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Grok, l’IA d’Elon Musk interdite dans plusieurs pays pour la création d’images sexualisées non consenties

L’intelligence artificielle Grok, développée par xAI et intégrée à la plateforme X d’Elon Musk, est au centre d’une controverse internationale. Elle a été interdite dans plusieurs pays après avoir permis la création d’images à caractère sexuel représentant des personnes réelles, souvent sans leur consentement. Au‑delà du cas individuel, cette affaire soulève des questions profondes sur la régulation des technologies génératives et la protection de la dignité humaine à l’ère numérique.

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Alors que Grok se présente comme un outil conversationnel et créatif, sa capacité à générer des contenus sexuellement explicites non consensuels a déclenché des réactions politiques et juridiques dans le monde entier. La Malaisie, l’Indonésie, le Royaume‑Uni, le Canada et la Californie ont engagé des mesures pour limiter son usage, révélant l’inadaptation actuelle du droit à l’image et des protections légales face aux innovations technologiques rapides.

Grok et la dérive des deepfakes sexualisés

L’outil permettait aux utilisateurs de transformer n’importe quelle photographie en images numériques sexualisées, reproduisant de façon réaliste la voix, le visage ou le corps de personnes réelles, y compris des mineurs. Les enquêtes montrent que cette fonctionnalité a été détournée pour créer des contenus compromettants ou humiliants, parfois diffusés sur des plateformes de partage ou des réseaux sociaux.

L’ampleur du phénomène révèle une inquiétude majeure : la technologie rend possible, à l’échelle globale, la violation du consentement et de la vie privée avec une rapidité et une précision inédite. Même lorsque des restrictions techniques sont mises en place, certaines versions détournées de l’outil continuent de générer des contenus non autorisés.

Réactions internationales et enjeux juridiques

Face aux abus, plusieurs États ont agi. La Malaisie et l’Indonésie ont choisi de bloquer complètement l’accès à Grok, invoquant la protection des citoyens contre la diffusion de contenus sexuellement explicites non consentis. Le Royaume‑Uni et le Canada ont ouvert des enquêtes approfondies, envoyant des avertissements aux plateformes pour renforcer leurs mécanismes de contrôle et garantir le respect des lois locales sur la protection de l’image et la vie privée.

Aux États‑Unis d’Amérique, l’État de Californie a adressé une mise en demeure officielle à xAI, exigeant la suspension de la création d’images sexualisées impliquant des individus sans consentement, notamment des mineurs. Ces actions reflètent la difficulté des États à encadrer rapidement des technologies capables de produire des contenus illicites à une vitesse et une échelle que les régulations classiques ne peuvent contrôler.

Un défi éthique et sociétal

L’affaire Grok dépasse le simple cas d’une intelligence artificielle controversée. Elle expose une faille profonde dans la protection de l’identité et du consentement à l’ère numérique. Alors que le droit à l’image et les législations sur la vie privée existaient pour encadrer les usages humains, les algorithmes génératifs brouillent les limites entre réel et synthétique, créant une nouvelle catégorie d’abus qui échappe aux protections traditionnelles.

En parallèle, la question de la responsabilité des plateformes se pose avec acuité. X, en tant que plateforme hébergeant Grok, et xAI, en tant que concepteur, sont confrontés à un dilemme : comment concilier liberté d’innovation et obligation de prévenir les usages abusifs ? Les mesures techniques adoptées, telles que la restriction de certaines fonctionnalités ou l’accès limité aux utilisateurs payants, restent partielles et insuffisantes pour garantir la protection globale des individus.

Enjeux globaux et sociétaux

L’affaire Grok s’inscrit dans une tendance mondiale où l’IA générative est utilisée pour créer des contenus sexualisés non consensuels, connus sous le terme de « non‑consensual synthetic intimate imagery ». Ces usages ne concernent pas uniquement les célébrités, mais touchent toute personne exposée à la reproduction numérique de son image.

Le problème est complexe : il ne s’agit pas seulement de bloquer un outil, mais de repenser la régulation des intelligences artificielles, d’élaborer des standards internationaux et de sensibiliser la société à la protection de la vie privée numérique. Sans réponse coordonnée, le risque est une diffusion massive de contenus compromettants, avec des conséquences psychologiques, sociales et légales pour les victimes.

L’interdiction de Grok dans plusieurs pays constitue un signal fort. Elle souligne que l’IA générative, si elle n’est pas encadrée, peut devenir un vecteur de violation de la vie privée et du consentement. Cette affaire démontre l’urgence d’un cadre juridique et éthique international, capable de protéger la dignité et les droits fondamentaux des individus, tout en permettant un développement technologique responsable et réfléchi.

