Tous les articles par Celine Dou

Rédactrice passionnée et engagée au service de la bonne information

Iran | Golshifteh Farahani, une actrice en exil qui parle au nom d’un peuple réduit au silence

L’actrice franco-iranienne Golshifteh Farahani a récemment livré un discours bouleversant en soutien au peuple iranien. Entre poésie, mémoire et engagement, sa parole résonne comme une alerte : celle d’un peuple qui tend la main au monde libre pour ne pas sombrer dans l’oubli

Récemment invitée à s’exprimer publiquement en France, Golshifteh Farahani a choisi un mode d’expression rare mais puissant : la poésie. En lisant un extrait de « La Conscience » de Victor Hugo, elle a donné une résonance universelle à l’oppression que subissent des millions d’Iraniens. « C’est la mort de la conscience humaine », a-t-elle déclaré, la voix tremblante mais l’émotion parfaitement maîtrisée. À travers ce geste artistique et politique, elle a redonné souffle à la parole étouffée d’un peuple privé de liberté.

« Le peuple iranien vous tend la main. Il n’a plus peur. Il crie pour vivre. Il crie pour exister. » Ces mots, simples et directs, sont devenus le fil rouge de son intervention. Un cri digne, adressé à la communauté internationale.

Golshifteh Farahani n’est pas une figure de l’opposition politique au sens strict. Elle incarne quelque chose de plus intime et de plus fort : la possibilité de dire non, par l’art, à un système qui mutile les corps et les esprits. Depuis qu’elle a quitté l’Iran en 2008 après avoir joué sans voile dans un film étranger, elle est devenue une voix majeure de la diaspora iranienne.

Installée en France, elle n’a jamais cessé de porter la cause de celles et ceux qui, en Iran, vivent sous surveillance, sous censure, sous menace. Déjà, en 2023, elle avait ému lors de la cérémonie des César, en évoquant Mahsa Amini, morte sous les coups de la police des mœurs, et en appelant à la solidarité avec les femmes iraniennes.

Son discours de 2025, plus intime, plus poétique, s’inscrit dans cette continuité. Il refuse le ton accusateur, lui préférant celui de la dignité. Et c’est précisément cette retenue qui frappe.

Depuis l’automne 2022, la société iranienne vit une séquence particulièrement brutale. Le soulèvement populaire qui a suivi la mort de Mahsa Amini a donné naissance au mouvement Femmes, Vie, Liberté. Cette révolte, largement portée par les femmes et les jeunes, a été écrasée dans le sang. Arrestations massives, disparitions forcées, procès expéditifs, exécutions : les témoignages documentés par des ONG dressent un tableau d’une extrême violence.

Dans ce climat de répression, la parole des exilés iraniens est devenue une ressource précieuse. Elle permet de maintenir une mémoire vivante, d’informer au-delà des censures, et de rappeler que l’opinion publique mondiale ne peut se permettre de détourner le regard.

Farahani le dit à sa manière : « L’Histoire regarde. » Et à travers elle, c’est toute une génération d’Iraniens qui espère que leur combat ne sera pas oublié

À la croisée de la culture et de l’engagement, Golshifteh Farahani appartient à cette catégorie rare d’artistes capables de faire entendre une cause au-delà des frontières idéologiques. Ses rôles au cinéma, sa parole dans les médias, ses gestes publics, tout chez elle participe à une diplomatie du sensible. Elle ne prétend pas représenter une opposition organisée. Elle porte, au contraire, une voix singulière : celle de l’exil sans rupture, de la fidélité douloureuse à un pays qu’on a quitté mais jamais abandonné.

Ce discours s’adresse aussi, implicitement, aux sociétés occidentales. La cause iranienne peine parfois à mobiliser l’attention, alors que d’autres crises monopolisent les regards. Pourtant, les principes que défendent les manifestants iraniens liberté, égalité, dignité sont ceux-là mêmes qui fondent les démocraties libérales.

