Archives pour la catégorie Politique

Coup d’État à Madagascar : destitué, le président Rajoelina dissout l’Assemblée nationale

La crise politique à Madagascar a pris un tournant spectaculaire ce mardi. Alors que l’Assemblée nationale s’apprêtait à voter la destitution du président Andry Rajoelina pour abandon de poste, celui-ci a annoncé, depuis l’étranger, la dissolution du Parlement. Quelques heures plus tard, l’armée a pris le pouvoir, suspendant la Constitution et instaurant un régime transitoire de deux ans.

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Cessez-le-feu à Gaza : le mouvement terroriste Hamas refait surface malgré le plan Trump

Alors que les négociations entre Israël et le Hamas n’ont pas encore totalement abouti, le mouvement islamiste palestinien reprend pied dans les rues de Gaza. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu vendredi dernier, après deux ans d’un conflit meurtrier, les forces de sécurité du Hamas réapparaissent dans plusieurs zones de la bande de Gaza abandonnées par l’armée israélienne. Une initiative qui va à l’encontre du plan de paix du président américain Donald Trump, lequel prévoit d’exclure le mouvement de la future gouvernance du territoire.

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Madagascar : les brigades féminines de proximité, un signe avant-coureur dans un pays en crise

Madagascar traverse depuis quelques jours une crise profonde, marquée par des manifestations massives contre le gouvernement et des pénuries de services essentiels. Dans ce contexte chaotique, l’existence des brigades féminines de proximité, créées dès 2017, apparaît comme un indicateur clé de l’état de la société malgache et de ses fragilités.

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Ces unités, composées exclusivement de policières, ont pour mission d’accompagner, protéger et conseiller les femmes et enfants victimes de violences. Avec 240 membres réparties sur l’ensemble du territoire, elles représentent l’un des rares dispositifs institutionnels dédiés à la protection des populations vulnérables. Leur présence sur le terrain permet de prévenir et de documenter des violences souvent invisibles, et d’offrir un accès direct à la justice et aux services sociaux.

Leur rôle ne se limite pas à l’assistance : ces brigades ont également un effet de prévention et de sensibilisation. Dans un pays où l’État peine à maintenir l’ordre et où les institutions locales ont souvent des moyens limités, elles symbolisent la capacité de la société civile et de l’État à anticiper des tensions sociales qui, aujourd’hui, se manifestent à grande échelle.

La récente crise à Madagascar, déclenchée par des contestations populaires autour de la gouvernance et de la sécurité, révèle combien ces structures étaient
déjà un signe avant-coureur des besoins de protection et de médiation dans la société. Les brigades féminines de proximité ont, en effet, permis d’identifier et de traiter de manière préventive certaines formes de violences qui auraient pu alimenter davantage le chaos actuel.

Cependant, leur efficacité reste limitée par des moyens insuffisants et des pressions politiques et sociales croissantes. Malgré cela, elles demeurent un exemple concret de réponse institutionnelle face à des problématiques anciennes mais souvent négligées, rappelant que la stabilité sociale repose autant sur des mesures préventives que sur des interventions ponctuelles.

À travers leur action, ces brigades démontrent que le respect des droits humains et la protection des plus vulnérables peuvent constituer des repères fiables même dans un environnement instable, et que la capacité d’un État à anticiper les crises passe aussi par l’attention portée à ces acteurs souvent méconnus mais essentiels.

Celine Dou

La Chine impose des taxes aux navires américains en représailles aux mesures de Washington

La tension commerciale entre la Chine et les États-Unis franchit une nouvelle étape. Pékin a annoncé l’instauration de droits “spéciaux” sur les navires américains accostant dans ses ports, en réponse directe aux mesures similaires décidées par Washington.

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Kenya : mort de Raila Odinga, figure historique de l’opposition, à l’âge de 80 ans

Le chef de l’opposition kényane Raila Odinga est décédé ce mercredi 15 octobre à l’âge de 80 ans, alors qu’il se trouvait en Inde pour des soins médicaux. Surnommé affectueusement « Baba » par ses partisans, l’ancien Premier ministre kényan s’est éteint des suites d’une crise cardiaque dans la ville de Koothattukulam, dans l’État du Kerala, ont confirmé ses proches à RFI.

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Belgique : forte mobilisation à Bruxelles contre l’austérité

Près de 80 000 manifestants ont défilé ce mardi dans les rues de Bruxelles pour dénoncer les politiques d’austérité du gouvernement fédéral dirigé par le Premier ministre Bart De Wever. Une grève nationale, organisée par les principaux syndicats belges en front commun, a paralysé une grande partie de la capitale, illustrant le profond mécontentement social face aux réformes budgétaires engagées pour ramener le déficit public sous la barre des 3 % du PIB.

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Sierra Leone : l’arrestation d’un narcotrafiquant turc avec un passeport diplomatique embarrasse le gouvernement

Un nouveau scandale diplomatique secoue la Sierra Leone. L’arrestation d’un narcotrafiquant turc en possession d’un passeport diplomatique sierra-léonais relance les soupçons d’un vaste réseau de corruption et de détournement de documents officiels au sein de l’administration. Une affaire qui met dans l’embarras le gouvernement du président Julius Maada Bio, déjà confronté à plusieurs controverses similaires.

