Accueil

  • Droit du sol et du sang : que dit l’Histoire de France sur l’attribution de la nationalité française ?

    Droit du sol et du sang : que dit l’Histoire de France sur l’attribution de la nationalité française ?

    La question de l’attribution de la nationalité française, notamment à travers le droit du sol – qui n’existe, intégralement ou partiellement, que dans 32 pays à travers le monde -, est régulièrement débattue, tout particulièrement en cette période électorale

    (suite…)
  • Madagascar : présient exfiltré par la France, armée qui rejoint les mutins, 22 morts dans les manifestations – ce qui se passe sur la grande île

    Madagascar : présient exfiltré par la France, armée qui rejoint les mutins, 22 morts dans les manifestations – ce qui se passe sur la grande île

    La tension atteint son paroxysme à Madagascar. Dimanche 12 octobre 2025, le président Andry Rajoelina a été exfiltré à bord d’un avion militaire français, selon plusieurs sources concordantes. L’opération, menée en coordination avec Paris, aurait été décidée d’un commun accord entre Emmanuel Macron et son homologue malgache, alors que la contestation prenait des proportions inédites dans le pays.

    (suite…)
  • France – Le Sénat saisi d’une proposition de loi pour libérer les enfants de parents défaillants de l’obligation alimentaire

    France – Le Sénat saisi d’une proposition de loi pour libérer les enfants de parents défaillants de l’obligation alimentaire

    Face à la montée des témoignages d’adultes brisés par des enfances violentes ou négligées, le Sénat français examine une proposition de loi qui pourrait bouleverser un des piliers du droit civil : l’obligation alimentaire envers ses parents.

    Lire la suite: France – Le Sénat saisi d’une proposition de loi pour libérer les enfants de parents défaillants de l’obligation alimentaire

    « Hors de question de payer pour quelqu’un qui a brisé mon enfance ». Ces mots, durs mais récurrents, traduisent le ras-le-bol de nombreuses personnes en France confrontées à une exigence juridique qui leur semble moralement insoutenable : devoir financièrement assister un parent qui les a abandonnés, maltraités ou rejetés.

    Portée par le sénateur Xavier Iacovelli, la proposition de loi n°349, déposée le 17 février 2025, entend permettre à tout adulte âgé de 18 à 30 ans de renoncer par acte notarié à cette obligation alimentaire, lorsque le parent concerné s’est montré défaillant dans ses devoirs. L’acte, une fois enregistré, pourrait être contesté dans les six mois par le parent, mais la charge de la preuve pèserait alors sur ce dernier, tenu de démontrer qu’il a assumé avec bienveillance ses responsabilités éducatives.

    En France, l’obligation alimentaire découle du principe de solidarité familiale inscrit dans le Code civil. Chaque enfant majeur est censé participer, selon ses moyens, à l’entretien de ses parents dans le besoin. Ce principe, issu d’une vision patriarcale et catholique de la famille, a longtemps été considéré comme intangible. Mais l’évolution des mœurs et la reconnaissance juridique des violences intra-familiales viennent bousculer cet héritage.

    Depuis la loi dite « Bien vieillir » de 2024, certains cas d’exonération sont déjà prévus : enfants retirés de leur famille par décision judiciaire, condamnation d’un parent pour violences graves ou manquements caractérisés. Toutefois, la proposition Iacovelli va plus loin, en conférant aux victimes la possibilité d’agir directement, sans passer par une longue procédure judiciaire.

    Les médias français ont relayé de nombreux récits d’adultes sommés par la justice d’aider financièrement un parent qui les avait pourtant abandonnés. Ces affaires ont provoqué un débat moral : la solidarité familiale doit-elle être automatique ?
    Pour les associations de protection de l’enfance, cette réforme constitue une forme de reconnaissance. « Pendant des décennies, on a parlé de devoir filial sans jamais évoquer la dette morale des parents », estime une juriste interrogée par France 3.
    À l’inverse, certains juristes craignent un glissement vers une société où le lien filial deviendrait contractuel, au risque de fragiliser l’esprit même de la solidarité intergénérationnelle.

