Archives pour la catégorie Politique

États-Unis d’Amérique : Le président Trump menace la Californie de sanctions après la victoire d’un lycéen transgenre dans des épreuves féminines

Le président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump, a annoncé vouloir imposer des sanctions financières à l’État de Californie, à la suite de la participation et de la victoire d’un élève biologiquement masculin, identifié comme femme, dans plusieurs épreuves d’athlétisme réservées aux filles lors d’un championnat scolaire.

Le jeune AB Hernandez, âgé de 16 ans et élève dans un lycée californien, a remporté deux médailles d’or (saut en hauteur et triple saut) et une médaille d’argent (saut en longueur) lors des championnats d’État organisés par la California Interscholastic Federation (CIF). Bien que biologiquement de sexe masculin, Hernandez a été autorisé à concourir dans les épreuves féminines, conformément à la législation californienne en vigueur depuis 2014 (loi AB 1266).

Cette participation a suscité des réactions controversées, notamment dans les milieux politiques conservateurs qui y voient une remise en cause des principes d’équité sportive.

Le président Trump a dénoncé publiquement cette situation, la qualifiant d’« injustice flagrante à l’égard des jeunes filles biologiquement féminines ». Il a menacé de supprimer certains financements fédéraux à la Californie, notamment dans le domaine de l’éducation, si l’État ne modifie pas ses règles sportives.

Le ministère de la Justice des États-Unis d’Amérique a également évoqué la possibilité d’engager des poursuites contre la Californie, en invoquant une atteinte au 14ᵉ amendement de la Constitution, qui garantit l’égalité de traitement devant la loi. L’argument central avancé par l’administration fédérale est que la politique californienne engendre une discrimination inversée, au détriment des filles ayant concouru contre AB Hernandez.

Face aux critiques, la California Interscholastic Federation n’a pas modifié son règlement, mais a introduit une mesure visant à autoriser les autres concurrentes à partager symboliquement la première place. Il ne s’agit pas d’un retrait de médaille pour Hernandez, mais d’une mesure de co-titrage temporaire, dans un cadre qualifié d’expérimental.

Cette affaire illustre l’un des clivages les plus marqués de la société états-unienne contemporaine : entre un pouvoir fédéral engagé dans un recentrage normatif conservateur, et des États comme la Californie, fidèles à une doctrine progressiste dans la gestion des politiques publiques, y compris scolaires et sportives.

Au-delà du sport, la question posée est celle des critères de catégorisation dans les espaces publics, à commencer par l’école. La réaction du président Trump semble s’inscrire dans une stratégie politique plus large : mobiliser son électorat conservateur autour de sujets de société clivants, en amont des élections de mi-mandat prévues en 2026.

L’enjeu dépasse la seule compétition sportive. Il pose la question de la souveraineté normative des États fédérés face à un exécutif fédéral plus interventionniste. Il soulève également des interrogations juridiques majeures, qui pourraient prochainement être tranchées par la Cour suprême, dans un contexte d’affrontement idéologique de plus en plus structuré.

Panama: le géant de la banane licencie son personnel restant après une grève.

Chiquita Brands, filiale au Panama du géant américain de la banane va licencier tout son personnel restant, soit 1.600 personnes, après plus d’un mois de grève contre une réforme des retraites, a annoncé lundi le gouvernement de Panama City.

Lire la suite Panama: le géant de la banane licencie son personnel restant après une grève.

Cybersécurité et souveraineté numérique au Bénin : une stratégie africaine à l’épreuve des cybermenaces mondiales

Alors que la révolution numérique bouleverse les équilibres économiques, politiques et sociétaux à l’échelle mondiale, le Bénin s’illustre comme l’un des fers de lance de la digitalisation sur le continent africain. À la veille du Cyber Africa Forum (CAF) 2025, prévu du 17 au 18 juin à Abidjan, Cotonou entend affirmer sa vision d’une souveraineté numérique africaine fondée sur l’efficience des services publics et la maîtrise des infrastructures critiques.

Avec plus de 70 % de ses services administratifs numérisés, le Bénin se distingue par une politique volontariste entamée depuis 2016, portée par l’Agence des Services et Systèmes d’Information (ASSI) et consolidée par la mise en œuvre du programme e-Bénin. Ce virage numérique a notamment permis une simplification des démarches pour les citoyens, un renforcement de la transparence administrative et une amélioration de la collecte des données publiques.

