Un sous-marin d’attaque russe a été aperçu ces dernières semaines au large des côtes bretonnes, relançant les spéculations sur la présence accrue de bâtiments militaires russes près des eaux européennes. La Russie a cependant tenu à démentir toute rumeur de panne ou d’incident technique.
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CDI senior : sous couvert d’inclusion, une précarisation légalisée des fins de carrière
Le 15 octobre 2025, l’Assemblée nationale française a adopté le Contrat de Valorisation de l’Expérience, plus connu sous le nom de CDI senior. Présenté par le gouvernement comme un dispositif destiné à favoriser l’emploi des travailleurs de plus de 60 ans, ce contrat introduit en réalité une série de dérogations légales qui fragilisent la position des seniors dans l’entreprise, au profit du patronat.
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Un contrat officiellement inclusif… qui inquiète
Selon le discours officiel, le CDI senior vise à maintenir les travailleurs âgés dans l’emploi et à faciliter l’acquisition des droits à la retraite à taux plein. Le gouvernement souligne l’intérêt de prolonger la vie active des seniors, en leur offrant des opportunités d’emploi adaptées.
Pourtant, dès la lecture du texte, la logique de protection sociale laisse place à un mécanisme de flexibilisation dérogatoire. Le contrat prévoit notamment :
- des conditions salariales spécifiques, souvent inférieures à celles du droit commun ;
- la possibilité pour l’employeur de mettre unilatéralement le salarié à la retraite, dès que ce dernier atteint l’âge légal de départ à taux plein ;
- des incitations financières pour faciliter la mise à la retraite anticipée, sous forme d’exonérations sur les indemnités de départ.
Une mesure patronale déguisée en outil d’inclusion
Sous couvert de favoriser l’emploi, le CDI senior semble avant tout conçu pour libérer l’entreprise de ses obligations légales envers les travailleurs âgés. Plutôt que de sécuriser leur fin de carrière, il :
- organise leur sous-emploi, en rendant plus facile l’adaptation du poste ou la réduction du salaire ;
- légalise leur éviction, sous couvert d’un dispositif officiellement « inclusif » ;
- transforme la fin de carrière en espace de négociation patronale, où la protection sociale et les droits individuels sont conditionnés à l’accord de l’employeur.
Un modèle français dans un contexte européen
Le CDI senior s’inscrit dans un mouvement plus large : l’Europe pousse à l’allongement de la durée de travail pour répondre aux enjeux démographiques et aux déficits des systèmes de retraite. Mais dans d’autres pays, la politique publique combine prolongation de l’emploi et sécurisation des droits des seniors. En France, l’accent est mis sur la flexibilité au détriment de la protection.
Cette approche soulève des questions fondamentales : jusqu’où peut-on marchander la dignité des travailleurs âgés ? Et surtout, peut-on légitimer une mesure présentée comme égalitaire alors qu’elle entérine la précarité et la dépendance économique des seniors ?
Une question de société
Le CDI senior illustre un paradoxe : l’inclusion officielle masque une précarisation réelle. L’État, qui prétend favoriser l’emploi, organise en réalité une mise à l’écart socialement rentable des travailleurs âgés. Ce dispositif interroge non seulement le rôle du législateur dans la protection des droits, mais aussi la valeur que la société accorde à l’expérience et à la dignité des seniors.
Le débat ne se limite donc pas à l’emploi ou à la retraite : il touche à la justice sociale, à l’éthique professionnelle et au respect du travailleur, jusque dans ses dernières années d’activité. Le CDI senior n’est pas seulement une mesure économique : il est un révélateur de la tension entre inclusion nominale et précarisation réelle.
Celine Dou
Portugal : la gauche dénonce, la droite légifère quand l’égalité des sexes devient un champ idéologique
Le Parlement portugais a adopté, vendredi 17 octobre 2025, une loi interdisant le port du voile intégral dans l’espace public. Le texte, porté par le parti d’extrême droite Chega et soutenu par les formations du centre-droit, a été rejeté par l’ensemble des partis de gauche. Derrière ce vote clivant, une contradiction idéologique saute aux yeux : les partisans autoproclamés de l’égalité entre hommes et femmes refusent une loi qui, selon ses défenseurs, la garantit dans l’espace public tandis que la droite, souvent accusée de conservatisme, se fait paradoxalement championne d’une visibilité féminine imposée.
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Une loi sur la visibilité, adoptée par la droite
Le texte adopté à Lisbonne interdit à quiconque de se dissimuler le visage dans les lieux publics. Officiellement, il s’agit de préserver l’égalité, la sécurité et le civisme. Dans les faits, la mesure vise surtout le port du niqab et de la burqa, symboles d’un effacement du visage féminin dans l’espace commun.