Le message de Farahani pose une question directe à l’opinion publique : Que valent nos principes s’ils n’inspirent pas notre solidarité ? Elle tend la main, au nom de son peuple, mais aussi en tant que citoyenne d’un monde qui ne peut pas se résigner à la hiérarchie des luttes.

Le discours de Golshifteh Farahani n’est ni un manifeste politique, ni une plainte personnelle. C’est un acte de résistance. Une forme d’alerte douce mais intransigeante. En convoquant Victor Hugo, elle relie le combat du peuple iranien à une mémoire universelle : celle des luttes pour la justice, partout où elle a été bafouée.

Et si l’art ne renverse pas les régimes, il empêche qu’on s’habitue à l’inacceptable.

Kenya | Une mémoire douloureuse sous tension : Nairobi commémore les victimes des manifestations de juin 2024

Un an après la vague de protestation qui a secoué le Kenya, les commémorations de ce 25 juin 2025 résonnent comme un cri de mémoire et un appel à la justice dans un climat social toujours tendu.

Des centaines de personnes se sont réunies pour rendre hommage aux victimes des violentes manifestations de juin 2024, qui avaient éclaté en réaction au projet gouvernemental d’augmentation généralisée des taxes. Une soixantaine de morts, des centaines de blessés, et plusieurs dizaines de disparus avaient été recensés à l’époque. Ces événements avaient laissé une cicatrice profonde dans l’opinion publique kenyane.

À l’origine du soulèvement : une pression fiscale jugée insoutenable par de nombreux citoyens, dans un contexte de forte inflation, de chômage persistant en particulier chez les jeunes et d’un coût de la vie en hausse constante. Les étudiants, jeunes diplômés, travailleurs informels ou précaires furent les plus nombreux à descendre dans la rue, criant leur désespoir face à ce qu’ils percevaient comme une déconnexion brutale entre les élites politiques et la réalité sociale.

Le gouvernement, dirigé par le président William Ruto, avait alors répondu par un déploiement massif des forces de sécurité. Si les autorités affirmaient vouloir éviter une déstabilisation du pays, la répression brutale des manifestations avait été largement critiquée par la société civile et plusieurs organisations internationales de défense des droits humains. Des cas d’arrestations arbitraires, d’enlèvements non élucidés et de violences policières ont été recensés, sans que les responsabilités ne soient clairement établies à ce jour.

Ce 25 juin 2025, les commémorations sont organisées à l’appel de plusieurs associations citoyennes et collectifs de familles endeuillées. Sur les réseaux sociaux, les hashtags #JusticeForJuneVictims et #NeverForgetKenya témoignent de l’écho encore très vif de ces événements.

Mais l’émotion s’accompagne de craintes. Des dispositifs de sécurité renforcés ont été déployés à Nairobi et dans plusieurs grandes villes du pays. Les autorités redoutent que ces rassemblements ne ravivent les tensions sociales, alors même que le débat sur la justice fiscale, la gouvernance et la transparence reste entier. Le rapport parlementaire promis sur les exactions policières n’a toujours pas été publié, et aucune réforme institutionnelle d’envergure n’a vu le jour.

Au-delà de la mémoire, ces commémorations interrogent la capacité de l’État kényan à garantir les droits fondamentaux dans un contexte de crispation sociale. Le droit de manifester, la liberté d’expression et la redevabilité des institutions apparaissent comme des piliers fragilisés dans une démocratie pourtant régulièrement citée en modèle en Afrique de l’Est.

Plus largement, le cas kényan soulève une question cruciale pour de nombreux pays du continent africain : comment concilier stabilité budgétaire et équité sociale ? Dans un monde marqué par l’endettement public croissant, les injonctions des bailleurs internationaux et les fragilités internes, la tentation de mesures fiscales impopulaires revient avec régularité. Mais lorsqu’elles ne sont pas accompagnées de transparence, de pédagogie et de justice redistributive, elles peuvent devenir le terreau de crises politiques majeures.

Les commémorations de Nairobi ne sont pas seulement un hommage aux disparus. Elles rappellent l’exigence de vérité, de justice et de réforme dans une société kényane en quête de dignité. Elles soulignent, à un an de la tragédie, que la mémoire collective peut être un levier pour refonder un contrat social plus juste, ou au contraire un marqueur persistant de rupture si les promesses restent lettres mortes.

