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Soudan : derrière l’échec des négociations sur une trêve humanitaire, la bataille pour le Soudan de l’après-guerre

Officiellement, les discussions portent sur une trêve humanitaire de quatre-vingt-dix jours. Officieusement, elles engagent déjà l’avenir politique et militaire du Soudan. Sous médiation des États Unis d’Amérique, les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide ne s’opposent pas seulement sur les modalités d’un cessez-le-feu. Elles cherchent à imposer leur vision du pays qui émergera lorsque les armes se tairont. C’est ce qui explique, bien davantage que les divergences de procédure, pourquoi les négociations peinent à avancer.

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À première vue, le désaccord paraît limité. Les Forces armées soudanaises exigent que les Forces de soutien rapide quittent les villes qu’elles contrôlent avant toute entrée en vigueur d’une trêve. La milice paramilitaire refuse cette condition, estimant qu’elle reviendrait à reconnaître sa défaite avant même le début d’un dialogue politique.

Mais réduire l’impasse à cette seule question reviendrait à passer à côté de l’essentiel.

Depuis le début de la guerre en avril 2023, le contrôle des villes est devenu bien plus qu’un enjeu militaire. Il conditionne l’accès aux administrations, aux axes routiers, aux ressources économiques et, surtout, à la légitimité politique. Celui qui contrôle un territoire au moment où s’ouvrira une véritable négociation sur l’avenir du pays disposera d’un poids considérable dans la définition des nouvelles institutions.

L’armée soudanaise en est pleinement consciente. En exigeant le retrait préalable des Forces de soutien rapide, elle cherche à empêcher que la milice transforme ses conquêtes militaires en acquis politiques. Accepter un cessez-le-feu sans modification des lignes de front reviendrait, à ses yeux, à reconnaître un rapport de force qu’elle juge inacceptable.

Les Forces de soutien rapide font exactement le raisonnement inverse. Elles savent que les territoires qu’elles occupent constituent leur principal levier de négociation. Les abandonner avant toute discussion sur la transition politique reviendrait à renoncer au seul moyen de peser sur l’organisation du Soudan de demain.

Autrement dit, les deux camps discutent d’une trêve, mais pensent déjà à l’après-guerre.

Cette logique explique aussi l’évolution récente des combats.

Dans la région du Kordofan, les Forces armées soudanaises ont repris plusieurs positions stratégiques et consolidé leur contrôle de l’axe reliant El Obeid à Khartoum. Cette progression ne représente pas seulement un succès militaire. Elle renforce la conviction de l’état-major qu’il peut encore améliorer sa position avant d’accepter un compromis.

Les Forces de soutien rapide, malgré ces revers, poursuivent leurs attaques, notamment à l’aide de drones. Elles estiment manifestement qu’elles conservent une capacité suffisante pour empêcher l’armée d’imposer seule les conditions d’un règlement politique.

Chaque camp continue donc de croire que le temps peut jouer en sa faveur.

C’est précisément ce calcul qui fragilise les efforts de médiation conduits par Massad Boulos, conseiller principal des États Unis d’Amérique pour l’Afrique. Washington ne cherche pas uniquement à obtenir une pause dans les combats. La trêve proposée doit permettre l’ouverture de couloirs humanitaires, le retour d’une partie des populations déplacées et la création d’un climat suffisamment apaisé pour engager des discussions sur les questions les plus sensibles : la transition politique, la réforme des forces de sécurité et la réunification des institutions.

Cette stratégie repose toutefois sur une condition essentielle : que les deux belligérants acceptent de suspendre, au moins provisoirement, leur logique militaire. Or rien n’indique, à ce stade, qu’ils y soient disposés.

Les analystes observent d’ailleurs que les récents affrontements ont produit l’effet inverse. Les succès de l’armée confortent son refus de toute concession immédiate, tandis que les Forces de soutien rapide considèrent qu’un retrait sans contrepartie politique consacrerait leur marginalisation.

L’urgence humanitaire, pourtant considérable, ne suffit pas à modifier ces calculs.

Selon les Nations unies, 33,7 millions de personnes auront besoin d’une aide humanitaire au Soudan cette année. Des millions d’habitants ont été déplacés depuis le début du conflit et des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie. Malgré cette catastrophe, les considérations militaires continuent de l’emporter sur les impératifs humanitaires.

L’impasse actuelle ne traduit donc pas seulement l’échec d’une médiation. Elle révèle une réalité plus profonde : les deux principaux acteurs du conflit négocient déjà le Soudan de l’après-guerre sans être prêts à renoncer aux avantages qu’ils espèrent encore obtenir sur le champ de bataille. Tant que cette conviction guidera leurs décisions, chaque avancée militaire pèsera davantage qu’une proposition de paix, et la trêve humanitaire restera une perspective plus qu’une réalité.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Israël restitue le corps d’un étudiant tanzanien pris en otage par le Hamas

Joshua Mollel, étudiant tanzanien de 21 ans, a été identifié parmi les corps restitués par le Hamas à Israël dans le cadre du cesse‑z‑le‑feu de 2025. Sa mort rappelle le sort des civils étrangers pris dans le conflit israélo-palestinien et met en lumière les dimensions diplomatiques et humanitaires de la crise.

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Identification et restitution du corps

Israël a confirmé que les restes rendus par le Hamas correspondent à Joshua Loitu Mollel, un étudiant tanzanien disparu lors de l’attaque du 7 octobre 2023 menée par le Hamas. Le corps a été rendu dans le cadre des accords de cesse‑z‑le‑feu négociés avec la médiation américaine.

