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Espagne : après 15 signalements d’agressions sexuelles à Ceuta, Madrid transfère 500 jeunes filles migrantes vers la péninsule malgré les appels au retour vers le Maroc

À Ceuta, la crise migratoire née de l’afflux massif de personnes venues du Maroc prend une dimension nouvelle. Depuis le 30 juillet, au moins 15 signalements d’agressions sexuelles ont été enregistrés, plusieurs concernant des mineures. Face à la vulnérabilité des jeunes filles isolées, le gouvernement espagnol prépare le transfert d’environ 500 d’entre elles vers la péninsule. Le choix de Madrid ne fait pas disparaître la question de leur retour au Maroc, réclamé par Rabat et soutenu dans son principe par l’Union européenne.

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Plus de 72 000 personnes ont franchi la frontière de Ceuta les 30 et 31 juillet, selon les chiffres espagnols. Environ 70 000 ont depuis regagné le Maroc. Mais l’enclave conserve encore plusieurs milliers de personnes, dont des mineurs non accompagnés. Au 18 août, la police nationale en avait identifié 2 168. Pour les jeunes filles qui se retrouvent seules dans les rues ou sur les plages de Ceuta, la question n’est plus seulement celle du statut migratoire : leur sécurité est devenue une urgence.

Des jeunes filles exposées aux violences

Les premiers jours de la crise avaient surtout retenu l’attention par l’ampleur des arrivées. À Ceuta, les capacités d’accueil ont rapidement été dépassées et des migrants ont dormi dans des conditions précaires, parfois à proximité du centre d’accueil temporaire.

Les femmes et les jeunes filles se sont retrouvées parmi les personnes les plus exposées.

Depuis le début de l’afflux, 15 signalements d’agressions sexuelles ont été enregistrés. Plusieurs victimes sont mineures. Des femmes ont également été prises en charge pour des violences sexuelles.

Ces chiffres correspondent à des plaintes ou signalements faisant l’objet d’enquêtes. Ils ne permettent donc pas de présenter chacun de ces faits comme un viol définitivement établi par la justice. Ils donnent néanmoins une mesure de la situation à laquelle les autorités espagnoles doivent répondre.

La présence de jeunes filles isolées dans des lieux où elles ne disposent ni d’un hébergement adapté ni d’une protection suffisante a conduit Madrid à revoir leur prise en charge.

500 jeunes filles doivent quitter Ceuta

Le ministère espagnol de la Jeunesse et de l’Enfance prépare le transfert d’environ 500 jeunes filles migrantes non accompagnées vers la péninsule.

L’objectif est de les placer dans des structures capables d’assurer leur sécurité et leur prise en charge. Les autorités espagnoles envisagent notamment l’accueil par des organismes spécialisés dans la protection de l’enfance, afin de réserver les solutions les plus adaptées aux jeunes filles considérées comme les plus vulnérables.

La mesure répond à une situation précise : ces mineures sont seules, certaines ont été exposées à des violences et Ceuta ne dispose pas des capacités nécessaires pour assurer durablement leur accueil.

Le droit espagnol impose par ailleurs aux autorités de protéger les mineurs non accompagnés présents sur leur territoire jusqu’à leur majorité.

Le retour au Maroc reste pourtant demandé

Cette décision ne correspond pas à l’orientation défendue par Rabat depuis le début de la crise.

Le Maroc souhaite récupérer ses ressortissants encore présents à Ceuta. Madrid a déjà organisé le retour d’une grande partie des personnes entrées dans l’enclave lors de l’afflux de juillet.

La Commission européenne défend également l’application du droit européen en matière de retour des personnes en situation irrégulière. Bruxelles estime que les autorités espagnoles et marocaines doivent trouver les moyens de mettre en œuvre ces retours dans le respect des règles européennes.

Le cas des mineurs non accompagnés est cependant plus complexe.

Un enfant ne peut pas être traité comme un adulte en situation irrégulière. Avant un éventuel retour, les autorités doivent examiner sa situation individuelle, rechercher les garanties nécessaires à sa protection et tenir compte de son intérêt supérieur.

Pour les 500 jeunes filles concernées, Madrid choisit donc d’abord la mise à l’abri.

Une décision qui ne règle pas le sort des autres mineurs

Le transfert annoncé ne concerne qu’une partie des enfants présents à Ceuta.

Au 18 août, 2 168 mineurs avaient été identifiés par la police nationale depuis le début de la crise. Leur prise en charge représente une lourde charge pour l’enclave, dont les capacités d’accueil sont limitées.

Le gouvernement de Pedro Sánchez veut répartir cette charge avec les autres communautés autonomes espagnoles. Plusieurs d’entre elles refusent cependant d’accueillir de nouveaux mineurs.