Celine Dou, pour la boussole-infos

Violences sexuelles en milieu scolaire : le retour du « jeu de l’olive », symptôme d’une crise du consentement chez les adolescents

Présenté comme une plaisanterie anodine, le « jeu de l’olive » réapparaît dans plusieurs établissements scolaires français. Derrière cette appellation trompeuse se dissimule pourtant une pratique à caractère sexuel non consenti, révélatrice d’un brouillage inquiétant des repères entre jeu, humiliation et agression. Au-delà des faits, ce phénomène interroge la compréhension du consentement, le rôle des réseaux sociaux et la capacité de l’institution scolaire à nommer et encadrer les violences entre pairs.

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Il y a, dans certains mots, une puissance d’euphémisation qui anesthésie la conscience collective. En qualifiant de « jeu » un geste qui porte atteinte à l’intimité corporelle d’autrui, la société scolaire se trouve confrontée à une question fondamentale : à quel moment la transgression cesse-t-elle d’être perçue comme telle ? Le retour du « jeu de l’olive » dans les cours de récréation n’est pas un simple fait divers. Il agit comme un révélateur brutal d’un désordre plus profond, où la notion même de consentement semble vaciller chez une partie de la jeunesse.

Un phénomène ancien remis au goût du jour

Le « jeu de l’olive » désigne une pratique consistant à toucher de manière intrusive la région anale d’un camarade, par surprise et sans son accord, généralement par-dessus les vêtements. L’acte, souvent commis en public, est fréquemment justifié par ses auteurs comme une plaisanterie ou un défi ludique. S’il n’est pas nouveau, le phénomène connaît depuis plusieurs mois une recrudescence signalée dans certains établissements scolaires, notamment en France.

Cette réapparition s’inscrit dans un contexte particulier : celui d’une circulation massive de contenus sur les réseaux sociaux, où des gestes transgressifs sont mis en scène, banalisés, parfois valorisés par la viralité. Le passage de l’écran à la cour de récréation s’opère alors sans filtre, sans médiation adulte, sans réflexion sur la portée réelle des actes reproduits.

Derrière le « jeu », une violence sexuelle objectivement caractérisée

Sur le plan juridique comme sur le plan éthique, la qualification du geste ne souffre guère d’ambiguïté. Un attouchement imposé, ciblant une zone intime, réalisé sans consentement et souvent sous l’effet de la surprise, relève de la violence sexuelle. La qualification pénale peut varier selon les circonstances, l’âge des protagonistes et la répétition des faits, mais le caractère sexuel de l’atteinte demeure.

L’usage du terme « jeu » agit ici comme un écran de fumée. Il permet de neutraliser la gravité de l’acte, de diluer la responsabilité individuelle et de déplacer la charge du malaise vers la victime, sommée implicitement de « ne pas exagérer ». Cette banalisation lexicale constitue en elle-même un problème majeur : ne pas nommer la violence, c’est contribuer à sa normalisation.

Une banalisation inquiétante des violences sexuelles entre pairs

Le phénomène du « jeu de l’olive » s’inscrit dans une dynamique particulière : celle des violences sexuelles entre adolescents, souvent reléguées à l’arrière-plan du débat public. Parce qu’elles ne correspondent pas aux schémas classiques de domination adulte-enfant, elles sont plus facilement minimisées.

Or, ce type de pratiques repose sur des mécanismes bien identifiés : rapport de force, humiliation publique, recherche de reconnaissance au sein du groupe. La sexualité n’y est pas vécue comme relation, mais comme instrument de domination symbolique. Le corps de l’autre devient un support de mise en scène, un objet de dérision, parfois un trophée social.

Cette logique est d’autant plus préoccupante qu’elle s’installe à des âges où les repères identitaires et relationnels sont encore en construction. L’absence de réaction claire des adultes peut alors être interprétée comme une validation tacite.

Une crise manifeste de la notion de consentement

Au cœur de cette problématique se trouve une incompréhension profonde de ce qu’est le consentement. Beaucoup d’adolescents semblent associer l’agression à la violence physique manifeste, à la contrainte explicite ou à l’intention sexuelle assumée. Tout ce qui échappe à ces critères est relégué dans la catégorie du « pas si grave ».

Cette perception erronée révèle un déficit éducatif préoccupant. Le consentement n’est ni l’absence de refus, ni la tolérance contrainte, ni le rire nerveux d’une victime humiliée. Il suppose une adhésion libre, éclairée et réversible. En l’absence de cette compréhension, les comportements transgressifs trouvent un terrain favorable à leur reproduction.

