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FRANCE : l’interdiction du téléphone portable arrive dans les lycées, mais tous les établissements ne pourront pas l’appliquer dès la rentrée

À partir du 1er septembre 2026, l’usage du téléphone portable est interdit dans les lycées français. La mesure, déjà appliquée dans les écoles et les collèges, s’étend désormais aux établissements du second cycle. Sur le papier, le calendrier est fixé. Dans les lycées, en revanche, les modalités d’application restent encore à organiser.

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La rentrée scolaire ne se fera donc pas partout avec les mêmes règles. Le texte national interdit désormais aux élèves d’utiliser leur téléphone dans l’enceinte du lycée et lors des activités scolaires organisées à l’extérieur. Mais chaque établissement doit encore inscrire cette nouvelle obligation dans son règlement intérieur et définir les conditions de sa mise en œuvre. À quelques heures de la rentrée, certains proviseurs disposent déjà d’un dispositif, tandis que d’autres doivent encore achever les procédures nécessaires.

Une interdiction qui entre en vigueur le 1er septembre

La nouvelle règle résulte de la loi adoptée au mois d’août 2026. Elle étend aux lycées l’interdiction d’utilisation des téléphones portables et, plus largement, des équipements terminaux de communications électroniques par les élèves.

Le principe est national et s’applique à compter de la rentrée 2026-2027.

L’interdiction ne concerne toutefois pas tous les usages dans les mêmes conditions. Le cadre fixé par le ministère permet notamment de prévoir certaines exceptions lorsque l’utilisation de l’appareil répond à un besoin pédagogique, médical ou à une nécessité liée à la vie de l’établissement.

Les conditions précises doivent être inscrites dans le règlement intérieur. Celui-ci fixe également les règles relatives à la confiscation et à la restitution d’un appareil lorsqu’un élève ne respecte pas les dispositions prévues.

Les proviseurs doivent encore adapter leur règlement intérieur

C’est cette étape qui complique l’application immédiate de la mesure dans certains établissements.

Un proviseur ne peut pas modifier seul le règlement intérieur. La procédure implique la communauté éducative et doit aboutir à une adoption par le conseil d’administration du lycée.

La nouvelle réglementation ayant été publiée tardivement avant la rentrée, les chefs d’établissement disposent de peu de temps pour achever cette procédure lorsqu’elle n’a pas été anticipée.

Des représentants des personnels de direction ont d’ailleurs prévenu que tous les établissements ne seraient pas en mesure d’appliquer la nouvelle règle de façon identique dès le premier jour. Le délai laissé entre la publication du texte et la rentrée est notamment mis en cause.

Certains lycées avaient cependant commencé à travailler sur le sujet avant les vacances. Ils pourront donc accueillir les élèves avec des règles déjà arrêtées.

Que deviennent les téléphones pendant la journée ?

La loi fixe le principe, mais ne demande pas à tous les établissements de choisir le même système.

Un lycée peut demander aux élèves de conserver leur téléphone éteint et rangé dans leur sac. Un autre peut mettre en place des espaces de dépôt ou des pochettes individuelles. Le choix dépend notamment de l’organisation de l’établissement et des dispositions adoptées dans son règlement intérieur.

Le ministère recommande aux établissements d’organiser matériellement cette mise à l’écart lorsque cela est nécessaire. Les solutions peuvent aller des casiers individuels à des dispositifs de rangement collectif.

Cette organisation représente également une dépense. Dans les établissements qui choisissent les pochettes individuelles, il faut acheter le matériel, assurer son attribution et organiser sa restitution quotidienne.

La gestion des téléphones saisis en cas d’infraction constitue une autre question. L’établissement doit pouvoir conserver les appareils dans des conditions suffisamment sûres et déterminer précisément quand et à qui ils seront rendus.

Des exceptions restent possibles

L’interdiction n’est pas absolue.