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Nobel de la paix décerné à l’opposante Maria Corina Machado : le Venezuela ferme son ambassade en Norvège

Le gouvernement vénézuélien a annoncé lundi une « restructuration complète » de son appareil diplomatique et a confirmé la fermeture de son ambassade à Oslo, en Norvège. Cette mesure intervient dans la foulée de l’attribution du prix Nobel de la paix à la cheffe de l’opposition, María Corina Machado.(Source : AFP).

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Iran : les Français Cécile Kohler et Jacques Paris condamnés à de lourdes peines de prison pour espionnage

L’Iran a condamné deux ressortissants français, Cécile Kohler et Jacques Paris, à de lourdes peines de prison pour « espionnage » au profit de la France et d’Israël. Les verdicts ont été rendus mardi 14 octobre par un tribunal de première instance à Téhéran, a rapporté la presse iranienne. Ce mercredi, une source diplomatique a confirmé à Ouest-France qu’il s’agissait bien des deux otages français arrêtés en mai 2022.

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Sanae Takaichi « Trump du Pacifique » : La nationaliste qui veut réarmer le Japon et rompre avec l’héritage pacifiste

Elle est sur le point d’entrer dans l’histoire comme la première femme à diriger le Japon. Mais derrière ce symbole, Sanae Takaichi porte une ambition bien plus radicale : réarmer le pays, revisiter son histoire et affirmer une puissance japonaise affranchie du pacifisme imposé depuis 1945. Une orientation qui inquiète autant qu’elle fascine, au sein d’une Asie déjà sous haute tension.

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À 64 ans, Sanae Takaichi incarne un paradoxe : première femme à pouvoir accéder au poste de Première ministre du Japon, mais issue de l’aile la plus conservatrice du Parti libéral-démocrate (PLD). Fille d’un épicier de Nara, elle a gravi les échelons d’un monde politique longtemps fermé aux femmes, portée par une ténacité qu’elle revendique comme son principal atout.

Élue présidente du PLD en octobre 2025, Takaichi s’est imposée comme la figure la plus en vue de la droite dure japonaise. Admiratrice revendiquée de Shinzo Abe, dont elle se veut l’héritière, elle prône un Japon fort, décomplexé, maître de son destin militaire et historique.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon vit sous le régime de la Constitution pacifiste de 1947, qui interdit à l’armée tout rôle offensif. Pour Takaichi, ce cadre est devenu obsolète face à la montée en puissance de la Chine et aux provocations nord-coréennes.

Elle veut doter le Japon de capacités de frappe à longue portée, moderniser ses missiles, et réviser l’article 9 de la Constitution pour reconnaître officiellement le droit à la défense préventive. Son discours séduit une partie de l’opinion, lassée de voir le pays dépendre du parapluie sécuritaire des États-Unis d’Amérique, mais suscite aussi des craintes dans la région.

Pékin y voit un glissement vers le militarisme, Séoul dénonce une remise en cause de l’histoire, et les centristes japonais redoutent une dérive nationaliste qui isolerait Tokyo sur la scène asiatique.

L’un des aspects les plus controversés de Sanae Takaichi réside dans sa gestion de la mémoire. Elle se rend régulièrement au sanctuaire Yasukuni, où sont honorés des criminels de guerre de l’ère impériale, un geste perçu comme une provocation par les voisins asiatiques.

Sur les sujets de société, elle défend une vision conservatrice : opposition au mariage homosexuel, refus de l’égalité du nom de famille pour les couples mariés, hostilité à une politique migratoire ouverte. Ces positions, combinées à sa rhétorique nationaliste, lui valent le surnom médiatique de « Trump du Pacifique » une formule qu’elle ne rejette pas totalement.

Malgré sa victoire interne, Takaichi ne dispose pas encore d’une majorité stable pour gouverner. Le Komeito, parti centriste et allié traditionnel du PLD, a annoncé son retrait de la coalition, jugeant sa ligne trop radicale. Le PLD, affaibli par les élections récentes, ne détient plus la majorité absolue au Parlement.

Cette fragilité pourrait limiter sa marge de manœuvre, notamment sur la réforme constitutionnelle, qui exige une large majorité. Son défi immédiat sera donc de concilier un discours de fermeté nationale avec les impératifs de coalition dans un système politique marqué par le compromis.

Si Sanae Takaichi accède à la tête du gouvernement, le Japon pourrait connaître une inflexion majeure de sa politique étrangère. Son objectif est clair : restaurer la fierté nationale et rompre avec l’autocensure diplomatique héritée de l’après-guerre.

Mais cette ambition se heurte à plusieurs réalités : une population vieillissante, une dette publique colossale, une dépendance énergétique extérieure et une société encore prudente face au militarisme. Les défis économiques et sociaux pourraient vite rattraper les rêves de grandeur.

Le Japon se trouve à la croisée des chemins. Entre déclin démographique, dépendance technologique et montée des tensions régionales, la tentation du réarmement traduit une inquiétude existentielle : celle d’un pays longtemps pacifié, désormais rattrapé par la logique des blocs.

Sanae Takaichi symbolise cette mutation. Pour la première fois depuis 1945, une dirigeante japonaise revendique une puissance militaire et un récit national affranchi des tutelles.
Reste à savoir si le Japon saura conjuguer affirmation stratégique et prudence historique, ou s’il s’engagera sur la voie d’un nationalisme dont les cicatrices sont encore vives dans la mémoire asiatique.

Celine Dou