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Syrie–Chine : Damas envisagerait de remettre des jihadistes ouïghours à Pékin, malgré un démenti officiel

Alors que plusieurs sources proches du gouvernement syrien affirment que Damas s’apprête à transférer à la Chine des combattants ouïghours jihadistes présents sur son territoire, le ministère syrien des Affaires étrangères dément catégoriquement. Une controverse qui intervient au moment où Pékin et Damas renforcent leur coopération sécuritaire, sur fond d’enjeux géopolitiques croisés au Moyen-Orient et en Asie centrale.

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Chine : un adolescent sur quatre s’automutile, symptôme du mal-être d’une jeunesse en modernisation rapide

L’augmentation récente des comportements d’auto‑lésion chez les adolescents chinois révèle une fracture profonde entre les transformations économiques et technologiques du pays et la stabilité psychologique des jeunes générations. Selon plusieurs études menées dans les grandes villes chinoises, près d’un adolescent sur quatre s’est déjà infligé des blessures volontaires sans intention suicidaire. Ce chiffre, inédit en Chine, rapproche désormais le pays des sociétés occidentales, où ces comportements ont été documentés depuis plusieurs décennies.

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Le phénomène ne peut être réduit à un problème individuel ou médical isolé. Il s’inscrit dans un contexte de modernisation accélérée qui bouleverse les repères sociaux et culturels traditionnels. La transition de la Chine vers un modèle économique libéral et technologiquement avancé a créé un environnement où la compétition scolaire et sociale est intense, les pressions sur les jeunes immenses et les repères collectifs fragilisés. La culture confucéenne, qui structura longtemps l’éducation et les relations familiales, est mise à l’épreuve par la mobilité urbaine et la montée de l’individualisme. Les adolescents se retrouvent ainsi confrontés à des exigences personnelles et sociales sans précédent, mais avec moins de cadres solides pour y répondre.

La technologie joue un rôle amplificateur. L’usage intensif des smartphones et des réseaux sociaux expose les jeunes à une comparaison constante et à une surstimulation émotionnelle. L’isolement numérique et la dépendance aux écrans renforcent le sentiment de solitude et la difficulté à gérer les émotions, créant un terreau favorable aux comportements d’automutilation. Ces tendances sont accentuées par la pression scolaire et le rythme de vie urbain, qui imposent des performances académiques et sociales toujours plus élevées.

L’automutilation chez les adolescents chinois reflète aussi l’effet du libéralisme économique débridé sur la jeunesse. La croissance rapide et la consommation individualisée ont élargi les possibilités, mais ont simultanément réduit les repères collectifs et les valeurs transcendantes sur lesquelles les jeunes pouvaient s’appuyer pour structurer leur identité. La quête de sens, le sentiment d’appartenance et la stabilité affective deviennent fragiles, et certains adolescents cherchent à réguler leur détresse émotionnelle par des comportements d’auto‑lésion.

Au niveau de la santé publique, ce phénomène soulève des enjeux majeurs. La disponibilité limitée de psychologues scolaires, la stigmatisation persistante de la santé mentale et l’insuffisance des infrastructures de prévention mettent en danger la capacité des adolescents à recevoir un soutien adapté. Les initiatives récentes du gouvernement chinois pour alléger la pression scolaire et promouvoir le bien-être psychologique constituent un pas dans la bonne direction, mais leur impact reste encore limité face à l’ampleur du mal-être.

L’émergence de l’automutilation en Chine n’est pas un simple symptôme médical : elle illustre le coût humain des transformations socio-économiques rapides. La modernisation et l’ouverture économique, lorsqu’elles ne s’accompagnent pas de cadres sociaux, culturels et éducatifs protecteurs, peuvent générer des fragilités psychologiques inédites. Ce phénomène interroge non seulement les politiques éducatives et de santé publique, mais aussi la manière dont la société chinoise accompagne ses jeunes dans la transition vers une modernité accélérée.

