Archives pour la catégorie Actualités politique diverses

Guerre en Ukraine : pourquoi Volodymyr Zelensky fera escale en Alsace ce mercredi, après sa rencontre avec Donald Trump au sommet de l’OTAN

Ce mercredi 25 juin, le président ukrainien Volodymyr Zelensky entame une journée cruciale sur la scène internationale. Attendu au sommet de l’OTAN à La Haye pour une rencontre bilatérale avec le président américain Donald Trump, il se rendra ensuite à Strasbourg, en Alsace, pour activer la création d’un tribunal spécial chargé de juger l’agression russe contre l’Ukraine. Ce double déplacement illustre l’intensification de l’offensive diplomatique de Kyiv, à la recherche d’un soutien renforcé et de justice.

Rencontre Trump-Zelensky : un échange attendu à La Haye

Une source proche de la présidence ukrainienne a confirmé à l’AFP la tenue d’une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump en marge du sommet de l’OTAN. Elle aura lieu aux alentours de 14h30 (heure belge) ce mercredi. Les deux chefs d’État devraient faire de courtes déclarations avant leur entretien, qui portera essentiellement sur la poursuite du soutien militaire américain, les perspectives de paix et la stratégie de défense commune face à la Russie.

Donald Trump avait déclaré dans l’avion le menant aux Pays-Bas qu’il rencontrerait « probablement » Zelensky. Cette confirmation donne un poids symbolique fort à l’événement, dans un contexte où le soutien américain à l’Ukraine est à nouveau scruté, notamment depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche en janvier dernier.

Strasbourg : un tournant judiciaire contre l’impunité russe

Après cette étape diplomatique majeure, Volodymyr Zelensky est attendu à Strasbourg, au Conseil de l’Europe, pour activer officiellement la création d’un tribunal international spécial chargé de juger le “crime d’agression” commis par la Russie depuis février 2022. Une compétence que la Cour pénale internationale (CPI) ne peut pas exercer dans ce cas précis.

D’après Le Dauphiné Libéré, le président ukrainien est attendu à 15h pour signer la création de ce tribunal, qui visera spécifiquement les dirigeants politiques et militaires russes ayant pris part à l’agression. Ce tribunal, bien qu’abrité institutionnellement à Strasbourg sous l’égide du Conseil de l’Europe, aura ses bureaux opérationnels à La Haye, ville qui accueille déjà de nombreuses instances internationales, dont la CPI.

Une justice ciblée mais limitée par le droit international

Ce tribunal ne pourra toutefois pas poursuivre immédiatement le président russe Vladimir Poutine, son Premier ministre ou son ministre des Affaires étrangères, en raison des protections liées à leur statut en fonction. Mais il établira une base juridique claire pour de futures poursuites, une fois ces protections levées.

Alain Berset, secrétaire général du Conseil de l’Europe, a affirmé dans un communiqué :

« L’agression ne doit pas rester impunie. Ce tribunal spécial vise à garantir la responsabilité, et à faire en sorte que celles et ceux qui portent la plus grande part de responsabilité répondent de leurs actes. »

Plus de 34 000 demandes d’indemnisation enregistrées

En parallèle à ce projet de tribunal, le Conseil de l’Europe a aussi mis en place un registre des dommages causés par la guerre. Cet outil vise à recueillir les plaintes et demandes d’indemnisation de victimes ukrainiennes.
À ce jour, plus de 34 000 demandes ont été enregistrées, preuve tangible de l’ampleur des souffrances infligées par le conflit.

Zelensky s’adressera à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

Toujours à Strasbourg, Volodymyr Zelensky prononcera un discours devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, composée d’élus des 46 États membres de l’organisation. Il répondra également aux questions des parlementaires, consolidant encore le soutien politique européen à l’Ukraine.

Il est utile de rappeler que l’Ukraine est membre du Conseil de l’Europe, tandis que la Russie en a été exclue en mars 2022, peu après le début de la guerre, pour violation grave des droits de l’homme et des principes fondamentaux de l’organisation.

Un double message de Kyiv : diplomatie et justice

La journée du 25 juin s’inscrit dans une stratégie claire de Volodymyr Zelensky : conjuguer pression diplomatique et action juridique. À La Haye, il vise à renforcer la coordination militaire avec les alliés de l’OTAN, en particulier les États-Unis. À Strasbourg, il acte une nouvelle phase dans la lutte contre l’impunité russe.