    Si le débat se déroule en France, il interroge des valeurs partagées bien au-delà de ses frontières. En Afrique, notamment, la solidarité familiale reste une valeur cardinale, mais les transformations sociales et urbaines bousculent également ce socle. De plus en plus de jeunes adultes, confrontés à des histoires d’abandon ou de maltraitance, s’interrogent sur les limites du devoir filial.

    Cette proposition de loi, si elle venait à être adoptée, pourrait donc inspirer d’autres législations dans les pays confrontés aux mêmes tensions entre devoir de mémoire et besoin de justice individuelle.

    Outre la possibilité de renoncer à l’obligation alimentaire, le texte prévoit la perte automatique des droits successoraux à l’égard du parent concerné. Un geste lourd de conséquences, mais aussi de sens : rompre le lien matériel pour mieux se libérer du lien de souffrance.
    Le Sénat doit examiner la proposition dans les prochaines semaines. Si elle est adoptée, la France deviendra l’un des rares pays à permettre une émancipation légale de l’obligation parentale, une mesure qui résonne puissamment avec les luttes contemporaines pour la reconnaissance des traumatismes d’enfance.

    Cette initiative parlementaire s’inscrit dans une évolution plus large du droit occidental, où la famille n’est plus seulement un espace sacré, mais aussi un lieu de responsabilité partagée. Entre solidarité et justice, la société française cherche à redéfinir les contours du lien filial à l’aune de la dignité individuelle.

    Celine Dou

  • Coupe du monde 2026 : Le Cap-Vert crée la sensation et devance le Cameroun pour décrocher sa première qualification historique

    Coupe du monde 2026 : Le Cap-Vert crée la sensation et devance le Cameroun pour décrocher sa première qualification historique

    C’est un véritable séisme dans le football africain. Le Cap-Vert, petit archipel de 525 000 habitants situé au large du Sénégal, s’est qualifié lundi soir pour la première Coupe du monde de son histoire. En dominant largement l’Eswatini (ex-Swaziland) sur le score de 3-0 à Praia, les Requins Bleus ont terminé en tête du groupe D des éliminatoires de la zone Afrique, devant le grand favori, le Cameroun.

    (suite…)
  • Zelensky annonce une rencontre avec Donald Trump vendredi à Washington pour discuter de la défense de l’Ukraine

    Zelensky annonce une rencontre avec Donald Trump vendredi à Washington pour discuter de la défense de l’Ukraine

    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé lundi qu’il rencontrerait Donald Trump vendredi à Washington. Cette rencontre, très attendue, portera principalement sur le renforcement des capacités de défense antiaérienne et des moyens de frappe à longue portée de l’Ukraine, en pleine guerre contre la Russie.

    (suite…)
  • Donald Trump et Emmanuel Macron en Égypte : leur poignée de main tourne au bras de fer et enflamme les réseaux sociaux

    Donald Trump et Emmanuel Macron en Égypte : leur poignée de main tourne au bras de fer et enflamme les réseaux sociaux

    Après avoir reconduit Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre et apaisé la crise politique en France, Emmanuel Macron s’est envolé ce lundi 13 octobre pour Charm el-Cheikh, en Égypte, afin d’assister au sommet de la paix à Gaza. Le président français y a retrouvé son homologue américain Donald Trump, venu défendre son plan de paix visant à mettre fin au conflit israélo-palestinien.

    (suite…)
  • Gaza : Israël libère 1.968 prisonniers palestiniens en échange des 20 derniers otages vivants du Hamas

    Gaza : Israël libère 1.968 prisonniers palestiniens en échange des 20 derniers otages vivants du Hamas

    Israël a libéré ce lundi 1.968 prisonniers palestiniens en échange des 20 derniers otages vivants détenus par le Hamas, marquant la première étape du plan de cessez-le-feu soutenu par les États-Unis pour la bande de Gaza. L’annonce a été faite par les autorités israéliennes, confirmant la mise en œuvre d’un accord hautement symbolique et politiquement sensible.