Le règlement intérieur peut autoriser certains usages lorsqu’ils sont nécessaires aux apprentissages ou répondent à des situations particulières. Des dispositions spécifiques peuvent également concerner les élèves présentant un handicap ou un trouble de santé nécessitant l’utilisation d’un équipement électronique.

Le ministère prévoit par ailleurs des adaptations pour certains lieux ou moments de la vie scolaire, notamment lorsque le téléphone peut être nécessaire à une activité pédagogique.

Cette possibilité d’adaptation explique en partie pourquoi les règles pourront différer d’un lycée à l’autre.

Une mesure qui prolonge celle appliquée au collège

Le gouvernement présente l’extension aux lycées comme la suite logique de la politique engagée dans les établissements scolaires depuis plusieurs années.

L’objectif affiché est de limiter les distractions liées aux écrans, de favoriser les apprentissages et les échanges directs entre élèves et de mieux protéger les adolescents contre certains usages problématiques du numérique.

L’expérience des collèges constitue à ce titre un précédent important. Mais le lycée présente une difficulté supplémentaire : les élèves y sont plus âgés et disposent généralement d’une autonomie beaucoup plus importante dans leur vie quotidienne.

Le téléphone sert aussi à de nombreux usages pratiques. Les établissements doivent donc distinguer ce qui relève d’un usage interdit de ce qui peut être autorisé dans le cadre scolaire.

Une règle commune, des applications différentes

La France se retrouve ainsi avec un principe désormais commun à tous les lycées, mais avec des modalités susceptibles de varier selon les établissements.

Un élève pourra devoir déposer son téléphone à son arrivée dans un lycée, tandis qu’un autre devra simplement le maintenir éteint et rangé. Les horaires, les lieux concernés, les exceptions et les procédures de confiscation pourront également différer.

Cette souplesse permet de tenir compte des réalités locales. Elle risque aussi de rendre la nouvelle règle moins lisible pour les familles qui auront plusieurs enfants scolarisés dans des établissements différents.

Le ministère assume cette adaptation locale : l’objectif est d’imposer un cadre national tout en laissant aux établissements la possibilité de déterminer les modalités correspondant à leur fonctionnement.

Une rentrée sous surveillance

L’entrée en vigueur de la mesure ne devrait donc pas produire une situation uniforme dès le 1er septembre.

Dans les lycées qui ont anticipé la réforme, les élèves découvriront immédiatement le nouveau dispositif. Dans ceux qui n’ont pas encore achevé leur procédure interne ou leur organisation matérielle, la mise en œuvre pourra prendre davantage de temps.

Le principe, lui, ne fait plus débat sur le plan juridique : à compter de cette rentrée, l’utilisation du téléphone portable par les élèves est interdite dans les lycées, sous réserve des exceptions prévues par les textes et le règlement intérieur.

Reste à voir comment cette règle sera vécue au quotidien par les élèves, les enseignants et les personnels de direction. Car entre une interdiction inscrite dans la loi et une règle respectée dans plusieurs milliers de salles de classe, il y a toute une organisation à mettre en place.

Celine Dou

Kenya : les incendies volontaires d’internats, un phénomène ancien que le procès de huit étudiantes remet au premier plan

Le renvoi devant la justice de huit étudiantes accusées d’avoir provoqué l’incendie d’un dortoir de l’Utumishi Girls Academy, à Gilgil, où seize de leurs camarades ont trouvé la mort en mai dernier, marque une nouvelle étape dans l’une des affaires les plus marquantes de l’année au Kenya. Pour les familles des victimes, le procès devra établir les responsabilités pénales. Pour les autorités, il s’agit de répondre à une émotion nationale. Mais ce drame remet également sous les projecteurs une réalité plus ancienne, moins médiatisée hors des frontières kényanes : les incendies volontaires d’internats constituent, depuis plus de trente ans, un phénomène récurrent que le pays n’est jamais parvenu à enrayer durablement.