Mais cette avancée technologique a un revers : l’exposition croissante aux cybermenaces. En Afrique comme ailleurs, les cyberattaques se multiplient, ciblant aussi bien les États que les entreprises. Selon l’Union africaine, le continent aurait subi en 2023 des pertes estimées à plus de 4 milliards de dollars liées aux cybercrimes, dans un contexte de vulnérabilité persistante des infrastructures numériques.

Face à cet enjeu, le gouvernement béninois met désormais l’accent sur la sécurité des données et la résilience des systèmes d’information. Le pays s’est doté d’un CERT (Computer Emergency Response Team) national et a adopté une stratégie de cybersécurité axée sur la sensibilisation, la coopération internationale et le développement des compétences locales. Cette dernière dimension est cruciale, car la pénurie de spécialistes africains en cybersécurité reste un frein majeur à l’autonomie technologique.

La question de la souveraineté numérique, thème central du prochain CAF 2025, dépasse toutefois les seules considérations techniques. Elle engage des enjeux de gouvernance, de contrôle des données stratégiques et de dépendance aux acteurs étrangers qu’il s’agisse des infrastructures cloud ou des logiciels de gestion. Or, aujourd’hui, la majorité des données africaines transitent par des serveurs hébergés hors du continent, dans des juridictions souvent peu alignées sur les priorités des pays africains.

Dans ce contexte, le Bénin ambitionne d’inspirer une approche coordonnée au niveau continental, en faveur d’un écosystème numérique africain interconnecté mais souverain. Cette démarche rejoint les orientations de l’Union africaine, qui plaide pour la création d’un marché unique du numérique à l’horizon 2030, capable de rivaliser avec les puissances technologiques globales tout en protégeant les intérêts africains.

En somme, le positionnement du Bénin dans ce domaine ne saurait être lu comme un simple progrès administratif : il participe d’une réaffirmation géopolitique, à l’heure où les nouvelles frontières de la puissance passent aussi par le cyberespace. Reste à savoir si cet élan pourra être partagé à l’échelle du continent, et soutenu par des partenariats équilibrés, loin des logiques néocoloniales souvent reprochées aux géants technologiques étrangers.

Canada: le Puvirnituq entre état d’urgence et infrastructures inadaptées

Des Rangers canadiens sont en action dans le village de Puvirnituq au Nunavik, placé en état d’urgence, qui vit une crise majeure d’approvisionnement en eau depuis le début d’avril. Et même si la situation s’améliore sur le terrain, cette crise aiguë, révèle aussi l’existence dans la région des infrastructures inadaptées au climat qui y règne affirment certains habitants.

Un village du Grand Nord québécois a déclaré l’état d’urgence après qu’un incendie a ravagé deux maisons de la communauté, qui était déjà aux prises avec une pénurie d’eau depuis des mois. Le conseil municipal de Puvirnituq, une communauté inuite de la région du Nunavik, a pris cette décision après que les équipes ont lutté pour contenir un incendie qui s’était déclaré vers 15 heures. Une situation qui s’ajoute à d’autres difficultés que traversent les populations de cette partie du Nord du Québec.

Les 2100 habitants de Puvirnituq n’ont pas été approvisionnés en eau de manière régulière depuis environ deux mois, après qu’une conduite d’eau a gelé lors d’un blizzard à la mi-mars. Le village a été contraint d’acheminer l’eau par camion dans des conditions météorologiques extrêmes, sur des routes glacées et enneigées. Le centre de santé a signalé une augmentation du nombre de personnes cherchant à se faire soigner pour une gastro-entérite en raison de la pénurie d’eau.

Depuis la mi-mars, la communauté de Puvirnituq, au Nunavik, fait face à une importante pénurie d’eau causée par le gel de la conduite principale. La situation s’est aggravée avec l’incendie du 17 mai dernier, forçant les autorités à déclarer l’état d’urgence et à mettre en place un large dispositif pour venir en aide à la population locale.

Une canalisation gelée à l’origine de la crise majeure

Ian Lafrenière, ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, précise sur un média local que l’origine du problème n’est pas un manque d’eau dans la communauté, mais bien le gel de la conduite principale d’acheminement.La coupure d’eau a paralysé plusieurs services essentiels, notamment dans les établissements scolaires et de santé. Le déclenchement de l’état d’urgence, le 17 mai, à la suite d’un incendie, a marqué un point critique dans cette crise déjà préoccupante.