    (suite…)
  • Maroc : la Génération Z à la recherche d’un nouvel horizon social

    Maroc : la Génération Z à la recherche d’un nouvel horizon social

    Alors que plusieurs villes du royaume ont été le théâtre, ces deux dernières semaines, de troubles marqués par des violences et la mort de plusieurs personnes, la question de la jeunesse marocaine s’impose avec acuité. Ces événements tragiques rappellent combien il est urgent de comprendre les tenants et les motivations profondes du mouvement de la « Génération Z » marocaine cette jeunesse connectée, éduquée, mais en quête de sens et de justice sociale.

    Lire la suite: Maroc : la Génération Z à la recherche d’un nouvel horizon social

    Face à la précarité, à la défiance politique et aux fractures sociales persistantes, la jeunesse marocaine, héritière d’un pays en mutation rapide, réclame un nouveau pacte entre l’État et les citoyens. Connectée au monde mais enracinée dans ses réalités, elle incarne à la fois l’espoir et l’impatience d’un continent jeune qui veut être entendu.

    Les places publiques du Maroc bruissent d’une colère contenue. Dans les rues de Rabat, Casablanca ou Fès, de jeunes Marocains manifestent pacifiquement, exigeant une réforme en profondeur du modèle social. Emploi, santé, éducation, justice : leurs revendications dessinent les contours d’un malaise global, qui dépasse les frontières nationales.

    Née à l’ère du numérique et des comparaisons internationales, cette « Génération Z » marocaine observe un monde ouvert, mais se heurte à un horizon souvent fermé. Le diplôme ne garantit plus l’emploi ; la méritocratie semble s’être dissoute dans les inégalités structurelles. Beaucoup aspirent à partir, faute d’un avenir stable dans leur propre pays.

    Depuis deux décennies, le Maroc s’est engagé dans d’importantes réformes économiques et institutionnelles. La modernisation du pays, saluée par les bailleurs internationaux, a permis de consolider les infrastructures, d’attirer les investissements et d’élargir l’accès à l’éducation.
    Mais ces progrès, réels, n’ont pas suffi à réduire les écarts.

    Le chômage des jeunes urbains reste supérieur à 35 %, selon le Haut-Commissariat au Plan. Dans les zones rurales, la pauvreté structurelle, le manque d’opportunités et la précarité scolaire entretiennent un sentiment d’abandon. La montée du coût de la vie, particulièrement dans les grandes villes, renforce la fracture sociale.

    Plus encore que les difficultés matérielles, c’est la crise de confiance qui frappe : beaucoup estiment que le système politique ne traduit plus les aspirations de la jeunesse. Les mécanismes de représentation traditionnels paraissent déconnectés d’une génération qui valorise la transparence, la participation et la mobilité.

    Cette jeunesse marocaine partage avec ses homologues d’Afrique, d’Europe ou du Moyen-Orient une même quête de sens. Elle rejette les hiérarchies figées, interroge la légitimité des élites et se saisit des outils numériques comme espace d’expression.

    Mais elle n’est pas seulement protestataire : elle invente. On la retrouve dans les start-up sociales, les collectifs culturels, les projets écologiques et citoyens. Elle expérimente, parfois en marge des institutions, un modèle de société fondé sur la créativité, l’équité et la solidarité.

    À travers ses mobilisations, c’est moins la contestation du pouvoir qui s’exprime que la volonté d’un renouvellement du contrat social, adapté à une société marocaine plus éduquée, plus urbaine et plus consciente de ses droits.

    Le Maroc n’est pas isolé dans ce mouvement de fond. En Tunisie, en Algérie ou en Égypte, les jeunes expriment la même lassitude face à des systèmes économiques bloqués et à des transitions politiques inachevées.
    Partout en Afrique du Nord, le poids démographique de la jeunesse plus de 60 % de la population fait de cette catégorie un acteur central du devenir collectif.

