Une bousculade a fait plusieurs morts mercredi 4 juin dans la ville de Bengalore, capitale de l’État Indien de Karnataka dans le sud du pays. Une foule immense est venue fêter la victoire de l’équipe locale du cricket, à son retour ont annoncé les médias locaux.
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Rafale, canons Caesar, frégates… Les grandes ambitions de la France avec l’Indonésie
La tournée asiatique d’Emmanuel Macron a porté ses fruits : la France renforce son ancrage stratégique en Asie du Sud-Est, et particulièrement en Indonésie. À l’occasion de sa visite officielle à Jakarta le 28 mai dernier, un pas décisif a été franchi dans le domaine de la coopération militaire entre les deux pays. L’Indonésie a signé une lettre d’intention pour l’acquisition de nouveaux équipements militaires français, confirmant sa volonté de poursuivre et d’élargir un partenariat déjà bien engagé.
Un partenariat stratégique qui s’étoffe
Déjà deuxième client de la France en matière d’armement en Asie du Sud-Est, derrière les États-Unis, l’Indonésie représente une priorité stratégique pour Paris. Selon le SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), la France assure 15 % des importations d’armes indonésiennes. Cette relation s’inscrit dans une dynamique régionale où les enjeux de sécurité se multiplient, entre rivalités maritimes et tensions sino-américaines.
Lors de la visite présidentielle, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé la signature d’une lettre d’intention avec son homologue indonésien, Sjafrie Sjamsoeddin. Cette lettre prévoit de futures commandes d’armement : des avions de chasse Rafale supplémentaires (en plus des 42 déjà commandés entre 2022 et 2024), des frégates légères et sous-marins Scorpène, ainsi que des canons Caesar et leurs munitions.
Des commandes déjà engagées
L’Indonésie ne part pas de zéro. Elle a déjà signé plusieurs contrats avec la France :
•42 Rafale commandés depuis 2022, dont les livraisons commenceront en 2026.
•2 sous-marins Scorpène, commandés en avril 2025, pour une livraison prévue en 2031.
•13 radars longue portée achetés en 2023 au groupe Thales.
•55 canons Caesar, livrés à la suite de deux commandes en 2012 et 2017.
La lettre d’intention signée récemment pourrait porter sur une douzaine de Rafale supplémentaires, selon La Tribune, même si aucun chiffre officiel n’a encore été communiqué.
La France, un partenaire militaire « respectueux »
Au-delà des contrats, Paris veut se positionner comme un partenaire fiable, respectueux de la souveraineté et de l’indépendance des États de la région. Une approche qui se distingue des logiques de confrontation entre grandes puissances comme les États-Unis et la Chine.
Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a salué cette confiance renouvelée dans l’« excellence de l’industrie de défense française », soulignant également l’importance de partenariats durables qui peuvent profiter à l’industrie de défense locale en Indonésie.
Une influence croissante en Indo-Pacifique
Cette coopération franco-indonésienne illustre la volonté de la France de renforcer sa présence dans l’Indo-Pacifique. Avec ses territoires dans la région (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française), la France se considère comme une puissance indo-pacifique légitime. En misant sur des relations stratégiques solides, comme avec Jakarta, Paris entend jouer un rôle majeur dans la stabilité régionale.
En somme, les ambitions françaises en Indonésie traduisent un double objectif : soutenir la modernisation militaire d’un partenaire clé tout en consolidant son influence dans une zone géopolitique cruciale.
Le journaliste et écrivain Philippe Labro est mort à l’âge de 88 ans
La radio RTL annonce, mercredi 4 juin, le décès de celui qui a été l’un de ses dirigeants historiques. Né le 27 août 1936 à Montauban, l’écrivain Philippe Labro meurt à l’âge de 88 ans d’un cancer selon Paris Match.( Avec : AFP).
Fils d’un conseiller juridique, Philippe Labro est le troisième de quatre enfants. Après son bac, il part à l’âge de 18 ans aux États-Unis, où il intègre une université en Virginie. Il en gardera une passion pour ce pays, qui nourrira ses écrits et ses films.