Un pont aérien quotidien pour répondre à l’urgence

Face à l’ampleur de la situation, le gouvernement du Québec a mobilisé des ressources exceptionnelles. Plus de 100 000 litres d’eau potable ont été transportés par avion jusqu’à Puvirnituq, via un pont aérien établi à raison de deux vols par jour.Avec l’implication de villages voisins, de compagnies de construction et de travailleurs du réseau de la santé, une conduite de dérivation temporaire a également été installée pour rétablir un certain niveau d’alimentation en eau vers l’usine de filtration du village.

Des discussions en cours pour établir les causes

M. Lafrenière affirme avoir convenu avec les représentants de l’ARK (Administration régionale Kativik) et de la Société Makivik d’examiner en profondeur les causes de cet incident pour éviter qu’il ne se reproduise à l’avenir.

Malgré ces mesures temporaires, le ministre insiste sur le fait que l’accès à l’eau potable dans les communautés éloignées reste un enjeu prioritaire pour le gouvernement. Enfin, Ian Lafrenière souligne que plus de 800 millions de dollars sont investis chaque année dans l’administration générale au Nunavik, dont 150 millions spécifiquement dédiés à la gestion de l’eau.

La grave pénurie d’eau à Puvirnituq, dans le Nord-du-Québec, fait beaucoup parler. Or, au-delà de cette crise aiguë, il faut réaliser que bien des infrastructures au Nunavik sont inadaptées au climat qui y règne, constate le DArnaud Messier-Maynard, qui vit là-bas depuis quelques années.

Malheureusement, il semble que les infrastructures et le parc immobilier au Nunavik n’ont jamais vraiment été adaptés aux réalités nordiques a confié M. Messier- Maynard. Dès les années 1950, le programme de logement du ministère des Affaires indiennes du Canada se basait sur la construction de « maisons » de type boîtes d’allumettes . Ces logements, trop petits, trop chers et sans eau courante, étaient hautement inadéquats et ont laissé une marque indélébile dans l’imaginaire collectif des communautés a-t-il expliqué à média canadien.

Près de 70 ans plus tard, le logement et l’accès à l’eau dans le nord du Canada sont toujours des enjeux de taille, contribuant à de nombreux problèmes tels que la tuberculose et la violence conjugale argue Dr Arnaud Messier-Maynard. Les logements du Nunavik, construits avec des matériaux et une main-d’œuvre importés du Sud, peinent à répondre à la demande de cette population grandissante a-t-il déploré.

À l’avenir

Alors que les inondations frappent le Québec à une fréquence accélérée, les changements climatiques nous forcent à nous adapter à des conditions climatiques extrêmes a-t-il souligné. Les infrastructures municipales débordent et plusieurs villes du Québec imposent un moratoire sur la construction parce que leurs égouts ne fournissent pas à la demande. Pourtant, des solutions pour limiter la consommation d’eau et augmenter les capacités des réseaux d’aqueduc existent depuis longtemps a remarqué M. Messier-Maynard.

La situation actuelle au Nunavik nous offre une fenêtre sur ce que l’avenir nous réserve lorsque les infrastructures municipales ne sont pas adaptées aux chocs climatiques répétés, affectant directement la santé de la population a-expliqué. Heureusement, l’innovation sur ces enjeux de fond est possible. Le plus récent projet de centrale hydro-électrique Innavik dans la communauté d’Inukjuak nous démontre que la collaboration avec les acteurs locaux est possible pour répondre aux besoins des villages nordiques en respectant l’autonomie et les besoins des Inuits a-t-il affirmé.

L’Italie adopte la très controversée loi sécurité, l’opposition dénonce une dangereuse dérive autoritaire

En Italie, le sénat a finalement adopté mercredi 5 juin, le nouveau décret-loi sécurité fortement voulu par le vice Premier ministre et chef de la League Matteo Salvini. Un texte très controversé à cause de ses dispositions particulièrement répressives fustigent ses opposants qui parlent de dérive autoritaire renvoyant, l’Italie »au temps du fascisme« .

