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Israël : Netanyahu ordonne le démantèlement d’avant-postes de colons en Cisjordanie sous la pression du gouvernement des États-Unis d’Amérique

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné le démantèlement d’avant-postes de colons établis sans autorisation officielle en Cisjordanie occupée. Le gouvernement des États-Unis d’Amérique demande depuis plusieurs jours aux autorités israéliennes d’agir contre les violences commises par des colons contre des Palestiniens. La décision provoque déjà l’opposition de Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances et l’un des principaux défenseurs de la colonisation.

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La décision de Benjamin Netanyahu porte sur des implantations de colons qui n’ont pas reçu d’autorisation officielle de l’État israélien. Deux sources informées du dossier citées par Reuters affirment que le Premier ministre a donné l’ordre de les démanteler. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a confirmé dimanche 6 septembre qu’une instruction avait bien été donnée, tout en faisant savoir qu’il la désapprouvait.

La presse israélienne évoque environ 100 avant-postes susceptibles d’être concernés. Le nombre exact des sites qui seront effectivement évacués n’a toutefois pas été communiqué. Au 8 septembre, aucune date de début de l’opération n’a été annoncée publiquement par le gouvernement israélien ou par l’armée israélienne.

Il ne s’agit pas d’un ordre visant l’ensemble des colonies israéliennes de Cisjordanie. La mesure concerne des avant-postes construits sans autorisation officielle israélienne, une catégorie distincte des colonies reconnues par le gouvernement israélien.

Des implantations parfois régularisées après leur création

Les avant-postes sont généralement constitués de caravanes, de bâtiments préfabriqués ou de petites structures agricoles installés par des colons. Certains ont été détruits par les autorités israéliennes au cours des années précédentes. D’autres ont ensuite obtenu une reconnaissance officielle et ont pu bénéficier de financements publics.

Selon l’organisation israélienne Peace Now, la Cisjordanie compte actuellement environ 340 avant-postes et 146 colonies officiellement reconnues par le gouvernement israélien. La distinction entre ces deux catégories est donc importante pour comprendre la portée de la décision de Benjamin Netanyahu.

Bezalel Smotrich a indiqué que l’ordre du Premier ministre concernait notamment des implantations établies dans les zones A et B de la Cisjordanie. Ces deux secteurs sont placés, selon les arrangements issus des accords d’Oslo, sous des formes de contrôle palestinien ou partagé. La zone C, qui représente la plus grande partie de la Cisjordanie, reste sous contrôle israélien.

Bezalel Smotrich conteste l’ordre de Benjamin Netanyahu

La réaction du ministre israélien des Finances ne laisse guère de doute sur les tensions que cette décision peut provoquer au sein du gouvernement.

Bezalel Smotrich est lui-même un colon et l’un des responsables politiques israéliens les plus favorables à l’expansion des implantations. Il a supervisé des projets de logements dans les colonies et soutenu la régularisation de constructions qui ne disposaient pas initialement d’une autorisation officielle.

Dimanche à Jérusalem, il a reconnu que Benjamin Netanyahu avait donné l’ordre d’évacuer des sites construits dans les zones A et B. Il a également affirmé ne pas approuver cette décision. Dans le même temps, il s’est félicité des progrès réalisés par le gouvernement israélien dans le développement des colonies en zone C.

Cette position place le ministre des Finances face à une décision prise par le Premier ministre auquel il apporte son soutien au sein de la coalition gouvernementale.

Le gouvernement des États-Unis d’Amérique demande une action contre les colons violents

La décision de Benjamin Netanyahu est attribuée par plusieurs sources à la pression exercée par le gouvernement des États-Unis d’Amérique.

Depuis plusieurs jours, l’administration du président Donald Trump demande aux autorités israéliennes de prendre des mesures contre les violences commises par des colons contre des Palestiniens.

Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis d’Amérique en Israël, a publiquement durci le ton. Samedi 5 septembre, lors d’une visite à Turmus Ayya, en Cisjordanie, il a rencontré des Palestiniens disposant de la nationalité des États-Unis d’Amérique et confrontés à des attaques de colons.

L’ambassadeur a qualifié certains actes commis par des colons de crimes et d’actes de terrorisme. Il a également demandé que les responsables soient poursuivis et sanctionnés.

Cette prise de position est inhabituelle par son niveau de fermeté, compte tenu de l’étroitesse des relations entre le gouvernement des États-Unis d’Amérique et le gouvernement israélien.

La violence se poursuit en Cisjordanie

Les événements survenus lundi 7 septembre montrent que les tensions restent élevées.

Dans le village palestinien de Hajja, dans le nord de la Cisjordanie, des colons provenant d’un avant-poste voisin ont pénétré dans le village. Des affrontements ont éclaté avec des habitants palestiniens. Des soldats israéliens sont ensuite arrivés sur place et ont ouvert le feu.

Un Palestinien de 19 ans a été tué. Trois autres Palestiniens ont été blessés, selon Reuters.

Un autre affrontement s’est produit près de Qusra. Un Palestinien de 34 ans a attaqué au couteau un colon israélien âgé de 20 ans, qui a été grièvement blessé. Les forces israéliennes ont poursuivi l’assaillant et l’ont tué, selon l’armée israélienne.

Ces violences se sont produites alors que l’ordre attribué à Benjamin Netanyahu sur le démantèlement de certains avant-postes faisait déjà l’objet d’une forte attention en Israël et à l’étranger.

La Cour suprême israélienne ordonne aussi le retour de trois familles palestiniennes

Le même jour que l’annonce concernant les avant-postes, la Cour suprême israélienne a ordonné aux autorités chargées de la défense de permettre le retour en sécurité de trois familles palestiniennes dans leurs habitations du village de Jalud, en Cisjordanie.

Ces familles avaient été chassées de leurs maisons par des colons, selon les informations rapportées par Reuters.

La décision de la Cour suprême et l’ordre attribué à Benjamin Netanyahu concernent deux situations distinctes, mais elles portent toutes deux sur la présence et les activités des colons israéliens en Cisjordanie.

Une colonisation que le gouvernement israélien continue de soutenir

L’ordre de démantèlement ne signifie pas que Benjamin Netanyahu renonce à la politique de colonisation.

Son gouvernement a au contraire soutenu la création et la régularisation de nombreuses implantations au cours des dernières années. Des avant-postes initialement considérés comme non autorisés par les autorités israéliennes ont obtenu une reconnaissance officielle.

Benjamin Netanyahu reste également à la tête d’une coalition dans laquelle les partis favorables à l’expansion des colonies disposent d’un poids politique important. Bezalel Smotrich défend ouvertement le développement de la présence israélienne en Cisjordanie et l’annexion du territoire.

Le retrait de certains avant-postes ne constitue donc pas, à ce stade, un changement général de politique.

Une question de droit israélien et une autre de droit international

La situation comporte une autre distinction importante.

Pour les autorités israéliennes, certains avant-postes sont considérés comme illégaux parce qu’ils ont été construits sans autorisation de l’État. Le gouvernement peut donc décider de les démanteler ou, dans certains cas, de les régulariser.

Le droit international porte un jugement plus large sur les colonies israéliennes établies en Cisjordanie occupée. Les Nations unies et la majorité des gouvernements considèrent ces implantations comme illégales au regard du droit international. Israël conteste cette qualification et affirme que le statut de la Cisjordanie doit faire l’objet d’un règlement politique.

Cette différence explique pourquoi le démantèlement annoncé de certains avant-postes ne peut pas être présenté comme un retrait israélien de la Cisjordanie.