De retour en France, il commence sa carrière comme reporter à Europe 1 (1957), grand reporter à Marie-France (1958-59), puis à France-Soir à partir de 1959. Il est parallèlement collaborateur du magazine télévisé « Cinq colonnes à la Une » (1960-64).
Producteur pour la deuxième chaîne (1964-68), puis journaliste indépendant de 1968 à 1976, il entre alors à RTL, où il devient rédacteur en chef et présentateur du journal de 13 heures. Il est également présentateur du journal de la mi-journée d’Antenne 2 en 1981-82. Il devient ensuite patron de radio. En 1985, il est nommé directeur général des programmes de RTL, puis vice-président en 1992, vice-président directeur général d’Ediradio-RTL en 1996 et vice-président du conseil d’administration en 2000.
Il traverse une dépression au tournant des années 2000, qu’il racontera dans son livre « Tomber sept fois, se relever huit » (2003).
Un homme audacieux
Après quinze ans à la tête de RTL, il quitte la station et présente sur France 3 « Ombre et lumière » et « Légende », deux émissions de portraits de personnalités. Il lance ensuite en 2005, avec Vincent Bolloré, la chaîne Direct 8, devenue C8. Il y a présenté jusqu’à la fin de l’antenne en mars 2025 « L’Essentiel », une émission culturelle.
Parallèlement à son travail de journaliste, Philippe Labro a mené une carrière prolifique d’écrivain. Il est l’auteur d’une vingtaine de livres. Après « Un Américain peu tranquille » (1959) et « Des Feux mal éteints » (1967), un roman autobiographique remarqué sur la guerre d’Algérie, il publie « L’Étudiant étranger » qui remporte un grand succès commercial et obtient le prix Interallié 1986. Il y raconte le choc de sa découverte de l’Amérique, mêlant fiction et souvenirs.
La réussite se répètera notamment avec « Quinze ans » (1992), récit d’un garçon qui grandit dans le Paris des années 1950, puis avec « Un début à Paris » (1994) qui raconte son apprentissage de journaliste. Suivront « La Traversée » (1996), « Manuella » (1999) ou encore « Franz et Clara » (2006) et « 7.500 signes » (2010).
« C’est parce que le strict exercice du journalisme ne me suffisait pas que, très tôt, je me suis aventuré sur le chemin du roman », dit-il dans « 7.500 signes », qui rassemble des articles qu’il a écrits. Il a exploré aussi d’autres formes de récit. À la fin des années 1960, il se lance dans le cinéma et réalise sept longs-métrages, inspirés par le polar à l’américaine. Parmi eux, « Tout peut arriver » (1969), « Sans mobile apparent » (1971), « L’Héritier » (1972), « La Crime » (1983) ou « Rive droite, rive gauche » (1984).
Marié à la journaliste Françoise Labro et père de quatre enfants, il a aussi été parolier de chansons, notamment pour Johnny Hallyday (« Oh ! Ma jolie Sarah », « Mon Amérique à moi »), à qui il avait rendu un vibrant hommage lors de ses obsèques.
Une émotion particulière pour RTL
« C’est une immense figure de RTL qui disparaît et notre maison, ce matin, est traversée par une très grande émotion », a déclaré à l’antenne Hervé Beroud, directeur de l’information du groupe M6-RTL.
« Philippe Labro a été pendant quinze ans consécutifs le patron de RTL aux côtés de Jacques Rigaud. Il en a été le directeur des programmes – c’était un homme de programmes, de contenus avant tout – et il en a été aussi le vice-président aux côtés de Jacques Rigaud », a-t-il précisé, saluant les « grandes années » de RTL entre 1985 et 2000, pendant lesquelles cet homme de médias a « porté » la radio.
En France l’Assemblée nationale vote à l’unanimité l’élévation d’Alfred Dreyfus au grade de « général de brigade »
L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité l’élévation au grade de général de brigade du militaire français Alfred Dreyfus le lundi 2 juin. Condamné à partir de fausses accusations montées sur fond d’antisémitisme, le capitaine avait demandé à voir sa carrière revalorisée dès son innocence reconnue, en 1906, sans obtenir gain de cause. Le Sénat devra se prononcer sur le texte.