Le projet, proposé par André Ventura, chef du parti Chega, a reçu le soutien du Partido Social Democrata (PSD) et d’autres formations de droite. Il prévoit des amendes de 200 à 4 000 euros pour toute infraction, et jusqu’à trois ans de prison pour quiconque contraint une femme à se voiler intégralement.
Lors du débat, Ventura a invoqué la défense des femmes portugaises :
« Aujourd’hui, nous protégeons vos filles, nos filles, pour qu’elles ne soient jamais forcées de porter la burqa dans ce pays. »
À l’opposé, le Partido Socialista (PS), le Bloco de Esquerda (BE), le Partido Comunista Português (PCP) et le mouvement Livre ont voté contre. Leur argument : la loi serait stigmatisante, discriminatoire et contraire à la liberté religieuse.
Le paradoxe idéologique de la gauche portugaise
Le refus des partis de gauche surprend. Depuis des décennies, ces formations se présentent comme les gardiennes de la laïcité, de la liberté des femmes et de la neutralité de l’État face aux religions. Leur discours s’oppose régulièrement à l’influence du catholicisme dans la sphère publique. Pourtant, lorsque la question touche à l’islam, la posture change : la laïcité devient suspecte, l’émancipation féminine relativisée.
Il est dès lors légitime de s’interroger : peut-on défendre l’égalité des sexes tout en tolérant qu’une partie de la population féminine vive voilée jusqu’au visage ?
Les militants de gauche répondent que la liberté de se couvrir relève d’un choix individuel, et qu’interdire ce choix serait une nouvelle forme d’oppression.
Mais la question de fond demeure : comment concilier liberté individuelle et valeurs civiques partagées, parmi lesquelles la visibilité du visage condition première du lien social ?
Une mesure de civisme plus que de religion
L’interdiction de dissimuler son visage dans l’espace public n’est pas une invention de l’extrême droite. En France, en Belgique, au Danemark ou en Autriche, des lois similaires ont été adoptées depuis plus d’une décennie, souvent au nom du vivre-ensemble. Le principe repose sur un fait simple : dans une société démocratique, la reconnaissance mutuelle passe par la visibilité du visage.
Ne pas montrer son visage, c’est refuser à autrui la possibilité d’évaluer son attitude, d’entrer en relation, de construire la confiance réciproque base élémentaire du civisme.
Ce rappel semble aujourd’hui presque naïf tant le débat est devenu passionnel. Pourtant, il y a quelques années encore, l’idée même de se présenter à visage découvert allait de soi dans les espaces communs. L’effacement du visage, qu’il soit religieux ou non, traduit un recul du lien social plus qu’un progrès de la liberté.
La droite, entre principe d’ordre et récupération identitaire
Il serait toutefois illusoire de voir dans le vote de la droite portugaise un acte purement humaniste. Derrière le discours sur l’égalité se profile un agenda politique : celui de la défense d’une identité nationale perçue comme menacée par l’immigration et la diversité religieuse.
En d’autres termes, la droite agit au nom de l’égalité, mais par souci d’ordre. La gauche, elle, s’y oppose au nom de la liberté quitte à se contredire sur le plan de la cohérence morale.
Ce clivage révèle moins une divergence sur les valeurs que sur leur hiérarchie :
- La droite place la visibilité et la norme commune au-dessus de la liberté individuelle.
- La gauche érige la liberté de conscience en principe absolu, même lorsque celle-ci conduit à un effacement de soi dans l’espace public.
Une question européenne
Au-delà du Portugal, ce vote réactive un vieux débat européen : celui de savoir si l’égalité doit être imposée ou choisie.
L’Europe libérale moderne tend à confondre liberté et neutralité, oubliant que la laïcité ne consiste pas à effacer toute norme, mais à fixer un cadre commun où chacun peut exister en égal.
Dans cet esprit, la loi portugaise ne devrait même pas prêter à controverse : montrer son visage dans l’espace public est l’un des fondements mêmes du vivre-ensemble démocratique.
Un symbole plus qu’une mesure
Les observateurs notent enfin que le port du voile intégral reste extrêmement marginal au Portugal. Le débat dépasse donc la simple application pratique de la loi. Il révèle un choc culturel entre deux conceptions de la liberté :
- celle, universaliste, qui considère l’égalité comme condition première de la dignité ;
- et celle, individualiste, qui voit la liberté comme absolue, y compris lorsqu’elle conduit à l’auto-effacement.