Une décision dont l’application reste incertaine

Au 8 septembre, la question principale reste celle de l’exécution de l’ordre donné par Benjamin Netanyahu.

Les autorités israéliennes n’ont pas annoncé de calendrier précis. Le bureau du Premier ministre et l’armée israélienne n’avaient pas confirmé publiquement les détails de l’opération au moment des dernières informations disponibles.

La décision devra également être suivie dans la durée : certains avant-postes déjà démantelés par le passé ont été reconstruits, tandis que d’autres ont fini par être régularisés par les autorités israéliennes.

Benjamin Netanyahu doit ainsi composer avec deux exigences contradictoires. Le gouvernement des États-Unis d’Amérique lui demande de lutter plus fermement contre les violences commises par des colons. Dans sa propre coalition, Bezalel Smotrich et les forces politiques favorables à l’expansion des colonies refusent toute politique susceptible de limiter durablement la présence israélienne en Cisjordanie.

Pour l’heure, le Premier ministre israélien a ordonné le démantèlement de certains avant-postes. Il reste à voir si cet ordre sera exécuté, combien de sites seront effectivement évacués et si cette mesure restera limitée à des implantations non autorisées ou si elle produira des effets plus larges sur la politique de colonisation israélienne.

Celine Dou

Syrie : après les frappes israéliennes des 18 et 22 août, Damas et Tel-Aviv négocient en Jordanie une désescalade sous médiation des États-Unis d’Amérique

Deux attaques israéliennes en quatre jours, une inquiétude croissante autour de la présence militaire turque en Syrie et, au lendemain d’une nouvelle frappe, une rencontre discrète entre le ministre syrien des Affaires étrangères et le chef du Mossad. Le 23 août, Assaad al-Chaibani et Roman Gofman se sont retrouvés en Jordanie avec la médiation des États-Unis d’Amérique. Damas veut faire cesser les opérations israéliennes et reprendre les négociations sur un accord de sécurité. Israël cherche à préserver ses intérêts militaires, tandis que la Turquie s’affirme comme l’un des principaux soutiens du nouveau pouvoir syrien.

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Il aura fallu quelques jours pour que les bombes et la diplomatie se succèdent au même endroit.

Le 18 août, Israël frappait la base aérienne d’Abou al-Duhur, dans la province d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie. Le 22, un drone israélien touchait un véhicule près de Beit Jinn, à l’ouest de Damas. Le lendemain, le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani rencontrait Roman Gofman, le chef du Mossad, en Jordanie, sous médiation des États-Unis d’Amérique.

La proximité entre ces événements dit quelque chose de la fragilité du dialogue entre les deux pays. Les discussions ne portent pas encore sur la paix. Elles cherchent d’abord à empêcher que les opérations militaires israéliennes, la présence turque en Syrie et les ambitions du nouveau pouvoir de Damas ne se heurtent dans un pays qui sort à peine de quatorze années de guerre.

Selon l’agence officielle syrienne SANA, les représentants des deux camps ont discuté de mécanismes destinés à mettre fin aux frappes, arrestations et opérations ciblées israéliennes en Syrie. Ils ont également évoqué la reprise des négociations sur un accord de sécurité et les moyens d’empêcher la rivalité entre Israël et la Turquie de gagner le territoire syrien.

Une frappe qui avait la Turquie pour arrière-plan

L’affaire d’Abou al-Duhur permet de comprendre pourquoi cette rencontre a pris une telle importance.

Le 18 août, huit frappes israéliennes ont touché la piste et des installations de la base aérienne. Israël a affirmé vouloir empêcher le déploiement de forces turques sur le site. Le gouvernement syrien a rejeté cette accusation et assuré qu’aucune base turque permanente n’était prévue à Abou al-Duhur. La Turquie a également condamné l’attaque.

La base se trouve à environ 70 kilomètres de la frontière turque. Elle est restée hors service pendant des années après avoir été durement affectée par la guerre civile. La Turquie, devenue l’un des principaux soutiens du président syrien Ahmad al-Chareh, participe désormais à la reconstruction des forces armées syriennes et fournit une assistance militaire et politique au nouveau pouvoir de Damas.

Pour Israël, cette évolution change les données de sécurité à sa frontière nord. Pour la Turquie, les frappes israéliennes constituent une attaque contre la souveraineté syrienne et contre la capacité du nouveau gouvernement à reconstruire son armée.

La tension aurait pu monter davantage. Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis d’Amérique en Turquie et envoyé spécial des États-Unis d’Amérique pour la Syrie, a déclaré que les autorités turques n’avaient pas été averties de l’attaque. Selon lui, Ankara aurait pu interpréter le passage des avions israéliens vers son territoire comme une menace et préparer une riposte. Il a qualifié la frappe d’« escalade inutile » et indiqué que les États-Unis d’Amérique travaillaient à un mécanisme de prévention des affrontements entre Israël, la Turquie et la Syrie.

Le lendemain, une nouvelle frappe dans le sud

Le 22 août, alors que les discussions entre Damas et Tel-Aviv étaient déjà envisagées, une nouvelle opération israélienne a touché le sud-ouest de la Syrie.

Un drone a frappé un véhicule près du village de Beit Jinn, à l’ouest de Damas. Le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé qu’il s’agissait d’un véhicule civil et fait état de blessés. L’armée israélienne a, de son côté, déclaré avoir visé un homme présenté comme un « terroriste » dont les activités constituaient, selon elle, une menace immédiate pour ses soldats.

Pour le gouvernement d’Ahmad al-Chareh, cette succession d’opérations est devenue difficilement compatible avec les discussions de sécurité. Pour Israël, elle répond à une logique différente : empêcher l’apparition de menaces qu’il estime susceptibles de viser ses soldats ou son territoire.

C’est dans cet espace étroit entre ces deux lectures que les États-Unis d’Amérique tentent de maintenir le dialogue.

Damas ne demande pas seulement l’arrêt des frappes

Assaad al-Chaibani avait déclaré avant la rencontre que la confiance entre la Syrie et Israël était inexistante. Il n’en demandait pas moins la reprise des négociations.

Le gouvernement syrien veut que les forces israéliennes reviennent aux positions qu’elles occupaient avant la chute de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024. Il demande également le rétablissement complet de l’accord de désengagement de 1974 et la fin des frappes, incursions et opérations israéliennes sur son territoire.

Damas refuse en revanche qu’un éventuel accord de sécurité limite sa capacité à reconstruire ses forces armées ou à choisir ses partenaires. Assaad al-Chaibani a clairement défendu le droit de la Syrie à recevoir une aide militaire de la Turquie, mais aussi d’autres pays de la région.

La question du plateau du Golan reste entière. La Syrie continue de considérer ce territoire comme sien, tandis qu’Israël en contrôle la majeure partie depuis 1967. Mais Damas estime que son statut définitif ne doit pas être le préalable aux discussions actuelles. La priorité est d’abord de mettre fin aux opérations militaires et de rétablir un cadre de sécurité.

Israël regarde désormais autant vers Ankara que vers Damas

Depuis la chute de Bachar al-Assad, le problème israélien n’est plus seulement celui du régime syrien qui lui était hostile.

La Turquie a pris une place considérable auprès du nouveau pouvoir. Ankara aide à reconstruire l’armée syrienne, entretient des liens étroits avec Ahmad al-Chareh et entend conserver une influence durable en Syrie. Israël redoute qu’une présence militaire turque plus importante ne modifie l’équilibre stratégique à proximité de ses frontières.