Madrid a déjà accordé 25 millions d’euros à Ceuta pour faire face aux conséquences de l’afflux.

La question financière ne suffit toutefois pas à régler celle de l’accueil. Il faut encore trouver des places, assurer la protection des enfants et déterminer, pour chacun d’eux, quelle solution est compatible avec le droit espagnol et européen.

Entre protection et retour

Le dossier des jeunes filles de Ceuta concentre ainsi les deux exigences auxquelles l’Espagne est confrontée depuis la fin juillet.

D’un côté, Madrid veut réduire rapidement le nombre de personnes présentes dans l’enclave et maintenir la coopération avec le Maroc sur les retours. De l’autre, les agressions signalées et les conditions dans lesquelles vivent certaines mineures obligent les autorités à renforcer leur protection.

Le transfert des 500 jeunes filles ne signifie donc pas que l’Espagne renonce au principe du retour. Il signifie que leur statut de mineures isolées impose, dans l’immédiat, une prise en charge différente.

C’est toute la difficulté de la situation à Ceuta : contrôler les entrées et organiser les retours ne dispense pas l’État de protéger celles et ceux qui, une fois sur son territoire, sont particulièrement vulnérables.

Les 15 signalements d’agressions sexuelles ont donné un visage concret à cette contradiction. Pour ces 500 jeunes filles, Madrid a choisi de privilégier la sécurité. Pour les autres mineurs et pour les personnes encore présentes à Ceuta, le débat sur le retour au Maroc reste entier.

Celine Dou

Gabon : Oligui Nguema poursuit la réorientation des bourses d’études vers le Gabon et l’Afrique

Le Gabon veut envoyer moins de ses étudiants vers les formations étrangères les plus coûteuses et donner davantage de place à ses propres universités ainsi qu’à celles du continent. Brice Oligui Nguema a défendu cette orientation dimanche 16 août, dans son message à la nation prononcé à la veille du 66e anniversaire de l’indépendance.

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L’annonce ne marque pas le début de cette politique. En juillet 2025, le président gabonais avait déjà annoncé qu’à partir de 2026, de nouvelles bourses ne seraient plus attribuées pour les études aux États Unis d’Amérique, au Canada et en France. Un an plus tard, il élargit son argumentaire : hausse du coût des études, diminution des aides aux étudiants dans certains pays et volonté de renforcer l’offre de formation au Gabon et en Afrique.

Brice Oligui Nguema n’a pas cité de pays dans son discours du 16 août. Il a évoqué des destinations où les frais d’études ont augmenté alors que les aides accordées aux étudiants ont diminué.

Son choix est désormais affiché : les jeunes Gabonais ne doivent plus considérer les universités étrangères comme l’unique voie vers une formation de qualité.

« L’Afrique ne doit pas être un choix par défaut », a déclaré le président gabonais. Il appelle les étudiants à regarder davantage vers les établissements du continent et à y acquérir les compétences dont le Gabon a besoin.

Ce discours vient après une première décision prise l’année précédente.

La France, le Canada et les États Unis d’Amérique déjà concernés

En juillet 2025, lors d’une rencontre avec la diaspora gabonaise à Washington, Brice Oligui Nguema avait annoncé la fin des nouvelles bourses pour les études aux États Unis d’Amérique et au Canada à partir de 2026. Il avait expliqué ce choix par le coût élevé des études dans ces deux pays.

La France avait également été citée dans les annonces rapportées à l’époque. Le quotidien gabonais L’Union écrivait en juillet 2025 que les nouvelles attributions de bourses pour les États Unis d’Amérique, le Canada et la France seraient suspendues à partir de 2026.

Il faut donc distinguer deux choses : la restriction de certaines destinations avait déjà été décidée ; le discours du 16 août donne désormais une justification plus large à cette politique.

Le gouvernement gabonais veut réduire la dépendance aux formations étrangères coûteuses et développer des parcours jugés plus utiles aux besoins du pays.

Une question de coût, mais pas seulement

L’argent est au centre du raisonnement présidentiel.

Le Gabon finance depuis longtemps des études à l’étranger, avec des prises en charge qui peuvent comprendre les frais de scolarité et les allocations versées aux étudiants. La facture devient particulièrement lourde lorsque les études sont suivies dans des pays où le coût de la vie et celui des formations sont élevés.

Mais les difficultés financières ne concernent pas uniquement les étudiants partis à l’étranger.

En mars 2026, l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) devait encore régulariser des arriérés concernant des étudiants gabonais en France. L’agence avait également annoncé la régularisation de plusieurs mois de bourses.