Lire la suite En France l’Assemblée nationale vote à l’unanimité l’élévation d’Alfred Dreyfus au grade de « général de brigade »Basket – Grèce : propos ignobles, plaintes croisées et chaos, la finale Olympiakos–Panathinaïkos au bord de l’annulation
La finale du Championnat de Grèce de basket-ball est sur le point d’imploser. Le deuxième match de la série opposant l’Olympiakos au Panathinaïkos, dimanche 2 juin, a été le théâtre de scènes chaotiques qui dépassent largement le cadre sportif. Au cœur de la tempête, Dimitris Giannakopoulos, le président du Panathinaïkos, accusé de propos gravement menaçants et désormais recherché par la police. Le troisième match a été reporté, et l’avenir du championnat est incertain.
Une finale sous haute tension virant au scandale
Le match 2 s’est joué au Stade de la Paix et de l’Amitié du Pirée, nom ironique compte tenu du contexte. Si l’Olympiakos a remporté la rencontre (91-83), la tension était palpable bien avant le coup d’envoi. Dix minutes avant le match, Dimitris Giannakopoulos est entré sous les huées du public local, alors que des chants insultants visant sa fille étaient scandés dans les tribunes. Déjà connu pour ses provocations, le dirigeant s’en est pris aux officiels du match et a rapidement été exclu du parquet.
Mais le pire était à venir.
En conférence de presse, le co-président de l’Olympiakos, Giorgos Angelopoulos, a accusé Giannakopoulos d’avoir proféré des menaces intolérables : « Il est venu nous voir sur le terrain et a dit devant témoins : “Allez dire à Giorgos Angelopoulos que je vais violer sa fille devant lui.” » Le dirigeant a affirmé que les propos étaient enregistrés et que des policiers présents ont été témoins de la scène.
Angelopoulos a ajouté : « Il est arrivé dans la salle en faisant un doigt d’honneur, comme il l’avait déjà fait à Abu Dhabi. Il agit en toute impunité. C’est à vomir. C’est son vrai visage. »
À la mi-temps, Giannakopoulos aurait quitté la salle précipitamment. L’Olympiakos affirme qu’il a fui pour échapper à une interpellation. Le Panathinaïkos nie catégoriquement.
Réactions politiques et sportives en chaîne
L’entraîneur du Panathinaïkos, Ergin Ataman, également exclu pour deux fautes techniques, a dénoncé le climat haineux à son encontre : « Personne n’a le droit de dire “fuck you” à la Turquie. C’est du racisme sur le terrain. » Il a aussi critiqué l’arbitrage : « L’Olympiakos a tiré 33 lancers francs, nous 17. C’est un cirque, ce n’est pas du sport. »
En parallèle, les deux camps ont chacun porté plainte contre l’autre. Le conflit est désormais ouvertement judiciaire, et la tension a atteint un tel niveau que le gouvernement grec est intervenu.
Le ministre des Sports, Yiannis Vroutsis, a convoqué les dirigeants à une réunion de médiation prévue mercredi 4 juin. Le match 3, prévu le même jour, a été suspendu par mesure de sécurité. Si aucun accord n’est trouvé, la série finale sera annulée, a prévenu Pavlos Marinakis, porte-parole du gouvernement : « Les deux clubs devront s’engager à mettre fin à cette situation. Sinon, le championnat sera arrêté. »
Un championnat en péril, une image ternie
Le choc entre Olympiakos et Panathinaïkos, deux monuments du basket grec, tourne à la farce dramatique. Alors que les deux équipes sont à égalité 1-1 dans cette finale au meilleur des cinq matchs, les enjeux sportifs sont éclipsés par les insultes, les menaces, les plaintes judiciaires, et les refus de médiation.
Lundi soir, aucun des dirigeants n’avait accepté de se rencontrer. Le Panathinaïkos refuse de reconnaître les accusations contre son président, et les frères Angelopoulos exigent sa mise en examen immédiate.
En toile de fond, le basket grec voit son image s’effondrer. Ce qui devait être une fête sportive vire à la crise politique et judiciaire. Une annulation du championnat priverait le pays de titre national, pour la première fois depuis des décennies.