Ce dossier avait d’ailleurs déjà été abordé directement entre Assaad al-Chaibani et Roman Gofman. Le 14 août, les deux hommes s’étaient entretenus par téléphone, quelques jours avant le bombardement d’Abou al-Duhur. Selon des sources citées par Reuters, la conversation avait notamment porté sur la présence militaire turque en Syrie, les livraisons d’armes et les drones fournis à l’armée syrienne.

La rencontre du 23 août n’est donc pas née de nulle part. Elle prolonge un canal de communication déjà utilisé au plus haut niveau, malgré une confiance presque inexistante entre les deux gouvernements.

Les États-Unis d’Amérique cherchent à empêcher une collision

L’administration de Donald Trump dispose d’un intérêt évident à empêcher que la Syrie ne devienne le lieu d’un affrontement entre Israël et la Turquie.

Les deux pays sont des partenaires importants des États-Unis d’Amérique, mais leurs intérêts en Syrie se rapprochent de moins en moins. L’attaque d’Abou al-Duhur a montré jusqu’où cette rivalité pouvait aller : Israël a frappé une installation syrienne en affirmant vouloir empêcher une implantation turque, tandis que la Turquie a dénoncé une atteinte à la souveraineté de son allié syrien.

Tom Barrack cherche donc à mettre en place un canal permettant aux trois gouvernements de se parler avant qu’une opération militaire ne provoque une réaction en chaîne. Un mécanisme de « désescalade » entre Israël, la Turquie et la Syrie est déjà en préparation.

Les États-Unis d’Amérique cherchent parallèlement depuis plus d’un an à obtenir un accord de sécurité entre Israël et le nouveau gouvernement syrien. Selon Assaad al-Chaibani, les deux parties étaient parvenues à un accord sur une grande partie du texte au début de l’année, notamment sur des zones de sécurité dans le sud de la Syrie et une zone tampon où seules les forces des Nations unies seraient présentes. Damas estime cependant qu’Israël n’a jamais réellement accepté de mettre ces dispositions en œuvre.

Pas de paix, mais une tentative pour éviter la prochaine frappe

Il serait donc excessif de parler d’un rapprochement entre la Syrie et Israël.

Les deux pays restent techniquement en état de guerre. Ils n’ont pas de relations diplomatiques et continuent de s’opposer sur le Golan. Israël maintient des forces dans des secteurs du sud de la Syrie qu’il a occupés après la chute de Bachar al-Assad et poursuit des opérations militaires qu’il présente comme nécessaires à sa sécurité. Damas considère ces opérations comme des violations de sa souveraineté.

Mais quelque chose a changé : les deux camps ont désormais intérêt à maintenir un canal direct.

La Syrie cherche du temps pour reconstruire son État et son armée. Israël veut éviter que la Turquie ne transforme son soutien à Damas en présence militaire durable près de ses frontières. La Turquie veut préserver son influence sans entrer dans une confrontation directe avec Israël. Et les États-Unis d’Amérique veulent empêcher que cette rivalité ne transforme la Syrie en nouveau foyer de guerre.

La rencontre entre Assaad al-Chaibani et Roman Gofman ne règle aucune de ces questions. Elle évite, pour l’instant, qu’elles ne soient réglées par les armes.

La véritable épreuve viendra maintenant : obtenir de chacun des engagements suffisamment précis pour qu’une prochaine frappe ne fasse pas voler en éclats le fragile canal de dialogue que les États-Unis d’Amérique tentent de maintenir.

Celine Dou

Israël rejette le plan états-unien pour Gaza et pose une condition : le désarmement total du Hamas avant tout retrait

Le projet de Donald Trump devait permettre de franchir un cap dans la guerre à Gaza. Il se heurte désormais au refus de Benyamin Nétanyahou. Alors que le Hamas a accepté la nouvelle feuille de route en quinze points, le Premier ministre israélien affirme qu’Israël ne retirera pas ses forces avant le désarmement complet du mouvement palestinien.

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Le désaccord porte sur une question qui conditionne toute la suite du processus : dans quel ordre doivent s’effectuer le désarmement du Hamas et le retrait israélien ? La feuille de route élaborée sous l’égide du Conseil de paix de Donald Trump prévoit un désarmement progressif et vérifié, accompagné de mesures israéliennes correspondantes. Nétanyahou refuse cette logique. Pour lui, les armes du Hamas doivent disparaître avant que l’armée israélienne ne quitte ses positions dans la bande de Gaza. Cette divergence menace directement la deuxième phase du plan.

Nétanyahou ferme la porte au retrait sans désarmement

Le 9 août, devant son cabinet, Benyamin Nétanyahou a rejeté le document en quinze points présenté par le Conseil de paix. Le Premier ministre israélien a déclaré qu’Israël ne procéderait à aucun retrait de ses forces tant que le Hamas ne serait pas « véritablement désarmé ».

La déclaration ne laisse guère de place à une interprétation. Pour le gouvernement israélien, un retrait qui précéderait la disparition de la capacité militaire du Hamas exposerait Israël à la possibilité d’une reprise des hostilités. Nétanyahou refuse donc que le retrait israélien serve de contrepartie préalable à un désarmement qui resterait à accomplir.

La position israélienne se heurte pourtant à la mécanique prévue par le nouveau texte. Le document établit un processus par étapes : les armes et infrastructures militaires doivent être démantelées sous contrôle international, tandis que les forces israéliennes doivent effectuer un retrait progressif en fonction des progrès vérifiés du désarmement. Une force internationale de stabilisation doit également accompagner la transition.

Le Hamas accepte le principe, mais pas nécessairement toutes les conditions

Le Hamas a donné son accord au principe de la feuille de route états-unienne. Mais son acceptation ne signifie pas qu’il adhère sans réserve à chacune des modalités du désarmement.

Selon les éléments rendus publics, le mouvement palestinien accepte la remise de ses armes dans le cadre du dispositif proposé, tout en contestant certaines exigences ajoutées au processus, notamment celles concernant les armes légères. De son côté, Israël réclame une disparition complète de la capacité militaire du Hamas avant tout retrait.

La nuance est importante. Présenter la situation comme une simple opposition entre un Hamas qui aurait accepté de se désarmer et un Israël qui refuserait la paix serait trompeur. Les deux parties ne donnent pas le même contenu au mot « désarmement », et surtout, elles ne veulent pas le placer au même moment du calendrier.

Le problème tient à l’ordre des étapes

C’est là que se trouve le principal verrou.

La feuille de route prévoit que le désarmement soit vérifié au fur et à mesure et que le retrait israélien accompagne les progrès accomplis. Elle prévoit aussi la mise en place d’une administration palestinienne technocratique chargée des affaires civiles et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.

Nétanyahou veut une autre séquence : d’abord le désarmement complet du Hamas, ensuite le retrait.

La différence peut sembler limitée sur le papier. Elle est en réalité décisive. Si Israël attend la fin du désarmement pour se retirer et que le Hamas considère que le retrait doit commencer en parallèle pour rendre son propre désarmement acceptable, chaque camp peut bloquer l’autre.

C’est précisément ce qui menace aujourd’hui la deuxième phase du processus.

Washington doit maintenant convaincre son propre allié

Pour Donald Trump, le problème est embarrassant. Le président des États Unis d’Amérique veut faire de son Conseil de paix le cadre de la sortie de guerre et de la reconstruction de Gaza. Or son initiative se heurte à une opposition venue d’Israël, alors même que le Hamas en a accepté le principe.