Au Gabon, la situation n’était pas plus simple. L’ANBG avait dû rassurer des étudiants transférés dans des établissements privés après des difficultés de paiement. Une dette de plus de 12 milliards de francs CFA envers plusieurs établissements avait alors été évoquée.

La question posée par Libreville dépasse donc les seuls frais d’inscription dans les universités étrangères : comment financer durablement un système de bourses qui prend en charge des milliers d’étudiants, au Gabon comme à l’étranger ?

L’ANBG, créée en 2011, est chargée d’exécuter la politique du gouvernement en matière de bourses et de gérer les étudiants gabonais bénéficiaires.

Former pour quels besoins ?

Brice Oligui Nguema avance aussi une autre raison : le Gabon veut que les études financées par l’État répondent davantage aux besoins du pays.

La logique est simple. Si l’État paie une formation pendant plusieurs années, il veut pouvoir compter ensuite sur les compétences acquises pour renforcer son économie, son administration, son système de santé ou ses secteurs techniques.

Le président avait déjà évoqué cet argument en 2025 lorsqu’il justifiait la restriction des bourses vers les États Unis d’Amérique et le Canada. Il reprochait notamment à certains étudiants de ne pas revenir au Gabon après leurs études.

La politique des bourses devient ainsi un outil de planification des compétences. L’ANBG présente d’ailleurs son rôle comme lié à la gestion des parcours des étudiants boursiers et à l’application des orientations fixées par le gouvernement.

Le pari africain

Le Gabon ne veut pas simplement réduire les départs. Il doit trouver des formations capables de les remplacer.

Le pays dispose déjà de partenariats avec plusieurs établissements africains. En 2025, l’ANBG avait notamment conclu une convention avec des établissements privés d’enseignement supérieur au Cameroun dans le cadre du programme CEMAC Sup.

L’Afrique offre aussi des pôles universitaires reconnus au Sénégal, au Maroc, au Ghana, en Afrique du Sud ou encore en Égypte. Le gouvernement gabonais avait déjà cité certains de ces pays comme destinations possibles pour les étudiants dont les bourses ne seraient plus orientées vers les pays occidentaux.

Mais le changement pose une question très concrète : les universités africaines peuvent-elles offrir, dans toutes les filières recherchées par le Gabon, les mêmes possibilités que les établissements vers lesquels les étudiants partaient auparavant ?

La réponse ne peut pas être la même selon les disciplines. Pour certaines formations, l’offre existe déjà sur le continent. Pour d’autres, le nombre de places, les équipements, les laboratoires ou la spécialisation des cursus peuvent limiter les possibilités.

Le choix d’une destination ne dépend donc pas uniquement de son coût.

Les étudiants déjà à l’étranger ne sont pas concernés de la même manière

La fin de nouvelles attributions ne signifie pas nécessairement que tous les étudiants gabonais actuellement inscrits à l’étranger doivent rentrer.

Les dispositifs de bourses reposent sur des règles de maintien et de renouvellement. Les étudiants déjà engagés dans un cursus peuvent continuer à bénéficier d’une prise en charge lorsqu’ils remplissent les conditions prévues. Les informations disponibles sur les bourses gabonaises en France indiquent notamment que la bourse peut être maintenue jusqu’à la fin d’un cursus engagé, sous réserve du respect des conditions fixées par l’ANBG.

La distinction entre nouvelles attributions et étudiants déjà engagés dans leurs études est donc essentielle. Sans elle, une annonce de réorientation peut facilement être comprise comme une fermeture immédiate de toutes les bourses à l’étranger.

Le Gabon veut changer les habitudes

Depuis des décennies, les études en France occupent une place importante dans les parcours des étudiants gabonais. Des milliers de Gabonais y ont étudié et continuent d’y étudier.

La politique annoncée par Brice Oligui Nguema cherche à modifier cette habitude. Elle ne signifie pas que les relations universitaires avec la France disparaissent. La coopération existe toujours, et des dispositifs de financement étrangers continuent également d’exister pour les étudiants gabonais.

Le changement porte surtout sur l’utilisation des ressources publiques gabonaises : quelles formations financer, dans quels pays et pour quels besoins ?

C’est sur cette question que le gouvernement devra désormais être jugé.

Réduire les bourses vers les destinations coûteuses peut alléger la facture publique. Mais cette économie n’aura de sens que si les étudiants trouvent ailleurs des formations solides et si les diplômés disposent ensuite, au Gabon, de véritables possibilités d’emploi.

Le pari de Brice Oligui Nguema est donc plus vaste qu’une restriction de destinations. Il consiste à faire évoluer une politique qui envoyait une partie de la jeunesse gabonaise se former à l’étranger vers un système davantage tourné vers le Gabon et le reste du continent.