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Au fil des décennies, les commissions d’enquête se sont succédé, les recommandations se sont accumulées et les dispositifs de sécurité ont été renforcés. Pourtant, les flammes continuent de ravager des établissements scolaires. Cette permanence interroge moins la seule responsabilité des auteurs présumés que la capacité du système éducatif à prévenir des crises dont les mécanismes sont désormais bien identifiés.

L’affaire de Gilgil ne constitue pas une rupture. Elle s’inscrit dans une chronologie qui a profondément marqué l’histoire scolaire du Kenya.

En mars 1998, un incendie dans un établissement de Machakos faisait vingt-six morts. Trois ans plus tard, le pays était frappé par la tragédie de Kyanguli Secondary School : soixante-sept élèves périssaient après qu’un dortoir eut été incendié, un drame qui demeure l’un des plus meurtriers de l’histoire du pays. Plus récemment, en septembre 2024, vingt-et-un enfants perdaient la vie dans l’incendie de Hillside Endarasha Academy. Entre ces catastrophes largement médiatisées, des dizaines d’autres incendies, souvent moins meurtriers, ont continué d’être recensés.

Selon les données communiquées par les autorités kényanes et les services de secours, plusieurs dizaines d’incendies d’établissements scolaires avaient déjà été signalés au cours des premiers mois de 2026. Ces chiffres montrent que le procès des huit étudiantes ne renvoie pas à un fait divers isolé, mais au dernier épisode d’un problème installé dans la durée.

Les internats occupent une place importante dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est. En Ouganda, en Tanzanie ou au Rwanda, ils permettent à des élèves vivant loin des centres urbains de poursuivre leur scolarité dans de meilleures conditions.

Le Kenya partage cette organisation. Ses internats accueillent chaque année plusieurs centaines de milliers d’élèves et jouent un rôle déterminant dans un système éducatif souvent cité parmi les plus performants de la région. Les résultats obtenus aux examens nationaux en font un instrument essentiel de mobilité sociale.

C’est précisément ce qui rend la répétition des incendies si préoccupante. Aucun autre pays de la région n’est confronté, avec une telle fréquence, à des incendies volontaires attribués à des élèves. Cette particularité a conduit des chercheurs kényans à considérer ces événements non comme une succession d’accidents, mais comme un phénomène social à part entière.

Les enquêtes universitaires menées depuis les années 2000 convergent sur un point : dans une partie des affaires étudiées, l’incendie ne relève pas d’une volonté initiale de provoquer une tuerie.

Les chercheurs de l’African Population and Health Research Center décrivent plutôt une montée progressive des tensions. Les élèves commencent par formuler des doléances, dénonçant les conditions de vie ou certaines décisions disciplinaires. Lorsque ces revendications restent sans réponse, les conflits peuvent dégénérer. Pour une minorité d’entre eux, le feu devient un moyen spectaculaire d’exprimer une colère ou une défiance envers l’institution scolaire.

Cette lecture ne réduit en rien la gravité des actes ni la souffrance des victimes. Elle rappelle simplement qu’une réponse exclusivement judiciaire ne permet pas d’expliquer pourquoi ces drames se reproduisent avec une telle régularité.

Les rapports officiels publiés après plusieurs incendies mettent en évidence des difficultés récurrentes.

Les élèves évoquent des dortoirs parfois surchargés, des infrastructures vieillissantes, une alimentation jugée insuffisante ou des sanctions disciplinaires vécues comme humiliantes. À cela s’ajoute une pression académique particulièrement forte. Au Kenya, les examens nationaux déterminent largement l’accès aux études supérieures. Dans les internats, où les élèves vivent et étudient sur un même site, cette compétition se prolonge jusque dans leur quotidien.

Le National Crime Research Centre a également souligné le rôle du stress scolaire, du manque d’espaces de dialogue et de l’insuffisance des dispositifs de soutien psychologique. Pris isolément, aucun de ces facteurs ne conduit nécessairement à la violence. Leur accumulation, en revanche, crée un environnement propice aux tensions.