Coran brûlé : la justice frappe au Royaume-Uni, un homme arrêté en France
Alors que les actes antimusulmans connaissent une recrudescence inquiétante en Europe, deux incidents survenus récemment au Royaume-Uni et en France mettent en lumière une tension croissante autour des symboles religieux et de la liberté d’expression.
Londres : un homme condamné pour avoir brûlé un Coran devant le consulat de Turquie
Au Royaume-Uni, la justice britannique a condamné lundi 3 juin Hamit Coskun, 50 ans, à une amende de 240 livres (environ 284 euros), assortie d’une majoration de 96 livres, pour trouble à l’ordre public aggravé par incitation à la haine religieuse. En février dernier, cet homme, ressortissant turc résidant dans les Midlands, avait brûlé un exemplaire du Coran devant le consulat de Turquie à Londres, en criant notamment « Fuck Islam » et « l’islam est la religion du terrorisme ».
Lors de l’énoncé du verdict, le juge John McGarva a déclaré que l’acte était « éminemment provocateur » et « motivé au moins en partie par la haine envers les fidèles musulmans ». Le tribunal a précisé que la condamnation ne portait pas sur l’acte de brûler le Coran en soi, mais sur le trouble à l’ordre public causé par cette action et les propos tenus.
Hamit Coskun, qui se dit athée, a justifié son geste par une opposition au gouvernement islamiste du président turc Recep Tayyip Erdogan. Après l’énoncé de la peine, il a dénoncé une atteinte à la liberté d’expression. Ses frais de justice ont été couverts par deux associations, la Free Speech Union (FSU) et la National Secular Society, qui estiment que cette affaire équivaut à une condamnation pour blasphème, bien que ce délit ait été aboli en 2008 en Angleterre et au Pays de Galles.
Villeurbanne : un homme arrêté après l’incendie d’un Coran dans une mosquée
En France, un homme soupçonné d’avoir brûlé un Coran dans la mosquée Errahma de Villeurbanne, près de Lyon, a été interpellé mardi soir et placé en garde à vue. Selon les autorités, l’individu, décrit comme « psychologiquement fragile », est entré dans la mosquée dans la nuit de dimanche à lundi vers 3h45. Après un bref échange avec un fidèle qui lui a demandé d’enlever ses chaussures, il est ressorti, s’est emparé d’un Coran mis à disposition, l’a incendié à l’extérieur de l’édifice et a pris la fuite.
L’acte n’a pas été immédiatement signalé aux autorités : ce n’est que le mardi que le trésorier de la mosquée a porté plainte, après avoir consulté les images de vidéosurveillance. Une enquête a été ouverte pour « dégradation ou détérioration par un moyen dangereux pour les personnes, commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion ».
L’incident a été fermement condamné par les responsables religieux et les élus locaux. Le Conseil des mosquées du Rhône (CMR) a dénoncé un « acte islamophobe d’une extrême gravité » dans un contexte déjà marqué par des violences contre la communauté musulmane. Des députés de la France insoumise, le maire de Villeurbanne, ainsi que la préfète de la région ont exprimé leur solidarité avec les musulmans de la région.
Climat de tensions : les actes antimusulmans en forte hausse
Ces incidents surviennent alors que la France est confrontée à une augmentation significative des actes islamophobes. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les trois premiers mois de l’année 2025 ont enregistré une hausse de 72 % par rapport à la même période en 2024, avec 79 cas recensés.
Le Conseil des mosquées du Rhône a rappelé une série d’agressions récentes, notamment le meurtre d’Aboubakar Cissé, un jeune Malien tué dans une mosquée du Gard le 25 avril, et celui d’Hichem Miraoui, un Tunisien abattu à Puget-sur-Argens le 1er juin. Ce dernier crime, qualifié de « prémédité », « raciste » et « probablement antimusulman » par le ministre de l’Intérieur, a conduit à l’ouverture d’une enquête du Parquet national antiterroriste, une première en France pour un homicide lié à l’ultradroite.
