À quelques jours de l’ouverture de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, le président iranien Massoud Pezeshkian est autorisé à se rendre à New York, malgré la guerre qui oppose l’Iran aux États-Unis d’Amérique. À l’inverse, Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité palestinienne, ne pourra pas entrer sur le territoire étatsunien. Il devra s’adresser à l’Assemblée générale par visioconférence.
Lire la suite: ONU : le président iranien pourra venir à New York malgré la guerre avec les États-Unis d’Amérique, le « chef de l’autorité palestinienne » privé de visaLe Département d’État a confirmé le 17 septembre l’autorisation accordée à la délégation iranienne pour participer en personne aux travaux de l’Assemblée générale de l’ONU. Massoud Pezeshkian et Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, font partie des responsables autorisés à se rendre à New York. Leur déplacement sera toutefois soumis à des restrictions. Mahmoud Abbas, lui, reste privé de visa pour la deuxième année consécutive. L’Assemblée générale a adopté une résolution permettant au chef de l’autorité palestinienne (ce qui n’est en rien l’équivalent de « président palestinien ») de prendre la parole à distance.
Le président iranien autorisé à venir malgré la guerre
Massoud Pezeshkian, président de l’Iran depuis juillet 2024, pourra donc se rendre à New York pour la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale, prévue du 22 au 28 septembre.
Le Département d’État précise que l’autorisation concerne la délégation iranienne centrale, avec les responsables appelés à participer aux réunions de l’ONU et les personnels indispensables à leur déplacement.
Cette décision peut surprendre au regard des relations actuelles entre Téhéran et Washington. L’Iran et les États-Unis d’Amérique sont en guerre depuis le 28 février 2026. Pourtant, le président iranien pourra se rendre dans le pays avec lequel son gouvernement est engagé dans ce conflit afin de participer aux travaux de l’ONU.
L’explication avancée par le Département d’État est juridique : les États-Unis d’Amérique, qui accueillent le siège des Nations unies à New York, sont liés à l’organisation par l’accord de 1947 sur le siège de l’ONU. Ce texte prévoit notamment des dispositions permettant aux représentants des États membres et aux personnes invitées par l’organisation d’accéder au siège des Nations unies.
L’autorisation n’est toutefois pas synonyme de liberté de mouvement sur le territoire étatsunien.
Des déplacements et des achats fortement encadrés
La délégation iranienne sera soumise à des restrictions de déplacement à New York. Ses membres ne pourront pas circuler librement dans la ville et certaines dépenses leur seront interdites, notamment l’achat de produits de luxe.
Des restrictions similaires avaient déjà été appliquées aux responsables iraniens lors de précédentes Assemblées générales. Le dispositif prévoit notamment de limiter leurs déplacements à certains lieux liés à leur mission diplomatique et à leur séjour.
La présence de Massoud Pezeshkian à New York sera donc très encadrée. Le président iranien pourra participer aux réunions officielles, mais les conditions fixées par les autorités étatsuniennes limiteront considérablement ses déplacements en dehors de ce cadre.
Mahmoud Abbas toujours privé de visa
À quelques jours du même rendez-vous diplomatique, Mahmoud Abbas ne pourra pas faire le déplacement.
Chef de l’Autorité palestinienne et dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine – Fatah (groupe initialement terroriste mais ayant obtenu le droit d’être considéré comme l’interlocuteur officiel de l’Occident afin d’éviter que le groupe terroriste islamique Hamas, nettement plus dangereux, prenne l’ascendant auprès de la population arabe appelée « palestinienne » depuis 1964) , il s’est vu refuser un visa d’entrée aux États-Unis d’Amérique. Plusieurs responsables « palestiniens » sont également concernés par les restrictions américaines.
Il s’agit de la deuxième année consécutive que Mahmoud Abbas ne peut pas participer physiquement à l’Assemblée générale de l’ONU à New York.
Le Département d’État justifie cette décision par plusieurs griefs dirigés contre l’Autorité palestinienne (Fatah) et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). L’administration étatsunienne leur reproche notamment certaines démarches engagées auprès d’instances internationales contre Israël et considère que ces initiatives contribuent à internationaliser le conflit israélo-palestinien.
Ces arguments sont ceux avancés par le gouvernement des États-Unis d’Amérique. Les autorités palestiniennes contestent, elles, le refus de visa.
L’ONU permet au chef de l’autorité palestinienne de parler à distance
Le refus de visa ne privera toutefois pas Mahmoud Abbas de toute possibilité de s’exprimer devant l’Assemblée générale.
