La justice chilienne a ordonné lundi 2 juin la détention provisoire de cinq personnes, dont un ex-juge vivant en Israël, pour laquelle une demande d’extradition doit être formulée, dans le cadre du premier jugement sur le trafic de milliers d’enfants entre 1950 et 1990.
Lire la suite Chili: la justice ordonne cinq détentions dont un ex-juge dans l’affaire des bébés volésÉtats-Unis : Mohamed Sabry Soliman inculpé pour « crime de haine » dans une attaque au cocktail Molotov lors d’un rassemblement en soutien aux otages israéliens
Aux États-Unis, les autorités du Colorado ont annoncé, lundi 2 juin, l’inculpation de Mohamed Sabry Soliman, 45 ans, pour tentative d’assassinat et « crime de haine » à la suite d’une attaque au cocktail Molotov lors d’un rassemblement à Boulder, organisé en soutien aux otages israéliens détenus par le Hamas. L’attaque a fait douze blessés, dont deux grièvement. Le suspect risque la prison à perpétuité.
Une attaque préméditée et revendiquée
Lors d’une conférence de presse, les enquêteurs ont révélé que Soliman avait reconnu les faits et déclaré avoir planifié l’attaque depuis un an. Selon ses aveux, il aurait appris à fabriquer des cocktails Molotov via YouTube, car son statut de non-citoyen l’empêchait d’acheter des armes à feu. Le jour de l’attaque, il portait un gilet de jardinier pour passer inaperçu et s’approcher du groupe ciblé. Il a été arrêté peu après l’attaque avec en sa possession 16 cocktails Molotov non utilisés, un bidon d’essence et un pulvérisateur rempli.
Selon le procureur général du Colorado, Jay Bishop Grewel, Soliman « n’a exprimé aucun regret » et a affirmé qu’il « recommencerait » s’il en avait l’occasion. Le suspect, qui vivait aux États-Unis depuis 2022 après avoir vécu 17 ans au Koweït, était arrivé avec un visa de tourisme, suivi d’une demande d’asile toujours en attente.
Une inculpation fédérale pour crime de haine
Mohamed Sabry Soliman est poursuivi au niveau fédéral pour crime de haine. Selon la loi américaine, un crime est ainsi qualifié lorsqu’il est motivé par des caractéristiques personnelles telles que la religion, la nationalité ou l’origine. Les autorités affirment que son objectif était de cibler les personnes rassemblées en soutien aux otages israéliens. Le rassemblement avait lieu au tout début de la fête juive de Chavouot.
Le procureur du comté de Boulder, Michael Dougherty, a également porté de nombreuses autres charges contre lui, dont plusieurs tentatives de meurtre. Celles-ci pourraient lui valoir jusqu’à 384 ans de prison s’il est reconnu coupable.
Réactions politiques et débat sur l’immigration
L’affaire a immédiatement suscité des réactions politiques. Donald Trump, via ses réseaux sociaux, a condamné l’attaque, déclarant : « C’est un autre exemple de la raison pour laquelle nous devons garder nos frontières SÉCURISÉES et expulser les radicaux qui menacent notre pays. » Son ancien conseiller Stephen Miller a qualifié la politique migratoire actuelle de « suicidaire ».
Le suspect, dont le visa et le permis de travail n’étaient plus valides au moment de l’attaque, était employé comme chauffeur Uber. Plusieurs responsables républicains ont appelé à un durcissement immédiat des conditions d’accueil et à la révocation des visas pour tout individu soupçonné de soutenir des groupes extrémistes.
Un contexte sécuritaire tendu
Cette attaque survient dans un climat tendu aux États-Unis, après plusieurs incidents violents liés au conflit au Proche-Orient. Selon la police, l’une des victimes est un survivant de l’Holocauste âgé de 88 ans, ce qui a accentué l’émotion autour de l’événement. L’administration fédérale a réaffirmé sa volonté de protéger les rassemblements religieux et les minorités ciblées.
