. Le secrétaire d’État au numérique, Peter Kyle, entend aller plus loin : des restrictions horaires, notamment après 22h, pourraient être imposées aux adolescents sur les plateformes sociales. L’idée d’un « couvre-feu numérique » fait écho à une régulation déjà expérimentée, comme celle de TikTok, qui limite l’utilisation de ses services pour les moins de 16 ans en soirée.
La démarche s’appuie sur des constats préoccupants : selon les données publiées récemment par la presse britannique, certains enfants passeraient jusqu’à 8 heures par jour devant un écran, un chiffre en forte hausse par rapport à la moyenne de 12,5 heures par semaine en 2014. Ce phénomène s’est accentué avec le télétravail des parents, les écrans devenant un « substitut de présence » après l’école.
Une étude du British Standards Institution révèle que près de la moitié des jeunes de 16 à 21 ans préféreraient un monde sans Internet. Plus frappant encore, 70 % déclarent se sentir moins bien après avoir utilisé les réseaux sociaux. À l’heure où les troubles anxieux et dépressifs sont en nette augmentation chez les adolescents dans les pays industrialisés, ces chiffres résonnent comme un avertissement.
Un soutien notable émerge parmi les jeunes eux-mêmes : 50 % d’entre eux seraient favorables à un couvre-feu numérique à partir de 22h, preuve d’une lucidité sur les effets addictifs des technologies.
Avec cette proposition, le Royaume-Uni poursuit sa stratégie d’encadrement de l’environnement numérique, en rupture progressive avec l’idéologie d’autorégulation qui a prévalu dans les années 2010. Le régulateur britannique Ofcom prépare d’ailleurs un corpus réglementaire qui se veut plus strict encore que celui en vigueur dans l’Union européenne, notamment concernant l’interdiction des algorithmes de recommandation ciblés pour les mineurs.
Derrière ces mesures se dessine un enjeu plus large : celui de la souveraineté numérique des États face à des plateformes transnationales, dont les intérêts commerciaux entrent en collision avec la protection des publics vulnérables. Ce mouvement réglementaire n’est pas isolé. En France, plusieurs députés ont appelé à des initiatives similaires, tandis que la Californie a récemment renforcé son California Age-Appropriate Design Code Act.
Toutefois, l’idée d’un couvre-feu numérique ne fait pas l’unanimité. Les critiques s’inquiètent d’un glissement vers une société de surveillance numérique et d’une délégation excessive du rôle éducatif à l’État, là où l’éducation parentale et scolaire devrait primer. D’autres voix pointent le risque de fracture sociale : comment garantir une application équitable de telles restrictions, dans un contexte où les outils de contrôle numérique sont inégalement accessibles ?
Au fond, cette initiative relance une interrogation essentielle : quel modèle de société numérique voulons-nous construire ? Le Royaume-Uni propose ici une approche volontariste, mêlant régulation étatique, responsabilisation des plateformes, et implication des familles. Une tentative de tracer une ligne de crête entre liberté d’expression, protection de l’enfance, et démocratie numérique.
À l’heure où les jeunes générations grandissent immergées dans un monde connecté, la question du temps d’écran ne saurait se réduire à une affaire domestique. Elle touche à la fabrique même du lien social, du rapport au réel et de la citoyenneté numérique. En cela, le débat britannique dépasse largement les frontières de l’île et interpelle l’ensemble des démocraties modernes.
Comment l’industrie des smartphones alimente le conflit en RDC
Derrière chaque téléphone portable se cache une réalité tragique : en République démocratique du Congo (RDC), des groupes armés se livrent une guerre sanglante pour le contrôle des ressources minières indispensables à la fabrication de smartphones. Parmi elles, le coltan et le cobalt sont devenus des enjeux géopolitiques majeurs, alimentant violences, exploitation et instabilité dans l’est du pays.
Des minerais essentiels à nos téléphones
Le coltan (colombite-tantalite) est utilisé pour produire du tantale, un métal qui entre dans la fabrication des condensateurs présents dans presque tous les appareils électroniques. Le cobalt, quant à lui, est un composant central des batteries lithium-ion qui alimentent téléphones, ordinateurs portables et véhicules électriques.