Lire la suite L’Italie adopte la très controversée loi sécurité, l’opposition dénonce une dangereuse dérive autoritaire

En Inde alors qu’une équipe de cricket célébrait sa victoire, une bousculade a provoqué au moins 11 morts

Une bousculade a fait plusieurs morts mercredi 4 juin dans la ville de Bengalore, capitale de l’État Indien de Karnataka dans le sud du pays. Une foule immense est venue fêter la victoire de l’équipe locale du cricket, à son retour ont annoncé les médias locaux.

Lire la suite En Inde alors qu’une équipe de cricket célébrait sa victoire, une bousculade a provoqué au moins 11 morts

Rafale, canons Caesar, frégates… Les grandes ambitions de la France avec l’Indonésie

La tournée asiatique d’Emmanuel Macron a porté ses fruits : la France renforce son ancrage stratégique en Asie du Sud-Est, et particulièrement en Indonésie. À l’occasion de sa visite officielle à Jakarta le 28 mai dernier, un pas décisif a été franchi dans le domaine de la coopération militaire entre les deux pays. L’Indonésie a signé une lettre d’intention pour l’acquisition de nouveaux équipements militaires français, confirmant sa volonté de poursuivre et d’élargir un partenariat déjà bien engagé.

Un partenariat stratégique qui s’étoffe

Déjà deuxième client de la France en matière d’armement en Asie du Sud-Est, derrière les États-Unis, l’Indonésie représente une priorité stratégique pour Paris. Selon le SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), la France assure 15 % des importations d’armes indonésiennes. Cette relation s’inscrit dans une dynamique régionale où les enjeux de sécurité se multiplient, entre rivalités maritimes et tensions sino-américaines.

Lors de la visite présidentielle, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé la signature d’une lettre d’intention avec son homologue indonésien, Sjafrie Sjamsoeddin. Cette lettre prévoit de futures commandes d’armement : des avions de chasse Rafale supplémentaires (en plus des 42 déjà commandés entre 2022 et 2024), des frégates légères et sous-marins Scorpène, ainsi que des canons Caesar et leurs munitions.

Des commandes déjà engagées

L’Indonésie ne part pas de zéro. Elle a déjà signé plusieurs contrats avec la France :
•42 Rafale commandés depuis 2022, dont les livraisons commenceront en 2026.
•2 sous-marins Scorpène, commandés en avril 2025, pour une livraison prévue en 2031.
•13 radars longue portée achetés en 2023 au groupe Thales.
•55 canons Caesar, livrés à la suite de deux commandes en 2012 et 2017.

La lettre d’intention signée récemment pourrait porter sur une douzaine de Rafale supplémentaires, selon La Tribune, même si aucun chiffre officiel n’a encore été communiqué.

La France, un partenaire militaire « respectueux »

Au-delà des contrats, Paris veut se positionner comme un partenaire fiable, respectueux de la souveraineté et de l’indépendance des États de la région. Une approche qui se distingue des logiques de confrontation entre grandes puissances comme les États-Unis et la Chine.

Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a salué cette confiance renouvelée dans l’« excellence de l’industrie de défense française », soulignant également l’importance de partenariats durables qui peuvent profiter à l’industrie de défense locale en Indonésie.

Une influence croissante en Indo-Pacifique

Cette coopération franco-indonésienne illustre la volonté de la France de renforcer sa présence dans l’Indo-Pacifique. Avec ses territoires dans la région (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française), la France se considère comme une puissance indo-pacifique légitime. En misant sur des relations stratégiques solides, comme avec Jakarta, Paris entend jouer un rôle majeur dans la stabilité régionale.

En somme, les ambitions françaises en Indonésie traduisent un double objectif : soutenir la modernisation militaire d’un partenaire clé tout en consolidant son influence dans une zone géopolitique cruciale.

En France l’Assemblée nationale vote à l’unanimité l’élévation d’Alfred Dreyfus au grade de « général de brigade »

L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité l’élévation au grade de général de brigade du militaire français Alfred Dreyfus le lundi 2 juin. Condamné à partir de fausses accusations montées sur fond d’antisémitisme, le capitaine avait demandé à voir sa carrière revalorisée dès son innocence reconnue, en 1906, sans obtenir gain de cause. Le Sénat devra se prononcer sur le texte.