Chaque tragédie a conduit les autorités à promettre des changements.

Après Kyanguli, des normes plus strictes concernant la sécurité des internats ont été annoncées. Après Hillside Endarasha Academy, le gouvernement a ordonné de nouvelles inspections et demandé un renforcement des contrôles.

Pourtant, les mêmes recommandations réapparaissent d’un rapport à l’autre : moderniser les bâtiments, multiplier les sorties de secours, améliorer les équipements de lutte contre les incendies, renforcer le dialogue entre les directions et les élèves, développer l’accompagnement psychologique et instaurer des mécanismes d’alerte plus efficaces.

Cette répétition des diagnostics traduit moins un manque de connaissance du problème qu’une difficulté à transformer durablement les pratiques.

La justice kényane devra désormais déterminer le rôle exact des huit étudiantes poursuivies et établir si les preuves réunies permettent de retenir leur responsabilité dans la mort de seize de leurs camarades.

Mais quelle que soit l’issue de la procédure, une interrogation demeurera. Pourquoi un pays qui connaît depuis des décennies les causes de ces incendies continue-t-il d’en enregistrer de nouveaux ?

C’est sans doute là que se situe le véritable enjeu. Les tribunaux peuvent sanctionner des actes, mais ils ne réforment pas un système éducatif. Or, les travaux des chercheurs comme les conclusions des commissions d’enquête convergent depuis des années : la sécurité des internats ne dépend pas uniquement des alarmes incendie, des extincteurs ou des plans d’évacuation. Elle repose aussi sur la qualité du dialogue entre les élèves et les équipes éducatives, sur les conditions de vie offertes aux pensionnaires et sur la capacité des établissements à détecter les situations de détresse avant qu’elles ne dégénèrent.

Le procès qui s’ouvre à Nairobi répondra à une exigence de justice. Pour le Kenya, le défi est désormais plus vaste : empêcher que l’incendie de Gilgil ne rejoigne la longue liste des catastrophes dont les enseignements sont unanimement reconnus, mais incomplètement appliqués.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Génération menacée : la hausse alarmante de la mortalité des jeunes dans le monde

Une étude mondiale publiée le 13 octobre 2025 par The Lancet dans le cadre du programme Global Burden of Disease tire la sonnette d’alarme : après des décennies de progrès, la mortalité des jeunes repart à la hausse. Addictions, suicides, violences et maladies évitables forment les causes principales d’une crise planétaire qui révèle un échec collectif : celui de protéger la génération censée incarner l’avenir.

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Ils ont entre 10 et 24 ans, et devraient être la promesse d’un monde en construction. Pourtant, selon la dernière étude Global Burden of Disease, publiée en octobre 2025, plus d’1,5 million de jeunes meurent chaque année de causes évitables.
Un chiffre en hausse de près de 12 % en quinze ans, qui brise la tendance historique à la baisse observée depuis les années 1990.

Les chercheurs y voient une crise silencieuse, masquée par les grands débats économiques ou climatiques, mais dont les conséquences humaines sont considérables. Car derrière les statistiques, il y a une réalité implacable : le monde échoue à protéger ses jeunes.

L’étude couvre plus de 200 pays et révèle une tendance universelle, bien que différenciée selon les régions.
En Afrique subsaharienne, la mortalité des jeunes reste la plus élevée du monde, dominée par les maladies infectieuses, les accidents et les conflits armés.
En Amérique latine, la violence urbaine et les homicides sont les premières causes de décès des 15–24 ans.
Quant aux pays industrialisés, ils connaissent une flambée de suicides, d’overdoses et de troubles mentaux liés à la solitude et à la pression sociale.