Alors que la guerre se prolonge, l’Ukraine entend prouver que le droit international reste un outil puissant contre l’agression, et que la justice peut encore l’emporter, même au cœur des conflits les plus brutaux.

Israël – Iran : Trump annonce un dialogue imminent et affirme avoir freiné le programme nucléaire iranien ; trois espions israéliens pendus à Téhéran, où un complot viserait à écarter l’ayatollah Khamenei (Point du 25 juin)

Alors que le cessez-le-feu entre l’Iran et Israël entame son deuxième jour, les tensions restent palpables au Moyen-Orient. Frappes aériennes, pendaisons, révélations diplomatiques et luttes de pouvoir internes secouent la région. Le président américain Donald Trump affirme que le programme nucléaire iranien a été durablement affaibli et annonce des discussions imminentes avec Téhéran. Pendant ce temps, l’Iran exécute trois espions présumés au service d’Israël et prépare des funérailles nationales pour ses élites militaires et scientifiques. En coulisse, un plan secret se tramerait à Téhéran pour écarter le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Le programme nucléaire iranien « retardé de plusieurs décennies », selon Trump

Lors d’une conférence de presse à La Haye, où se tient le sommet de l’OTAN, Donald Trump a revendiqué un succès stratégique majeur :

« Les frappes américaines ont totalement détruit les trois principaux sites nucléaires iraniens. Le programme a été retardé de plusieurs décennies. L’Iran ne fabriquera pas de bombe avant longtemps. »

Israël, bien que plus prudent, se félicite également :

« C’est une victoire historique », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, affirmant que les frappes avaient « anéanti » le projet nucléaire iranien. Il a répété : « L’Iran n’aura jamais l’arme atomique. »

Le porte-parole de l’armée israélienne, le général Effie Defrin, a néanmoins rappelé que « l’heure est encore à l’évaluation » :

« Nous avons porté un coup dur, mais il est encore tôt pour mesurer l’ampleur réelle des dégâts. »

Téhéran reconnaît les dégâts mais maintient son cap

De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a reconnu que ses installations nucléaires avaient été « considérablement endommagées », tout en réaffirmant son droit légitime à poursuivre un programme nucléaire à usage civil.

Dans un double discours, Téhéran a également crié « victoire » sur la scène intérieure et a exprimé son ouverture à de futures négociations.

« L’Iran est prêt à dialoguer avec Washington », a déclaré un porte-parole du ministère.

Trump annonce une rencontre avec l’Iran

Sur le plan diplomatique, le président américain a annoncé une potentielle avancée :

« Nous allons discuter avec eux la semaine prochaine. Peut-être signerons-nous un accord, je ne sais pas. »

L’annonce intervient dans un contexte où Washington souhaite rétablir une forme de stabilité régionale après douze jours de guerre intense.

Pendaison de trois espions israéliens présumés

En parallèle, Téhéran a envoyé un signal fort : trois hommes accusés d’espionnage pour le compte d’Israël ont été pendus mercredi à Ourmia, près de la frontière turque. Le pouvoir judiciaire les identifie comme Idris Ali, Azad Shojai et Rasoul Ahmad.

« Ils avaient tenté d’introduire de l’équipement pour commettre des assassinats sur le sol iranien », indique un communiqué officiel.

Ces pendaisons s’inscrivent dans une série d’exécutions expéditives. Depuis le début du cessez-le-feu, l’Iran a accéléré les procès liés à la sécurité nationale. Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, avait promis dimanche :

« Les affaires de trahison, d’espionnage ou de soutien au régime sioniste seront jugées rapidement. »

Un plan secret pour remplacer l’ayatollah Khamenei ?

Selon des sources diplomatiques et militaires, la mort du général Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, aurait fragilisé le cercle rapproché du guide suprême Ali Khamenei. Plusieurs analystes évoquent un plan clandestin au sein même du pouvoir iranien visant à pousser l’ayatollah vers la sortie, dans un contexte de divisions internes aggravées par les pertes militaires et scientifiques.

Deuil national en Iran : funérailles pour les élites tuées

L’agence iranienne IRNA a annoncé pour samedi une journée de deuil national. Une cérémonie sera organisée à Téhéran en l’honneur des hauts responsables militaires et scientifiques tués dans les frappes israéliennes. Parmi eux, le général Hossein Salami, figure-clé du régime.