« Gwada négatif » : un groupe sanguin inédit découvert chez une Guadeloupéenne, entre prouesse scientifique et questions géopolitiques de la santé

Identifié comme le 48ᵉ système sanguin au monde, le groupe « Gwada négatif » soulève autant d’admiration scientifique que d’interrogations sur les enjeux de la diversité génétique et des politiques de santé à l’égard des populations ultramarines.

C’est une découverte scientifique majeure passée relativement inaperçue dans le tumulte médiatique mondial. Pourtant, elle résonne comme une percée biologique de premier plan. En juin 2025, lors d’une conférence internationale à Milan, un comité d’experts de l’International Society of Blood Transfusion (ISBT) a officiellement reconnu l’existence d’un nouveau système sanguin : le Gwada négatif, identifié chez une femme guadeloupéenne vivant en France hexagonale. Ce système devient le 48ᵉ à être validé par la communauté scientifique internationale.

Tout commence en 2011 par une observation étrange : un anticorps inconnu détecté dans le sang de la patiente. Aucun des marqueurs classiques des systèmes ABO ou Rhésus ne permet d’expliquer la réaction immunitaire observée. Ce n’est qu’en 2019, grâce à l’avènement du séquençage génétique à haut débit, que les chercheurs de l’Établissement français du sang (EFS) parviennent à identifier la mutation responsable. Celle-ci affecte un gène impliqué dans la reconnaissance immunologique, et ne se manifeste que si les deux parents sont porteurs du même allèle rare ce qui suppose une combinaison génétique particulièrement inhabituelle.

La Guadeloupéenne concernée est, à ce jour, la seule personne connue à porter ce groupe sanguin. En conséquence, elle ne peut recevoir de transfusion que de son propre sang, ce qui pose des risques cliniques sérieux en cas d’urgence.

Si la communauté scientifique salue cette découverte comme une avancée notable dans la compréhension de la diversité des groupes sanguins humains, elle met également en lumière un angle mort préoccupant : la sous-représentation des populations ultramarines, afrodescendantes ou mélanodermes dans les grandes bases de données médicales. En Guadeloupe comme en Martinique ou à La Réunion, les campagnes de dons du sang peinent à mobiliser durablement, souvent en raison d’une méfiance institutionnelle héritée de l’histoire coloniale, mais aussi d’un manque d’infrastructures adaptées.

Ce manque de données issues de la diversité génétique mondiale a un coût. Il limite l’efficacité des diagnostics, la qualité des soins transfusionnels et la capacité de prédiction face à des pathologies rares ou atypiques. La découverte du Gwada négatif rappelle ainsi, au-delà du cas individuel, combien il est urgent de reconsidérer les critères occidentalo-centrés des recherches biomédicales.

Le nom « Gwada négatif », proposé par l’équipe scientifique, a été validé par la patiente elle-même. Loin d’un simple clin d’œil régional, il affirme l’importance de l’origine géographique et culturelle dans une science souvent perçue comme désincarnée. Il rappelle aussi que l’universalité biologique ne peut se comprendre sans une approche inclusive, où la reconnaissance des singularités est une condition d’efficacité, mais aussi de justice.

Dès l’annonce officielle, l’EFS a lancé un appel à participation en Guadeloupe pour tenter d’identifier d’éventuels porteurs du même gène. Mais cette démarche se heurte à un défi logistique et sociétal. Comment mener une recherche d’une telle rareté dans un territoire aux moyens médicaux limités, encore marqué par les scandales sanitaires du passé comme celui du chlordécone ? L’hypothèse de porteurs silencieux existe, mais elle reste hypothétique, faute d’un dépistage systémique.

Cette affaire met aussi en lumière une problématique plus large : la nécessité de reconfigurer les politiques de santé publique pour intégrer les apports des nouvelles technologies (comme le séquençage de nouvelle génération), sans creuser davantage les inégalités structurelles entre les territoires et les populations.