    Pour le royaume chérifien, cette pression générationnelle est aussi une opportunité. En investissant davantage dans la formation, l’innovation et la participation civique, le pays pourrait transformer ce potentiel en moteur de développement. À l’inverse, ignorer cette soif de reconnaissance risquerait d’alimenter le désengagement et l’émigration des jeunes talents.

    La « Génération Z » marocaine ne rejette pas son pays : elle l’interpelle.
    Ses attentes ne relèvent pas de l’utopie, mais d’un besoin de justice et de dignité. Elle souhaite participer aux décisions, non en spectatrice mais en actrice d’un futur plus équitable.

    Redéfinir le contrat social suppose donc un double effort :
    – du côté de l’État, une écoute réelle et des réformes concrètes ;
    – du côté de la jeunesse, la construction d’un engagement citoyen structuré et durable.

    L’enjeu dépasse le Maroc : il touche à la capacité de toute l’Afrique à offrir à sa jeunesse autre chose qu’un horizon d’exil.

    Le cri de la jeunesse marocaine n’est pas celui de la rupture, mais de la refondation. Il exprime la volonté d’un dialogue entre générations, d’un pays qui assume son évolution sociale et sa modernité.
    Dans ce Maroc en mouvement, la Génération Z se révèle non pas comme un problème à gérer, mais comme une force de renouvellement le visage d’un avenir encore possible, si la société accepte de l’écouter.

    Celine Dou, pour La Boussole – infos

  • Conférence mondiale de Pékin 2025 : les femmes réclament la moitié du pouvoir, pas la moitié des promesses

    Conférence mondiale de Pékin 2025 : les femmes réclament la moitié du pouvoir, pas la moitié des promesses

    Trente ans après la Déclaration de Pékin, la Conférence mondiale de 2025 rassemble dirigeantes, diplomates et militantes autour d’un constat partagé : la gouvernance mondiale reste majoritairement masculine. Entre promesses institutionnelles et réalités politiques, la question de la parité est plus que jamais un enjeu central pour la crédibilité démocratique du XXIᵉ siècle.

    Lire la suite: Conférence mondiale de Pékin 2025 : les femmes réclament la moitié du pouvoir, pas la moitié des promesses

    La première Conférence mondiale sur les femmes, tenue à Pékin en 1995, avait fixé un programme global pour l’égalité. Trois décennies plus tard, la ville accueille à nouveau les délégations internationales pour évaluer les progrès.

    Les statistiques sont parlantes : les femmes représentent 28 % des parlementaires mondiaux et moins de 15 % des chefs d’État ou de gouvernement. Malgré les discours, le pouvoir reste largement masculin.

    Le président chinois, Xi Jinping, a appelé à une « représentation accrue et concrète » des femmes dans les instances de décision. Mais le constat reste clair : de nombreux pays peinent à traduire les promesses en mesures effectives.

    Sur le continent africain, certaines avancées sont notables. Le Rwanda affiche 61 % de femmes au Parlement, tandis que le Sénégal atteint 46 %. Ces exemples illustrent des choix politiques volontaristes et assumés.

    Mais la situation reste inégale dans de nombreux États, où traditions, freins financiers et violences politiques ralentissent la participation féminine.

    Les dirigeantes africaines présentes à Pékin ont insisté sur un point : la parité ne doit pas être une simple visibilité symbolique, mais un levier de transformation des politiques publiques, touchant à la santé, l’éducation, la justice sociale ou la protection de l’environnement.

    En Asie, les disparités persistent :

    • Chine : moins de 25 % de femmes au Parlement, malgré le rôle de l’hôte.
    • Inde : adoption récente d’une loi réservant 33 % des sièges dans les assemblées locales aux femmes.
    • Japon : obstacles culturels et économiques persistent, freinant la participation politique des femmes.

    Dans les pays occidentaux, la moyenne de représentation féminine est plus élevée : 34 % en Union européenne, 29 % au Congrès des États-Unis d’Amérique. Mais cette présence ne se traduit pas toujours par une influence réelle sur le pouvoir exécutif ou économique.