La difficulté ne consiste donc plus seulement à obtenir un engagement du Hamas. Washington doit désormais convaincre le gouvernement israélien qu’un désarmement progressif, contrôlé et accompagné d’un retrait progressif peut répondre à ses exigences de sécurité.

L’Allemagne a déjà affiché une position favorable au projet. Son ministère des Affaires étrangères estime que la proposition de Donald Trump peut ouvrir une voie vers le désarmement du Hamas, malgré les désaccords qui subsistent.

Cette réaction européenne ne règle cependant rien. La décision déterminante reste entre les mains des acteurs directement engagés dans le processus.

Une force internationale au cœur de la transition

Le dispositif proposé ne repose pas uniquement sur un face-à-face entre Israël et le Hamas. La feuille de route prévoit une force internationale de stabilisation chargée notamment d’accompagner la transition, de contribuer au contrôle des armes et de protéger les opérations humanitaires. Le retrait israélien doit, lui, être effectué progressivement en fonction des progrès constatés dans le désarmement.

Ce mécanisme répond à une difficulté majeure : qui garantirait la sécurité de Gaza après le départ des forces israéliennes ?

Sans force extérieure capable de surveiller les engagements et sans autorité palestinienne en mesure d’administrer le territoire, un retrait israélien pourrait laisser un vide sécuritaire. Mais si Israël conserve durablement ses positions au nom du désarmement, la transition politique et la reconstruction risquent de rester suspendues.

Le plan de Trump face à son premier véritable test

Le rejet israélien ne signifie pas nécessairement la disparition de la feuille de route. Les discussions se poursuivent. Mais le rapport de force est désormais clair : le gouvernement de Nétanyahou ne veut pas que le calendrier de son retrait soit dicté par un texte négocié sous l’autorité du Conseil de paix.

Le président des États Unis d’Amérique doit donc résoudre une équation difficile. Il lui faut obtenir du Hamas un désarmement suffisamment concret pour satisfaire Israël, tout en donnant aux Palestiniens des garanties crédibles sur le retrait israélien et la fin de la présence militaire dans la bande de Gaza.

La paix ne bute donc plus seulement sur la question de savoir si le Hamas déposera les armes. Elle bute sur une question plus précise : qui doit bouger en premier ?

Tant qu’Israël exigera le désarmement complet avant tout retrait et que le Hamas considérera le retrait comme une condition essentielle de son propre désarmement, la feuille de route de Donald Trump restera suspendue à un compromis que Washington doit encore obtenir.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Liban – Israël : les discussions de Rome sur le désarmement du Hezbollah se poursuivent sans le Hezbollah

À Rome, les délégations libanaise et israélienne tentent de donner une traduction concrète à un accord-cadre négocié sous médiation états-unienne. Au centre des échanges : le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise et le désarmement du Hezbollah. Mais le mouvement chiite, directement concerné par ce dernier point, refuse de reconnaître ce processus.

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La scène résume à elle seule la difficulté des discussions engagées à Rome : les acteurs chargés de négocier l’avenir sécuritaire du sud du Liban avancent sans la participation du mouvement dont les armes se trouvent au cœur du dossier. Entre exigences israéliennes, volonté de contrôle du territoire par Beyrouth et refus catégorique du Hezbollah, l’accord-cadre conclu fin juin cherche encore sa traduction sur le terrain.

À l’ambassade des États-Unis d’Amerique à Rome, les discussions se poursuivent autour d’une question qui concentre toutes les tensions : qui contrôlera les armes dans le sud du Liban ?

Depuis plusieurs mois, Israël et le Liban tentent de transformer une succession d’engagements politiques en mécanisme concret de sécurité. L’accord-cadre conclu fin juin prévoit notamment le retrait progressif des forces israéliennes de certaines zones du sud du pays, le déploiement de l’armée libanaise et le transfert des capacités armées sous l’autorité de l’État libanais.

Mais un acteur manque à la table des négociations : le Hezbollah.

Le mouvement, qui dispose de sa propre structure militaire, rejette l’accord et refuse toute discussion portant sur son désarmement. Son chef, Naim Qassem, a réaffirmé son opposition au processus engagé avec Israël et les États-Unis d’Amerique, estimant que le mouvement n’avait pas à renoncer à ses armes dans ces conditions.

Cette position place le gouvernement libanais face à une équation difficile. Beyrouth participe aux discussions et affirme vouloir renforcer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, notamment dans le sud du pays. Le Premier ministre Nawaf Salam a accusé ceux qui ont entraîné le Liban dans des affrontements passés d’avoir donné des arguments à Israël pour agir contre le pays.

Pour Israël, la question est avant tout sécuritaire. Les autorités israéliennes considèrent que la présence d’un groupe armé indépendant à proximité de leur frontière représente une menace persistante. La délégation israélienne présente à Rome comprend d’ailleurs des responsables militaires chargés de suivre les aspects liés à la sécurité et au retrait progressif.

Washington tente, de son côté, de maintenir le dialogue entre deux positions difficilement conciliables. Les États-Unis d’Amerique présentent ces discussions comme un moyen de garantir la sécurité d’Israël tout en permettant à l’État libanais de reprendre pleinement le contrôle du sud du pays.

Sur le terrain, les désaccords restent visibles. Alors que Beyrouth attend un retrait israélien progressif, Israël affirme vouloir des garanties concrètes avant d’aller plus loin. Des tensions persistent également autour des opérations militaires menées dans certaines zones du sud libanais, malgré le processus diplomatique engagé.

Le problème central reste donc inchangé : le désarmement du Hezbollah est inscrit au cœur des discussions, mais le mouvement refuse d’en faire un sujet de négociation.

Les réunions de Rome ne constituent pas encore un accord final. Elles montrent surtout la difficulté de trouver un compromis entre trois exigences qui ne coïncident pas totalement : la volonté israélienne d’obtenir des garanties de sécurité, celle du gouvernement libanais de restaurer son autorité sur son territoire, et le refus du Hezbollah d’abandonner son arsenal.

Tant que ces positions resteront éloignées, l’avenir du sud du Liban continuera de se jouer autant dans les salles de négociations que sur le terrain.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

États-Unis d’Amérique : derrière l’« excellente » rencontre entre Trump et Netanyahu, l’alliance israélo-états-unienne change de rapport de force

Benjamin Netanyahu est arrivé à Washington avec une certitude : Donald Trump reste l’allié dont Israël a besoin pour poursuivre la confrontation avec l’Iran. Il est reparti de la Maison Blanche en assurant que leur rencontre avait été « excellente ». Pourtant, derrière les déclarations chaleureuses, une autre réalité apparaît. Après cinq mois de guerre, Donald Trump veut reprendre la main sur le calendrier diplomatique et sur la manière de sortir du conflit. Le Premier ministre israélien conserve l’accès au président états-unien. Il n’est simplement plus certain de pouvoir lui dicter la suite.

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Pendant des années, Benjamin Netanyahu a fait de sa proximité avec Donald Trump un atout politique et stratégique. Le 28 juillet, les deux hommes se sont retrouvés à la Maison Blanche pour leur premier entretien en face à face depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran. Officiellement, tout va bien : la Maison Blanche parle d’une rencontre « positive et productive », tandis que Netanyahu la présente comme l’une des meilleures qu’ils aient eues. Mais les sujets qui fâchent sont désormais nombreux : la poursuite des opérations contre l’Iran, les négociations avec Téhéran, Gaza, le Liban, la Syrie et même la volonté de Washington de vendre des F-35 à la Turquie. La presse israélienne elle-même reconnaît que les sourires du Bureau ovale cachent des choix difficiles.