Le ministère de la Santé iranien fait état de 610 morts civils et plus de 4 700 blessés. En Israël, les tirs de représailles iraniens ont causé 28 décès, selon les autorités.

Plus d’un millier de Français rapatriés d’Iran et d’Israël

La France continue de rapatrier ses ressortissants depuis les deux pays en guerre. Le ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, a déclaré sur TF1 :

« Nous avons dépassé le cap des 1 000 rapatriements. »

Des vols militaires et civils continuent d’affluer depuis Amman, Tel-Aviv et Chypre. Cependant, la situation des Français emprisonnés, dont Cécile Kohler et Jacques Paris détenus à Evin, reste inchangée. Paris en réclame toujours la libération.

Un calme précaire et un avenir incertain

Malgré le cessez-le-feu en cours, les actes de vengeance, les pendaisons, les discours contradictoires et les tensions internes en Iran laissent penser que la crise est loin d’être terminée. L’annonce d’un dialogue à venir entre les États-Unis et l’Iran ouvre une porte, mais sur fond de défiance, de deuil et de bouleversements politiques.

Cameroun: démission de Issa Tchiroma Bakary, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, allié politique de Paul Biya

Issa Tchiroma Bakary, ministre camerounais de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a démissionné du gouvernement aujourd’hui. Président du FSNC, son parti politique, et plusieurs fois ministre pendant près de 20 ans, il rompt par cette démission une longue alliance avec le président Paul Biya, à quatre mois de la prochaine élection présidentielle. Il y a deux semaines, dans la ville de Garoua, son fief électoral au nord du pays, il avait déjà été très critique à l’égard du pouvoir.

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Le Japon fournira des équipements de défense à la Thaïlande et à sept autres pays

Le Japon prévoit de fournir des équipements de défense à la Thaïlande, aux Tonga et à six autres pays au cours de l’exercice en cours à titre d’aide à la sécurité, a déclaré vendredi une source gouvernementale, dans le but de garantir des voies maritimes sûres dans la région indo-pacifique où la Chine fait évoluer sa posture militaire.

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France : un «sommet» des droites ultra conservatrices se déroule à Paris

Pierre-Edouard Stérin et Vincent Bolloré, deux milliardaires proches de la droite conservatrice, voire ultraconservatrice, ont organisé mardi soir à Paris un rassemblement de divers intellectuels ou leaders de parti politiques d’extrême droite.

Mardi 24 juin, les leaders et intellectuels d’extrême droite se sont retrouvés à Paris . Une rencontre qui intervient à deux ans de la présidentielle et qui d’après plusieurs analystes a permis de poser les bases d’une union des droites, toujours très hypothétique.

À entendre les quelque 1 200 personnes venues écouter des discours contre l’immigration, la bureaucratie ou la fiscalité, une union des droites pour 2027 est plébiscité. En témoignent les huées entendues lorsque Laetitia Bonart, journaliste et essayiste conservatrice, a dit « ne pas croire en une union des droites ».

Par exemple, Reconquête, le parti d’Eric Zemmour, faible électoralement, la désire. L’eurodéputée Sarah Knafo tente d’en jeter les bases : « On a toujours défendu une alliance qui doit se faire sur les terrains de l’identité et des libertés économiques, notamment. Ce soir, c’est la bonne manière de montrer qu’il y a un bloc de droite pour préparer les victoires de demain. »

Même chose pour le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, encore moins lourd dans la balance électorale, et jaloux de voir la gauche s’unir dans les moments clé : « Personne ne s’étonne d’avoir vu les communistes, les socialistes, Verts, LFI… pourquoi on s’étonnerait d’avoir des patriotes avec des sensibilités plus ou moins indépendantistes. Je crois qu’il faut que les Français s’habituent.

Une alliance des droites… sous la bannière du RN?

Mais plus la formation pèse dans les urnes, moins l’union des droites importe. Jordan Bardella, chef du RN, premier parti de France, appelle à se ranger derrière lui. Il juge que l’ « alternance viendra d’une majorité Rassemblement national. L’idée, c’est d’appeler tout le monde à faire un bout de chemin ensemble. » Pour Marion Maréchal, enfin, nièce de Marine Le Pen, il faudra tôt ou tard y passer, comme en Italie : « Il n’y a plus aucune digue qui empêche cette logique de l’histoire qui s’impose.