Ainsi dit, la découverte du groupe Gwada négatif constitue une révolution scientifique autant qu’un miroir de nos failles sanitaires. Elle rappelle que l’exploration de la complexité humaine ne saurait s’arrêter aux standards biomédicaux dominants, et qu’en matière de santé, la reconnaissance de la diversité est plus qu’une exigence éthique : c’est une urgence vitale.

Quand le smartphone tue le concert : Sabrina Carpenter pointe les dérives d’une époque hyperconnectée

À l’heure où la technologie s’immisce dans chaque instant de notre vie, le spectacle vivant, jadis espace privilégié d’échange et d’émotion directe, est confronté à une fracture profonde. Dans cette ère hyperconnectée, les smartphones, omniprésents dans les salles de concert, sont en train de transformer radicalement la nature même de l’expérience artistique.

Récemment, la chanteuse états-unienne Sabrina Carpenter a ravivé ce débat en annonçant qu’elle envisageait sérieusement d’interdire les téléphones portables lors de ses concerts. « Cela va vraiment énerver mes fans, mais oui, j’y pense », a-t-elle confié à Rolling Stone, dans le cadre de la promotion de son prochain album Man’s Best Friend, prévu pour le 29 août 2025.

Le constat de Sabrina Carpenter fait écho à de nombreuses situations observées ces derniers mois. Lors d’un concert de Justin Timberlake à Montréal, une fan absorbée par son téléphone n’a même pas perçu la présence du chanteur à quelques centimètres d’elle, privant ainsi l’artiste d’une interaction directe. À Berlin, c’est Chris Brown qui, excédé par une fan focalisée sur son smartphone, a saisi puis jeté l’appareil dans la foule.

Ces anecdotes ne sont pas anodines. Elles traduisent un phénomène plus large : filmer le concert au lieu de le vivre engage une relation médiatisée, éclatée, où l’instant présent est vécu à travers un écran. Or, les études comportementales sont claires : la majorité des vidéos et photos capturées en ces occasions ne sont jamais ou très rarement visionnées à nouveau. Le souvenir réel du moment, lui, s’efface.

L’omniprésence des écrans produit aussi un effet de coupure entre les individus. Le smartphone agit comme un filtre qui détourne les regards, anesthésie les émotions et érode la capacité à partager une expérience collective authentique. Cette distanciation répétée impacte la qualité des interactions humaines.

Les travaux en sciences sociales et en neuropsychologie mettent en garde : l’usage intensif des écrans, notamment chez les jeunes générations, contribue à une baisse réelle de l’empathie et à une difficulté accrue à vivre pleinement l’instant présent.

Au-delà des conséquences sociales et émotionnelles, la prolifération des vidéos amateurs diffusées sur les réseaux sociaux constitue un véritable préjudice pour les artistes et les professionnels de la production.

Ces captations, souvent de qualité médiocre, sont largement partagées avant même la sortie officielle des DVD ou des enregistrements télévisés. Cette exposition non autorisée rogne les ventes et les droits d’auteur, privant ainsi les artistes, producteurs et distributeurs de revenus essentiels. Ces ressources sont pourtant indispensables pour financer des événements toujours plus ambitieux et garantir la pérennité de la création artistique.

De surcroît, la diffusion prématurée de ces contenus enlève aux spectateurs futurs l’effet de surprise et l’émerveillement liés à la découverte directe du spectacle.

Face à ces enjeux, plusieurs artistes de renom ont adopté des politiques interdisant l’usage des téléphones pendant leurs concerts. Jack White, Bob Dylan, Adele ou Iron Maiden ont mis en place des dispositifs de type pochettes verrouillées, empêchant la captation pendant le spectacle.

La démarche de Sabrina Carpenter s’inscrit ainsi dans une dynamique de résistance à la standardisation numérique, visant à préserver la magie de l’instant vécu et le lien direct entre artistes et public.

Dans un monde saturé d’images et de sollicitations numériques, le simple geste de poser son téléphone et de lever les yeux prend une dimension nouvelle. Il s’agit d’un choix conscient de vivre pleinement, sans filtre, la richesse d’un moment partagé.