Une rencontre officiellement réussie, mais peu de réponses

Pendant près d’une heure et demie, Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont discuté à huis clos. À leur sortie, chacun avait intérêt à présenter l’entretien sous son meilleur jour.

Le Premier ministre israélien n’a pas tardé à parler d’une rencontre « excellente ». Son entourage a évoqué un échange « très bon et très positif », avec l’Iran au premier rang des préoccupations. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté d’empêcher Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire.

Mais le problème est justement là : les deux hommes peuvent partager le même objectif sans être d’accord sur la manière d’y parvenir.

Aucune annonce spectaculaire n’est sortie de leur entretien. Les détails des discussions sont restés largement confidentiels. Même en Israël, les responsables qui ont commenté la rencontre se sont surtout employés à expliquer ce qui n’avait pas été demandé à Netanyahu : pas de pression publique pour un retrait israélien de Gaza, du Liban ou de Syrie, selon les informations communiquées par son entourage.

Cette discrétion contraste avec l’importance des questions posées sur la table.

Trump ne veut plus seulement gagner la guerre, il veut savoir comment en sortir

La guerre contre l’Iran devait être courte. Elle dure depuis plusieurs mois et coûte désormais cher à Washington.

Donald Trump a commencé à manifester publiquement son impatience. Avant même de recevoir Netanyahu, il avait exprimé son irritation face à certaines informations israéliennes et minimisé l’importance d’un site nucléaire iranien présenté par Israël comme une menace. Le président états-unien a également insisté sur le fait que Washington disposait de ses propres renseignements.

Le changement est important.

Lorsque les États-Unis d’Amérique et Israël ont engagé ensemble la guerre contre l’Iran, leurs discours se rejoignaient largement. Il fallait empêcher Téhéran de disposer de l’arme nucléaire et réduire ses capacités militaires.

Mais une guerre n’est pas seulement une affaire d’objectifs militaires. Il faut décider quand frapper, quand attendre, quelles négociations accepter et jusqu’où aller.

Sur ces questions, Washington et Jérusalem ne regardent plus nécessairement dans la même direction.

Trump cherche désormais à donner une chance à la diplomatie. Des discussions impliquant notamment Oman et l’Iran tentent de trouver une issue au conflit. Téhéran reste cependant très éloigné des exigences états-uniennes, tandis que la question du détroit d’Ormuz complique encore les négociations.

Pour Netanyahu, le danger est différent : une négociation qui interromprait trop tôt la pression militaire pourrait laisser à l’Iran la possibilité de reconstruire ce qu’Israël cherche précisément à détruire.

C’est là que se situe le désaccord le plus sérieux.

Netanyahu peut-il encore entraîner Trump ?

La question est nouvelle parce que la relation entre les deux dirigeants a longtemps fonctionné dans l’autre sens.

Netanyahu a construit une partie de son image politique sur sa capacité à obtenir l’appui de Washington. Avec Trump à la Maison Blanche, cet avantage semblait presque garanti.

Aujourd’hui, Trump reste favorable à Israël, mais il entend décider lui-même de la politique états-unienne.

Le Wall Street Journal décrit une réception plus froide du Premier ministre israélien, dans une Maison Blanche préoccupée par l’enlisement du conflit. Le quotidien rapporte notamment que Trump a demandé des avancées vers des arrangements concernant le Liban et Gaza.

La nuance est essentielle : il ne s’agit pas d’un abandon d’Israël.

Trump ne remet pas en cause l’alliance stratégique. Il continue de considérer l’Iran comme une menace majeure et maintient l’objectif d’empêcher la République islamique d’acquérir l’arme nucléaire.

Mais il ne semble plus accepter que les priorités de Netanyahu déterminent à elles seules le calendrier de Washington.

Le rapport de force a donc changé sans que l’alliance disparaisse.

Gaza et le Liban compliquent encore le tête-à-tête

L’Iran n’est d’ailleurs pas le seul dossier sur lequel les intérêts des deux gouvernements peuvent diverger.

À Gaza, Donald Trump veut avancer vers une stabilisation du territoire et une solution politique. Israël veut conserver des garanties de sécurité et refuse que la reconstruction se fasse sans règlement de la question du Hamas.

Au Liban, Washington pousse également à des arrangements permettant de réduire les tensions. Israël considère pour sa part que le Hezbollah ne peut retrouver les moyens militaires qui lui permettraient de menacer son territoire.

À cela s’ajoutent la Syrie et l’avenir des accords d’Abraham.

Pour Trump, l’élargissement de ces accords demeure un objectif diplomatique majeur. Il veut également consolider une architecture régionale dans laquelle les États arabes auraient davantage de raisons de coopérer avec Israël.

Cela suppose toutefois des compromis que le gouvernement Netanyahu n’est pas toujours prêt à accepter.

L’alliance reste donc solide sur les grandes questions de sécurité, mais les intérêts ne se confondent plus à chaque étape.

La Turquie ajoute une autre ligne de fracture

Le dossier turc est moins visible, mais il dit beaucoup de la nouvelle relation entre Washington et Jérusalem.

Donald Trump envisage la possibilité de permettre à la Turquie d’acquérir des avions de combat F-35. Israël y voit un problème stratégique majeur : sa supériorité militaire dans la région repose notamment sur sa capacité à conserver certains avantages technologiques.

Là encore, Netanyahu doit convaincre Trump, et non simplement compter sur son soutien.

C’est une différence de taille.

Pendant longtemps, le Premier ministre israélien pouvait considérer la Maison Blanche comme un partenaire prêt à reprendre une partie des positions de Jérusalem. Désormais, il doit négocier avec un président qui poursuit ses propres objectifs régionaux.

À Jérusalem aussi, la rencontre est regardée autrement

Le titre de « douche froide » apparu dans la presse israélienne ne signifie pas que Trump et Netanyahu ont rompu.

Il traduit plutôt une inquiétude : la capacité de Netanyahu à obtenir de Washington exactement ce qu’il souhaite n’est plus aussi évidente.

Israel Hayom résume bien le paradoxe dans son analyse du 28 juillet : les deux dirigeants ont coordonné leur position sur l’Iran, mais les décisions les plus importantes n’ont pas été rendues publiques. La vraie question est désormais de savoir comment cette coordination se traduira sur le terrain.

C’est probablement la partie la plus importante de l’histoire.

Une rencontre peut être excellente et laisser derrière elle de profondes divergences.

Il suffit parfois que deux alliés veuillent atteindre le même objectif avec des calendriers différents pour que leur relation change de nature.

Netanyahu joue aussi une partie politique en Israël

Le contexte intérieur israélien n’est pas secondaire.

Les élections législatives sont prévues le 27 octobre 2026. Netanyahu doit défendre son bilan sécuritaire et convaincre une opinion publique profondément marquée par la guerre.

Sa relation avec Trump compte donc aussi sur le plan électoral.

Pendant des années, la proximité avec Washington a constitué pour le Premier ministre un argument politique puissant. Elle lui permettait de se présenter comme l’homme capable de défendre les intérêts d’Israël auprès du président des États-Unis d’Amérique.

Cette image pourrait perdre de sa force si Trump commence à imposer ses propres choix sur l’Iran, le Liban ou Gaza.

Pour Netanyahu, il ne suffit plus de pouvoir entrer dans le Bureau ovale.

Il faut encore en sortir avec quelque chose.