Pour les familles et les futurs bacheliers, la question sera désormais très concrète : quelles formations resteront accessibles, dans quels pays, avec quel financement et avec quelles perspectives au terme des études ?

Les prochaines décisions de l’ANBG permettront de mesurer jusqu’où Libreville entend aller.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Espagne/Ceuta : 48 000 migrants quittent l’enclave après la crise, un volume comparable aux arrivées irrégulières mensuelles dans l’Union européenne

Pendant quelques jours, Ceuta a semblé devenir la brèche tant recherchée vers l’Europe. Puis le mouvement s’est inversé. Les mêmes routes qui avaient vu affluer des milliers de migrants se sont transformées en voies de retour vers le Maroc. En quelques jours, près de 48 000 personnes ont quitté l’enclave espagnole, certaines reconduites par les autorités, d’autres repartant volontairement après avoir découvert une réalité bien différente de celle qu’elles imaginaient.

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L’ampleur du chiffre donne la mesure du choc : jamais une enclave européenne n’avait concentré en si peu de temps un mouvement migratoire d’une telle intensité. Mais derrière les statistiques se cache une histoire plus complexe qu’une simple confrontation entre une Europe qui ferme ses frontières et des migrants qui cherchent à les franchir. La crise de Ceuta révèle les limites d’un système migratoire européen fondé sur le contrôle, la coopération avec les pays voisins et la gestion de l’urgence.

À Ceuta, le silence est revenu.

Les rues qui avaient été envahies par les arrivées massives ont retrouvé une apparence normale. Les forces de sécurité sont moins visibles, les dispositifs d’urgence se réduisent progressivement et les habitants reprennent leurs habitudes. Pourtant, derrière cette impression de retour à la normale, l’enclave espagnole garde les traces d’un épisode qui aura rappelé brutalement sa place particulière sur la carte du monde.

Ceuta est une anomalie géographique devenue un symbole politique. Située sur la côte nord de l’Afrique, elle appartient à l’Espagne et constitue donc une frontière extérieure de l’Union européenne. Quelques kilomètres seulement séparent des populations qui vivent dans des réalités économiques et sociales profondément différentes.

C’est cette proximité qui fait de l’enclave un point d’attraction permanent.

Mais la crise récente a révélé un paradoxe inattendu : l’objectif ultime n’était pas seulement d’entrer à Ceuta. Pour beaucoup, il fallait surtout continuer le voyage vers l’Espagne continentale et, au-delà, vers un avenir européen. Or l’enclave s’est rapidement transformée en une zone d’attente où les espoirs se sont heurtés aux contraintes administratives et matérielles.

Le rêve européen confronté à la réalité de Ceuta

Lorsqu’ils ont franchi la frontière, beaucoup pensaient avoir franchi l’obstacle principal. Ils découvraient finalement qu’ils n’avaient atteint qu’un territoire intermédiaire.

Ceuta n’est pas une grande métropole européenne. Son territoire limité ne permet pas d’accueillir durablement des dizaines de milliers de personnes. Les structures locales ont rapidement été dépassées, obligeant les autorités à organiser dans l’urgence l’accueil, l’hébergement et les retours.

Pour certains migrants, l’attente a été plus difficile que le voyage lui-même. Les conditions précaires, l’incertitude sur leur avenir et l’impossibilité de poursuivre rapidement leur route ont conduit plusieurs d’entre eux à faire un choix qu’ils n’avaient pas imaginé quelques jours auparavant : repartir.

Ce retournement est probablement l’une des images les plus fortes de cette crise. Des personnes qui avaient risqué leur vie pour atteindre l’Europe ont finalement décidé de revenir en arrière.

Ce n’est pas un renoncement au rêve européen. C’est la découverte brutale de ses frontières invisibles.

Un chiffre qui dépasse Ceuta

Le nombre de 48 000 migrants ayant quitté l’enclave espagnole donne une dimension exceptionnelle à l’événement.

À lui seul, ce volume rappelle l’ampleur des mouvements migratoires irréguliers auxquels l’Union européenne est confrontée. Il correspond à un ordre de grandeur comparable aux arrivées clandestines enregistrées sur certaines périodes à l’échelle mensuelle dans l’espace européen.

La particularité de Ceuta n’est donc pas seulement le nombre de personnes concernées. C’est la concentration du phénomène dans un espace minuscule et en quelques jours seulement.

Cette concentration a transformé une question européenne permanente en crise visible. Ce qui se déroule habituellement sur plusieurs routes migratoires en Méditerranée centrale, dans les Balkans ou aux frontières orientales de l’Europe s’est retrouvé soudainement résumé dans une seule enclave.

Ceuta est devenue le miroir d’un problème que l’Union européenne peine toujours à résoudre.