    L’enjeu est donc qualitatif : comment faire en sorte que la présence des femmes aux instances de décision se traduise par un impact tangible sur les politiques publiques ?

    Les débats de la conférence ont rappelé que la parité n’est pas un privilège, mais un marqueur de démocratie efficace.
    Les pays intégrant davantage de femmes dans les instances décisionnelles tendent à produire des politiques plus inclusives et stables.

    Mais des freins subsistent : stéréotypes, violence politique, manque de financement pour les campagnes féminines, et harcèlement institutionnel.
    L’objectif dépasse la simple égalité numérique : il s’agit de changer la culture du pouvoir et de transformer les modes de gouvernance.

    Au-delà des résolutions, la conférence a mis en avant la volonté de bâtir des coalitions féminines transcontinentales.
    Des initiatives émergent pour créer des fonds dédiés à la formation et à la protection des femmes dans la vie publique.

    Le message central est limpide : les promesses ne suffisent plus. Pour que la gouvernance mondiale devienne réellement inclusive, les femmes doivent disposer de vraie responsabilité et influence dans tous les domaines de décision.

    Trente ans après Pékin, les femmes ne demandent plus seulement reconnaissance ou quotas : elles exigent la co-responsabilité.
    Elles ne réclament pas la moitié des promesses, mais la moitié du pouvoir.
    Le XXIᵉ siècle ne pourra se dire démocratique que s’il apprend à gouverner au féminin non pas contre les hommes, mais avec elles, pour une gouvernance plus juste et durable.

    Celine Dou

  • Mozambique : Décapitations, églises brûlées… Les islamistes font la chasse aux chrétiens – déjà plus de 22 000 personnes obligées de fuir à Cabo Delgado »

    Mozambique : Décapitations, églises brûlées… Les islamistes font la chasse aux chrétiens – déjà plus de 22 000 personnes obligées de fuir à Cabo Delgado »

    La province de Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, connaît une nouvelle flambée de violence d’une brutalité extrême. Décapitations, villages incendiés, églises réduites en cendres : les insurgés islamistes affiliés à Daesh multiplient les attaques contre les populations chrétiennes, provoquant l’exode de plus de 22 000 personnes en une seule semaine.

    (suite…)
  • Génération menacée : la hausse alarmante de la mortalité des jeunes dans le monde

    Génération menacée : la hausse alarmante de la mortalité des jeunes dans le monde

    Une étude mondiale publiée le 13 octobre 2025 par The Lancet dans le cadre du programme Global Burden of Disease tire la sonnette d’alarme : après des décennies de progrès, la mortalité des jeunes repart à la hausse. Addictions, suicides, violences et maladies évitables forment les causes principales d’une crise planétaire qui révèle un échec collectif : celui de protéger la génération censée incarner l’avenir.

    Lire la suite: Génération menacée : la hausse alarmante de la mortalité des jeunes dans le monde

    Ils ont entre 10 et 24 ans, et devraient être la promesse d’un monde en construction. Pourtant, selon la dernière étude Global Burden of Disease, publiée en octobre 2025, plus d’1,5 million de jeunes meurent chaque année de causes évitables.
    Un chiffre en hausse de près de 12 % en quinze ans, qui brise la tendance historique à la baisse observée depuis les années 1990.

    Les chercheurs y voient une crise silencieuse, masquée par les grands débats économiques ou climatiques, mais dont les conséquences humaines sont considérables. Car derrière les statistiques, il y a une réalité implacable : le monde échoue à protéger ses jeunes.

    L’étude couvre plus de 200 pays et révèle une tendance universelle, bien que différenciée selon les régions.
    En Afrique subsaharienne, la mortalité des jeunes reste la plus élevée du monde, dominée par les maladies infectieuses, les accidents et les conflits armés.
    En Amérique latine, la violence urbaine et les homicides sont les premières causes de décès des 15–24 ans.
    Quant aux pays industrialisés, ils connaissent une flambée de suicides, d’overdoses et de troubles mentaux liés à la solitude et à la pression sociale.