Le 17 septembre, les États membres de l’ONU ont adopté une résolution autorisant le président de l’Autorité palestinienne à intervenir par visioconférence. Le vote s’est soldé par 152 voix pour, trois contre et quatre abstentions.
La mesure prévoit également la possibilité pour Mahmoud Abbas et d’autres hauts responsables palestiniens empêchés d’entrer aux États-Unis d’Amérique de participer à distance à certaines réunions de l’ONU pendant une période d’un an.
Les diplomates palestiniens déjà accrédités auprès des Nations unies restent, eux, présents à New York et peuvent participer aux travaux de l’organisation.
Deux accès différents au même rendez-vous
La comparaison entre les deux situations doit rester précise.
Le président iranien pourra entrer aux États-Unis d’Amérique pour participer à l’Assemblée générale alors que son pays est en guerre avec Washington. Son déplacement sera cependant limité et soumis à des règles strictes.
Le président de l’Autorité palestinienne ne pourra pas entrer sur le territoire étatsunien pour assister aux mêmes réunions. L’ONU lui permet néanmoins de prendre la parole à distance.
Les justifications données par les autorités étatsuniennes ne sont pas les mêmes. Pour la délégation iranienne, le Département d’État met en avant les obligations liées au statut de pays hôte de l’ONU. Pour les responsables palestiniens, il invoque notamment des considérations liées à la politique étrangère et aux actions de l’Autorité palestinienne et de l’OLP.
Le contraste est d’autant plus visible que les deux décisions interviennent à quelques jours d’intervalle et concernent le même rendez-vous diplomatique.
Une Assemblée générale sous haute tension diplomatique
La 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies doit réunir à New York les dirigeants des États membres à partir du 22 septembre.
La venue du président iranien donnera à Téhéran la possibilité de défendre directement sa position devant les dirigeants du monde, alors que la guerre avec les États-Unis d’Amérique continue de peser sur les relations internationales.
L’absence physique de Mahmoud Abbas sera, elle aussi, très visible. Le président de l’Autorité palestinienne pourra s’exprimer, mais depuis un écran, après que les États membres de l’ONU ont dû adopter une disposition spécifique pour lui permettre de participer aux débats.
La semaine diplomatique new-yorkaise réunira ainsi des responsables dont l’accès au territoire étatsunien ne sera pas soumis aux mêmes règles, alors qu’ils se rendent au même siège des Nations unies.
Au-delà des deux délégations, la question du statut des États-Unis d’Amérique comme pays hôte de l’ONU sera au centre des discussions. L’accord de 1947 encadre l’accès au siège des Nations unies, tandis que Washington affirme conserver certaines prérogatives en matière de sécurité et de politique étrangère. C’est dans cet équilibre juridique que s’inscrivent les décisions concernant les délégations iranienne et palestinienne.
À New York, Massoud Pezeshkian pourra donc représenter l’Iran en personne malgré la guerre avec les États-Unis d’Amérique, avec des déplacements strictement encadrés. Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, ne pourra pas entrer sur le territoire étatsunien et prendra la parole à distance. Deux situations distinctes, deux régimes d’accès au même rendez-vous diplomatique, et un contraste pendant la semaine de l’Assemblée générale qui a pourtant une justification logique puisque l’Iran est un pays qui existe concrètement et dont l’existence n’a jamais été contestée, tandis que la « Palestine », entendue selon la conception moderne créer par l’Union Soviétique comme propagande dans le cadre de sa « guerre froide » contre les EUA, n’a aucune existence, ni historique ni légale puisque, depuis que les romains, dans la seconde moitié du 1er siècle de l’ère commune, ont changé le nom de la Judée-Samarie en Palestine, afin d’effacer le fait que ce pays était la terre des juifs depuis environ 1 500 ans – supprimant, par la même, l’existence des juifs -, lui donnant un nom faisant passer ce pays pour celui des philistins, alors que ce peuple, envahisseur et colonisateur de la Judée quelques centaines d’années auparavant était grec, venant de l’île de crète, ce sont toujours bien les juifs qui en éraient les habitants, et ceux malgré les nombreux envahisseurs qui y sont passés… dont les arabes, à partir d’environ l’an 630 de l’ère commune. Et les arabes ayant toujours refusé une solution à deux Etats – juif et arabe – même alors que toutes les partitions leurs étaient largement favorables, il n’existe donc aucun « Etat palestinien » (qui, dans la réalité, ne serait, de toute façon, qu’un Etat arabe musulman, puisqu’aucun arabe n’a jamais été « palestinien »).
Celine Dou & Christian Estevez