Archives pour la catégorie économie

Concentration extrême des richesses : Oxfam alerte sur une accumulation hors norme au sommet

Selon un rapport publié ce 26 juin par l’ONG Oxfam, le 1 % des individus les plus riches de la planète a capté à lui seul 33 900 milliards de dollars de richesse supplémentaire entre 2015 et 2024. Un chiffre vertigineux qui, selon l’organisation, met en lumière l’accélération d’un processus de concentration patrimoniale incompatible avec les objectifs de justice sociale et de stabilité mondiale.

À partir de données issues de Forbes, Credit Suisse, UBS, ou encore de la Banque mondiale, Oxfam établit que sur les 77 000 milliards de dollars de richesse nouvelle créée à l’échelle mondiale durant cette période, près de 44 % ont été accaparés par le seul 1 % le plus fortuné.
En parallèle, les 99 % restants de la population mondiale ont dû se partager les 56 % restants avec des inégalités importantes au sein même de ce groupe.

L’ONG souligne que cette captation de valeur ne relève pas uniquement d’un effet d’enrichissement global, mais d’un déséquilibre structurel dans les mécanismes de création et de redistribution de la richesse.

Le rapport insiste sur le décalage entre cette accumulation au sommet et la précarisation croissante des populations vulnérables. À titre de comparaison, il suffirait de 2 % de cette richesse nouvellement captée (soit environ 678 milliards de dollars) pour sortir durablement de l’extrême pauvreté l’ensemble des personnes vivant avec moins de 2,15 dollars par jour, selon les estimations de la Banque mondiale.

Cette polarisation se traduit aussi par une montée des tensions sociales, la désaffection politique dans de nombreuses démocraties occidentales, et un affaiblissement des États dans leur capacité à fournir des services publics fondamentaux. Des effets qui, s’ils perdurent, pourraient éroder la cohésion sociale dans plusieurs régions du monde.

Dans ce contexte, Oxfam appelle à une réforme fiscale ambitieuse, notamment à travers :

  • Une taxation exceptionnelle des patrimoines extrêmes,
  • Une fiscalité progressive plus équitable au niveau mondial,
  • Et un renforcement de la lutte contre l’évasion fiscale, particulièrement dans les juridictions offshore.

L’organisation propose également que les revenus issus de ces nouvelles recettes fiscales soient prioritairement affectés à l’accès universel à l’éducation, aux soins de santé, et à la lutte contre le changement climatique.

Oxfam n’est pas seule à tirer la sonnette d’alarme. Le FMI, l’OCDE, et même certaines institutions financières comme la Banque mondiale ont récemment mis en garde contre l’instabilité que peuvent engendrer des écarts de richesse aussi marqués, aussi bien sur le plan économique que politique.

Les inégalités, lorsqu’elles atteignent de tels niveaux, ne sont plus un simple symptôme des déséquilibres économiques, mais un facteur structurant de désordres sociaux, affectant la capacité des sociétés à se projeter dans un avenir durable.

À l’heure où les défis globaux exigent une solidarité accrue qu’il s’agisse de climat, de santé ou de paix sociale la concentration extrême des richesses dans les mains d’une infime minorité interroge. Le rapport d’Oxfam, en chiffrant cet écart, appelle à repenser non seulement la fiscalité mondiale, mais aussi le sens même du développement économique.

Musique – tournée française de Beyoncé : quand le « business parallèle » des commerçants freine le succès populaire

Le premier des trois concerts français de Beyoncé, dans le cadre de son « Cowboy Carter Tour 2025 », s’est tenu hier au Stade de France. Pourtant, l’événement n’a pas affiché complet, malgré l’immense popularité de l’artiste états-unienne et une demande initiale forte. Une situation paradoxale qui illustre un phénomène désormais bien identifié autour des grandes tournées internationales : le développement d’un juteux business local dont la spéculation finit parfois par desservir l’artiste lui-même.