Washington aussi commence à payer le prix de la guerre

Donald Trump n’a pas uniquement à gérer Netanyahu. Il doit répondre à une autre question : combien de temps les États-Unis d’Amérique peuvent-ils encore consacrer à une guerre dont l’issue reste incertaine ?

Le conflit pèse sur les prix de l’énergie et nourrit les critiques aux États-Unis d’Amérique. À l’approche des élections de mi-mandat, le président doit composer avec une opinion publique qui ne regarde pas nécessairement la guerre contre l’Iran avec les mêmes priorités que le gouvernement israélien. Le Monde souligne justement l’irritation croissante de Trump face à la durée du conflit et à ses conséquences économiques.

Un autre changement mérite d’être suivi : le soutien à Israël, longtemps largement partagé par les deux grands partis états-uniens, se fissure désormais davantage au sein du Parti démocrate. Reuters relève une opposition croissante chez les élus démocrates, notamment sur la guerre à Gaza et sur le soutien militaire à Israël.

Trump peut donc rester un soutien déterminé d’Israël tout en ayant intérêt à empêcher que la guerre ne devienne un fardeau politique durable pour Washington.

Une alliance qui ne disparaît pas, mais qui devient plus exigeante

Il serait donc faux de parler de rupture.

Trump et Netanyahu ont encore trop d’intérêts communs pour cela. L’Iran demeure leur principal adversaire stratégique. Israël a besoin du soutien militaire et diplomatique des États-Unis d’Amérique. Washington, de son côté, continue de considérer Israël comme un partenaire essentiel au Moyen-Orient.

Mais l’époque où l’on pouvait résumer leur relation à une parfaite convergence est peut-être révolue.

Trump veut négocier quand il estime que la négociation peut servir ses intérêts. Netanyahu veut continuer à exercer une pression maximale sur l’Iran tant qu’il considère la menace nucléaire insuffisamment neutralisée.

Trump regarde aussi Gaza, le Liban, la Turquie, l’Arabie saoudite et les accords d’Abraham comme les pièces d’un même échiquier régional.

Netanyahu, lui, doit d’abord répondre à une question plus immédiate : comment garantir la sécurité d’Israël sans laisser à ses adversaires le temps de se reconstruire ?

Les deux hommes restent alliés.

Ils ne jouent simplement plus exactement la même partie.

La suite de la guerre contre l’Iran permettra de mesurer l’ampleur réelle de cette évolution.

Si Trump poursuit les négociations avec Téhéran malgré les réserves israéliennes, Netanyahu devra s’adapter à une décision prise à Washington plutôt qu’à Jérusalem.

Si, au contraire, la diplomatie échoue et que les opérations militaires reprennent avec le soutien des États-Unis d’Amérique, le Premier ministre israélien retrouvera une marge de manœuvre plus importante.

Dans les deux cas, la rencontre du 28 juillet aura marqué un moment important : pour la première fois depuis le début de cette guerre, la question n’est plus seulement de savoir jusqu’où Israël veut aller, mais jusqu’où Trump est encore prêt à l’accompagner.

Benjamin Netanyahu voulait préserver une relation indispensable. Donald Trump voulait, lui, préserver sa liberté de décision.

Les deux hommes ont réussi à éviter l’affrontement public. Ils ont parlé d’une rencontre excellente. La Maison Blanche l’a qualifiée de productive. Mais derrière ces mots, une question demeure.

Qui conduira désormais la politique des États-Unis d’Amérique au Moyen-Orient : un président qui veut mettre fin à une guerre qui s’éternise ou un Premier ministre qui estime que le danger n’est pas encore écarté ?

La réponse ne se trouve pas dans la poignée de main du Bureau ovale.

Elle se jouera dans les prochains choix de Washington sur l’Iran, Gaza et le Liban.

Et c’est là que l’on saura si la « douche froide » évoquée par la presse israélienne n’était qu’une impression passagère ou le premier signe d’une relation devenue plus difficile à piloter pour Benjamin Netanyahu.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Marine Le Pen reçue par l’ambassadeur d’Israël en France dans un entretien tenu à huis clos

La rencontre ne figurait dans aucun agenda public. Elle s’est tenue à Paris dans un cadre fermé, sans image officielle ni communication anticipée. Ce type d’échange, lorsqu’il implique une figure politique comme Marine Le Pen et un représentant diplomatique israélien, dépasse rarement la simple prise de contact protocolaire.

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La présidente du Rassemblement national a été reçue mercredi 15 avril 2026 par l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka. L’entretien, confirmé par plusieurs sources concordantes, s’est déroulé sans publicité ni déclaration conjointe. Son existence même s’inscrit dans une évolution progressive des relations entre la diplomatie israélienne et certaines formations politiques françaises longtemps tenues à distance.

La rencontre entre Marine Le Pen et l’ambassadeur israélien a eu lieu à Paris dans un format discret, sans communication officielle préalable. L’ambassade d’Israël a confirmé la tenue de l’entretien après sa révélation par des médias spécialisés, tandis qu’aucun détail précis sur son contenu n’a été rendu public.

Aucune photographie, aucun communiqué et aucun compte rendu diplomatique n’ont été diffusés à l’issue de l’échange. Ce choix de discrétion contraste avec d’autres séquences diplomatiques récentes impliquant des responsables politiques français.

Depuis plusieurs années, les relations entre le Rassemblement national et les autorités israéliennes connaissent une évolution progressive. Longtemps marquées par une distance politique assumée, elles ont laissé place à des contacts plus réguliers, dans un contexte international dominé par les questions de sécurité et les recompositions au Proche-Orient.

Dans ce cadre, la rencontre de cette semaine ne s’inscrit pas comme un événement isolé. Elle prolonge une série d’échanges discrets entre responsables du RN et interlocuteurs israéliens, amorcée de manière plus visible depuis le début des années 2020.

Du côté israélien, cette évolution s’explique par une approche devenue plus pragmatique des relations diplomatiques, centrée sur la gestion des enjeux sécuritaires et la lutte contre les organisations considérées comme hostiles à l’État israélien. Du côté du Rassemblement national, ces échanges participent d’une stratégie de normalisation internationale, engagée depuis plusieurs années.

Ce type de rencontre ne modifie pas immédiatement les équilibres diplomatiques, mais il en dessine les contours. L’entretien entre Marine Le Pen et l’ambassadeur israélien intervient dans un moment où les frontières traditionnelles de la diplomatie partisane en Europe apparaissent plus poreuses.

La circulation des contacts entre diplomates et responsables politiques issus de formations autrefois marginalisées dans certains circuits institutionnels traduit une évolution plus large : celle d’une diplomatie plus fragmentée, où les canaux officiels coexistent avec des échanges politiques directs.

Dans le cas français, cette dynamique s’ajoute à une recomposition interne du paysage politique, où les enjeux de politique étrangère prennent une place croissante dans les stratégies de légitimation des partis.

L’intérêt de cette rencontre ne tient pas uniquement à ses participants, mais à son format. L’absence de communication officielle, combinée à la confirmation a posteriori, souligne un mode de relation diplomatique de plus en plus fréquent : celui d’échanges ciblés, discrets, et difficilement lisibles depuis les cadres traditionnels de la diplomatie publique.