Les réseaux sociaux comme amplificateurs, non comme causes uniques

Il serait réducteur d’attribuer la responsabilité exclusive de ce phénomène aux réseaux sociaux. Toutefois, leur rôle d’amplification est indéniable. En transformant des gestes transgressifs en contenus viraux, ils contribuent à déplacer les normes, à valoriser la provocation et à brouiller la frontière entre fiction, défi et réalité.

La logique algorithmique favorise l’imitation rapide, la surenchère et la déresponsabilisation collective. L’acte n’est plus seulement commis : il est rejoué, commenté, parfois célébré. Cette exposition renforce la pression du groupe et rend plus difficile l’émergence d’une parole dissidente, notamment celle des victimes.

Le malaise institutionnel face à la nomination des faits

L’un des aspects les plus sensibles de cette affaire réside dans la difficulté de l’institution scolaire à nommer clairement ces pratiques. Par crainte de la stigmatisation, de la judiciarisation ou du scandale médiatique, les faits sont parfois requalifiés en « gestes déplacés » ou en « comportements inadaptés ».

Ce choix lexical n’est pas neutre. Il prive les victimes d’une reconnaissance symbolique essentielle et empêche la mise en place de réponses éducatives et disciplinaires à la hauteur des enjeux. En refusant de qualifier, on entretient le flou ; en entretenant le flou, on laisse prospérer la répétition.

Un enjeu éducatif et sociétal majeur

Le retour du « jeu de l’olive » ne doit pas être abordé comme une dérive marginale, mais comme un signal d’alarme. Il interroge la manière dont la société transmet ou échoue à transmettre les notions fondamentales de respect du corps, de limites et de responsabilité collective.

L’école ne peut porter seule cette charge. Familles, institutions, plateformes numériques et pouvoirs publics sont conjointement concernés. L’enjeu n’est pas de punir pour punir, mais de reconstruire un cadre de compréhension partagé, où la dignité corporelle n’est ni négociable ni sujette à l’humour.

En apparence anodin, le « jeu de l’olive » révèle une fracture profonde dans la perception des violences sexuelles chez les adolescents. Il met en lumière une crise du consentement, une banalisation de l’humiliation et une difficulté institutionnelle à nommer l’inacceptable. Refuser de regarder ce phénomène en face, c’est accepter que la transgression s’installe durablement dans les normes scolaires. À l’inverse, l’analyser avec rigueur et lucidité constitue un premier pas indispensable vers une réponse éducative à la hauteur des enjeux contemporains.

Celine Dou, pour la boussole-infos

Non-consentement et viol : l’Assemblée nationale adopte le texte intégrant cette notion dans le Code pénal

Le 23 octobre 2025, l’Assemblée nationale a adopté définitivement une proposition de loi visant à inscrire le non-consentement dans la définition pénale du viol et des agressions sexuelles. Le vote a enregistré 155 voix pour, 31 contre et 5 abstentions. La proposition de loi doit encore être examinée par le Sénat, probablement la semaine suivante.

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Jusqu’à présent, le Code pénal français définissait le viol comme « tout acte de pénétration sexuelle commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ». La notion de consentement n’y figurait pas explicitement, ce qui avait conduit à des interprétations variées par la jurisprudence.

La réforme intervient après le procès des viols de Mazan, où le consentement des victimes avait été un élément central des débats judiciaires et médiatiques.

Le texte adopté précise que toute agression sexuelle constitue « tout acte sexuel non consenti ». Il définit le consentement comme libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable, et indique qu’il ne peut être déduit du seul silence ou de l’absence de réaction de la victime.

Un point clé du texte concerne l’appréciation du non-consentement. Initialement, le Sénat souhaitait qu’il soit évalué au regard du « contexte », tandis que l’Assemblée proposait la formulation « circonstances environnantes ». Le compromis final retient la notion de « circonstances » au pluriel, afin de permettre une prise en compte plus large des éléments entourant l’acte et de la vulnérabilité de la victime.

La proposition de loi a été portée par les députées Véronique Riotton (Renaissance) et Marie-Charlotte Garin (Écologiste), avec le soutien de la ministre à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé.

Lors de la commission mixte paritaire (CMP) réunissant députés et sénateurs, seules deux élues du Rassemblement national ont voté contre le texte de compromis. Le consensus a été facilité par la proximité des rédactions de l’Assemblée et du Sénat, malgré un léger désaccord initial sur l’évaluation du non-consentement par le juge.