Dans un contexte où la liberté d’expression est souvent invoquée pour justifier des actes de provocation religieuse, les responsables religieux et les autorités appellent à une vigilance accrue et à des réponses fermes pour préserver la cohésion sociale. Les tensions actuelles soulignent l’urgence d’un débat lucide sur les limites de la liberté d’expression, la lutte contre la haine religieuse et la nécessité de protéger toutes les confessions.
Soudan : attaque meurtrière contre un convoi humanitaire de l’ONU au Darfour, la guerre franchit une nouvelle ligne rouge
Dans la nuit du 2 au 3 juin, un convoi humanitaire de l’ONU a été violemment attaqué à Kuma, dans le nord du Darfour, alors qu’il transportait des vivres et des médicaments vers la ville assiégée d’El-Facher. Cinq personnes ont été tuées. L’attaque, survenue après deux semaines de blocage en zone de guerre, a été fermement condamnée par l’Organisation des Nations unies, qui dénonce une nouvelle violation du droit humanitaire.
Composé de camions du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’UNICEF, le convoi était resté bloqué plus de 15 jours en zone sous contrôle des Forces de soutien rapide (FSR), milice dirigée par Mohamed Hamdane Daglo, dans l’attente d’une autorisation pour franchir les lignes de front. L’objectif était clair : apporter une aide d’urgence à El-Facher, ville encerclée et affamée par les combats depuis mai.
Une attaque au cœur de la crise humanitaire
Les circonstances précises de l’attaque restent floues. Selon l’ONU, les auteurs ne sont pas encore identifiés, chaque camp rejetant la responsabilité sur l’autre. Les FSR accusent l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane d’avoir « délibérément attaqué » le convoi. En retour, le gouvernement soudanais affirme que ce sont les FSR qui ont ciblé le convoi « de manière agressive à l’aide de drones ».
L’incident survient dans un climat déjà explosif : quelques jours plus tôt, les entrepôts du PAM à El-Facher étaient bombardés, et l’hôpital international d’El-Obeid frappé par un drone, tuant au moins six soignants. Dans ce chaos, les ONG peinent à acheminer l’aide, malgré des besoins criants.
El-Facher, ville en état de siège
Capitale provinciale du Darfour-Nord, El-Facher est aujourd’hui coupée du monde. Les forces paramilitaires des FSR y mènent des offensives intenses contre l’armée régulière, ciblant infrastructures, hôpitaux et quartiers civils. L’eau devient rare, les marchés sont vides, et les hôpitaux débordent de blessés. Le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher, parle d’une « urgence humanitaire d’une ampleur effroyable ».
Civils en péril, aide entravée
Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre fratricide entre les forces armées régulières et les FSR, issues de l’ancien appareil sécuritaire du dictateur Omar el-Béchir. Les deux camps sont accusés de crimes de guerre, frappant indistinctement civils et infrastructures médicales, tout en bloquant l’aide humanitaire.
À cela s’ajoute un jeu trouble d’ingérences étrangères : l’Égypte est accusée par les FSR de soutenir militairement l’armée régulière, tandis que les Émirats arabes unis sont soupçonnés d’armer les paramilitaires. Les deux pays démentent toute implication.
Exode massif : une crise mondiale du déplacement
La guerre a provoqué l’une des pires crises de réfugiés au monde : plus de 4 millions de personnes ont fui le Soudan. Le Tchad, voisin pauvre et instable, accueille désormais 1,2 million de réfugiés soudanais, dont 68 000 en seulement quelques semaines. Le HCR alerte sur un rythme alarmant : 1 400 nouveaux réfugiés par jour.
« Il s’agit d’un jalon dévastateur dans la plus grave crise de déplacement de population au monde », déclare Eujin Byun, porte-parole du HCR.
Une neutralité humanitaire bafouée
L’attaque du convoi à Kuma est un symbole tragique d’un conflit où même les principes fondamentaux de neutralité humanitaire ne sont plus respectés. Alors que la population meurt de faim et de blessures, les convois humanitaires deviennent eux-mêmes des cibles.
Pendant que les puissances régionales s’accusent et que la communauté internationale reste spectatrice, les humanitaires tombent, les civils fuient, et le pays s’enfonce dans le chaos.