Madrid et Rabat : une coopération devenue stratégique

Cette crise rappelle également le rôle central du Maroc dans la politique migratoire européenne.

Depuis plusieurs années, l’Union européenne et l’Espagne comptent sur la coopération marocaine pour limiter les départs et contrôler les routes vers le continent. La position géographique du royaume en fait un acteur incontournable : pays d’origine pour certains, territoire de transit pour d’autres, partenaire sécuritaire pour l’Europe.

Mais cette coopération n’est jamais purement technique. Elle est aussi diplomatique.

La gestion des frontières est devenue un élément majeur de la relation entre Rabat, Madrid et Bruxelles. Le Maroc dispose d’un levier important dans ses relations avec ses partenaires européens, tandis que l’Espagne dépend de cette collaboration pour protéger ses territoires africains.

L’épisode de Ceuta montre une nouvelle fois que la frontière européenne ne se situe plus uniquement aux portes de l’Union. Elle commence désormais bien en amont, dans les pays de transit.

Une ville européenne qui paie le prix d’une crise mondiale

Pour les habitants de Ceuta, l’événement a laissé une autre empreinte : celle d’une ville qui a eu le sentiment de porter seule une crise qui dépasse largement ses capacités.

La population locale a vécu plusieurs jours d’incertitude. Les commerces ont été perturbés, les services publics mobilisés et les inquiétudes multipliées face à une situation exceptionnelle.

Mais la réaction des habitants ne peut pas être réduite à une opposition entre rejet et solidarité. Comme souvent dans les crises migratoires, les sentiments sont plus complexes : inquiétude face à l’ampleur du phénomène, compassion envers des personnes en difficulté et frustration devant l’impression d’être abandonnés par les autorités centrales.

Ceuta rappelle une réalité souvent oubliée : les frontières ne sont pas seulement des lignes sur une carte. Ce sont aussi des territoires habités par des populations qui vivent directement les conséquences des décisions prises à plusieurs centaines de kilomètres.

L’Europe face à son équation migratoire

La crise de Ceuta pose une question que les gouvernements européens tentent depuis des années de repousser : combien de temps une politique migratoire peut-elle reposer principalement sur la fermeture des frontières ?

Les contrôles renforcés, les accords avec les pays de transit et les opérations de retour permettent de gérer les épisodes d’urgence. Mais ils ne suppriment pas les raisons profondes qui poussent des milliers de personnes à partir.

Les écarts de développement, le chômage, les crises politiques et les conflits continueront d’alimenter les mouvements migratoires.

Pour Bruxelles, le défi est donc double : protéger ses frontières tout en évitant de transformer chaque crise en simple opération de gestion temporaire.

Car l’histoire récente montre une constante : lorsque les routes migratoires sont bloquées, elles ne disparaissent pas. Elles changent de forme et de direction.

À Ceuta, la crise visible est terminée. Les migrants sont moins nombreux, les rues ont retrouvé leur calme et l’urgence médiatique est passée.

Mais le chiffre reste : 48 000 personnes ont quitté une enclave européenne en quelques jours après avoir tenté d’y entrer.

Ce nombre raconte une opération de retour. Il raconte aussi une réalité plus profonde : l’Europe reste une destination suffisamment attractive pour pousser des milliers de personnes à prendre des risques considérables, mais ses frontières sont devenues suffisamment difficiles à franchir pour transformer l’espoir en attente, puis parfois l’attente en retour.

Ceuta n’a pas seulement connu une crise migratoire. Elle a révélé, pendant quelques jours, toute la complexité d’un phénomène que ni les murs, ni les accords, ni les contrôles ne semblent capables de résoudre à eux seuls.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Colombie : pourquoi Bogotá ferme ses ambassades en Algérie et en Afrique du Sud au moment où ses relations avec Rabat se renforcent

En diplomatie, certains gestes parlent parfois autant que les discours. La décision de Bogotá de fermer ses ambassades en Algérie et en Afrique du Sud aurait pu n’être qu’une mesure administrative destinée à réduire les dépenses publiques. Mais le choix des deux pays concernés et le rapprochement parallèle avec Rabat donnent à cette annonce une dimension plus politique.

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À des milliers de kilomètres de l’Amérique latine, le Sahara occidental se retrouve une nouvelle fois au centre d’un jeu d’influences où chaque soutien international compte.

La Colombie réorganise son réseau diplomatique et réduit sa présence sur le continent africain. La fermeture annoncée de ses représentations à Alger et à Pretoria intervient alors que Bogotá développe des liens plus étroits avec le Maroc. Derrière cette décision se trouve un dossier qui oppose depuis des décennies Rabat et Alger : l’avenir du Sahara occidental.

