Géorgie : écartée du sommet de l’OTAN, Tbilissi voit ses relations avec les Occidentaux se tendre davantage

La Géorgie ne participera pas au prochain sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), une absence qui rompt avec les habitudes de ces dernières années et alimente les critiques contre le gouvernement de Tbilissi. Pour l’opposition et plusieurs anciens diplomates, cette décision reflète le refroidissement des relations entre le pays et ses partenaires occidentaux, alors que les tensions politiques internes ne faiblissent pas.

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Depuis plus de deux décennies, la Géorgie compte parmi les partenaires les plus engagés de l’Alliance atlantique. Candidate déclarée à une future adhésion, elle a pris part à plusieurs opérations internationales de l’OTAN et a progressivement adapté son armée aux standards de l’organisation. Son absence au sommet est donc loin d’être anodine.

Ces derniers mois, les relations entre Tbilissi et les capitales occidentales se sont dégradées. Les autorités géorgiennes sont accusées par leurs opposants et par plusieurs partenaires européens d’affaiblir les institutions démocratiques, notamment depuis l’adoption de la loi sur les « agents de l’étranger », inspirée d’un dispositif russe. Les élections législatives de 2024 et la suspension des discussions sur l’adhésion à l’Union européenne jusqu’en 2028 ont encore accentué les désaccords.

Le gouvernement du parti Rêve géorgien rejette ces critiques. Il affirme maintenir son objectif d’intégrer les institutions euro-atlantiques tout en privilégiant une politique étrangère qu’il juge réaliste, compte tenu des tensions régionales et de la guerre en Ukraine. Selon les autorités, la coopération militaire avec l’OTAN se poursuit normalement.

L’opposition y voit au contraire un nouveau revers diplomatique. Plusieurs responsables politiques estiment que la Géorgie perd peu à peu la confiance de ses partenaires occidentaux, tandis que la Russie continue de défendre ses intérêts dans le Caucase. Ils craignent que cette évolution ne fragilise davantage les ambitions européennes et euro-atlantiques du pays.

L’OTAN n’a pas remis en cause son soutien de principe à la candidature géorgienne. Mais l’absence de Tbilissi à ce sommet envoie un signal qui risque d’alimenter les interrogations sur l’état des relations entre la Géorgie et ses alliés occidentaux.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

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