La détresse des adolescents chinois est ainsi le reflet d’un paradoxe contemporain : la prospérité économique et technologique ne garantit pas le bien-être psychologique, et la jeunesse se retrouve souvent livrée à elle-même pour naviguer entre ambitions personnelles et exigences sociales. Comprendre ce phénomène exige une lecture fine et analytique, qui dépasse les chiffres bruts et met en lumière les transformations profondes de la société chinoise.

Celine Dou

Chine-Ghana : un partenariat symbolique autour de l’égalité des sexes

Le 13 octobre 2025, la Chine et le Ghana ont réaffirmé, à Pékin, leur engagement commun en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. L’annonce est intervenue lors de la Réunion mondiale des dirigeantes sur les femmes, un sommet marquant le trentième anniversaire de la Conférence mondiale sur les femmes de 1995, organisée dans la même ville. Trente ans plus tard, la capitale chinoise renoue ainsi avec l’esprit de Pékin, celui d’un appel universel à la reconnaissance des droits des femmes.

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Un engagement renouvelé, entre diplomatie et coopération Sud-Sud

La rencontre a réuni plusieurs chefs d’État, dont le président ghanéen John Dramani Mahama. Celui-ci a rappelé les avancées réalisées par son pays dans la promotion des droits des femmes, notamment l’adoption de la Loi sur l’action positive pour l’équité entre les sexes, destinée à renforcer leur participation dans la vie publique et politique.
Le Ghana, qui se distingue déjà par une représentation féminine croissante dans ses institutions locales et son administration, cherche à consolider ces acquis dans la durée.

La Chine, pour sa part, a mis en avant une coopération internationale renforcée sur la question du genre. Pékin a annoncé une contribution de 100 millions de dollars à ONU Femmes sur cinq ans, ainsi qu’un fonds équivalent dédié au développement mondial et à la coopération Sud-Sud. Ces financements visent à soutenir des projets d’émancipation féminine, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’entrepreneuriat.

L’égalité proclamée, les défis persistants

Les données officielles montrent que les femmes représentent près de 50 % des étudiants de l’enseignement supérieur en Chine et 43 % de la population active. Des progrès réels, mais encore contrastés : les plus hautes sphères du pouvoir politique restent fermées à la parité.
Depuis le congrès du Parti communiste chinois de 2022, aucune femme ne siège parmi les vingt-quatre membres du Bureau politique, ni au sein du Comité permanent organe le plus influent du pays. Cette absence traduit une persistance structurelle des inégalités de genre dans les postes décisionnels.

Le Ghana, malgré une législation volontariste, fait face à d’autres défis : la lenteur de la mise en œuvre, le manque de moyens financiers, et la résistance culturelle dans certaines zones rurales où les normes sociales freinent encore la pleine participation des femmes.

Pékin, symbole d’une diplomatie de genre en mutation

Ce sommet a surtout une portée symbolique : il marque le retour de la Chine dans un rôle de leader moral sur la scène mondiale, en s’appuyant sur un thème porteur et consensuel. Pour le Ghana, ce partenariat traduit la volonté d’inscrire sa politique d’égalité dans une dynamique internationale, au-delà du seul cadre africain.
Mais derrière les discours et les chiffres, une question demeure : ces engagements se traduiront-ils par des transformations concrètes, mesurables et durables ? La réponse dépendra de la transparence dans l’usage des fonds, du suivi des programmes, et de la capacité des institutions nationales à rendre des comptes.

Vers une réelle gouvernance inclusive ?

Trente ans après la première Conférence de Pékin, le monde a changé, mais les inégalités demeurent. L’égalité des sexes ne peut être réduite à des déclarations diplomatiques : elle exige un partage effectif du pouvoir, des ressources et des opportunités.
Tant pour la Chine que pour le Ghana, le défi est désormais d’incarner dans la pratique ce qu’ils proclament dans les sommets. Car l’égalité des genres n’est pas seulement un enjeu moral : c’est un indicateur du niveau de justice et de modernité d’une société.

Celine Dou