La RDC possède plus de 70 % des réserves mondiales connues de cobalt et une part importante du coltan mondial. Pourtant, cette richesse n’a pas apporté la prospérité au pays : elle est devenue l’un des moteurs principaux des conflits armés qui ravagent l’est du territoire depuis des décennies.
Une exploitation minière sous le contrôle des groupes armés
Dans plusieurs régions de la RDC, les mines artisanales sont sous le contrôle de milices ou de groupes rebelles. Ces derniers imposent des taxes illégales, extorquent les travailleurs et utilisent les revenus de la vente de minerais pour financer leurs activités militaires. Le commerce de ces “minerais de conflit” se fait souvent dans l’ombre, sans aucune traçabilité, via des réseaux de contrebande bien établis.
La violence dans les zones minières est endémique : meurtres, viols, travail des enfants et déplacements forcés font partie du quotidien de nombreuses communautés. Les populations locales, souvent très pauvres, n’ont d’autre choix que de participer à cette économie informelle au péril de leur santé et de leur sécurité.
La responsabilité des géants de la technologie
Les grandes entreprises de technologie, comme Apple, Microsoft ou Samsung, affirment avoir mis en place des politiques d’approvisionnement responsable. Elles exigeraient de leurs fournisseurs qu’ils prouvent que les minerais utilisés dans leurs produits ne proviennent pas de zones de conflit.
Mais ces engagements restent souvent déclaratifs. Plusieurs enquêtes ont révélé des failles majeures dans les chaînes d’approvisionnement. Certaines entreprises, directement ou indirectement, continuent à se fournir en minerais extraits illégalement ou dans des conditions inhumaines. Des accusations de complicité dans le pillage de ressources ont même été portées contre certains sous-traitants ou partenaires industriels.
Le président rwandais Paul Kagame a reconnu que son pays servait de point de transit pour des minerais introduits clandestinement depuis la RDC, tout en niant toute implication dans leur exploitation illégale. Cela montre l’ampleur du problème régional, où la porosité des frontières facilite le commerce illicite.
Des conséquences dramatiques pour la population
Malgré ses ressources, la RDC reste l’un des pays les plus pauvres du monde. Les conflits autour de l’exploitation minière ont causé des millions de morts, des centaines de milliers de déplacés et d’innombrables violations des droits de l’homme. Les populations des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment, subissent directement les conséquences de cette guerre pour le contrôle des minerais.
Pendant ce temps, les bénéfices tirés de cette exploitation illégale alimentent les circuits internationaux, profitant à des intermédiaires, des groupes rebelles, et parfois à des entreprises peu scrupuleuses.
Un appel à la transparence et à la justice
Face à cette situation, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une traçabilité complète des minerais utilisés dans les produits électroniques. Des législations comme la loi Dodd-Frank aux États-Unis ont tenté d’imposer plus de transparence, mais leur application reste incomplète, et de nombreuses failles permettent encore le contournement des règles.
Les entreprises ont une responsabilité éthique incontournable. Elles doivent exiger des preuves vérifiables de l’origine des minerais, investir dans des chaînes d’approvisionnement propres et soutenir le développement local dans les régions minières.
De leur côté, les gouvernements doivent renforcer les contrôles, imposer des sanctions aux acteurs complices du commerce illicite, et appuyer les mécanismes de certification. Enfin, les consommateurs eux-mêmes peuvent faire pression en exigeant plus de transparence sur les produits qu’ils achètent.
Le progrès technologique ne peut plus se faire au prix du sang des populations congolaises. Il est temps d’exiger une industrie responsable, éthique et humaine.
Belgique : un jeune homme tué de trois coups de couteau par trois demandeurs d’asile palestiniens
En Belgique, dans la nuit du 30 au 31 mai, un jeune homme de 19 ans a été mortellement blessé à l’arme blanche en plein centre-ville de Spa . Les suspects trois réfugiés palestiniens, logés dans un centre d’accueil local, ont été interpellés et placés sous mandat d’arrêt pour meurtre. Le quatrième est toujours activement recherché.
Lire la suite Belgique : un jeune homme tué de trois coups de couteau par trois demandeurs d’asile palestiniens