Nouvelle escalade en Syrie : frappes israéliennes en représailles , jihadistes intégrés à l’armée et la possible découverte du corps du père Dall’Oglio – Point sur la situation ce 4 juin
Alors que la Syrie est plongée dans une recomposition politique et militaire profonde depuis la chute du président Bachar al-Assad, les derniers événements viennent aggraver encore un peu plus l’instabilité régionale. Entre ripostes israéliennes, décisions controversées de Washington et révélations troublantes sur le sort du père Paolo Dall’Oglio, le pays reste au centre d’une tension géopolitique grandissante.
Frappes israéliennes en réponse à des tirs de roquettes : Damas dément toute implication
Dans la nuit du 3 au 4 juin, l’armée israélienne a lancé une série de frappes aériennes et d’artillerie contre le sud de la Syrie. Ces attaques font suite à des tirs de roquettes venus du territoire syrien vers le plateau du Golan, territoire occupé par Israël depuis 1967. Les projectiles sont tombés dans des zones inhabitées, sans faire de victimes, mais ont provoqué l’activation des sirènes d’alerte dans la région.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a tenu pour responsable le nouveau président syrien, Ahmed al-Charaa, affirmant que toute attaque contre Israël serait directement imputée à son régime. Israël a notamment ciblé des positions militaires dans les provinces de Quneitra et Deraa.
Damas, de son côté, nie toute implication. Le ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé une “violation flagrante de la souveraineté” et déclaré qu’il ne pouvait “confirmer la véracité” des tirs contre Israël. Selon lui, “de nombreuses parties cherchent à déstabiliser la région pour servir leurs propres intérêts”.
Les États-Unis autorisent l’intégration de jihadistes étrangers dans l’armée syrienne
Dans une décision controversée, les États-Unis ont donné leur feu vert à l’intégration de 3 500 combattants jihadistes étrangers dans les rangs de l’armée syrienne, à condition que le processus se fasse de manière transparente. Ces combattants, pour la plupart Ouïghours originaires de Chine et d’Asie centrale, seront intégrés dans une unité militaire nouvellement créée : la 84e division.
Selon l’envoyé spécial américain en Syrie, Thomas Barrack, ces éléments sont désormais “loyaux à la nouvelle administration islamiste” et il vaut mieux les intégrer à un projet étatique que les marginaliser. Cette décision représente un revirement majeur dans la stratégie américaine, après des années de refus catégorique d’inclure des combattants étrangers dans les forces régulières syriennes.
Ce choix suscite une profonde inquiétude, notamment en Israël, qui voit dans cette évolution une menace sécuritaire directe, d’autant que certains de ces jihadistes ont combattu dans les rangs de groupes liés à al-Qaïda, comme Hayat Tahrir al-Cham (HTS).
Le mystère du père Paolo Dall’Oglio relancé : un corps découvert près de Raqqa
Une autre actualité vient bouleverser la scène syrienne : la possible découverte du corps du père Paolo Dall’Oglio, jésuite italien disparu depuis le 29 juillet 2013 dans le nord de la Syrie. Selon des informations rapportées par l’hebdomadaire Oggi, un corps en habits religieux aurait été retrouvé dans une fosse commune près de Raqqa par des fouilleurs affiliés aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS), une coalition majoritairement kurde soutenue par Washington.
Le nonce apostolique à Damas, le cardinal Mario Zenari, a confirmé que l’Église enquêtait sur cette découverte, mais que l’identification restait à confirmer. La sœur de Paolo, Cécilia Dall’Oglio, a émis de sérieux doutes sur la véracité de cette information, la qualifiant même de probable “fake news”.
Une source proche de l’enquête a toutefois indiqué que les fouilleurs savaient où chercher, laissant entendre que cette découverte aurait pu être facilitée par le nouveau pouvoir syrien, dans le but de s’attirer les bonnes grâces de l’Occident.
Des analyses ADN sont en cours pour vérifier s’il s’agit bien du prêtre disparu. L’ambassade d’Italie à Damas a été mobilisée pour suivre le dossier de près.