L’enquête se poursuit sous la supervision conjointe de la police locale, du FBI et des services de sécurité intérieure. La prochaine audience de Mohamed Sabry Soliman est prévue dans les jours à venir.
Nucléaire : l’Iran ripostera si les Européens « exploitent » le rapport de l’AIEA à des fins « politiques » et menace de frapper militairement Israël
Le pays a encore accéléré son rythme de production d’uranium hautement enrichi, selon un rapport confidentiel de l’AIEA divulgué samedi et jugé « politique » par l’Iran. Téhéran craint la réactivation de sanctions onusiennes.(Avec : AFP).
La tension est montée d’un cran entre l’Iran et l’union européenne. Téhéran a annoncé une riposte si les pays européens « exploitent » à des fins politiques un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) selon lequel le pays a accéléré sa production d’uranium hautement enrichi.
La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont avec la Russie et la Chine membres d’un accord pour encadrer le programme nucléaire iranien conclu avec la République islamique en 2015, et dont les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement trois ans plus tard durant le premier mandat de Donald Trump. L’AIEA tiendra du 9 au 13 juin à Vienne (Autriche) un Conseil des gouverneurs, une importante réunion trimestrielle durant laquelle seront notamment passées en revue les activités nucléaires de l’Iran.
Paris, Londres et Berlin ont menacé ces dernières semaines d’enclencher un mécanisme prévu dans l’accord de 2015 qui permet le rétablissement de sanctions onusiennes si l’Iran ne respecte pas ses engagements.
« L’Iran répondra à toute action inappropriée des parties européennes », a déclaré son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi lors d’un appel samedi avec le patron de l’AIEA Rafael Grossi. Abbas Araghchi a appelé l’AIEA à empêcher « certaines parties d’exploiter » le rapport « pour faire avancer leurs objectifs politiques » contre l’Iran, selon des propos rapportés dimanche par la diplomatie iranienne.
Selon le rapport de l’AIEA, la quantité totale d’uranium enrichi de l’Iran dépasse désormais de 45 fois la limite autorisée par l’accord de 2015 et s’élève à 9.247,6 kg. Le gendarme onusien du nucléaire note une nette hausse de l’uranium enrichi à 60 %, seuil se rapprochant des 90 % nécessaires pour fabriquer une arme nucléaire, d’après un bilan d’étape consulté par l’AFP.
Un accord en négociation avec les Etats-Unis
Ce rapport a été divulgué alors que Washington et Téhéran mènent des discussions depuis plusieurs semaines pour tenter de trouver un nouvel accord.
Samedi, l’Iran a dit avoir reçu des « éléments » d’une proposition américaine à l’issue de cinq cycles de négociations menés sous la médiation d’Oman et a affirmé sur X par la voix de son ministre des Affaires étrangères qu’il y répondra de manière appropriée.
La proposition américaine faite à l’Iran est « acceptable » et dans le « meilleur intérêt » de Téhéran selon la Maison-Blanche, citée samedi par les médias américains. Elle est décrite comme une série de points à puces plutôt qu’un projet d’accord complet par le quotidien américain New York Times, qui cite des responsables au fait des échanges diplomatiques.
La proposition appelle l’Iran à cesser tout enrichissement d’uranium et propose la création d’un groupe régional pour produire de l’énergie nucléaire, qui inclurait l’Iran, l’Arabie saoudite et d’autres Etats arabes ainsi que les Etats-Unis. Ni l’Iran ni les Etats-Unis n’ont commenté ces affirmations.
Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël, ennemi juré de l’Iran et considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l’arme nucléaire.
L’Iran se défend d’avoir de telles ambitions militaires mais insiste sur son droit au nucléaire civil notamment pour l’énergie, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
Le pays est toutefois le seul Etat non doté d’armes nucléaires à enrichir de l’uranium à un niveau élevé, bien au-delà de la limite de 3,67 % fixée par l’accord de 2015, selon l’AIEA.