Deux ambassades fermées, deux capitales au poids symbolique

La Colombie affirme vouloir revoir ses priorités diplomatiques et concentrer ses moyens sur les postes jugés les plus utiles à ses intérêts.

Mais le choix de fermer ses ambassades en Algérie et en Afrique du Sud attire immédiatement l’attention. Ces deux pays ne sont pas de simples partenaires diplomatiques parmi d’autres.

L’Algérie occupe une place centrale dans le dossier sahraoui. Depuis le retrait espagnol du Sahara occidental en 1975, Alger soutient le Front Polisario et défend l’organisation d’un processus permettant au peuple sahraoui de décider de son avenir.

L’Afrique du Sud adopte une position proche. Marquée par son histoire de lutte contre l’apartheid et les mouvements de libération nationale, Pretoria considère également que la question sahraouie relève du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Pour Rabat, au contraire, le Sahara occidental est une partie de son territoire et le plan d’autonomie proposé sous souveraineté marocaine constitue la solution réaliste au conflit.

C’est dans cette opposition diplomatique ancienne que prend place la décision colombienne.

Le Maroc avance ses pions en Amérique latine

Depuis plusieurs années, Rabat cherche à renforcer ses relations avec les pays d’Amérique latine.

La stratégie marocaine repose sur plusieurs leviers : coopération économique, investissements, échanges commerciaux, partenariats sécuritaires et diplomatie bilatérale.

L’objectif est aussi clair : obtenir davantage de soutiens à sa position sur le Sahara occidental.

Pendant longtemps, plusieurs pays latino-américains ont entretenu des relations avec la République arabe sahraouie démocratique proclamée par le Front Polisario. Mais cette situation évolue progressivement.

Certains États ont choisi de revoir leur position ou de renforcer leur coopération avec le Maroc.

Dans cette bataille diplomatique, chaque rapprochement compte.

Bogotá change-t-elle de ligne ?

La fermeture des ambassades en Algérie et en Afrique du Sud intervient après plusieurs années durant lesquelles la Colombie avait adopté une diplomatie particulièrement engagée sur les questions internationales liées aux droits humains, à l’environnement et aux relations avec les pays du Sud.

Le nouveau pouvoir colombien affiche une volonté de revoir ses priorités. L’objectif annoncé est de disposer d’un réseau diplomatique plus efficace et moins coûteux.

Mais au-delà de la justification financière, certains observateurs voient dans cette réorganisation un changement d’approche.

La Colombie cherche-t-elle à se rapprocher de pays considérés comme davantage compatibles avec ses intérêts économiques et stratégiques ?

Le rapprochement avec le Maroc alimente cette lecture.

Il reste toutefois difficile d’affirmer que Bogotá tourne définitivement le dos à Alger ou Pretoria. La fermeture d’une ambassade ne signifie pas automatiquement une rupture politique. Les relations entre États peuvent continuer à travers d’autres canaux diplomatiques.

Mais le signal envoyé n’est pas neutre.

Le Sahara occidental, un dossier qui dépasse le Maghreb

Le conflit du Sahara occidental ne se limite plus aux relations entre le Maroc et l’Algérie.

Au fil des années, il est devenu un sujet suivi par plusieurs puissances internationales.

Le Maroc a obtenu des soutiens importants, notamment après la reconnaissance par les États Unis d’Amérique de sa souveraineté sur le territoire sous l’administration de Donald Trump en 2020.

Plusieurs pays ont depuis affiché un soutien au plan d’autonomie marocain.

De son côté, l’Algérie continue de défendre la position du Front Polisario et refuse toute solution qui ne passerait pas par l’autodétermination.

Cette rivalité dépasse donc les frontières du Maghreb. Elle se joue désormais dans les enceintes internationales et dans les relations bilatérales avec des pays parfois éloignés géographiquement du conflit.

La décision colombienne montre une évolution importante des relations internationales : les alliances ne reposent plus uniquement sur des proximités historiques ou idéologiques.

Les États cherchent d’abord à défendre leurs intérêts.

Pour le Maroc, développer des liens avec l’Amérique latine représente une opportunité d’élargir son soutien diplomatique. Pour l’Algérie, maintenir ses positions auprès de partenaires internationaux reste un enjeu majeur.

La Colombie, elle, semble vouloir redéfinir ses priorités.

Cette affaire rappelle aussi une réalité : les dossiers africains occupent désormais une place croissante dans les stratégies diplomatiques mondiales. Les pays du continent ne sont plus seulement des acteurs régionaux ; leurs enjeux deviennent des terrains de compétition entre États venus d’autres continents.

La question sera désormais de savoir si la décision colombienne restera un choix isolé ou si elle annonce une évolution plus large de la politique latino-américaine à l’égard du Maghreb.