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Afrique du Sud : 26 milliards de dollars engagés pour une transition énergétique sous haute surveillance

L’Afrique du Sud concentre aujourd’hui les regards de la communauté internationale en matière de transition énergétique. Avec plus de 26 milliards de dollars de financements mobilisés depuis 2021, le pays se trouve au cœur d’une expérience inédite visant à accompagner un basculement progressif vers des énergies plus propres, tout en préservant sa stabilité économique et sociale. Cette transition s’annonce toutefois longue, complexe et semée de nombreux défis.

L’Afrique du Sud figure parmi les plus gros producteurs mondiaux de charbon. Encore aujourd’hui, près de 80 % de son électricité est produite à partir de cette ressource. Cette dépendance énergétique, héritée d’une politique industrielle construite sur l’abondance de ressources fossiles, place le pays dans une situation délicate à l’heure des engagements internationaux contre le changement climatique.

En parallèle, le vieillissement des infrastructures, les difficultés de gestion du géant public Eskom et les fréquentes coupures d’électricité (« load-shedding ») ont exposé les limites du modèle énergétique sud-africain. Face à ces difficultés, la nécessité d’une transition devient à la fois un impératif environnemental et un enjeu de survie économique.

En novembre 2021, lors de la COP26 à Glasgow, l’Afrique du Sud a signé avec cinq partenaires internationaux un accord baptisé Just Energy Transition Partnership (JETP). Ce programme inédit regroupe les États-Unis d’Amérique, l’Union européenne, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, autour d’un engagement initial de 8,5 milliards de dollars, depuis porté à 9,3 milliards par l’arrivée de nouveaux partenaires.

L’objectif affiché du JETP est double :

  • Réduire les émissions sud-africaines de CO₂, parmi les plus élevées par habitant dans le monde ;
  • Garantir une transition « juste », c’est-à-dire socialement acceptable, en particulier pour les centaines de milliers de travailleurs dépendants de l’industrie charbonnière.

Outre les financements bilatéraux, d’autres institutions multilatérales ont renforcé leur soutien. En juin 2025, la Banque mondiale a accordé un prêt de 1,5 milliard de dollars destiné à financer des réformes structurelles d’Eskom, la modernisation du réseau électrique et le développement des énergies renouvelables.

L’Union européenne, de son côté, via son programme Global Gateway, a annoncé en mars 2025 un nouveau financement de 4,4 milliards d’euros (environ 4,8 milliards de dollars), visant notamment le développement du solaire, de l’éolien et de l’hydrogène vert.

L’Agence française de développement (AFD) a également octroyé un prêt de 400 millions d’euros, spécifiquement orienté vers le volet social de la transition, en soutenant les formations professionnelles et la reconversion des travailleurs affectés par la fermeture des mines et centrales à charbon.

Malgré ces engagements massifs, la transformation reste lente et semée d’embûches. Les difficultés structurelles d’Eskom endetté à hauteur de 20 milliards de dollars et l’état vétuste des centrales électriques compliquent la sécurisation de la fourniture électrique. L’Afrique du Sud continue de connaître des coupures d’électricité quasi quotidiennes, aggravant le mécontentement social.

Paradoxalement, ces difficultés ont amené les autorités à prolonger temporairement l’activité de certaines centrales à charbon, au grand dam des défenseurs de l’environnement. La question de la coordination des fonds internationaux, de leur bonne gestion et de la transparence des projets financés reste aussi un sujet d’inquiétude croissant au sein de la société civile sud-africaine.

Au-delà des aspects techniques et économiques, la transition énergétique sud-africaine s’inscrit dans un contexte politique délicat. Les élections générales de mai 2024 ont vu l’ANC, parti au pouvoir depuis 1994, enregistrer une perte historique de sa majorité absolue. Le gouvernement de coalition dirigé par Cyril Ramaphosa doit composer avec une société de plus en plus polarisée, où les inégalités sociales alimentent la défiance envers les projets perçus comme imposés par des intérêts étrangers.

Le succès ou l’échec de la transition énergétique pourrait ainsi peser lourd dans les équilibres politiques à moyen terme. D’autant plus que les populations des bassins miniers, notamment dans la région du Mpumalanga, craignent des pertes massives d’emploi, malgré les promesses de reconversion et de formation.