L’Iran menace Israël d’une frappe militaire
Lundi 2 juin 2025, le général de division Abdolrahim Mousavi, commandant en chef de l’armée iranienne, a lancé un avertissement direct à Israël, déclarant que Téhéran était « pleinement prêt » à lancer une attaque en réponse aux menaces militaires répétées de l’État hébreu.
Cette déclaration intervient alors que les tensions régionales restent élevées, sur fond de négociations sensibles entre l’Iran et les États-Unis autour du programme nucléaire iranien. Selon le général Mousavi, si Israël persistait dans ses menaces, l’Iran mènerait une riposte ciblée, qu’il qualifie de « frappe appropriée ». Il a également fait allusion à une « dette » non précisée qu’Israël devrait selon lui à l’Iran :
« S’ils sont pressés de recevoir une nouvelle opération Promesse Véritable, nous sommes pleinement prêts », a-t-il déclaré.
Visite américaine en Israël
Cette déclaration intervient également alors que la secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kristi Noem, s’est rendue à Jérusalem pour rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Les deux responsables ont discuté des avancées et blocages des négociations nucléaires entre Washington et Téhéran.
Le déplacement de la responsable américaine semble illustrer l’importance stratégique que les États-Unis accordent à leur allié israélien dans le contexte actuel, tout en poursuivant des discussions diplomatiques avec l’Iran.
Négociations relancées, mais incertaines
Les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis ont repris la semaine dernière, mais aucune avancée concrète n’a encore été annoncée. Téhéran cherche notamment un allègement des sanctions économiques, tandis que Washington souhaite des garanties sur le gel ou la réduction du programme nucléaire iranien.
Malgré ce contexte tendu, le président américain Donald Trump a adopté un ton plus optimiste en déclarant lundi lors d’une conférence de presse :
« Nous avons eu des discussions très, très bonnes avec l’Iran. Une percée pourrait être imminente. »
Une escalade à éviter
Les déclarations du général Mousavi illustrent la fragilité de la situation au Moyen-Orient, où un incident ou une provocation pourrait rapidement dégénérer en conflit ouvert. Tandis que la diplomatie tente de progresser, les menaces militaires rappellent que le spectre d’une confrontation directe entre l’Iran et Israël reste bien présent.
Corée du Sud : le candidat du centre gauche Lee Jae-myung élu président
Après six mois de crise politique marquée par une tentative de coup d’État et la procédure de destitution du président Yoon Suk-yeol, les Sud-Coréens ont élu ce mardi 3 juin leur nouveau chef d’État. Le candidat de centre gauche Lee Jae-myung est arrivé très largement en tête des suffrages avec 51,79 %.
Lire la suite Corée du Sud : le candidat du centre gauche Lee Jae-myung élu présidentBoxe : Imane Khelif, au cœur d’une controverse sur le genre après un rapport médical révélant un caryotype masculin – la world boxing impose des tests avant les compétitions
La boxeuse algérienne Imane Khelif, championne olympique à Paris 2024 dans la catégorie des -66 kg, fait l’objet d’une controverse majeure après la fuite d’un rapport médical confidentiel. Ce document, publié par The Telegraph le 1er juin 2025, indiquerait que l’athlète présente un caryotype masculin (XY), soulevant des interrogations sur son éligibilité à concourir dans la catégorie féminine.
Un test chromosomique contesté, mais potentiellement lourd de conséquences
Le test chromosomique aurait été effectué en mars 2023 à New Delhi, dans le cadre des procédures médicales précédant les grandes compétitions. Selon les fuites, l’analyse révèle une composition génétique masculine. Aucun organisme indépendant n’a encore confirmé officiellement ces résultats, mais ils pourraient entraîner la suspension d’Imane Khelif des compétitions féminines si leur validité est reconnue.