Lire la suite En France l’Assemblée nationale vote à l’unanimité l’élévation d’Alfred Dreyfus au grade de « général de brigade »

Soudan : attaque meurtrière contre un convoi humanitaire de l’ONU au Darfour, la guerre franchit une nouvelle ligne rouge

Dans la nuit du 2 au 3 juin, un convoi humanitaire de l’ONU a été violemment attaqué à Kuma, dans le nord du Darfour, alors qu’il transportait des vivres et des médicaments vers la ville assiégée d’El-Facher. Cinq personnes ont été tuées. L’attaque, survenue après deux semaines de blocage en zone de guerre, a été fermement condamnée par l’Organisation des Nations unies, qui dénonce une nouvelle violation du droit humanitaire.

Composé de camions du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’UNICEF, le convoi était resté bloqué plus de 15 jours en zone sous contrôle des Forces de soutien rapide (FSR), milice dirigée par Mohamed Hamdane Daglo, dans l’attente d’une autorisation pour franchir les lignes de front. L’objectif était clair : apporter une aide d’urgence à El-Facher, ville encerclée et affamée par les combats depuis mai.

Une attaque au cœur de la crise humanitaire

Les circonstances précises de l’attaque restent floues. Selon l’ONU, les auteurs ne sont pas encore identifiés, chaque camp rejetant la responsabilité sur l’autre. Les FSR accusent l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane d’avoir « délibérément attaqué » le convoi. En retour, le gouvernement soudanais affirme que ce sont les FSR qui ont ciblé le convoi « de manière agressive à l’aide de drones ».

L’incident survient dans un climat déjà explosif : quelques jours plus tôt, les entrepôts du PAM à El-Facher étaient bombardés, et l’hôpital international d’El-Obeid frappé par un drone, tuant au moins six soignants. Dans ce chaos, les ONG peinent à acheminer l’aide, malgré des besoins criants.

El-Facher, ville en état de siège

Capitale provinciale du Darfour-Nord, El-Facher est aujourd’hui coupée du monde. Les forces paramilitaires des FSR y mènent des offensives intenses contre l’armée régulière, ciblant infrastructures, hôpitaux et quartiers civils. L’eau devient rare, les marchés sont vides, et les hôpitaux débordent de blessés. Le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher, parle d’une « urgence humanitaire d’une ampleur effroyable ».

Civils en péril, aide entravée

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre fratricide entre les forces armées régulières et les FSR, issues de l’ancien appareil sécuritaire du dictateur Omar el-Béchir. Les deux camps sont accusés de crimes de guerre, frappant indistinctement civils et infrastructures médicales, tout en bloquant l’aide humanitaire.

À cela s’ajoute un jeu trouble d’ingérences étrangères : l’Égypte est accusée par les FSR de soutenir militairement l’armée régulière, tandis que les Émirats arabes unis sont soupçonnés d’armer les paramilitaires. Les deux pays démentent toute implication.

Exode massif : une crise mondiale du déplacement

La guerre a provoqué l’une des pires crises de réfugiés au monde : plus de 4 millions de personnes ont fui le Soudan. Le Tchad, voisin pauvre et instable, accueille désormais 1,2 million de réfugiés soudanais, dont 68 000 en seulement quelques semaines. Le HCR alerte sur un rythme alarmant : 1 400 nouveaux réfugiés par jour.

« Il s’agit d’un jalon dévastateur dans la plus grave crise de déplacement de population au monde », déclare Eujin Byun, porte-parole du HCR.

Une neutralité humanitaire bafouée

L’attaque du convoi à Kuma est un symbole tragique d’un conflit où même les principes fondamentaux de neutralité humanitaire ne sont plus respectés. Alors que la population meurt de faim et de blessures, les convois humanitaires deviennent eux-mêmes des cibles.

Pendant que les puissances régionales s’accusent et que la communauté internationale reste spectatrice, les humanitaires tombent, les civils fuient, et le pays s’enfonce dans le chaos.

Nouvelle escalade en Syrie : frappes israéliennes en représailles , jihadistes intégrés à l’armée et la possible découverte du corps du père Dall’Oglio – Point sur la situation ce 4 juin

Alors que la Syrie est plongée dans une recomposition politique et militaire profonde depuis la chute du président Bachar al-Assad, les derniers événements viennent aggraver encore un peu plus l’instabilité régionale. Entre ripostes israéliennes, décisions controversées de Washington et révélations troublantes sur le sort du père Paolo Dall’Oglio, le pays reste au centre d’une tension géopolitique grandissante.