    Selon les auteurs, « aucune région du monde ne peut se dire à l’abri ».
    L’espérance de vie des jeunes a cessé de progresser, signe d’un épuisement des modèles de santé et d’éducation.

    Les causes principales de cette hausse sont désormais psychosociales plutôt que purement sanitaires.
    Les suicides représentent la troisième cause de mortalité chez les 15–24 ans dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé.
    Les overdoses liées à la consommation de drogues de synthèse et de médicaments détournés explosent, notamment aux États-Unis d’Amérique, au Canada et dans certaines capitales européennes.

    En parallèle, les violences communautaires et familiales continuent de faucher des vies en Afrique et en Amérique du Sud, où les armes prolifèrent et les structures sociales s’effritent.
    La pandémie de Covid-19 a par ailleurs aggravé l’isolement, l’anxiété et le décrochage scolaire, laissant des millions de jeunes sans repère ni accompagnement psychologique.

    « Nous assistons à une désagrégation lente du lien social et éducatif », alerte la sociologue indienne Meera Dasgupta.
    « Les jeunes sont surconnectés mais profondément seuls. »

    Au-delà des symptômes, l’étude met en évidence des causes systémiques.
    Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, la pauvreté reste le premier facteur de mortalité juvénile : malnutrition, accès limité à l’eau potable et aux soins, absence de couverture vaccinale.
    Mais dans les pays développés aussi, la précarité s’installe sous d’autres formes : emploi instable, isolement, anxiété de performance.

    Les chercheurs évoquent une « crise de sens » qui traverse la jeunesse mondiale.
    Entre désillusion politique, peur de l’avenir climatique et fatigue numérique, beaucoup de jeunes déclarent ne plus croire au progrès.

    L’éducation, pourtant levier central, ne parvient plus à jouer son rôle d’ascenseur social ni de rempart psychologique.
    Plus de 240 millions d’enfants et adolescents restent non scolarisés selon l’UNESCO, tandis que la déscolarisation post-pandémie continue d’augmenter dans plusieurs pays d’Afrique et d’Asie.

    Sur le continent africain, où plus de 60 % de la population a moins de 25 ans, cette tendance prend une tournure stratégique.
    Les maladies évitables (paludisme, infections respiratoires, diarrhées) restent les premières causes de décès des jeunes, mais la santé mentale et les violences prennent une place croissante.

    Dans les mégapoles en expansion, le chômage massif et la précarité urbaine favorisent les conduites à risque : alcool, drogues, insécurité routière, ou enrôlement dans des groupes armés.
    Sans politiques publiques adaptées, ce dividende démographique tant vanté pourrait se transformer en crise générationnelle.

    « Investir dans la jeunesse n’est pas un luxe, c’est une urgence de survie », martèle le chercheur sénégalais Ibrahima Sow, spécialiste des politiques sociales africaines.
    « L’Afrique ne pourra se développer qu’en protégeant sa jeunesse. »

    Les auteurs du rapport appellent à une mobilisation internationale urgente, articulée autour de trois priorités :

    1. Renforcer la santé mentale et la prévention des addictions, en intégrant le dépistage et l’accompagnement psychologique dans les écoles et universités.
    2. Réduire les inégalités d’accès à la santé, notamment en Afrique et en Asie du Sud.
    3. Repenser les modèles éducatifs, pour redonner du sens, de la cohésion et de l’espérance.

    Mais ces mesures exigent des choix politiques courageux, loin des logiques électorales ou économiques immédiates.
    Car si la jeunesse meurt davantage aujourd’hui qu’hier, c’est aussi le signe d’un monde fatigué de lui-même, où le futur a cessé de se construire.

    La hausse de la mortalité juvénile n’est pas un simple indicateur sanitaire : elle mesure le degré d’attention qu’une société porte à sa propre humanité.
    Chaque jeune perdu est un fragment d’avenir brisé.
    Si les États ne parviennent pas à inverser cette tendance, c’est toute la promesse du XXIᵉ siècle qui s’effondre avant d’avoir commencé.

    Celine Dou

Site d'information généraliste international indépendant