Pourtant, à ce rassemblement, aucun ténor des Républicains n’était présent. Historiquement hostile aux alliances à l’extrême droite, le parti n’a répondu à l’invitation, il faudra encore les convaincre. Même si un organisateur l’assure, certains ont vraiment dit non à contrecœur.

Arménie: une tentative présumée de coup d’État déjouée selon le Premier ministre Pachinian

Le premier ministre arménien Nikol Pachinian a affirmé mercredi que les forces de l’ordre avaient déjoué une tentative de coup d’État impliquant un ecclésiastique, accusations rejetées par l’un des proches de cet opposant, tandis que se dégradent les relations entre l’Église apostolique et le pouvoir.

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Kenya | Une mémoire douloureuse sous tension : Nairobi commémore les victimes des manifestations de juin 2024

Un an après la vague de protestation qui a secoué le Kenya, les commémorations de ce 25 juin 2025 résonnent comme un cri de mémoire et un appel à la justice dans un climat social toujours tendu.

Des centaines de personnes se sont réunies pour rendre hommage aux victimes des violentes manifestations de juin 2024, qui avaient éclaté en réaction au projet gouvernemental d’augmentation généralisée des taxes. Une soixantaine de morts, des centaines de blessés, et plusieurs dizaines de disparus avaient été recensés à l’époque. Ces événements avaient laissé une cicatrice profonde dans l’opinion publique kenyane.

À l’origine du soulèvement : une pression fiscale jugée insoutenable par de nombreux citoyens, dans un contexte de forte inflation, de chômage persistant en particulier chez les jeunes et d’un coût de la vie en hausse constante. Les étudiants, jeunes diplômés, travailleurs informels ou précaires furent les plus nombreux à descendre dans la rue, criant leur désespoir face à ce qu’ils percevaient comme une déconnexion brutale entre les élites politiques et la réalité sociale.

Le gouvernement, dirigé par le président William Ruto, avait alors répondu par un déploiement massif des forces de sécurité. Si les autorités affirmaient vouloir éviter une déstabilisation du pays, la répression brutale des manifestations avait été largement critiquée par la société civile et plusieurs organisations internationales de défense des droits humains. Des cas d’arrestations arbitraires, d’enlèvements non élucidés et de violences policières ont été recensés, sans que les responsabilités ne soient clairement établies à ce jour.

Ce 25 juin 2025, les commémorations sont organisées à l’appel de plusieurs associations citoyennes et collectifs de familles endeuillées. Sur les réseaux sociaux, les hashtags #JusticeForJuneVictims et #NeverForgetKenya témoignent de l’écho encore très vif de ces événements.

Mais l’émotion s’accompagne de craintes. Des dispositifs de sécurité renforcés ont été déployés à Nairobi et dans plusieurs grandes villes du pays. Les autorités redoutent que ces rassemblements ne ravivent les tensions sociales, alors même que le débat sur la justice fiscale, la gouvernance et la transparence reste entier. Le rapport parlementaire promis sur les exactions policières n’a toujours pas été publié, et aucune réforme institutionnelle d’envergure n’a vu le jour.

Au-delà de la mémoire, ces commémorations interrogent la capacité de l’État kényan à garantir les droits fondamentaux dans un contexte de crispation sociale. Le droit de manifester, la liberté d’expression et la redevabilité des institutions apparaissent comme des piliers fragilisés dans une démocratie pourtant régulièrement citée en modèle en Afrique de l’Est.

Plus largement, le cas kényan soulève une question cruciale pour de nombreux pays du continent africain : comment concilier stabilité budgétaire et équité sociale ? Dans un monde marqué par l’endettement public croissant, les injonctions des bailleurs internationaux et les fragilités internes, la tentation de mesures fiscales impopulaires revient avec régularité. Mais lorsqu’elles ne sont pas accompagnées de transparence, de pédagogie et de justice redistributive, elles peuvent devenir le terreau de crises politiques majeures.

Les commémorations de Nairobi ne sont pas seulement un hommage aux disparus. Elles rappellent l’exigence de vérité, de justice et de réforme dans une société kényane en quête de dignité. Elles soulignent, à un an de la tragédie, que la mémoire collective peut être un levier pour refonder un contrat social plus juste, ou au contraire un marqueur persistant de rupture si les promesses restent lettres mortes.

la Nouvelle-Zélande dit oui à l’usage médical des champignons hallucinogènes

La Nouvelle-Zélande a annoncé mercredi 18 juin autoriser l’usage médical de la psilocybine, présent dans certains champignons hallucinogènes. Un traitement prometteur pour les patients atteints de dépression et n’ayant pas répondu aux traitements plus conventionnels.

