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Culture hassanie : entre effacement algérien et reconnaissance marocaine, l’histoire invisible d’un peuple pluriel

La culture hassanie, issue du Sahara occidental et forgée par des siècles de nomadisme, de poésie orale et de traditions tribales sahariennes, vit aujourd’hui une double trajectoire géopolitique. D’un côté, elle est inscrite dans la Constitution marocaine de 2011 comme composante essentielle de l’identité nationale. De l’autre, elle demeure confinée, marginalisée, voire niée dans les camps de Tindouf, en territoire algérien. Derrière cette divergence se joue un affrontement plus large : celui du récit, du droit culturel et de la souveraineté.

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Procès de Boualem Sansal : l’écrivain algérien face à la justice, dans un contexte diplomatique délicat

L’écrivain algérien Boualem Sansal, figure reconnue des lettres francophones, se trouve au cœur d’une procédure judiciaire à Alger qui suscite de nombreuses réactions, tant sur le plan national qu’international. L’affaire, au-delà des enjeux strictement judiciaires, met en lumière la complexité des équilibres politiques internes et des relations bilatérales entre l’Algérie et la France.

Le mardi 24 juin 2025, le tribunal d’Alger a tenu l’audience en appel du procès de Boualem Sansal. Le parquet a requis dix années de prison ferme et une amende d’un million de dinars à l’encontre de l’écrivain, aujourd’hui âgé de 80 ans. Il avait déjà été condamné en première instance à cinq ans de prison et à 500 000 dinars d’amende.

Les poursuites concernent des déclarations publiques de l’auteur dans lesquelles il abordait notamment des questions relatives aux frontières héritées de la période coloniale et aux relations régionales. Les autorités judiciaires ont estimé que ces propos constituaient une atteinte à l’intégrité du territoire national.

Durant l’audience d’appel, qui a été brève, Boualem Sansal a assuré seul sa défense, affirmant que ses prises de position relevaient de l’expression littéraire et historique, et s’inscrivaient dans le cadre des libertés garanties par la Constitution.

Depuis de nombreuses années, Boualem Sansal s’est illustré par une œuvre littéraire largement diffusée à l’étranger, souvent caractérisée par une réflexion critique sur l’histoire et la société algérienne contemporaine. Dans un contexte national où les questions de souveraineté et de mémoire demeurent sensibles, ses prises de position ont suscité des réactions diverses au sein de l’opinion publique et des autorités.

L’affaire intervient dans un climat où les questions d’expression publique et de débat historique sont encadrées avec une attention particulière par les institutions algériennes.

Cette procédure judiciaire s’inscrit également dans un contexte diplomatique suivi avec attention par la France. Selon plusieurs sources médiatiques, des discussions auraient eu lieu concernant la représentation juridique de l’écrivain lors de son procès. La France, sollicitée sur ce point, aurait accepté une modification de l’avocat initialement pressenti. Toutefois, aucun avocat étranger n’a finalement été présent à l’audience.

Les autorités françaises ont, pour leur part, exprimé publiquement leur souhait qu’un geste humanitaire soit envisagé, eu égard à l’âge avancé et à l’état de santé de Boualem Sansal, qui est atteint d’une maladie chronique.

Le tribunal d’Alger doit rendre sa décision le 1er juillet 2025. L’issue de ce procès est suivie avec attention tant par les milieux littéraires internationaux que par diverses instances politiques et diplomatiques. Elle illustre la complexité des équilibres entre souveraineté nationale, liberté d’expression et relations bilatérales dans le cadre des enjeux actuels entre l’Algérie et ses partenaires.

Cette affaire met ainsi en lumière la délicate articulation entre expression intellectuelle et cadre juridique national, dans un contexte politique et historique particulièrement sensible.

Afrique : former pour durer | L’urgence des compétences vertes face aux défis de demain

Les discours sur la transition écologique se multiplient. Mais en Afrique, un constat demeure : sans transformation des compétences, le virage vert restera un mirage. Alors que le continent fait face à une double pression celle de l’urgence climatique et celle d’un chômage structurel des jeunes un expert international a appelé ce 12 juin à un basculement rapide et coordonné des systèmes éducatifs et professionnels vers les green skills, ces « compétences durables » désormais indispensables pour affronter les mutations économiques, sociales et environnementales du XXIe siècle.