L’interdiction du voile intégral au Portugal met en lumière une inversion symbolique : c’est la droite qui légifère au nom de l’égalité, et la gauche qui s’y oppose au nom de la liberté.
Ce renversement ne dit pas seulement quelque chose du Portugal : il illustre une crise plus profonde de la pensée politique occidentale, où les mots « égalité », « liberté » et « laïcité » ne recouvrent plus les mêmes réalités.
Au bout du compte, la vraie question n’est peut-être pas religieuse mais sociale : quelle société voulons-nous ? Une société du visage découvert, du lien visible, de l’égalité des présences ? Ou une société du pluralisme absolu, quitte à ce que certains disparaissent du regard des autres ?
Celine Dou
Madagascar : la génération Z entre révolution citoyenne et récupération militaire
Au lendemain du renversement d’Andry Rajoelina par un groupe d’officiers menés par le colonel Michaël Randrianirina, une partie de la jeunesse malgache, moteur de la contestation, découvre l’amertume des victoires confisquées. Née sur les réseaux sociaux, la « Gen Z » qui a ébranlé le régime se demande aujourd’hui si sa révolte n’a pas servi d’escalier au pouvoir militaire.
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Une jeunesse numérique devenue acteur politique
Depuis la fin septembre 2025, la capitale Antananarivo a vu affluer des milliers de jeunes arborant un drapeau noir frappé d’un chapeau de paille : clin d’œil au manga One Piece, devenu symbole d’un soulèvement générationnel. Ce mouvement baptisé « Gen Z Madagascar » est d’abord né d’une colère sociale : pénuries d’eau, délestages à répétition, chômage endémique et sentiment d’abandon d’une élite politique jugée corrompue et déconnectée.
Les réseaux sociaux ont joué un rôle décisif. Sans leader officiel, la jeunesse s’est organisée en ligne : messageries cryptées, slogans viraux, vidéos en direct. L’humour, la musique et la culture populaire y ont remplacé les mots d’ordre traditionnels des partis. L’objectif : forcer le président Andry Rajoelina à rendre des comptes. En trois semaines, le mouvement a pris une ampleur inédite, au prix d’une vingtaine de morts lors de la répression policière.
La chute d’un président et l’irruption des militaires
Le 14 octobre, un groupe d’officiers, parmi lesquels les forces d’élite du CAPSAT, a annoncé la destitution du président. À sa tête, le colonel Michaël Randrianirina s’est présenté comme un patriote venu « rétablir l’ordre ». Rajoelina, en fuite depuis deux jours, a été déclaré déchu par l’Assemblée nationale, et le colonel a prêté serment dans la foulée.
Les militaires assurent ne pas vouloir confisquer le pouvoir et promettent une transition « de dix-huit mois ». Mais la mémoire malgache garde trace d’un précédent : en 2009, le même CAPSAT avait soutenu l’ascension d’Andry Rajoelina contre Marc Ravalomanana. Beaucoup voient donc dans cette nouvelle intervention un recyclage du scénario de 2009, simplement adapté à une époque de hashtags et de vidéos virales.
Une victoire au goût d’illusion
Pour les jeunes manifestants, l’annonce de la chute de Rajoelina a d’abord provoqué des cris de joie. Puis le doute s’est installé : la révolution citoyenne n’a-t-elle pas été récupérée ?
« Nous voulions un changement démocratique, pas un nouveau régime militaire », confie Marie Christina Kolo, l’une des figures du mouvement. Dans les universités et les cafés d’Antananarivo, les discussions oscillent entre fierté et désillusion. Certains continuent d’espérer que l’armée tiendra parole ; d’autres redoutent un verrouillage autoritaire déguisé.
Ce malaise traduit le dilemme d’une jeunesse politisée mais sans structure : connectée, inventive, mais dépourvue d’ancrage institutionnel. La Gen Z malgache incarne une génération mondiale de Lagos à Santiago, de Tunis à Jakarta qui refuse les hiérarchies figées mais peine à transformer la contestation numérique en projet politique durable.
Une onde de choc régionale et internationale
L’Union africaine a aussitôt suspendu Madagascar, tandis que les partenaires occidentaux ont appelé au « retour rapide à l’ordre constitutionnel ». L’Union européenne, l’Organisation des Nations unies et la Communauté de développement d’Afrique australe ont exprimé leur préoccupation.
Les agences de notation, dont S&P Global, ont placé le pays sous surveillance négative : incertitudes sur la gouvernance, risque de fuite des capitaux et ralentissement de l’aide internationale. Les économistes anticipent une baisse du PIB d’au moins 1,5 % sur l’année 2026 si la crise perdure.