Car derrière les ambassades qui ferment et les partenariats qui se renforcent, c’est une question plus vaste qui se pose : dans un monde où les alliances évoluent rapidement, quels pays réussiront à convaincre de leur vision diplomatique ?

La fermeture des ambassades colombiennes en Algérie et en Afrique du Sud ne constitue pas, à elle seule, un bouleversement international. Mais elle intervient sur un terrain particulièrement sensible.

Entre le rapprochement avec Rabat, les positions d’Alger et de Pretoria et la place du Sahara occidental dans les relations internationales, Bogotá vient de poser un acte qui dépasse largement la simple gestion administrative de son réseau diplomatique.

Une décision qui confirme une chose : dans la diplomatie mondiale, même une fermeture d’ambassade peut devenir un message politique.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Sahara occidental : Washington relance les négociations à Madrid et les enjeux africains se renforcent

Pour la première fois, les États‑Unis d’Amérique ont facilité une réunion réunissant Maroc, Algérie, Mauritanie et Front Polisario à Madrid, marquant un tournant potentiel dans un conflit vieux de plusieurs décennies.

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Les 8 et 9 février 2026, Madrid a accueilli une rencontre diplomatique à huis clos sur le Sahara occidental, organisée sous l’égide des États‑Unis d’Amérique. Cette réunion, rassemblant toutes les parties du conflit, reflète une implication américaine sans précédent et soulève des questions majeures sur la stabilité régionale, la souveraineté des États africains et le rôle des puissances extérieures dans la résolution des conflits en Afrique.

Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, reste un territoire non autonome selon les Nations unies. Depuis la fin du cessez‑le‑feu en 1991, le Maroc contrôle la majorité du territoire et propose un plan d’autonomie élargie, tandis que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, revendique l’organisation d’un référendum d’autodétermination incluant l’option d’indépendance.

La réunion de Madrid s’inscrit dans un processus diplomatique lancé fin janvier à Washington, visant à relancer des négociations longtemps au point mort. Elle a rassemblé les principales parties prenantes : le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario. Les États‑Unis d’Amérique ont joué un rôle actif de facilitateur direct, cherchant à créer un cadre de discussion consensuel et à favoriser la mise en œuvre de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité de l’ONU, qui préconise une approche politique encadrée pour résoudre le conflit.

Si le contenu exact des discussions reste confidentiel, il apparaît que la réunion a permis d’engager un dialogue structuré entre des acteurs historiquement en opposition, tout en soulignant l’importance d’une solution politique durable qui respecte à la fois la souveraineté étatique et les aspirations des populations sahraouies.

Le point le plus marquant de cette initiative est la proactivité américaine, qui transforme le rôle traditionnel de Washington dans le conflit. Alors que les puissances extérieures se limitaient jusqu’ici à des déclarations politiques ou à des soutiens bilatéraux, cette réunion traduit une volonté de restructurer le dialogue et d’influencer directement les négociations.

Cette dynamique présente plusieurs implications pour l’Afrique. Premièrement, elle renforce l’idée que les puissances extérieures peuvent devenir des catalyseurs dans des conflits africains prolongés, mais elle met également en lumière la fragilité de l’influence régionale traditionnelle, notamment celle de l’Union africaine et des mécanismes de médiation locaux.

Deuxièmement, la réunion révèle que a stabilité régionale reste étroitement liée à la capacité des parties africaines à négocier un compromis. Le Maroc, l’Algérie et le Front Polisario doivent trouver un terrain d’entente sur la question centrale de la souveraineté et de l’autodétermination, sous l’œil d’acteurs extérieurs influents. Enfin, la rencontre souligne les enjeux géopolitiques et stratégiques du Sahara occidental, un territoire riche en ressources et situé à un carrefour maritime vital pour le commerce régional et international.

Cette initiative américaine ouvre un nouveau chapitre dans le dossier du Sahara occidental. Elle pose des questions sur la capacité de l’Afrique à gérer ses propres conflits face à l’implication de puissances extérieures et sur la pertinence des mécanismes internationaux pour garantir des solutions durables. La manière dont les négociations évolueront pourrait constituer un modèle pour d’autres conflits prolongés sur le continent, mais elle met aussi en évidence la nécessité d’un équilibre délicat entre influence extérieure et autonomie régionale.