L’expression « green skills » désigne l’ensemble des savoir-faire nécessaires pour exercer un métier dans une économie bas carbone, résiliente et soucieuse des ressources naturelles. Cela va bien au-delà des seuls emplois dans les énergies renouvelables ou la gestion des déchets : agriculture régénérative, bâtiment éco-conçu, numérique éco-responsable, transport propre, aménagement du territoire durable… les champs sont vastes.

Mais en Afrique, la formation professionnelle reste souvent figée dans des logiques héritées de l’ère postcoloniale, peu connectées aux enjeux contemporains. L’enseignement général, quant à lui, peine à intégrer les connaissances climatiques, l’éducation à la durabilité ou les pratiques circulaires. Résultat : un fossé se creuse entre les besoins du marché et les compétences disponibles.

Avec plus de 60 % de sa population âgée de moins de 25 ans, l’Afrique détient une ressource humaine considérable. Mais cette « manne démographique » peut se transformer en bombe sociale si elle n’est pas accompagnée d’une montée en compétence adaptée. D’après l’Organisation internationale du travail (OIT), le secteur de l’économie verte pourrait générer jusqu’à 14 millions d’emplois en Afrique d’ici 2030. Encore faut-il que ces postes soient pourvus par des jeunes formés, et non par des compétences importées.

L’expert, invité dans le cadre d’une conférence panafricaine sur l’éducation durable organisée à Nairobi, a pointé « l’inaction stratégique » des gouvernements africains dans l’alignement des politiques éducatives sur les objectifs climatiques. Il a également dénoncé l’effet d’aubaine de certains partenariats internationaux, qui s’emparent du sujet des green skills sans réelle volonté de structuration locale.

Loin d’être un luxe des pays riches, les compétences vertes sont un enjeu vital pour les pays africains, confrontés de plein fouet à l’insécurité climatique : sécheresses, désertification, crises hydriques, montée des eaux… Autant de phénomènes qui frappent les agricultures, déplacent les populations et alimentent les conflits. Dans ce contexte, ne pas investir massivement dans les green skills revient à hypothéquer la souveraineté du continent sur sa propre transition.

Car les grandes puissances, elles, avancent : l’Union européenne a inscrit les compétences vertes dans son agenda 2030 ; les États-Unis d’Amérique financent massivement la reconversion de leurs secteurs industriels via l’Inflation Reduction Act. Et l’Afrique ? Elle reste souvent cantonnée au rôle de pourvoyeuse de minerais critiques ou de main-d’œuvre bon marché pour les filières de recyclage.

Former à des métiers verts, oui. Mais il ne s’agit pas seulement d’accompagner une mutation technologique. Il s’agit aussi d’intégrer les principes de justice sociale : garantir que la transition bénéficie aux femmes, aux populations rurales, aux jeunes sans diplôme ; éviter que les emplois verts reproduisent les logiques de précarité déjà à l’œuvre dans l’économie informelle ; faire en sorte que les savoirs autochtones soient reconnus, et non balayés par un « verdissement » technocratique et importé.

L’expert a ainsi plaidé pour une approche holistique : adapter les curricula scolaires dès le primaire, soutenir la recherche locale sur les pratiques durables, créer des centres d’excellence régionaux, mais aussi offrir des passerelles entre l’éducation informelle, les savoirs communautaires et les certifications professionnelles.

Au fond, la question posée est simple : l’Afrique veut-elle être actrice ou spectatrice de la transition mondiale ? Le continent dispose de ressources exceptionnelles soleil, vent, biodiversité, jeunesse mais sans stratégie éducative ambitieuse, ces atouts resteront sous-exploités.

Il ne suffit plus de tenir des discours à la COP ou de parapher des accords climatiques. Il faut changer l’école, réformer l’apprentissage, valoriser l’intelligence locale. C’est à cette condition que l’Afrique pourra bâtir un modèle de développement durable, adapté à ses réalités, et non calqué sur des recettes extérieures.

La transition verte ne se fera pas sans l’Afrique. Mais elle ne se fera pas non plus sans les Africains.