La rencontre entre Marine Le Pen et l’ambassadeur d’Israël ne produit pas d’effet immédiat visible sur la scène politique. Elle s’inscrit en revanche dans une série de contacts qui, mis bout à bout, témoignent d’un déplacement progressif des lignes de communication entre certaines forces politiques françaises et la diplomatie israélienne. Une évolution silencieuse, mais structurante, des relations politiques contemporaines.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Athènes : la productrice israélienne Dana Eden, co-créatrice de la série Tehran, retrouvée morte dans sa chambre d’hôtel

Elle était à Athènes pour suivre le tournage d’une nouvelle saison. Dana Eden n’en repartira pas. La productrice israélienne a été retrouvée morte dans sa chambre d’hôtel, laissant derrière elle une équipe sous le choc et une industrie audiovisuelle profondément marquée.

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Dana Eden, 52 ans, co-créatrice de la série à succès Tehran, a été découverte sans vie le 15 février 2026 dans un hôtel de la capitale grecque. Les autorités locales privilégient à ce stade la thèse d’un suicide. Une autopsie est en cours pour établir les causes exactes du décès. Sa disparition intervient alors que le tournage de la quatrième saison était en pleine préparation.

Dana Eden se trouvait en Grèce pour superviser la production de la nouvelle saison de Tehran, série d’espionnage qui a contribué à donner une visibilité internationale aux fictions israéliennes. Selon les premiers éléments communiqués par la police grecque, elle a été retrouvée morte dans sa chambre d’hôtel à Athènes. Des médicaments auraient été découverts sur place.

Les autorités indiquent qu’aucun signe d’intervention extérieure n’a été relevé à ce stade de l’enquête. La piste du suicide est actuellement privilégiée, mais les résultats médico-légaux devront confirmer les circonstances précises du décès. L’enquête suit son cours.

La société Donna and Shula Productions, qu’elle avait cofondée, a rapidement publié un communiqué demandant le respect de la vie privée de la famille et appelant à ne pas alimenter de spéculations. Dans les heures qui ont suivi l’annonce de sa mort, plusieurs rumeurs ont circulé en ligne, certaines avançant des hypothèses sans fondement établi.

Le tournage en Grèce a été suspendu temporairement. Les partenaires internationaux de la série ont exprimé leur émotion, saluant le rôle central joué par Dana Eden dans le développement du projet.

Une figure majeure de la production israélienne

Dana Eden occupait une place importante dans le paysage audiovisuel israélien. Avec Tehran, elle avait contribué à installer une fiction mêlant espionnage, enjeux stratégiques et tensions régionales dans le circuit des grandes plateformes internationales. La série avait été saluée pour sa narration tendue et son inscription dans une actualité géopolitique sensible.

Au-delà de ce projet, elle avait participé à plusieurs productions destinées à un public local et international. Son travail s’inscrivait dans un mouvement plus large : celui d’une industrie israélienne de la fiction qui, depuis une dizaine d’années, parvient à exporter ses formats et ses récits bien au-delà de ses frontières.

Sa disparition touche donc non seulement ses proches et ses collaborateurs, mais aussi un secteur culturel en pleine affirmation sur la scène mondiale.

Ce décès survient dans un environnement où les productions audiovisuelles ne sont jamais totalement détachées du contexte politique. Tehran met en scène des rivalités stratégiques, des services de renseignement et des tensions régionales qui font écho à des réalités contemporaines. Dans un tel cadre, la moindre information peut être amplifiée, interprétée, détournée.

Les premières heures ayant suivi l’annonce de la mort de Dana Eden en ont donné un aperçu. Avant même que les autorités ne communiquent des éléments précis, des théories ont circulé sur les réseaux sociaux. Cette mécanique est désormais bien connue : l’émotion précède la vérification, l’hypothèse devance le fait établi.

Dans ce contexte, la prudence affichée par les enquêteurs grecs contraste avec l’emballement numérique. Elle rappelle que la temporalité judiciaire n’est pas celle des plateformes, et que la recherche des faits exige méthode et retenue.

La disparition de Dana Eden souligne également la pression qui pèse sur les producteurs exécutifs, figures souvent moins visibles que les acteurs ou réalisateurs, mais exposées à des responsabilités multiples : gestion d’équipes internationales, négociations financières, arbitrages artistiques, contraintes de calendrier. Le rôle est stratégique, parfois éprouvant.

Au-delà du drame individuel, cet événement pose une question plus large : celle de la manière dont sont traitées les morts soudaines de personnalités publiques à l’ère numérique. Entre droit à l’information et respect de la dignité, la ligne de crête est étroite.

Il appartient aux médias de maintenir une exigence de vérification et de mesure, même lorsque l’émotion domine. Il appartient également aux autorités de communiquer avec clarté afin d’éviter que le silence ne soit comblé par la rumeur.

La mort de Dana Eden à Athènes marque un coup d’arrêt brutal pour une productrice engagée dans un projet d’envergure internationale. Les circonstances exactes de son décès seront établies par l’enquête en cours. En attendant, le monde audiovisuel perd une figure influente, et ses proches une femme dont la carrière était encore en plein essor.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Reconnaissance du Somaliland par Israël : la Somalie fustige une atteinte à sa souveraineté et met en garde sur la stabilité régionale

La décision d’Israël de reconnaître le Somaliland suscite une réaction vigoureuse de la Somalie, qui dénonce une violation manifeste de sa souveraineté et alerte sur les risques de déstabilisation dans la Corne de l’Afrique.

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Le président somalien, Hassan Sheikh Mohamud, a condamné depuis Doha la reconnaissance officielle du Somaliland par Israël, région autoproclamée indépendante depuis 1991 mais jamais reconnue par la communauté internationale. Ce geste, sans précédent, soulève de profondes interrogations sur l’intégrité territoriale de la Somalie, sur la stabilité politique de la Corne de l’Afrique et sur l’influence croissante d’acteurs étrangers dans une région stratégique.

Depuis plusieurs décennies, le Somaliland revendique son autonomie à la suite de l’effondrement du régime central somalien. Si la région a maintenu un ordre interne relativement stable et une gouvernance locale fonctionnelle, elle n’avait jamais obtenu de reconnaissance internationale. L’annonce israélienne bouleverse cet équilibre. Pour le président somalien, cette décision constitue une atteinte directe à l’intégrité de son pays et un précédent diplomatique dangereux qui pourrait encourager d’autres mouvements sécessionnistes. Dans ses déclarations à Doha, Hassan Sheikh Mohamud a souligné que la reconnaissance d’un territoire sécessionniste par un État tiers, sans consultation ni accord avec le pays concerné, viole les principes fondamentaux du droit international et menace la stabilité régionale.

La portée de ce geste dépasse le simple cadre juridique. Le Somaliland occupe une position géographique stratégique, surplombant le golfe d’Aden et la mer Rouge, corridors vitaux pour le commerce maritime mondial et le transit énergétique. Cette reconnaissance pourrait être interprétée comme une volonté d’Israël de renforcer sa présence diplomatique et sécuritaire dans cette zone clé, en s’alliant avec une autorité locale stable pour protéger ses intérêts économiques et stratégiques. Toutefois, cette approche comporte des risques. Elle pourrait fragiliser les relations israéliennes avec les pays africains, susciter des tensions au sein de la communauté internationale et compliquer les partenariats régionaux existants.

Les réactions africaines et internationales n’ont pas tardé. Les pays voisins, les organisations régionales telles que l’Union africaine et l’Autorité intergouvernementale pour le développement en Afrique de l’Est (IGAD), ainsi que les pays musulmans, ont exprimé leur désapprobation. Ils rappellent que le respect de l’intégrité territoriale demeure un principe essentiel pour garantir la stabilité et la paix dans la région. Sur le plan interne, la population somalienne a réagi par des manifestations et des rassemblements, réaffirmant son attachement à l’unité nationale et rejetant toute tentative de reconnaissance unilatérale.