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France: la CFDT annonce «l’échec» du conclave sur les retraites, François Bayrou a reçu ce mardi les partenaires sociaux pour « trouver une voie de sortie »

Le conclave sur les retraites s’est soldé par un « échec », a annoncé lundi 23 juin dans la soirée Yvan Ricordeau, négociateur de la CDFT, à l’issue de la dernière réunion après quatre mois de concertation entre partenaires sociaux. La fin du conclave est ainsi un moment de vérité pour François Bayrou, qui s’était engagé à en présenter les conclusions devant le Parlement. Mais une voie de passage reste de mise alors que les partenaires sociaux sont reçus ce mardi à Matignon

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Conflit Israël-Iran : Téhéran demande des comptes à Lisbonne après l’autorisation accordée à des avions américains, la trêve vacille quelques heures après son entrée en vigueur, Paris appelle l’Iran à renouer rapidement le dialogue (Point du mardi 24 juin)

Alors qu’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran venait tout juste d’entrer en vigueur ce mardi 24 juin au matin, la situation sur le terrain a rapidement dégénéré, mettant en doute la viabilité de cette trêve. Parallèlement, une tension diplomatique grandissante est née entre Téhéran et Lisbonne, après que le Portugal a autorisé le transit d’avions militaires américains par la base stratégique de Lajes, dans les Açores.

L’Iran interpelle officiellement le Portugal

L’ambassadeur iranien à Lisbonne, Majid Tafreshi, a annoncé que Téhéran allait officiellement demander des explications au gouvernement portugais sur l’utilisation de la base de Lajes par des avions de ravitaillement américains. Selon lui, la présence de ces appareils, qui auraient contribué indirectement aux frappes contre des installations nucléaires en Iran, remettrait en cause la neutralité du Portugal.

Dans une interview à Rádio Renascença, Tafreshi a déclaré : « Votre gouvernement devrait clarifier cette situation, et nous ne manquerons pas de la remettre en question. » Il a souligné que ravitailler des avions en route pour des missions offensives revenait à participer à l’agression elle-même. Dans un entretien à CNN Portugal, il a ajouté que « si le pays était au courant des frappes, il devrait le déclarer ouvertement ».

Le gouvernement portugais a confirmé que le 18 juin dernier, il avait autorisé le transit de 12 avions militaires américains dans le cadre d’un accord bilatéral. Le ministère de la Défense a précisé qu’il s’agissait d’une procédure habituelle, les appareils étant des avions de ravitaillement et non des chasseurs. Lisbonne a également rappelé que ce type d’autorisation est accordé régulièrement à divers partenaires.

Le cessez-le-feu compromis dès ses premières heures

Entré en vigueur à 7 heures du matin, le cessez-le-feu négocié sous l’impulsion de Donald Trump semble avoir volé en éclats dès la fin de la matinée. À 11 heures, des sirènes d’alerte ont retenti dans le nord d’Israël, signalant deux missiles balistiques tirés depuis l’Iran. Les projectiles ont été interceptés par le système de défense aérienne israélien.

En réponse, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a ordonné des frappes de représailles. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a quant à lui affirmé que « Téhéran va trembler ». De son côté, l’Iran a nié avoir violé la trêve, qualifiant les accusations israéliennes de fausses. Toutefois, un haut responsable sécuritaire iranien a déclaré que le pays « garde le doigt sur la détente pour répondre à toute agression ».

Une nuit de violence avant la trêve

Malgré la trêve annoncée, les hostilités ont continué jusqu’aux premières heures du matin. L’Iran a tiré une salve de 20 missiles sur la ville de Beer-Sheva, dans le désert du Néguev, causant la mort de quatre civils et faisant plus d’une vingtaine de blessés. Dans le même temps, Israël a poursuivi ses frappes contre des infrastructures militaires iraniennes, notamment dans le nord du pays. Un ingénieur en armement iranien aurait été tué à Téhéran.

L’armée israélienne a revendiqué le « contrôle absolu du ciel de Téhéran », annonçant avoir infligé des pertes importantes au commandement militaire iranien et détruit plusieurs cibles stratégiques. Parallèlement, l’Iran a répliqué dans la nuit en frappant la base militaire américaine d’Al Oudeïd, au Qatar, sans faire de victime selon Washington.