Selon les auteurs, « aucune région du monde ne peut se dire à l’abri ».
L’espérance de vie des jeunes a cessé de progresser, signe d’un épuisement des modèles de santé et d’éducation.

Les causes principales de cette hausse sont désormais psychosociales plutôt que purement sanitaires.
Les suicides représentent la troisième cause de mortalité chez les 15–24 ans dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé.
Les overdoses liées à la consommation de drogues de synthèse et de médicaments détournés explosent, notamment aux États-Unis d’Amérique, au Canada et dans certaines capitales européennes.

En parallèle, les violences communautaires et familiales continuent de faucher des vies en Afrique et en Amérique du Sud, où les armes prolifèrent et les structures sociales s’effritent.
La pandémie de Covid-19 a par ailleurs aggravé l’isolement, l’anxiété et le décrochage scolaire, laissant des millions de jeunes sans repère ni accompagnement psychologique.

« Nous assistons à une désagrégation lente du lien social et éducatif », alerte la sociologue indienne Meera Dasgupta.
« Les jeunes sont surconnectés mais profondément seuls. »

Au-delà des symptômes, l’étude met en évidence des causes systémiques.
Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, la pauvreté reste le premier facteur de mortalité juvénile : malnutrition, accès limité à l’eau potable et aux soins, absence de couverture vaccinale.
Mais dans les pays développés aussi, la précarité s’installe sous d’autres formes : emploi instable, isolement, anxiété de performance.

Les chercheurs évoquent une « crise de sens » qui traverse la jeunesse mondiale.
Entre désillusion politique, peur de l’avenir climatique et fatigue numérique, beaucoup de jeunes déclarent ne plus croire au progrès.

L’éducation, pourtant levier central, ne parvient plus à jouer son rôle d’ascenseur social ni de rempart psychologique.
Plus de 240 millions d’enfants et adolescents restent non scolarisés selon l’UNESCO, tandis que la déscolarisation post-pandémie continue d’augmenter dans plusieurs pays d’Afrique et d’Asie.

Sur le continent africain, où plus de 60 % de la population a moins de 25 ans, cette tendance prend une tournure stratégique.
Les maladies évitables (paludisme, infections respiratoires, diarrhées) restent les premières causes de décès des jeunes, mais la santé mentale et les violences prennent une place croissante.

Dans les mégapoles en expansion, le chômage massif et la précarité urbaine favorisent les conduites à risque : alcool, drogues, insécurité routière, ou enrôlement dans des groupes armés.
Sans politiques publiques adaptées, ce dividende démographique tant vanté pourrait se transformer en crise générationnelle.

« Investir dans la jeunesse n’est pas un luxe, c’est une urgence de survie », martèle le chercheur sénégalais Ibrahima Sow, spécialiste des politiques sociales africaines.
« L’Afrique ne pourra se développer qu’en protégeant sa jeunesse. »

Les auteurs du rapport appellent à une mobilisation internationale urgente, articulée autour de trois priorités :

  1. Renforcer la santé mentale et la prévention des addictions, en intégrant le dépistage et l’accompagnement psychologique dans les écoles et universités.
  2. Réduire les inégalités d’accès à la santé, notamment en Afrique et en Asie du Sud.
  3. Repenser les modèles éducatifs, pour redonner du sens, de la cohésion et de l’espérance.

Mais ces mesures exigent des choix politiques courageux, loin des logiques électorales ou économiques immédiates.
Car si la jeunesse meurt davantage aujourd’hui qu’hier, c’est aussi le signe d’un monde fatigué de lui-même, où le futur a cessé de se construire.

La hausse de la mortalité juvénile n’est pas un simple indicateur sanitaire : elle mesure le degré d’attention qu’une société porte à sa propre humanité.
Chaque jeune perdu est un fragment d’avenir brisé.
Si les États ne parviennent pas à inverser cette tendance, c’est toute la promesse du XXIᵉ siècle qui s’effondre avant d’avoir commencé.

Celine Dou