Au-delà des chiffres, cette séquence remet en lumière la fragilité des institutions démocratiques dans plusieurs États africains : lorsque la rue s’enflamme et que la jeunesse réclame le changement, l’armée demeure souvent l’arbitre ultime.
Madagascar, miroir d’un paradoxe africain
L’histoire malgache résonne avec celles du Soudan, du Niger ou du Gabon : dans un continent où la moitié de la population a moins de 25 ans, la jeunesse apparaît à la fois comme la promesse et le talon d’Achille de la démocratie. Promesse, parce qu’elle porte une aspiration sincère à la transparence et à la justice ; talon d’Achille, parce qu’elle reste vulnérable aux manipulations et aux jeux d’appareils.
En Madagascar, le défi est désormais de traduire l’élan civique en institutions durables. L’armée, pour sa part, devra prouver qu’elle n’a pas troqué un homme fort contre un uniforme. Le monde observe, les jeunes attendent.
Vers quelle transition ?
La stabilité du pays dépendra de la capacité du nouveau pouvoir à organiser des élections crédibles et à ouvrir un dialogue national inclusif. L’avenir dira si la « Gen Z » malgache restera un simple épisode de colère ou deviendra la matrice d’un renouveau démocratique.
Analyse : Celine Dou
La Boussole – infos
États-Unis : le haut responsable militaire supervisant les frappes au large du Venezuela quitte son poste
Le haut responsable militaire américain chargé de superviser les frappes au large du Venezuela a annoncé jeudi sa retraite prochaine, après seulement un an en fonction. L’amiral Alvin Holsey, commandant des forces américaines pour l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale, quittera son poste le 12 décembre et prendra sa retraite de la Marine après « plus de 37 ans » de service, a-t-il indiqué sur le réseau social X, sans en préciser les raisons.
Un départ dans un contexte de remaniements militaires à Washington
Ce départ intervient alors que le président Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche en janvier, mène une vaste réorganisation des plus hauts rangs de l’armée américaine. Depuis le début de l’année, plusieurs hauts gradés ont été remplacés ou ont quitté leurs fonctions : le chef d’état-major interarmées, le général Charles “CQ” Brown, a été évincé en février, tout comme des responsables de la Marine, des garde-côtes, de la NSA, ou encore un amiral en poste à l’OTAN. Le chef d’état-major de l’armée de l’air a lui aussi annoncé son départ anticipé en août, après deux ans seulement sur un mandat prévu pour quatre.
Des frappes controversées au large du Venezuela
Sous la supervision de l’amiral Holsey, Washington a intensifié ses opérations militaires dans les Caraïbes, justifiées par la lutte contre le narcotrafic. Sept navires de guerre et plusieurs avions de combat furtifs ont été déployés dans la région depuis le début de l’année.
Selon les informations disponibles, au moins 27 personnes ont été tuées lors de cinq frappes menées depuis septembre au large des côtes vénézuéliennes. Ces opérations visent des embarcations présentées par les États-Unis comme appartenant à des trafiquants de drogue, mais la légalité de ces frappes menées dans des eaux étrangères ou internationales, sans interception ni interrogatoire préalable suscite un vif débat.
Caracas dénonce une manœuvre politique
Les autorités américaines accusent le président Nicolas Maduro et son gouvernement d’être à la tête d’une vaste organisation de trafic de drogue vers les États-Unis. Une accusation que Caracas rejette catégoriquement, dénonçant une campagne politique visant à « imposer un changement de régime » et à prendre le contrôle des réserves pétrolières du pays.
Alors que les tensions diplomatiques entre Washington et Caracas restent vives, le départ soudain de l’amiral Holsey ajoute une nouvelle zone d’ombre autour de la stratégie militaire américaine en Amérique latine.
Mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahu : la Cour pénale internationale rejette l’appel d’Israël
La Cour pénale internationale (CPI) a rejeté, ce vendredi 17 octobre 2025, la demande d’appel déposée par Israël visant à annuler les mandats d’arrêt émis contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant.
Lire la suite Mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahu : la Cour pénale internationale rejette l’appel d’IsraëlLe Pakistan et l’Afghanistan s’accordent sur un cessez-le-feu après une semaine d’affrontements meurtriers
Après près d’une semaine d’affrontements intenses le long de leur frontière commune, le Pakistan et l’Afghanistan ont convenu, mercredi soir, d’un cessez-le-feu de 48 heures, alors que les combats avaient déjà fait plusieurs dizaines de morts. Cette trêve fragile intervient dans un contexte d’escalade militaire et diplomatique sans précédent entre les deux voisins, sur fond d’accusations réciproques et de rivalités régionales croissantes.
