Archives pour la catégorie Politique

Europe et Inde : vers un accord stratégique soutenu par la France, l’Allemagne et la Pologne

Un pas décisif vers un rapprochement stratégique.La France, l’Allemagne et la Pologne ont appelé à une signature rapide de l’accord entre l’Union européenne et l’Inde, qu’elles qualifient d’« étape décisive dans le renforcement des relations économiques et stratégiques ». L’annonce a été faite lors d’une rencontre entre les ministres européens des Affaires étrangères et leur homologue indien à Paris.

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Mali : Double attaque jihadiste contre la mine d’or de Morila

La mine d’or de Morila, dans le sud du Mali, a été visée par une double attaque menée par le groupe jihadiste Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen (JNIM), affilié à Al‑Qaïda. Cette attaque survient dans un contexte de ce que le groupe appelle un « jihad économique », visant à perturber les activités économiques et l’approvisionnement en carburant dans le pays.

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Tchétchénie : Ramzan Kadyrov propulse son fils de 20 ans vice-Premier ministre

La dynastie Kadyrov se renforce.Le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov a nommé son fils aîné, Akhmat Kadyrov, âgé de seulement 20 ans, au poste de vice-Premier ministre de la République tchétchène. Cette décision a été annoncée au début de l’année 2026 via le canal Telegram officiel de Kadyrov, qui a qualifié ces changements de “modifications mineures du personnel”.

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Sophia Chikirou relaie une fausse image générée par IA de l’épouse de Nicolás Maduro

En diffusant sur le réseau X une image générée par intelligence artificielle pour faire croire que Cilia Flores, épouse de Nicolás Maduro, aurait subi des violences physiques lors de son arrestation, la députée Sophia Chikirou a franchi un seuil supplémentaire dans l’usage militant de la falsification visuelle. Une séquence révélatrice d’une instrumentalisation idéologique de la souffrance féminine et d’une confusion assumée entre combat politique et manipulation émotionnelle.

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Trump secoue le multilatéralisme : les États-Unis quittent 66 organisations internationales, dont 31 de l’ONU

Dans une décision spectaculaire, le président américain Donald Trump a ordonné le retrait des États‑Unis de 66 organisations internationales, dont 31 liées à l’ONU, affirmant que ces instances « ne servent plus les intérêts américains ». Ce geste marque un tournant majeur dans la politique étrangère américaine et suscite une vague d’inquiétude à travers le monde.

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L’Italie devient le quatrième exportateur mondial, selon l’OCDE, mais reste loin du podium

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a officiellement confirmé que l’Italie a dépassé le Japon pour devenir le quatrième exportateur mondial. Une performance significative pour la péninsule, qui témoigne de la solidité de son tissu industriel, même si l’écart avec les trois premières puissances exportatrices demeure considérable.

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Entre économie et sécurité, la Corée du Sud tente un rapprochement avec la Chine

Après plusieurs années de relations tendues, la Corée du Sud et la Chine tentent de renouer le dialogue. La visite officielle du président sud-coréen à Pékin marque un premier pas vers un apaisement prudent entre les deux puissances asiatiques, sur fond d’enjeux économiques et sécuritaires régionaux.

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Guerre en Ukraine : l’ex-ministre canadienne Chrystia Freeland nommée conseillère auprès de Volodymyr Zelensky

Kiev renforce son dispositif diplomatique et économique en s’appuyant sur une figure politique occidentale de premier plan. L’ancienne vice-première ministre canadienne Chrystia Freeland a été nommée conseillère spéciale du président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans une fonction non rémunérée.

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France : trente ans après la mort de François Mitterrand, héritage du pouvoir et solitude des héritiers

Trente ans après la disparition de François Mitterrand, la France continue de parler de lui comme d’un repère plus que comme d’un modèle, d’une ombre plus que d’une filiation. Peu de figures politiques de la Ve République ont laissé une empreinte aussi profonde, et pourtant aussi difficile à transmettre. Car Mitterrand n’a pas légué un corpus idéologique clé en main. Il a laissé une expérience du pouvoir, une manière de l’habiter, et une question toujours ouverte : comment gouverner durablement sans réduire la politique à une morale simplifiée ou à une gestion technocratique ?