Frappes israéliennes en réponse à des tirs de roquettes : Damas dément toute implication

Dans la nuit du 3 au 4 juin, l’armée israélienne a lancé une série de frappes aériennes et d’artillerie contre le sud de la Syrie. Ces attaques font suite à des tirs de roquettes venus du territoire syrien vers le plateau du Golan, territoire occupé par Israël depuis 1967. Les projectiles sont tombés dans des zones inhabitées, sans faire de victimes, mais ont provoqué l’activation des sirènes d’alerte dans la région.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a tenu pour responsable le nouveau président syrien, Ahmed al-Charaa, affirmant que toute attaque contre Israël serait directement imputée à son régime. Israël a notamment ciblé des positions militaires dans les provinces de Quneitra et Deraa.

Damas, de son côté, nie toute implication. Le ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé une “violation flagrante de la souveraineté” et déclaré qu’il ne pouvait “confirmer la véracité” des tirs contre Israël. Selon lui, “de nombreuses parties cherchent à déstabiliser la région pour servir leurs propres intérêts”.

Les États-Unis autorisent l’intégration de jihadistes étrangers dans l’armée syrienne

Dans une décision controversée, les États-Unis ont donné leur feu vert à l’intégration de 3 500 combattants jihadistes étrangers dans les rangs de l’armée syrienne, à condition que le processus se fasse de manière transparente. Ces combattants, pour la plupart Ouïghours originaires de Chine et d’Asie centrale, seront intégrés dans une unité militaire nouvellement créée : la 84e division.

Selon l’envoyé spécial américain en Syrie, Thomas Barrack, ces éléments sont désormais “loyaux à la nouvelle administration islamiste” et il vaut mieux les intégrer à un projet étatique que les marginaliser. Cette décision représente un revirement majeur dans la stratégie américaine, après des années de refus catégorique d’inclure des combattants étrangers dans les forces régulières syriennes.

Ce choix suscite une profonde inquiétude, notamment en Israël, qui voit dans cette évolution une menace sécuritaire directe, d’autant que certains de ces jihadistes ont combattu dans les rangs de groupes liés à al-Qaïda, comme Hayat Tahrir al-Cham (HTS).

Le mystère du père Paolo Dall’Oglio relancé : un corps découvert près de Raqqa

Une autre actualité vient bouleverser la scène syrienne : la possible découverte du corps du père Paolo Dall’Oglio, jésuite italien disparu depuis le 29 juillet 2013 dans le nord de la Syrie. Selon des informations rapportées par l’hebdomadaire Oggi, un corps en habits religieux aurait été retrouvé dans une fosse commune près de Raqqa par des fouilleurs affiliés aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS), une coalition majoritairement kurde soutenue par Washington.

Le nonce apostolique à Damas, le cardinal Mario Zenari, a confirmé que l’Église enquêtait sur cette découverte, mais que l’identification restait à confirmer. La sœur de Paolo, Cécilia Dall’Oglio, a émis de sérieux doutes sur la véracité de cette information, la qualifiant même de probable “fake news”.

Une source proche de l’enquête a toutefois indiqué que les fouilleurs savaient où chercher, laissant entendre que cette découverte aurait pu être facilitée par le nouveau pouvoir syrien, dans le but de s’attirer les bonnes grâces de l’Occident.

Des analyses ADN sont en cours pour vérifier s’il s’agit bien du prêtre disparu. L’ambassade d’Italie à Damas a été mobilisée pour suivre le dossier de près.

Une région au bord du précipice

La Syrie post-Assad s’engage dans une voie périlleuse. La normalisation progressive que cherchent à imposer les nouvelles autorités islamistes, avec l’assentiment partiel des puissances occidentales, ne parvient pas à masquer les tensions profondes qui agitent le pays.
•Israël continue ses frappes pour empêcher que des armes ne tombent entre les mains de groupes qu’il juge terroristes.
•Les États-Unis cherchent une stabilité de façade, quitte à intégrer d’anciens combattants islamistes dans des institutions militaires.
•L’Europe, de son côté, observe avec prudence, alors que la question des disparus, comme celle du père Dall’Oglio, reste une plaie ouverte.

Alors que la Syrie est toujours techniquement en guerre avec Israël, toute escalade pourrait provoquer une conflagration régionale aux conséquences incontrôlables. Le fragile équilibre construit ces derniers mois semble aujourd’hui menacé de toutes parts.