Malgré ces révélations, Imane Khelif continue de s’identifier comme une femme et maintient sa volonté de poursuivre sa carrière dans la catégorie féminine. Elle a été autorisée à concourir et à remporter l’or aux Jeux olympiques de Paris 2024, et reste pour l’instant soutenue par le Comité international olympique (CIO).
Vers une réglementation plus stricte : World Boxing impose les tests de genre
En réponse à cette affaire, la nouvelle Fédération internationale de boxe, World Boxing, reconnue par le CIO, a annoncé la mise en place obligatoire de tests de genre pour tous les boxeurs et boxeuses de plus de 18 ans participant à ses compétitions.
Ces tests PCR ont pour but d’identifier le sexe chromosomique à la naissance, notamment par la détection du gène SRY (indicateur du chromosome Y). Ils peuvent être réalisés par prélèvement nasal, buccal, de salive ou de sang. À partir de maintenant, les fédérations nationales devront présenter ces résultats pour valider l’inscription de leurs athlètes.
Cette nouvelle politique, explique World Boxing, vise à assurer l’équité et la sécurité des compétitions, en maintenant des catégories strictement définies par le genre biologique.
Des polémiques et un débat mondial
Imane Khelif n’est pas seule dans cette controverse. La boxeuse taïwanaise Lin Yu-Ting, également médaillée d’or à Paris dans la catégorie des -57 kg, a fait face à des accusations similaires. Toutes deux avaient été exclues des Mondiaux 2023 par l’ancienne fédération IBA, non reconnue par le CIO en raison de problèmes de gouvernance.
Ces cas ont suscité un vaste débat international, avec l’implication de personnalités comme Donald Trump, Elon Musk ou J.K. Rowling, dénonçant ou soutenant la participation d’athlètes transgenres ou intersexes aux compétitions féminines.
Prochaines étapes pour Imane Khelif
Pour continuer sa carrière internationale, notamment aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028, Imane Khelif devra se soumettre à un nouveau test génétique. Elle est également concernée par ces exigences si elle souhaite participer à la Box Cup d’Eindhoven (Pays-Bas), prévue du 5 au 10 juin 2025, ou à tout autre événement organisé par World Boxing.
World Boxing précise que sa politique sur le genre est encore en phase finale de développement, avec l’appui de groupes de travail médicaux et juridiques. L’objectif affiché est de concilier respect des individus, sécurité des compétitions, et intégrité sportive.
Une affaire révélatrice des tensions entre inclusion et équité dans le sport
Cette affaire met en lumière un débat sensible au sein du monde sportif : comment concilier l’identité de genre avec l’exigence d’équité biologique dans les compétitions ? Pour l’heure, la communauté sportive internationale cherche un équilibre entre respect des droits individuels et égalité des chances dans les disciplines où les différences physiques peuvent influencer les performances.
Le cas d’Imane Khelif pourrait bien faire jurisprudence dans la manière dont les fédérations sportives abordent les questions liées au genre, aux droits humains, et à la compétition équitable dans les années à venir.
Guerre en Ukraine : les points d’accord entre la Russie et l’Ukraine lors des pourparlers d’Istanbul
Un nouveau cycle de discussions entre les délégations russes et ukrainiennes s’est tenu ce lundi 2 juin 2025 à Istanbul, en Turquie. Bien que la rencontre ait été relativement brève environ une heure , elle a permis d’aboutir à plusieurs accords concrets sur des questions humanitaires sensibles. En revanche, aucun compromis n’a été trouvé sur une trêve générale ni sur la tenue de prochaines discussions.
Échange de prisonniers : un accord confirmé
Les deux parties se sont entendues sur un nouvel échange de prisonniers de guerre. Le ministre ukrainien de la Défense, Rustem Umerov, qui dirigeait la délégation ukrainienne, a annoncé un accord portant sur l’échange de prisonniers grièvement blessés et gravement malades, ainsi que de jeunes soldats âgés de 18 à 25 ans, selon un format « tous contre tous ».