Cette situation met en lumière des enjeux plus larges pour l’Afrique. La reconnaissance du Somaliland illustre le double défi auquel sont confrontés les États fragiles : préserver leur souveraineté tout en gérant l’influence d’acteurs extérieurs dans des zones stratégiques. Elle interroge également sur la capacité de la communauté internationale à prévenir la fragmentation politique et territoriale, et à garantir que les décisions diplomatiques ne compromettent pas la stabilité régionale. Dans la Corne de l’Afrique, cette initiative pourrait encourager d’autres revendications sécessionnistes et accentuer les tensions ethniques et politiques, tout en affectant la coopération régionale et la confiance des investisseurs étrangers.

En définitive, la reconnaissance du Somaliland par Israël n’est pas un acte anodin. Elle représente un signal stratégique et géopolitique majeur, tant pour la Somalie que pour l’ensemble de la Corne de l’Afrique. La situation souligne la nécessité pour la communauté internationale et les acteurs régionaux de défendre la souveraineté nationale et de maintenir la stabilité politique, afin de protéger les intérêts des populations locales et de préserver l’équilibre régional. Pour La Boussole‑Infos, il s’agit de démontrer que la compréhension des dynamiques africaines face aux interventions extérieures est essentielle pour appréhender la complexité des enjeux contemporains et pour offrir au lecteur une information rigoureuse, contextualisée et nuancée.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Israël bloque 4 milliards de dollars de recettes palestiniennes : vers l’asphyxie budgétaire de l’Autorité palestinienne

L’Autorité palestinienne a réclamé à Israël le déblocage d’environ 4 milliards de dollars de recettes fiscales retenues. Cette situation dépasse le simple enjeu comptable et révèle les tensions structurelles entre Israël et les institutions palestiniennes, avec des implications économiques, institutionnelles et diplomatiques significatives.

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Plus qu’une question financière, ce blocage expose la vulnérabilité de l’Autorité palestinienne, sa dépendance aux recettes fiscales collectées par un État tiers et les répercussions sur la stabilité sociale et politique en Cisjordanie.

1. Une demande financière critique pour la survie institutionnelle

Lors d’une réunion du « Palestine Donor Group » à Bruxelles, le ministre palestinien de la Planification et de la Coopération internationale a demandé à Israël de transférer près de 4 milliards de dollars de taxes collectées pour le compte de l’Autorité palestinienne.

Ces recettes appelées clearance revenues proviennent principalement des droits de douane, de la TVA et des taxes sur les marchandises transitant par Israël. Elles représentent 68 % du budget palestinien, rendant le fonctionnement des institutions extrêmement dépendant du transfert régulier de ces fonds.

2. Le gel des recettes : un levier de pression politique

Depuis plusieurs années, Israël a retenu une partie de ces recettes, invoquant notamment le financement des pensions pour familles de prisonniers ou la couverture de coûts liés à la sécurité. L’Autorité palestinienne dénonce ces retenues comme un « prélèvement unilatéral », en violation des accords d’Oslo.

Le contrôle fiscal apparaît ainsi comme un outil stratégique dans les relations asymétriques entre Israël et les Palestiniens, où chaque flux d’argent peut devenir un levier de négociation.

3. Fragilité économique et dépendance internationale

Les conséquences pour l’Autorité palestinienne sont immédiates :

  • Retard ou impossibilité de payer les salaires des fonctionnaires.
  • Réduction des services publics essentiels (santé, éducation, infrastructures).
  • Accroissement de la dépendance à l’aide internationale, insuffisante pour compenser les fonds gelés.

L’Union européenne a annoncé 82 millions d’euros de soutien, mais cette contribution ne remplace pas le transfert structurel des recettes fiscales, maintenant l’Autorité dans une situation de vulnérabilité extrême.

4. Enjeux diplomatiques et géopolitiques

Le blocage des recettes expose une asymétrie de pouvoir. La Palestine tente de mobiliser les donateurs internationaux, en particulier l’Union européenne, pour exercer une pression sur Israël. Cette dynamique illustre un point clé : la fiscalité, dans ce contexte, dépasse la comptabilité et devient un outil de pouvoir géopolitique.

5. Risques et perspectives

Si le blocage persiste :

  • L’Autorité palestinienne risque un effondrement administratif partiel, en Cisjordanie et potentiellement dans les territoires sous son contrôle.
  • La dépendance aux aides extérieures s’accentuera, limitant la souveraineté économique et politique.
  • Le risque d’instabilité sociale pourrait augmenter, accentuant la tension dans une région déjà fragile.

Un enjeu financier révélateur d’un rapport de force

Ce blocage de 4 milliards de dollars illustre comment l’économie et la fiscalité deviennent des instruments de domination dans un conflit asymétrique.

Il ne s’agit pas seulement d’argent gelé, mais d’un levier stratégique qui met en lumière les fragilités institutionnelles palestiniennes, la dépendance à l’aide internationale et l’influence géopolitique d’Israël. Dans ce contexte, la question des recettes fiscales est un révélateur clé des tensions structurelles au Moyen-Orient.

Celine Dou

ISRAËL – SYRIE | Visite du Premier ministre israélien auprès des troupes déployées

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a suscité une vive réaction de Damas en se rendant auprès de troupes israéliennes stationnées dans une zone tampon en territoire syrien, au-delà de la ligne de démarcation. La visite, effectuée le 19 novembre 2025, intervient dans un contexte de tensions persistantes et de rivalités stratégiques dans la région du Levant

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Une démarche militaire et symbolique

Accompagné de hauts responsables militaires et ministériels, Netanyahu a rencontré les soldats déployés sur le terrain. Selon le chef d’état-major israélien, cette implantation vise à renforcer la capacité de dissuasion face aux menaces locales et à assurer la sécurité de la frontière nord d’Israël. La visite souligne également la volonté israélienne de maintenir une présence stratégique dans le sud syrien, notamment au niveau du plateau du Golan.

Réactions syriennes et internationales

Le gouvernement syrien a qualifié cette visite de grave violation de sa souveraineté et d’acte illégal. Le ministère des Affaires étrangères de Damas a dénoncé un fait accompli imposé par Israël, en contradiction avec les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies relatives à la zone tampon instaurée après la guerre de 1973.

Le Secrétaire général de l’ONU, par l’intermédiaire de son porte-parole, a exprimé sa préoccupation, rappelant que la zone tampon devait rester neutre conformément à l’accord de désengagement de 1974. Plusieurs pays de la région ont également exprimé leur inquiétude quant aux risques de déstabilisation régionale et de montée des tensions militaires.

Contexte géopolitique

Israël renforce sa présence militaire en Syrie depuis plusieurs années, considérant cette implantation comme stratégique pour la surveillance et la protection de ses frontières. Pour la Syrie, cette présence constitue un affront politique et diplomatique, entravant toute perspective de négociation sur un accord de sécurité régional. Les tensions autour de la zone tampon reflètent les rivalités persistantes entre Israël et Damas, ainsi que l’importance stratégique du plateau du Golan pour les deux parties.

Perspectives et enjeux

La visite de Netanyahu illustre la complexité de la situation sécuritaire et diplomatique au Moyen-Orient, où la présence militaire israélienne est perçue comme un instrument de pression politique. Le risque d’escalade militaire demeure, tandis que la communauté internationale est confrontée à la nécessité de faire respecter les accords existants tout en évitant une aggravation des tensions régionales.

Celine Dou