L’Afrique du Sud est aujourd’hui un laboratoire observé bien au-delà de ses frontières. Son expérience pourrait servir de modèle (ou de contre-exemple) pour d’autres économies émergentes confrontées aux mêmes dilemmes : sortir des énergies fossiles sans provoquer de fractures sociales insurmontables.

Les institutions financières internationales, de la Banque mondiale à la Banque africaine de développement, suivent de près l’avancement des projets. La réussite de cette transition conditionne en partie la crédibilité des dispositifs globaux de soutien à la décarbonation des pays du Sud, dans un contexte où les fractures entre Nord et Sud sur le climat restent vives.

En définitive, l’Afrique du Sud ne manque ni de soutiens financiers, ni de volonté politique affichée. Mais la réussite de sa transition énergétique dépendra de sa capacité à :

  • Moderniser rapidement ses infrastructures électriques ;
  • Soutenir effectivement les travailleurs affectés ;
  • Assurer une gestion transparente des fonds internationaux ;
  • Préserver sa stabilité sociale et politique.

Le pari sud-africain est à haut risque. Il pourrait néanmoins, s’il réussit, préfigurer les futures trajectoires énergétiques de nombreuses économies émergentes confrontées au même dilemme.

Blanchiment d’argent : l’UE place cinq pays africains, dont la Côte d’Ivoire, sur sa liste noire

La Commission européenne a placé six pays africains dans sa liste des pays à « haut risque » en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, mardi 10 juin. Parmi eux : la Côte d’Ivoire, où les efforts fournis ces dernières années pour renforcer le cadre juridique n’ont pas suffi pour éviter au pays d’en faire partie. Pour le Sénégal en revanche, bonne nouvelle : celui-ci en a été retiré.

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France: Renault envisage de produire des drones en Ukraine

Le groupe au losange confirme avoir été contacté par le ministère des armées pour s’associer à une PME française afin de produire des drones militaires. D’autres alliances de ce type devraient suivre.

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À Paris, Lula exhorte Macron à conclure l’accord UE-Mercosur

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, reçu jeudi par Emmanuel Macron à Paris, a exhorté son homologue français de conclure l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, auquel Paris et plusieurs autres capitales du continent sont fermement opposées.

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Panama: le géant de la banane licencie son personnel restant après une grève.

Chiquita Brands, filiale au Panama du géant américain de la banane va licencier tout son personnel restant, soit 1.600 personnes, après plus d’un mois de grève contre une réforme des retraites, a annoncé lundi le gouvernement de Panama City.

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Au Vietnam, le président français, Emmanuel Macron, se prononce pour un ordre mondial « fondé sur le droit »

Le Président français, Emmanuel Macron, a rappelé, ce lundi 26 mai, son engagement pour un ordre mondial « fondé sur le droit » depuis le Vietnam, première étape de sa tournée en Asie du Sud-Est, une région en proie à des crispations commerciales entre la Chine et les EUA.

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Venezuela : affluence record de pétroliers à Maracaibo avant la fin des licences pour les multinationales

Au moins sept pétroliers faisaient la queue pour remplir leurs cuves dans le terminal du lac de Maracaibo (nord-ouest du Venezuela), quinze jours avant la fin effective des « licences » qui donnent le droit aux multinationales d’exploiter le pétrole vénézuélien malgré l’embargo et les sanctions américaines, ont constaté vendredi des journalistes de l’AFP. (Source : AFP)

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Commerce/Economie : Trump conclut un accord commercial avec le Royaume-Uni – les marchés boursiers rebondissent, le CAC 40 repart à la hausse

Ce jeudi 8 mai 2025, les marchés financiers ont connu un net rebond après l’annonce surprise d’un accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni. À Paris, le CAC 40 a progressé de 0,89 % pour clôturer à 7.694,44 points, mettant fin à trois séances de baisse consécutives. Cet élan a été alimenté par un vent d’optimisme soufflé par le président américain Donald Trump, qui revendique sa première victoire commerciale majeure depuis son retour à la Maison-Blanche.

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