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Le Conseil de sécurité de l’ONU approuve le plan de paix de Trump pour Gaza

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté lundi la résolution américaine soutenant le plan de paix de Donald Trump pour Gaza, ouvrant la voie au déploiement d’une force internationale de stabilisation. Cette décision intervient dans le cadre d’un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas, et suscite à la fois espoirs de reconstruction et critiques sur la tutelle internationale imposée aux Palestiniens.

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Treize des quinze membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur de la résolution, tandis que la Russie et la Chine se sont abstenues sans utiliser leur droit de veto. L’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a salué le vote comme « historique et constructif », tandis que Donald Trump a remercié les pays siégeant au Conseil de sécurité sur Truth Social, y compris ceux qui se sont abstenus.

La résolution endosse le plan en 20 points présenté par Trump et autorise la mise en place d’une Force de stabilisation internationale (ISF) chargée de la sécurisation des frontières avec Israël et l’Égypte, de la démilitarisation de Gaza, du désarmement des groupes armés non étatiques, de la protection des civils et de la formation d’une police palestinienne.

La résolution prévoit également la création d’un Comité de la paix, organe de gouvernance intérimaire jusqu’à la réforme de l’Autorité palestinienne, mandaté jusqu’au 31 décembre 2027 et devant être présidé par Donald Trump selon le plan annexé.

Réactions et positions

  • Israël : le Premier ministre Benjamin Netanyahou rejette toujours l’idée d’un État palestinien, malgré la mention de cette possibilité dans la résolution.
  • Hamas : dénonce le mécanisme de tutelle internationale et la mission de désarmement des groupes palestiniens, affirmant que la résolution « ne répond pas aux exigences et aux droits politiques et humains » des Palestiniens.
  • France : satisfaite du vote, elle considère que la résolution « répond aux besoins les plus urgents des populations et permet de soutenir les efforts de paix en cours », en insistant sur l’inclusion de références à la perspective d’un État palestinien.
  • Russie et Chine : abstention, marquant leur scepticisme quant à l’application du plan et au rôle prépondérant des États-Unis.

Cette résolution constitue un tournant diplomatique dans le conflit israélo-palestinien, en légitimant la mise en place d’une force internationale capable de stabiliser Gaza. Cependant, le plan repose sur des conditions politiques et sécuritaires sensibles, notamment le désarmement du Hamas et la réforme de l’Autorité palestinienne. Le rôle central de Donald Trump, à la tête du Comité de la paix, confère aux États-Unis un levier stratégique majeur dans la région, ce qui suscite des critiques sur l’impartialité du processus.

Le maintien du cessez-le-feu fragile et la reconstruction de Gaza dépendront de la capacité des acteurs internationaux et locaux à mettre en œuvre le plan dans un climat de confiance et de sécurité, un défi considérable compte tenu des tensions persistantes et des blessures laissées par les conflits des deux dernières années.

Celine Dou

80 ans de l’ONU : l’anniversaire d’une géante fatiguée

Le 26 juin 1945, dans un San Francisco encore marqué par la guerre, naissait l’Organisation des Nations unies. Huit décennies plus tard, l’institution censée garantir la paix et promouvoir la coopération entre les États peine à dissimuler ses failles. Entre blocages politiques, érosion budgétaire et crise de légitimité, l’ONU traverse une période de turbulences qui l’oblige à s’interroger sur son avenir. Ce 80e anniversaire, loin de toute célébration triomphale, sonne comme un appel à une réforme profonde ou à un déclin irréversible.

Créée dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale pour éviter la répétition des catastrophes du XXe siècle, l’ONU a longtemps incarné un idéal de coopération internationale. Elle a joué un rôle central dans la décolonisation, accompagné la naissance de nombreux États africains et asiatiques, soutenu la lutte contre l’apartheid et supervisé de nombreuses missions de maintien de la paix. Le système onusien, avec ses agences spécialisées (OMS, FAO, UNESCO, etc.), a contribué à structurer la diplomatie mondiale pendant des décennies.

À sa naissance, l’ONU représentait un monde bipolaire structuré autour de deux superpuissances. Aujourd’hui, elle évolue dans un monde fragmenté, multipolaire, où les anciens équilibres sont remis en question. Cette nouvelle donne mondiale l’affaiblit plus qu’elle ne la renforce.

Au fil des années, l’ONU s’est vue reprocher son incapacité à prévenir ou résoudre les conflits majeurs. Le Conseil de sécurité, organe central des décisions coercitives, est souvent paralysé par le droit de veto des cinq membres permanents les États-Unis d’Amérique, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Cette structure figée, héritée de 1945, ne reflète plus la répartition actuelle du pouvoir mondial.

Les récentes crises ont mis en lumière cette impuissance : blocages sur la guerre en Ukraine, silence relatif sur Gaza, inefficacité face à la guerre civile au Soudan, inaction prolongée au Yémen. Dans le même temps, les contributions financières des grands États se réduisent, fragilisant les capacités opérationnelles de l’organisation. Les États-Unis d’Amérique, historiquement le premier bailleur de fonds, ont plusieurs fois suspendu ou réduit leur financement, mettant en péril certaines agences vitales.

Depuis les années 1990, les appels à une réforme du Conseil de sécurité se multiplient. L’Inde, le Brésil, l’Allemagne, le Japon, l’Union africaine réclament un élargissement et une meilleure représentativité, en particulier pour les pays du Sud, sous-représentés dans les instances décisionnelles. Mais ces demandes se heurtent aux résistances des membres permanents, peu enclins à partager leurs privilèges.

L’Afrique, qui représente aujourd’hui 28 % des États membres de l’ONU, n’a toujours aucun siège permanent au Conseil de sécurité. Cette absence alimente une défiance croissante envers une gouvernance mondiale jugée déséquilibrée, et parfois néocoloniale dans ses approches.

En parallèle, des alliances régionales ou idéologiques comme les BRICS+ ou l’Organisation de coopération de Shanghai prennent de plus en plus d’ampleur, court-circuitant souvent les mécanismes onusiens. Le multilatéralisme se fragmente, et l’ONU peine à rester le centre de gravité des relations internationales.

Malgré ses failles, l’ONU conserve une utilité diplomatique certaine. Elle reste un cadre de dialogue universel, un espace où même les ennemis peuvent se parler. Ses agences continuent d’agir efficacement dans des domaines comme la santé, l’éducation, l’alimentation ou les droits humains, même si elles sont parfois critiquées pour leur bureaucratie ou leurs lenteurs.

Mais le dilemme demeure : soit l’ONU se réforme en profondeur pour s’adapter au XXIe siècle, soit elle s’enfonce dans une marginalisation progressive. Dans un monde où les blocs se durcissent, où les rivalités s’aiguisent, et où les défis globaux changement climatique, pandémies, migrations, cybersécurité exigent des réponses coordonnées, le besoin d’un multilatéralisme efficace n’a jamais été aussi fort. Reste à savoir si la volonté politique suivra.

À 80 ans, l’ONU n’a jamais été aussi essentielle et aussi contestée. Loin des célébrations convenues, cet anniversaire met en lumière les tensions d’un ordre mondial en mutation. L’institution fondée sur les cendres de la guerre mondiale peut-elle encore incarner l’avenir ? Ou deviendra-t-elle un témoin dépassé d’un monde révolu ? Une chose est sûre : sans transformation, la géante onusienne pourrait bien rester figée dans l’histoire, regardant passer les recompositions sans plus les influencer.