L’appel de Sabrina Carpenter dépasse la simple question d’une règle en salle : c’est une invitation à réaffirmer l’importance de l’authenticité, de la présence et de l’émotion humaine, dans une époque où la technologie peut facilement devenir un obstacle à ces valeurs fondamentales.

Procès de Boualem Sansal : l’écrivain algérien face à la justice, dans un contexte diplomatique délicat

L’écrivain algérien Boualem Sansal, figure reconnue des lettres francophones, se trouve au cœur d’une procédure judiciaire à Alger qui suscite de nombreuses réactions, tant sur le plan national qu’international. L’affaire, au-delà des enjeux strictement judiciaires, met en lumière la complexité des équilibres politiques internes et des relations bilatérales entre l’Algérie et la France.

Le mardi 24 juin 2025, le tribunal d’Alger a tenu l’audience en appel du procès de Boualem Sansal. Le parquet a requis dix années de prison ferme et une amende d’un million de dinars à l’encontre de l’écrivain, aujourd’hui âgé de 80 ans. Il avait déjà été condamné en première instance à cinq ans de prison et à 500 000 dinars d’amende.

Les poursuites concernent des déclarations publiques de l’auteur dans lesquelles il abordait notamment des questions relatives aux frontières héritées de la période coloniale et aux relations régionales. Les autorités judiciaires ont estimé que ces propos constituaient une atteinte à l’intégrité du territoire national.

Durant l’audience d’appel, qui a été brève, Boualem Sansal a assuré seul sa défense, affirmant que ses prises de position relevaient de l’expression littéraire et historique, et s’inscrivaient dans le cadre des libertés garanties par la Constitution.

Depuis de nombreuses années, Boualem Sansal s’est illustré par une œuvre littéraire largement diffusée à l’étranger, souvent caractérisée par une réflexion critique sur l’histoire et la société algérienne contemporaine. Dans un contexte national où les questions de souveraineté et de mémoire demeurent sensibles, ses prises de position ont suscité des réactions diverses au sein de l’opinion publique et des autorités.

L’affaire intervient dans un climat où les questions d’expression publique et de débat historique sont encadrées avec une attention particulière par les institutions algériennes.

Cette procédure judiciaire s’inscrit également dans un contexte diplomatique suivi avec attention par la France. Selon plusieurs sources médiatiques, des discussions auraient eu lieu concernant la représentation juridique de l’écrivain lors de son procès. La France, sollicitée sur ce point, aurait accepté une modification de l’avocat initialement pressenti. Toutefois, aucun avocat étranger n’a finalement été présent à l’audience.

Les autorités françaises ont, pour leur part, exprimé publiquement leur souhait qu’un geste humanitaire soit envisagé, eu égard à l’âge avancé et à l’état de santé de Boualem Sansal, qui est atteint d’une maladie chronique.

Le tribunal d’Alger doit rendre sa décision le 1er juillet 2025. L’issue de ce procès est suivie avec attention tant par les milieux littéraires internationaux que par diverses instances politiques et diplomatiques. Elle illustre la complexité des équilibres entre souveraineté nationale, liberté d’expression et relations bilatérales dans le cadre des enjeux actuels entre l’Algérie et ses partenaires.

Cette affaire met ainsi en lumière la délicate articulation entre expression intellectuelle et cadre juridique national, dans un contexte politique et historique particulièrement sensible.

Santé sexuelle après 60 ans : une réalité ignorée, un tabou persistant

Alors que l’espérance de vie s’allonge sur tous les continents, un domaine demeure enveloppé de silence : la sexualité des seniors. Après 60 ans, le désir ne s’efface pas, il se transforme. Pourtant, les sociétés peinent à reconnaître cette évidence, tant le lien entre sexualité et jeunesse reste ancré dans l’imaginaire collectif. L’invisibilisation de la vie intime des aînés reflète bien plus qu’une simple gêne : c’est un déni de leur humanité pleine et entière.