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François Mitterrand fut avant tout un homme du temps long. Dans un régime pensé pour la stabilité, il a compris que le pouvoir ne se conquiert pas seulement dans l’instant électoral, mais dans la patience, l’attente, la maîtrise des équilibres. Son arrivée à l’Élysée en 1981 n’est pas une rupture brutale avec l’ordre institutionnel ; c’est au contraire une appropriation méthodique de la Ve République par une gauche qui l’avait longtemps combattue. En cela, son premier héritage est institutionnel : avoir démontré que le pouvoir ne se transforme pas toujours en le renversant, mais parfois en l’occupant jusqu’à en déplacer le centre de gravité.

Les grandes réformes du début du premier septennat : abolition de la peine de mort, libertés publiques, décentralisation constituent encore aujourd’hui des marqueurs structurants de la société française. Elles ont façonné un consensus républicain durable. Mais s’arrêter à ces acquis serait oublier l’essentiel : Mitterrand n’était pas un idéologue, il était un stratège. Et cette stratégie impliquait des renoncements.

Le tournant de la rigueur, dès 1983, est à cet égard central. Il ne s’agit pas seulement d’un ajustement économique ; c’est une inflexion historique. La gauche française, sous Mitterrand, accepte durablement les contraintes du marché, de l’Europe monétaire, de la mondialisation naissante. Ce choix, souvent présenté comme inévitable, marque une rupture silencieuse avec toute ambition de transformation économique profonde. Mitterrand gouverne alors non plus contre le système, mais à l’intérieur de ses limites.

C’est ici que son héritage devient paradoxal. Il a rendu la gauche apte à gouverner, mais au prix d’un affaiblissement progressif de son imaginaire politique. Il a fait entrer la gauche dans la durée du pouvoir, mais l’a aussi privée d’un horizon clair de dépassement. Beaucoup de ses héritiers supposés n’ont retenu que la gestion, sans la vision ; l’exercice du pouvoir, sans la pensée du conflit.

Sur la scène internationale, la même ambivalence domine. Européen convaincu, artisan décisif du traité de Maastricht, Mitterrand a inscrit la France dans une construction européenne irréversible, fondée sur la discipline monétaire et l’intégration économique. Mais cette Europe, pensée comme un rempart contre les nationalismes, s’est aussi éloignée des peuples, nourrissant les fractures contemporaines. En Afrique, la continuité de la Françafrique et les zones d’ombre du dossier rwandais rappellent que l’homme des grands principes savait aussi composer avec les logiques de puissance et de silence.

Alors, qui sont les héritiers de François Mitterrand ? La question, trente ans plus tard, reste sans réponse claire. Le Parti socialiste, qui fut son instrument politique, apparaît orphelin de sa figure tutélaire, incapable de produire une synthèse entre mémoire et avenir. Les responsables politiques qui se réclament du mitterrandisme le font souvent par fragments : les libertés sans le tragique du pouvoir, l’Europe sans le sens du rapport de force, la gauche sans la conflictualité sociale.

Car Mitterrand n’a pas laissé une doctrine transmissible. Il a laissé une méthode. Une intelligence du pouvoir fondée sur la complexité, le doute, la contradiction assumée. Une capacité à penser politiquement sans céder à la morale immédiate ni à l’émotion dominante. Or c’est précisément ce qui manque le plus dans le paysage politique contemporain.

À l’heure où la vie publique est saturée par l’instantanéité, la communication et la gestion des affects, François Mitterrand apparaît presque anachronique. Il croyait au silence, à la distance, à la profondeur historique. Il considérait que gouverner, c’était accepter de ne pas être aimé immédiatement. Cette posture est devenue rare, presque incompréhensible dans un monde politique dominé par la réaction permanente.

C’est sans doute pour cela qu’il n’a pas d’héritiers véritables. Non parce qu’il serait trop grand, mais parce qu’il exigeait de la politique qu’elle soit un art difficile, inconfortable, parfois tragique. Il la concevait comme un lieu de tension entre le possible et le nécessaire, non comme un espace de pure adhésion émotionnelle.

Trente ans après sa mort, François Mitterrand ne lègue pas une solution. Il lègue une exigence. Celle de penser le pouvoir au lieu de le simplifier. Celle d’assumer les contradictions au lieu de les masquer. Celle de gouverner sans renoncer à la complexité du réel.

C’est peut-être là son héritage le plus dérangeant et le plus actuel.