La réunion de Madrid ne se limite pas à un simple round de discussions diplomatiques : elle représente un signal fort sur la volonté des États‑Unis d’Amérique d’entrer dans les négociations et de façonner le processus politique. Pour l’Afrique et les acteurs régionaux, cette dynamique souligne que la stabilité, la souveraineté et la diplomatie africaine restent au cœur des enjeux, et que toute avancée dépendra d’un équilibre subtil entre intervention extérieure et initiative locale. La compréhension de ces mécanismes est essentielle pour appréhender les réalités géopolitiques complexes du Sahara occidental et de la région maghrébine.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Culture hassanie : entre effacement algérien et reconnaissance marocaine, l’histoire invisible d’un peuple pluriel

La culture hassanie, issue du Sahara occidental et forgée par des siècles de nomadisme, de poésie orale et de traditions tribales sahariennes, vit aujourd’hui une double trajectoire géopolitique. D’un côté, elle est inscrite dans la Constitution marocaine de 2011 comme composante essentielle de l’identité nationale. De l’autre, elle demeure confinée, marginalisée, voire niée dans les camps de Tindouf, en territoire algérien. Derrière cette divergence se joue un affrontement plus large : celui du récit, du droit culturel et de la souveraineté.

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Maroc : Rabat appelle à une mobilisation mondiale contre le travail des enfants

Le Maroc hausse le ton face à une réalité encore trop tolérée dans de nombreuses régions du monde : le travail des enfants. À l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants (12 juin), Rabat a appelé la communauté internationale à des actions « concrètes, extensibles et coordonnées » pour éradiquer ce fléau. Au-delà des discours, le royaume ambitionne de se poser en acteur moteur dans ce combat global, en mettant en avant ses propres avancées et en incitant à une responsabilisation collective.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale du travail (OIT), plus de 160 millions d’enfants à travers le monde sont contraints de travailler, dont près de la moitié dans des conditions dangereuses. Et les progrès observés ces deux dernières décennies stagnent, voire régressent, sous l’effet conjugué des crises économiques, climatiques, géopolitiques et des conflits armés.

Dans ce contexte, la voix du Maroc, pays du Sud ayant connu ses propres batailles sociales, vient rappeler que la lutte contre le travail infantile ne saurait être un luxe réservé aux pays industrialisés. Elle concerne autant les dynamiques nationales que les chaînes de valeur mondialisées qui exploitent des enfants pour produire à moindre coût.

Sur le plan national, le Maroc a réduit de manière significative le travail des enfants ces dernières années. Le Haut-Commissariat au Plan estimait à 113 000 le nombre d’enfants travailleurs en 2021, soit moins de 2 % de l’ensemble des enfants âgés de 7 à 17 ans. Une baisse notable par rapport aux décennies précédentes, fruit d’une série de mesures législatives et éducatives, notamment l’instauration de l’obligation scolaire jusqu’à 15 ans et des programmes de lutte contre la pauvreté des familles.

Mais ces chiffres cachent des poches de vulnérabilité persistantes, notamment en milieu rural, dans les secteurs agricoles ou domestiques, où le travail des filles demeure sous-déclaré. Rabat en est conscient, et c’est précisément cette lucidité qui donne du poids à son appel à l’échelle internationale.

Lors de son intervention officielle, la délégation marocaine a exhorté les États, les institutions multilatérales et les entreprises transnationales à s’engager dans une action globale structurée, comprenant :

Des normes contraignantes pour interdire l’exploitation infantile dans les chaînes d’approvisionnement ;
Des programmes massifs d’éducation et de soutien aux familles vulnérables ;
Une coopération judiciaire et économique renforcée pour sanctionner les circuits de travail illégal ;
Et une mobilisation accrue des financements internationaux, notamment via les institutions de Bretton Woods et les fonds climat, les enfants étant souvent victimes collatérales des bouleversements environnementaux.

Cette posture s’inscrit dans une évolution notable de la diplomatie marocaine, qui cherche à conjuguer développement économique, stabilité politique et engagement en faveur des droits humains. Si Rabat s’est parfois montré réservé sur certaines questions sociétales, son plaidoyer contre le travail infantile s’ancre dans une vision plus large : celle d’un multilatéralisme rénové, où les pays du Sud ne sont plus de simples récepteurs de normes occidentales, mais des protagonistes actifs d’un nouvel ordre international plus juste.

En creux, le discours marocain rappelle également la responsabilité des États du Nord : non seulement dans la persistance de la pauvreté globale, mais aussi dans le maintien d’un système économique qui ferme les yeux sur les conditions de production des biens de consommation. Derrière chaque vêtement, chaque téléphone, chaque denrée importée, une question subsiste : quel enfant y a-t-il sacrifié son enfance ?

Le Maroc, tout en reconnaissant ses propres avancées, appelle à une action collective, coordonnée et ambitieuse contre le travail des enfants à l’échelle mondiale. Son message dépasse le cadre moral pour s’ancrer dans une exigence politique : faire de la fin du travail infantile un impératif global, dans lequel chaque acteur État, entreprise, citoyen a un rôle à jouer.