Donald Trump tente d’imposer une trêve fragile

C’est le président américain Donald Trump qui a annoncé, dans la nuit de lundi à mardi, la mise en place d’un cessez-le-feu de 24 heures. L’Iran s’engageait à suspendre ses frappes pendant 12 heures, suivi d’un engagement similaire de la part d’Israël. Trump a salué sur son réseau Truth Social « l’intelligence et le courage » des deux pays pour mettre fin à ce qu’il a qualifié de « Guerre de 12 jours ».

Mais la fragilité de cet accord est apparue dès les premières heures. L’armée israélienne a confirmé que de nouvelles salves de missiles avaient été tirées par l’Iran juste avant l’entrée en vigueur de la trêve, et qu’elle restait prête à répondre. À Tel-Aviv et Beer-Sheva, des explosions ont été entendues au petit matin. L’armée iranienne, via l’agence SNN, a toutefois précisé qu’il s’agissait des « derniers tirs avant la trêve ».

La diplomatie en action, mais les armes parlent encore

Selon la Maison Blanche, l’accord aurait été conclu grâce à l’entremise du Premier ministre qatari Mohammed ben Abdoulrahman al Thani, qui a mené des échanges directs avec Téhéran. Le vice-président américain J.D. Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et l’émissaire spécial Steve Witkoff ont également joué un rôle dans les négociations.

En parallèle, la France a exhorté l’Iran à s’engager « sans délai » dans des négociations de fond. Le ministère français des Affaires étrangères a appelé à un « arrêt complet des hostilités » et à une reprise rapide des efforts diplomatiques.

Un bilan humain et matériel toujours en hausse

Alors que les combats se sont poursuivis malgré les annonces officielles, les pertes civiles s’alourdissent. En Iran, une attaque qualifiée de « terroriste » a frappé la province de Gilan mardi matin, faisant neuf morts et 33 blessés selon les autorités locales. Par ailleurs, un expert nucléaire iranien, Mohammadreza Sediqi, a été tué lors d’une frappe israélienne, selon l’agence Nournews.

La France exhorte l’Iran à s’engager « sans délai » dans des négociations

La France a salué mardi l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran et appelé Téhéran à s’engager « sans délai » dans des négociations sur ses activités nucléaire et balistique, réaffirmant que seule une solution diplomatique pourrait apporter une réponse durable aux défis de sécurité posés par le programme nucléaire iranien.

« La France exhorte l’Iran à s’engager sans délai dans des négociations conduisant à un accord qui réponde à toutes les préoccupations liées à ses programmes nucléaire et balistique et à ses activités déstabilisatrices. La France, en lien avec ses partenaires, est pleinement mobilisée pour contribuer à cet objectif », a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans une déclaration.

La guerre éclair entre Israël et l’Iran, déclenchée le 13 juin, devait trouver un apaisement avec la trêve annoncée par les États-Unis. Mais les faits de ce mardi 24 juin témoignent d’un climat encore extrêmement instable, où les promesses diplomatiques peinent à contenir la réalité des affrontements. Le conflit, d’abord militaire, s’étend désormais au champ diplomatique, comme le montre l’affaire de la base de Lajes. Reste à savoir si les heures à venir verront un réel engagement vers la paix ou une reprise ouverte des hostilités.

Se félicitant à son tour de ce cessez-le-feu, Emmanuel Macron a toutefois souligné que la situation restait « volatile » et estimé que le risque d’un enrichissement de l’uranium clandestin par l’Iran s’était accru avec les événements récents.

« C’est évidemment un risque qui existe, que nous redoutons depuis que le JCPoA [l’accord sur le nucléaire iranien de 2015] a été fragilisé, et contre lequel nous avons toujours cherché à lutter (…). Ce risque est accru, en effet, avec ce qui s’est passé récemment », a déclaré le président de la République.

Emmanuel Macron s’exprimait depuis la Norvège peu avant de se rendre à La Haye, où il devrait s’entretenir avec Donald Trump en marge du sommet de l’Otan qui se tient dans la ville néerlandaise jusqu’à mercredi.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a de son côté écrit au ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, afin de lui proposer une rencontre.
Dans un message sur X, Rafael Grossi a exhorté l’Iran à reprendre sa coopération avec l’agence onusienne dans le but d’avancer vers une solution diplomatique à même de régler le dossier nucléaire iranien.