Les chiffres sont sans équivoque. Selon une étude des Petits Frères des Pauvres, 91 % des seniors vivant en couple expriment encore du désir, et 50 % rapportent une activité sexuelle régulière. Cette réalité dépasse les frontières françaises, tant les témoignages convergent également dans les sociétés africaines, souvent tiraillées entre pudeur culturelle et reconnaissance implicite de la vitalité affective des aînés.

Les faits démentent ainsi les préjugés. Vieillir n’efface ni le besoin d’intimité, ni celui de tendresse. Le corps change, le rythme aussi, mais le désir s’adapte et persiste.

Pourquoi alors un tel silence ? Parce que la sexualité des aînés dérange. Les représentations dominantes continuent de glorifier des corps jeunes, normés, standardisés. Le vieillissement est réduit à une dégradation, et non à une évolution. Cette exclusion du champ du désir entretient la marginalisation affective des seniors, en particulier des femmes, souvent perçues comme « asexuées » dès la ménopause.

Conséquence : de nombreux aînés n’osent aborder leurs questions intimes, même auprès des professionnels de santé. Troubles érectiles, sécheresse vaginale, douleurs articulaires, diminution de la lubrification : ces réalités physiologiques naturelles restent trop souvent tues, alors même qu’elles peuvent être accompagnées et surmontées.

Passé 60 ans, la sexualité se redéfinit. Moins centrée sur la performance, elle s’enrichit d’une dimension affective plus profonde. Les caresses, les confidences, les regards complices prennent le relais de l’urgence des premières années. Chez certaines femmes, l’orgasme devient même plus intense, fort d’une meilleure connaissance de soi et d’une sérénité nouvellement acquise.

Cette intimité apaisée offre des bénéfices multiples : amélioration de l’estime de soi, bien-être psychologique, renforcement du lien conjugal, et même stimulation cognitive. Car la vie affective ne s’arrête pas au seuil de l’âge : elle continue d’entretenir la joie de vivre et l’équilibre personnel.

Au fond, le tabou de la sexualité des seniors traduit une vision utilitariste et productiviste de l’existence humaine. Une société qui refuse de reconnaître le droit au désir passé un certain âge confine ses aînés dans une forme de relégation silencieuse.

Rompre avec ce non-dit suppose d’abord une prise de conscience collective :

  • Former les médecins à accueillir la parole intime des patients âgés.
  • Inclure les plus de 60 ans dans les campagnes de prévention et de santé sexuelle.
  • Représenter positivement la diversité des âges dans les médias et la culture.
  • Ouvrir des espaces de parole, où les aînés puissent exprimer leurs attentes affectives sans crainte ni honte.

La sexualité après 60 ans n’est ni marginale, ni anecdotique. Elle participe pleinement de la qualité de vie et de la dignité humaine. En brisant le tabou qui l’entoure, il ne s’agit pas seulement de parler de plaisir, mais de reconnaître aux aînés le droit fondamental de continuer à être des êtres désirants et désirables. Le silence actuel est un aveu de frilosité collective ; il est temps d’en faire un sujet légitime de société.

Hémophilie A : des résultats préliminaires encourageants pour le NXT007 de Roche

Dans un domaine où chaque progrès médical peut transformer la vie de milliers de patients, les derniers résultats de l’essai clinique de phase I/II du traitement expérimental NXT007 développé par le groupe pharmaceutique Roche suscitent un vif intérêt au sein de la communauté scientifique. L’étude rapporte une réduction significative, voire une disparition, des saignements majeurs chez des patients atteints d’hémophilie A.

L’hémophilie A est une maladie génétique rare, liée au chromosome X, qui touche majoritairement les hommes. Elle se caractérise par un déficit en facteur VIII de coagulation, provoquant des hémorragies parfois graves et difficiles à contrôler. On estime à environ 400 000 le nombre de personnes concernées dans le monde, avec des disparités importantes d’accès aux soins entre les pays développés et les régions à ressources limitées, notamment en Afrique et en Asie.