Vladimir Medinski, représentant la partie russe, a confirmé cet accord, précisant que l’échange devrait concerner entre 1 000 et 1 200 personnes au total.
Restitution des corps de soldats tombés au combat
Un second point d’accord concerne l’échange des dépouilles de soldats tués. Les deux camps ont convenu de se restituer 6 000 corps chacun, selon les déclarations concordantes des deux chefs de délégation.
Discussion sur les enfants ukrainiens déportés
Parmi les sujets abordés figure également la question des enfants ukrainiens déportés en Russie. Bien qu’aucune décision formelle n’ait été annoncée à ce stade, la délégation ukrainienne a remis à la partie russe une liste d’enfants qu’elle souhaite voir revenir en Ukraine. La délégation russe a indiqué que chaque situation serait examinée individuellement, sans toutefois s’engager sur un calendrier précis.
Désaccord sur la trêve et la suite des pourparlers
Concernant une éventuelle trêve, les discussions n’ont pas abouti. La Russie a proposé une trêve de deux à trois jours, tandis que l’Ukraine réclame un cessez-le-feu plus large de trente jours, couvrant l’ensemble du territoire, y compris la mer Noire et l’espace aérien.
Par ailleurs, l’idée d’une nouvelle réunion fin juin, avancée par la délégation ukrainienne, n’a pas été acceptée pour le moment par la partie russe.
Une avancée limitée, mais symbolique
Si les désaccords persistent sur les sujets militaires et politiques, ces pourparlers à Istanbul marquent néanmoins une avancée humanitaire notable, avec la confirmation d’échanges de prisonniers et de corps, et l’ouverture d’un dialogue sur les enfants déplacés. Ces gestes, bien que limités, pourraient constituer un pas vers une désescalade partielle du conflit, en particulier sur le plan humanitaire.
TotalEnergies de retour au Mozambique malgré les menaces sécuritaires
Au Mozambique après 4 ans d’interruption, le projet de gaz naturel liquéfié initié par TotalEnergies va peut-être redémarrer. Ce projet, l’un des plus ambitieux chantiers gaziers du continent africain sera relancé cet été, si la déclaration de force majeure qui le couvre est levée par les autorités mozambicaines ont, annoncé les responsables du géant français.
Lire la suite TotalEnergies de retour au Mozambique malgré les menaces sécuritairesNigéria : plus de 200 morts après des inondations sans précédent dans le Centre du pays
Au Nigéria des pluies torrentielles sont tombées mercredi 28 mai 2025 provoquant des inondations meurtrières dans la ville de Mokwa située dans le centre du pays où des milliers personnes ont été déplacées. Ces fortes précipitations ont entraîné d’importants dommages matériels et humains . Une semaine après, le bilan officiel fait état de plus 200 morts, a indiqué ce 3 juin 2025, le coordinateur humanitaire de l’État du Niger, tandis que des centaines de personnes sont toujours portées disparues.
Lire la suite Nigéria : plus de 200 morts après des inondations sans précédent dans le Centre du paysEuphrasie Kouassi Yao, figure ivoirienne du leadership féminin, consacrée personnalité de l’année 2024
L’univers politique et social ivoirien n’a pas manqué de figures féminines engagées. Mais rares sont celles qui, comme Euphrasie Kouassi Yao, ont su inscrire leur action dans la durée, avec un impact à la fois national, régional et international. Ancienne ministre de la Promotion de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfant, titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions », cette actrice de terrain vient d’être consacrée Personnalité de l’année 2024 par Africa Managers.
Ce prix salue une trajectoire engagée au service de l’égalité des genres et de la construction de la paix, dans un contexte où les efforts en faveur de la représentativité féminine peinent encore à transformer durablement les institutions du continent.