Celine Dou, pour la boussole-infos

France : manifestations agricoles, arbres abattus et indignation publique – analyse d’une société gouvernée par les affects et les symboles

Les manifestations agricoles organisées à Paris ont donné lieu à des images fortes : rassemblements aux abords de l’Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel, colère visible d’un monde rural en crise, et, près de la porte d’Auteuil, un arbre coupé. C’est ce dernier fait qui, paradoxalement, a cristallisé l’essentiel de l’attention publique. Très rapidement, les réactions se sont multipliées : indignation morale, condamnation unanime, discours outrés sur la dégradation de l’espace commun. « Il est coupable de quoi, l’arbre ? », pouvait-on lire à foison.

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Ce déplacement du regard n’est pas anecdotique. Il révèle une mécanique désormais bien installée dans les sociétés contemporaines : la centralité des symboles et la gestion politique des émotions collectives.

L’arbre coupé devient un scandale parce qu’il est immédiatement lisible, photographiable, partageable. Il condense à lui seul une faute morale simple, un coupable désigné, un récit clair. À l’inverse, la crise structurelle du monde agricole revenus insuffisants, endettement, épuisement psychologique, sentiment d’abandon politique demeure complexe, diffuse, peu compatible avec l’économie de l’émotion instantanée. Elle exige du temps, de la pensée, du conflit idéologique. L’arbre, lui, exige seulement une réaction.

Nous ne sommes plus seulement dans une hiérarchie des indignations, mais dans une gouvernance par les affects. Le politique, loin de s’en tenir à un rôle de médiation et d’explication, s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Il ne cherche plus à élever le débat, mais à canaliser, orienter, parfois instrumentaliser l’émotion collective. L’indignation devient un outil. Le symbole, une arme. Le raisonnement, un luxe.

Cette logique n’est pas neutre. Elle produit un type de citoyen de plus en plus formé à réagir, et de moins en moins invité à comprendre. Les affects primaires colère, indignation, peur, compassion sélective circulent comme des épidémies. Ils se propagent vite, s’épuisent vite, et laissent peu de place à l’analyse des structures qui produisent les crises.

L’arbre abattu lors d’une manifestation choque davantage que les milliers d’arbres légalement détruits pour des autoroutes, des zones industrielles ou des projets immobiliers, parce que ces destructions-là sont intégrées dans un récit dominant : celui du progrès, de la modernité, de l’intérêt général. La légalité agit ici comme un anesthésiant moral. Ce qui est autorisé cesse d’être interrogé. Ce qui est spontané devient condamnable.

Mais derrière cette indignation sélective se joue quelque chose de plus profond encore : la fragmentation du corps social en communautés émotionnelles. Désormais, tout est « communauté ». La communauté des joueurs, des supporters, des écologistes, des indignés, des victimes, des causes. Chacun est sommé de ressentir avec les siens, de réagir en bloc, d’adhérer affectivement avant même de réfléchir.

Cette communautarisation des affects n’est pas un hasard lexical. Elle structure la manière dont les individus perçoivent le réel. Elle réduit le débat public à une juxtaposition de sensibilités concurrentes, incapables de produire un horizon commun. Là où il devrait y avoir un espace politique partagé, il n’y a plus qu’une mosaïque de réactions identitaires.

Dans ce cadre, l’écologie elle-même devient parfois un langage moral plus qu’un projet politique cohérent. On protège l’arbre visible, urbain, symbolique, mais on accepte sans débat la destruction massive du vivant lorsqu’elle sert des intérêts économiques puissants. On s’indigne d’un geste isolé, mais on tolère des politiques d’aménagement qui transforment durablement les territoires. L’écologie cesse alors d’être une pensée du vivant pour devenir une grammaire de l’émotion acceptable.

La colère des agriculteurs, aussi désordonnée soit-elle dans ses formes, exprime pourtant une réalité que les symboles ne doivent pas masquer : la dégradation lente mais continue de la vie humaine dans des secteurs entiers de la société. Et cette dégradation-là, parce qu’elle ne se prête pas à une indignation immédiate, est reléguée à l’arrière-plan.

L’arbre coupé à Paris n’est donc pas seulement un fait divers. Il est un révélateur. Il montre une société où l’on protège parfois mieux les symboles que les existences, où l’on réagit plus vite à une atteinte visible qu’à une injustice structurelle, où l’émotion collective est devenue un terrain de gouvernement.

À force de formater les citoyens à répondre par réflexe affectif, le politique affaiblit ce qui fonde pourtant toute démocratie vivante : la capacité à penser au-delà des symboles, à relier les causes aux conséquences, et à refuser que l’indignation serve de substitut à l’analyse.

Celine Dou, pour la boussole-infos