Les analyses médico-légales ont permis d’identifier de manière certaine Joshua, mettant ainsi un terme à plus de deux ans d’incertitude pour sa famille et la communauté internationale.

Qui était Joshua Mollel ?

Originaire de Tanzanie, Joshua Mollel avait 21 ans et participait à un programme d’expérience agricole dans le kibbutz Nahal Oz, dans le sud d’Israël. Son séjour visait à acquérir des compétences qu’il comptait ramener dans son pays à l’issue de ses études.

Le jeune homme faisait partie des nombreux étrangers présents dans les kibboutzim au moment de l’attaque, qui visaient à la fois des civils israéliens et des travailleurs étrangers.

Réactions officielles

Le gouvernement israélien a exprimé ses condoléances à la famille de Joshua, soulignant que la restitution de son corps était une priorité humanitaire dans le cadre de l’accord de trêve.

Du côté tanzanien, les autorités avaient déjà confirmé sa mort en décembre 2023 et ont été informées officiellement de l’identification de ses restes. Les organisations de soutien aux familles des otages ont salué la médiation internationale, qui a permis cette restitution.

Contexte du conflit

L’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a été l’un des épisodes les plus meurtriers de la dernière escalade israélo-palestinienne, faisant de nombreuses victimes civiles et étrangères. De nombreux otages ont été emmenés à Gaza, et seuls certains ont été restitués à ce jour.

La restitution des corps s’inscrit dans un processus plus large visant à négocier le retour des otages encore détenus, ainsi que le maintien du cesse‑z‑le‑feu et la réduction de la tension dans la région.

Enjeux humanitaires et diplomatiques

Le cas de Joshua Mollel illustre plusieurs aspects clés de la crise :

  • Humain : La douleur et l’incertitude prolongées pour les familles des victimes étrangères.
  • Diplomatique : Le rôle central de la médiation internationale, notamment américaine, dans la récupération des corps et la gestion des otages.
  • Image et communication : Pour Israël, la restitution des corps est un moyen de montrer sa capacité à protéger et honorer les victimes civiles, y compris étrangères.

Cette affaire rappelle aussi que les conflits israélo-palestiniens affectent non seulement les populations locales mais aussi des ressortissants étrangers engagés dans des programmes éducatifs, humanitaires ou professionnels.

La restitution du corps de Joshua Mollel marque un moment symbolique et tragique dans le conflit israélo-palestinien, mettant en lumière les dimensions humanitaires et diplomatiques souvent occultées par les seules opérations militaires. Elle souligne la nécessité de continuer les efforts de médiation pour sécuriser le retour des otages restants et protéger les civils étrangers dans la région.

Celine Dou

Le Conseil de sécurité de l’ONU approuve le plan de paix de Trump pour Gaza

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté lundi la résolution américaine soutenant le plan de paix de Donald Trump pour Gaza, ouvrant la voie au déploiement d’une force internationale de stabilisation. Cette décision intervient dans le cadre d’un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas, et suscite à la fois espoirs de reconstruction et critiques sur la tutelle internationale imposée aux Palestiniens.

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Treize des quinze membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur de la résolution, tandis que la Russie et la Chine se sont abstenues sans utiliser leur droit de veto. L’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a salué le vote comme « historique et constructif », tandis que Donald Trump a remercié les pays siégeant au Conseil de sécurité sur Truth Social, y compris ceux qui se sont abstenus.

La résolution endosse le plan en 20 points présenté par Trump et autorise la mise en place d’une Force de stabilisation internationale (ISF) chargée de la sécurisation des frontières avec Israël et l’Égypte, de la démilitarisation de Gaza, du désarmement des groupes armés non étatiques, de la protection des civils et de la formation d’une police palestinienne.

La résolution prévoit également la création d’un Comité de la paix, organe de gouvernance intérimaire jusqu’à la réforme de l’Autorité palestinienne, mandaté jusqu’au 31 décembre 2027 et devant être présidé par Donald Trump selon le plan annexé.

Réactions et positions

  • Israël : le Premier ministre Benjamin Netanyahou rejette toujours l’idée d’un État palestinien, malgré la mention de cette possibilité dans la résolution.
  • Hamas : dénonce le mécanisme de tutelle internationale et la mission de désarmement des groupes palestiniens, affirmant que la résolution « ne répond pas aux exigences et aux droits politiques et humains » des Palestiniens.
  • France : satisfaite du vote, elle considère que la résolution « répond aux besoins les plus urgents des populations et permet de soutenir les efforts de paix en cours », en insistant sur l’inclusion de références à la perspective d’un État palestinien.
  • Russie et Chine : abstention, marquant leur scepticisme quant à l’application du plan et au rôle prépondérant des États-Unis.

Cette résolution constitue un tournant diplomatique dans le conflit israélo-palestinien, en légitimant la mise en place d’une force internationale capable de stabiliser Gaza. Cependant, le plan repose sur des conditions politiques et sécuritaires sensibles, notamment le désarmement du Hamas et la réforme de l’Autorité palestinienne. Le rôle central de Donald Trump, à la tête du Comité de la paix, confère aux États-Unis un levier stratégique majeur dans la région, ce qui suscite des critiques sur l’impartialité du processus.

Le maintien du cessez-le-feu fragile et la reconstruction de Gaza dépendront de la capacité des acteurs internationaux et locaux à mettre en œuvre le plan dans un climat de confiance et de sécurité, un défi considérable compte tenu des tensions persistantes et des blessures laissées par les conflits des deux dernières années.

Celine Dou