Depuis plusieurs années, Euphrasie Kouassi Yao travaille à renforcer la place des femmes dans la gouvernance en Côte d’Ivoire. À travers le Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire (COCOFCI), qu’elle coordonne depuis sa création, elle contribue à identifier, valoriser et positionner les femmes dans les sphères de décision, tant au niveau public que privé.
Lancé en 2011 sous l’impulsion de la présidence ivoirienne, ce programme est aujourd’hui reconnu comme un modèle de bonne pratique. Il a inspiré d’autres pays africains, notamment au Sénégal, au Mali ou encore au Burkina Faso. En 2018, le PNUD le citait parmi les dix projets les plus innovants en Afrique en matière d’égalité des sexes.
L’autre versant de son engagement repose sur la consolidation de la paix, une urgence dans un pays marqué par une histoire politique mouvementée. À travers le programme CREA-PAIX initié après la crise post-électorale de 2010-2011, elle forme des femmes aux mécanismes de médiation communautaire. Ce travail s’inscrit dans une perspective plus large de diplomatie sociale, où les femmes ne sont pas seulement bénéficiaires de paix, mais actrices de sa construction.
Son initiative « Bridge of Peace » (Pont de la Paix), lancée en 2023, mobilise des femmes leaders dans les régions sensibles, afin de prévenir les conflits communautaires et d’encourager la cohésion sociale. Le projet conjugue formation, action de terrain et valorisation des savoirs locaux, dans une logique de paix durable et inclusive.
Le rayonnement de Mme Kouassi Yao dépasse les limites de la Côte d’Ivoire. En février 2025, elle a été faite Docteure Honoris Causa en Philosophie par l’Université Jharkhand Rai en Inde. Une distinction qui témoigne de la reconnaissance internationale de son engagement, dans une période où la diplomatie féminine connaît un regain d’intérêt dans les forums mondiaux.
Elle est par ailleurs très active au sein du réseau international G100, qui réunit 100 femmes leaders dans différents secteurs. En tant que présidente chargée des relations avec les Premières Dames du monde, elle porte la voix de l’Afrique dans les débats sur l’inclusion des femmes dans les processus de transformation sociétale
Ce qui distingue l’approche d’Euphrasie Kouassi Yao, c’est la transversalité de son action. Loin d’opposer développement économique, stabilité politique et promotion du genre, elle œuvre à leur articulation stratégique. Elle considère les femmes comme des catalyseurs, non comme des bénéficiaires passives, et insiste sur le lien entre autonomisation économique, pouvoir de décision et capacité à agir dans l’espace public.
Cette vision systémique l’amène également à investir dans des programmes éducatifs, en particulier dans les zones rurales. L’éducation des filles, selon elle, constitue la « première digue » contre les violences basées sur le genre et l’instabilité sociale.
Dans un environnement où les prix honorifiques se multiplient, la désignation d’Euphrasie Kouassi Yao comme Personnalité de l’année 2024 a une valeur particulière. Elle souligne la nécessité, pour les sociétés africaines et au-delà, de reconnaître les trajectoires féminines construites dans la rigueur, la constance et l’ancrage local.
Elle rappelle également qu’en matière de leadership, les résultats concrets sur le terrain doivent primer sur les postures. La longévité de son engagement et la cohérence de son action en font aujourd’hui l’une des figures de référence du continent.
À l’heure où la participation des femmes à la gouvernance et à la résolution des conflits demeure un défi mondial y compris dans des démocraties avancées l’exemple ivoirien porté par Euphrasie Kouassi Yao mérite attention. Il témoigne d’un leadership féminisé, non pas comme simple réponse à une injonction contemporaine, mais comme levier structurel d’un avenir commun plus équitable.