Si le Sénat adopte le texte, le Code pénal sera modifié pour intégrer cette nouvelle définition. Cette évolution s’inscrit dans le cadre des obligations internationales de la France, notamment la Convention d’Istanbul, qui vise à prévenir et sanctionner les violences sexuelles.

La formulation retenue, centrée sur le consentement explicite et l’évaluation des circonstances entourant l’acte, permet une harmonisation avec certaines pratiques juridiques en Europe, tout en restant spécifique au droit français.

L’adoption par l’Assemblée nationale constitue une étape du processus législatif visant à intégrer la notion de non-consentement dans le droit pénal français. Le texte sera examiné par le Sénat avant sa promulgation. Les discussions parlementaires et les compromis sur la formulation montrent l’attention portée à la précision juridique et à la prise en compte des circonstances entourant les actes.

Celine Dou

France : vers une redéfinition du viol centrée sur le non-consentement

La France s’apprête à faire évoluer l’une des notions juridiques les plus sensibles de son Code pénal : celle de viol. Mardi 18 juin, le Sénat a adopté à l’unanimité une proposition de loi redéfinissant cette infraction pénale à partir du seul critère du non-consentement. Une avancée juridique saluée par une large partie de la société civile, qui place désormais l’Hexagone dans le sillage de plusieurs pays ayant déjà réformé leur droit en ce sens. Mais ce tournant symbolique soulève aussi des interrogations sur les modalités d’application concrète.

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Des milliards perdus à cause des cookies : l’impasse réglementaire de l’Union européenne

14,3 milliards d’euros par an. C’est le coût économique estimé des bannières de cookies imposées aux internautes résidant dans l’Union européenne. À force de vouloir encadrer la vie privée numérique, les institutions union-européennes ont semble-t-il généré une nouvelle forme de nuisance : le clic obligatoire, chronophage, répétitif, qui ralentit le travail et dilue le sens même du consentement.

Selon une étude publiée par Legiscope, les Européens passeraient collectivement 575 millions d’heures par an à cliquer sur ces fenêtres de consentement, soit près d’1h30 par utilisateur chaque année. Ce chiffre, au-delà de sa charge symbolique, traduit une situation de perte sèche de productivité pour les particuliers comme pour les entreprises.

À l’origine, les bannières de cookies sont nées d’une ambition louable : redonner aux utilisateurs le contrôle de leurs données personnelles, conformément au Règlement général sur la protection des données (RGPD) entré en vigueur en mai 2018. Mais six ans après, la pratique s’est banalisée au point de s’industrialiser dans l’inefficacité.

Une majorité d’usagers cliquent sur « Accepter » sans lire les détails. Selon plusieurs analyses indépendantes, notamment relayées par Phonandroid, plus de 90 % des sites ne respecteraient pas fidèlement les choix des utilisateurs, soit par design manipulateur, soit par inaction technique. Le « privacy washing » est devenu la norme.

Le coût direct pour les utilisateurs est estimé à 14,375 milliards d’euros par an, selon les extrapolations faites sur la base du PIB horaire moyen. À cela s’ajoutent 1,8 milliard d’euros par an pour les entreprises, en frais de conformité (outils, prestataires, gestion juridique).

Au total, ce système, qui devait rétablir un équilibre dans le numérique européen, engendre un surcoût annuel équivalant à 0,10 % du PIB de l’Union européenne. Pour une politique publique, le ratio coût/bénéfice mérite donc réévaluation.

Dans un contexte de ralentissement économique et de tensions géopolitiques, l’Union européenne cherche à promouvoir une « souveraineté numérique ». Mais peut-elle se permettre de sacrifier autant de temps et de ressources à une mécanique inefficace ?

Certaines pistes de réforme sont évoquées : bannière unique centralisée, consentement par défaut dans les navigateurs, renforcement des sanctions contre les abus. Mais aucun consensus n’émerge, tant le terrain juridique est miné par les intérêts divergents entre éditeurs, régulateurs et acteurs de la publicité ciblée.

Ce cas union-européen mérite d’être analysé au-delà du continent. Il illustre les limites d’une approche technocratique du numérique, qui, en voulant tout encadrer, finit par asphyxier l’expérience utilisateur et l’efficacité économique. Les autres ensembles géopolitiques qu’il s’agisse de l’Afrique, des États-Unis d’Amérique ou de l’Asie orientale devront tirer les leçons de cette impasse réglementaire.

La protection de la vie privée ne doit pas se transformer en rituel bureaucratique. Elle suppose une technologie compréhensible, une réelle transparence, et une exigence d’efficacité. Faute de quoi, c’est la confiance elle-même qui s’effrite, et avec elle, l’un des piliers du numérique de demain.