Lire la suite Le Pakistan et l’Afghanistan s’accordent sur un cessez-le-feu après une semaine d’affrontements meurtriersQui est le colonel Michaël Randrianirina, nouveau président de Madagascar ?
Le colonel Michaël Randrianirina a été investi, vendredi 17 octobre, président de Madagascar, à la suite de la prise de pouvoir par l’armée après trois semaines de violentes manifestations contre l’ancien chef de l’État, Andry Rajoelina, désormais en fuite à l’étranger. Ce militaire de 51 ans, jusqu’alors chef du Capsat, une unité de l’armée malgache, est devenu en quelques jours le nouveau visage d’une transition politique marquée par la colère de la jeunesse.
Lire la suite Qui est le colonel Michaël Randrianirina, nouveau président de Madagascar ?Pérou : face à la crise sécuritaire, le nouveau gouvernement veut déclarer l’état d’urgence
Le chef du gouvernement de transition du Pérou, Ernesto Alvarez, veut déclarer l’état d’urgence dans la capitale Lima, vendredi, après des manifestations qui ont rassemblé des milliers de manifestants à l’appel du mouvement « Génération Z ».(Source : AFP).
Lire la suite Pérou : face à la crise sécuritaire, le nouveau gouvernement veut déclarer l’état d’urgenceIran : la loi sur l’espionnage menace la liberté d’expression et interpelle la communauté internationale
Le Parlement iranien a adopté une nouvelle loi sur l’espionnage qui prévoit la peine de mort pour certaines publications jugées « criminelles » sur les réseaux sociaux. Cette législation suscite de vives inquiétudes sur la répression de la liberté d’expression et les risques d’exécutions arbitraires dans le pays.
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Adoptée en juin 2025, cette loi vise à renforcer les sanctions contre toute personne accusée de « coopération avec des gouvernements hostiles », notamment Israël et les États‑Unis d’Amérique. Les amendements introduisent la possibilité de qualifier ces actes de « corruption sur terre » (efsad fel-arz), une infraction passible de la peine capitale dans le droit iranien.
Par ailleurs, la loi englobe la propagande ou toute activité en ligne jugée « hostile » ou portant atteinte à la « sécurité nationale », ouvrant la voie à des condamnations lourdes, incluant la prison à vie et la peine de mort.
Cette législation menace directement les journalistes, activistes, défenseurs des droits humains et internautes, qui risquent d’être accusés d’espionnage ou de « corruption sur terre » pour des activités pourtant pacifiques. Amnesty International et plusieurs ONG ont alerté sur le risque de procès arbitraires et de tortures dans les prisons iraniennes, notamment à Evin, où sont détenus de nombreux journalistes et opposants politiques.
Les minorités ethniques et religieuses, ainsi que la jeunesse connectée aux réseaux sociaux, apparaissent particulièrement vulnérables. L’autocensure se généralise, freinant la circulation de l’information et les débats critiques dans la société civile.
Cette loi s’inscrit dans un contexte de tensions régionales et internationales. Les récentes frappes israéliennes et les accusations d’espionnage à l’encontre de citoyens iraniens ont été suivies d’une vague d’arrestations. Le gouvernement iranien justifie sa législation comme une mesure de « protection nationale », mais celle-ci s’aligne également sur un contrôle renforcé de l’opinion publique, limitant la contestation interne.
Pour la communauté internationale, ce texte constitue un signal préoccupant sur le respect des droits fondamentaux et des engagements internationaux de l’Iran, notamment en matière de libertés civiles et de procès équitables.
Au-delà de l’Iran, cette loi soulève des questions sur la manière dont les régimes peuvent instrumentaliser des accusations d’espionnage pour restreindre la liberté d’expression. Elle illustre le risque de criminalisation des voix dissidentes, particulièrement dans un monde où l’information circule rapidement et globalement.
Elle souligne également l’importance du suivi international : sanctions ciblées, pressions diplomatiques et soutien aux journalistes et défenseurs des droits humains sont essentiels pour prévenir les abus et protéger les libertés fondamentales.
La loi iranienne sur l’espionnage n’est pas seulement une question interne : elle résonne comme un avertissement sur les limites de la liberté d’expression dans un régime autoritaire. En restreignant le droit de parole et en menaçant la vie des citoyens pour leurs opinions, l’Iran confronte la communauté internationale à un dilemme : comment défendre les droits humains face à des textes législatifs qui transforment la parole en crime.
Celine Dou