Une région au bord du précipice
La Syrie post-Assad s’engage dans une voie périlleuse. La normalisation progressive que cherchent à imposer les nouvelles autorités islamistes, avec l’assentiment partiel des puissances occidentales, ne parvient pas à masquer les tensions profondes qui agitent le pays.
•Israël continue ses frappes pour empêcher que des armes ne tombent entre les mains de groupes qu’il juge terroristes.
•Les États-Unis cherchent une stabilité de façade, quitte à intégrer d’anciens combattants islamistes dans des institutions militaires.
•L’Europe, de son côté, observe avec prudence, alors que la question des disparus, comme celle du père Dall’Oglio, reste une plaie ouverte.
Alors que la Syrie est toujours techniquement en guerre avec Israël, toute escalade pourrait provoquer une conflagration régionale aux conséquences incontrôlables. Le fragile équilibre construit ces derniers mois semble aujourd’hui menacé de toutes parts.
Arabie Saoudite : tolérance zéro et sanctions annoncées alors que débute le hadj 2025
Alors que débute ce mercredi 4 juin le hadj 2025, le Royaume a annoncé des mesures strictes pour contrer les pratiques frauduleuses et les dépassements durant la période du hadj. L’Arabie Saoudite va accueillir environ 1.4 million de fidèles pour le grand pèlerinage à la Mecque. Cet événement, qui se déroulera sur cinq jours, est l’un des plus importants rassemblements religieux au monde.
Lire la suite Arabie Saoudite : tolérance zéro et sanctions annoncées alors que débute le hadj 2025Marine Le Pen: la justice confirme la déchéance de son mandat de conseillère départementale
Le tribunal administratif de Lille a confirmé, ce mercredi, la révocation de Marine Le Pen de son poste de conseillère départementale du Pas-de-Calais, rejetant ainsi son recours contre cette décision, prononcée à la suite de sa condamnation en mars pour détournement de fonds publics.(Source : AFP).
Mais l’avocat de la patronne des députés Rassemblement National, Thomas Laval, a immédiatement annoncé qu’elle faisait appel de cette décision, un appel qui suspend la démission d’office.
Le tribunal a jugé que le code électoral impose « au préfet de déclarer démissionnaire d’office l’élu départemental déclaré inéligible par le juge pénal, par un jugement assorti de l’exécution provisoire », explique la juridiction dans un communiqué.
Il a également rejeté la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par l’avocat de la cheffe de file de l’extrême droite. Celui-ci estimait que la démission d’office prévue en cas de peine d’inéligibilité non définitive mais exécutoire provisoirement pourrait porter atteinte à la liberté des électeurs et à d’autres principes constitutionnels.
Le tribunal administratif a souligné que ces dispositions législatives ont déjà été jugées conformes à la Constitution par une décision du Conseil constitutionnel du 28 mars 2025, portant sur les conseillers municipaux, soumis aux mêmes règles que les conseillers départementaux.
Dans une déclaration transmise à la presse, l’avocat de Marine Le Pen déplore une décision qui « la prive de représenter les électeurs du canton d’Hénin-Beaumont 2 », alors « même qu’elle est encore aujourd’hui présumée innocente des faits qu’on lui reproche ».
Mme le Pen a fait appel de sa condamnation fin mars par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme, et à une inéligibilité immédiate de cinq ans.
« Le mécanisme de la démission d’office pour une peine d’inéligibilité non-définitive, viole plusieurs principes fondamentaux dans un État de droit, comme le principe de la contradiction, ainsi que plusieurs engagements internationaux de la France », selon Me Laval.
Mme Le Pen a été condamnée le 31 mars à une inéligibilité immédiate de cinq ans dans le dossier des assistants d’eurodéputés de son parti. Elle conserve selon la jurisprudence son mandat de députée du Pas-de-Calais, mais a été démise en avril de son mandat de conseillère départementale.
Le tribunal avait estimé qu’elle était au « cœur » d’un système de détournement de fonds publics mis en place pour payer des salariés du parti avec l’argent du Parlement européen, entre 2004 et 2016. Le montant total des détournements s’élève à 4,4 millions d’euros.