Malte face au défi de la protection des victimes de violences domestiques : entre intentions politiques et lacunes structurelles
À Malte, un pays membre de l’Union européenne comptant un peu plus de 500 000 habitants, les défaillances institutionnelles dans la gestion des cas de violences domestiques suscitent une vive préoccupation. Dans un communiqué publié le 2 juin 2025, le Malta Women’s Lobby (MWL), une organisation de la société civile engagée dans la défense des droits des femmes, a dénoncé ce qu’elle considère comme un déséquilibre persistant dans le traitement réservé aux victimes par les autorités judiciaires et policières.
Au cœur des critiques formulées par le MWL figure l’engorgement des tribunaux. Selon l’organisation, les affaires de violence domestique s’accumulent, avec plus de 2 000 dossiers en attente. Un second magistrat avait bien été nommé en 2023 pour accélérer les procédures, mais ce renfort n’était plus opérationnel dès septembre de la même année. Depuis lors, les délais se sont à nouveau allongés, exposant les victimes à une attente qui dépasse parfois douze mois avant une première comparution de leur agresseur présumé devant la justice.
Cette lenteur procédurale va à l’encontre des engagements pris par Malte dans le cadre de la Convention d’Istanbul, que l’État a ratifiée en 2014. Cette convention du Conseil de l’Europe impose aux parties de garantir une réponse diligente et efficace des autorités face aux violences à l’égard des femmes.
Outre les délais judiciaires, le Malta Women’s Lobby dénonce l’inefficacité des mesures de protection existantes. Des cas tragiques, comme celui de Bernice Cassar tuée en novembre 2022 après avoir signalé plusieurs agressions de la part de son ancien conjoint illustrent les défaillances d’un système censé prévenir de tels drames.
Des dispositifs de protection, tels que les ordonnances d’éloignement, existent en droit maltais. Cependant, leur mise en œuvre demeure inégale, parfois lente ou ignorée. Le gouvernement avait promis, dès 2014, l’introduction de bracelets électroniques pour surveiller les auteurs de violences. Dix ans plus tard, cette mesure n’a toujours pas été appliquée.
L’efficacité des politiques publiques est aussi conditionnée par les perceptions collectives. À ce titre, un sondage Eurobaromètre réalisé en 2023 a mis en lumière des chiffres préoccupants : 32 % des personnes interrogées à Malte estiment que les femmes exagèrent fréquemment lorsqu’elles déclarent être victimes de viol ou de violence. Il s’agit de l’un des taux les plus élevés de l’Union européenne. Le Malta Women’s Lobby considère que cette perception participe à la banalisation de la violence, au doute systématique jeté sur la parole des victimes, et à une réticence accrue à signaler les faits.
L’organisation féministe appelle à une série de mesures urgentes : allocation de ressources supplémentaires à la justice, formation spécialisée des magistrats et policiers, généralisation des mécanismes de protection (y compris électroniques), mais aussi engagement politique clair et suivi des promesses faites.
En parallèle, elle plaide pour une transformation culturelle profonde, seule à même de créer un environnement dans lequel les femmes victimes de violences seraient pleinement écoutées, crues, protégées et leurs agresseurs véritablement sanctionnés.
Si la situation maltaise interpelle, elle s’inscrit dans un contexte plus large. Dans plusieurs États membres de l’Union européenne, la protection des victimes reste imparfaite, en dépit des cadres juridiques communs. Le cas maltais met en lumière l’écart qui peut exister entre les textes ratifiés et les dispositifs réellement appliqués.
À cet égard, la Commission européenne, tout comme le Conseil de l’Europe, sont appelés à exercer un suivi plus rigoureux des engagements pris par les États, notamment en matière de délais de justice et de dispositifs d’accompagnement.
La dénonciation du Malta Women’s Lobby ne vise pas seulement à pointer des manquements institutionnels : elle interpelle plus largement sur la nécessité d’une justice accessible, rapide et crédible, condition essentielle à la protection des droits fondamentaux. Si Malte, comme d’autres pays de l’Union européenne, a inscrit des principes louables dans ses textes, l’urgence reste d’en garantir la pleine mise en œuvre.