Développé par la société pharmaceutique suisse Roche, le NXT007 est un anticorps bispécifique de nouvelle génération. Contrairement aux thérapies traditionnelles qui reposent sur des perfusions régulières de facteur VIII, ce traitement vise à imiter la fonction du facteur déficient en se fixant simultanément sur deux cibles du système de coagulation. Cette approche permettrait de réduire considérablement la fréquence des administrations et d’améliorer la qualité de vie des patients.

Les premiers résultats publiés dans le cadre de l’étude de phase I/II sont jugés très prometteurs : chez les patients traités, aucun saignement majeur n’a été observé pendant la période de suivi. Les chercheurs soulignent cependant que ces résultats concernent un échantillon limité et que la prudence reste de mise avant toute généralisation.

L’hémophilie reste une maladie particulièrement pénalisante dans de nombreux pays en développement, où les produits dérivés du plasma et les facteurs de coagulation sont souvent rares, coûteux, ou soumis à des risques de contamination. En Afrique subsaharienne, notamment, de nombreux patients ne bénéficient pas d’un diagnostic précoce ni d’une prise en charge adaptée, exposant les jeunes enfants à des complications orthopédiques lourdes et à un risque accru de mortalité.

Si les études futures confirment l’efficacité et la sécurité du NXT007, ce traitement pourrait constituer une avancée majeure, à condition toutefois que son accessibilité financière soit assurée au-delà des seuls marchés des pays industrialisés. Comme souvent en matière de santé mondiale, l’innovation technologique pose également la question cruciale de l’équité dans l’accès aux soins.

Avant toute commercialisation à large échelle, le NXT007 devra franchir avec succès les essais cliniques de phase III, impliquant un plus grand nombre de patients et des périodes de suivi prolongées. Par ailleurs, les agences de régulation sanitaire devront évaluer non seulement l’efficacité mais aussi la tolérance du traitement sur le long terme, notamment vis-à-vis de possibles complications thromboemboliques.

Le groupe Roche, qui commercialise déjà l’anticorps bispécifique Hemlibra (émicizumab) largement utilisé dans le traitement de l’hémophilie A, affirme que le NXT007 pourrait offrir un contrôle encore plus stable des saignements, avec des injections espacées jusqu’à une fois par mois, voire moins.

Si ces résultats se confirment, le NXT007 s’inscrirait dans la continuité des progrès récents qui transforment progressivement la prise en charge des maladies hémorragiques rares. Reste toutefois à veiller à ce que ces avancées, fruits de la recherche biomédicale des grands groupes pharmaceutiques, ne creusent pas davantage les écarts d’accès entre les pays industrialisés et les régions encore très exposées à la précarité sanitaire.

Musique – Kpop : BLACKPINK un retour mondial sous haute tension

Après près de trois ans d’absence collective, le groupe sud-coréen BLACKPINK s’apprête à lancer sa nouvelle tournée mondiale. Mais derrière l’euphorie apparente, les interrogations des fans soulignent les tensions d’une industrie musicale globalisée toujours plus dépendante des stratégies commerciales.

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Quand ChatGPT ampute la pensée : inquiétudes sur la santé cognitive de la jeunesse

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) vient de publier une étude qui ravive un débat fondamental : l’impact des intelligences artificielles génératives, telles que ChatGPT, sur nos capacités cognitives. Les chercheurs mettent en lumière une possible baisse d’activité neuronale et de mémoire profonde chez les utilisateurs intensifs. Loin des promesses souvent dithyrambiques sur les bienfaits des IA dans la productivité et l’éducation, les conclusions soulèvent des interrogations sérieuses, en particulier pour les jeunes générations.

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Afrique du Sud : à Soweto, une Journée nationale de prière face aux fractures encore béantes de l’après-Apartheid

Hier dimanche, à Soweto, hauts lieux de la mémoire sud-africaine, des milliers de citoyens se sont rassemblés pour la Journée nationale de prière, placée sous le thème explicite : « Confronter le passé, bâtir une société réconciliée ». Derrière les hymnes et les supplications, c’est tout un pays qui, une fois de plus, a été contraint de regarder en face ses blessures profondes, héritées du régime d’Apartheid.

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