Le procureur général près la Cour de cassation, le juge Jamal Hajjar, a ordonné mercredi l’arrestation de l’ancien ministre de l’Économie Amine Salam, à l’issue d’une audience au cours de laquelle l’accusé a été confronté à des fonctionnaires du ministère, a annoncé une source judiciaire haut placée
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Oscar Pistorius au triathlon : réinsertion encadrée ou traitement de faveur ?
Douze ans après avoir tué Reeva Steenkamp, l’ancien champion paralympique Oscar Pistorius a repris la compétition sportive. Une participation autorisée qui interroge, entre cadre légal strict et perception d’un privilège judiciaire accordé aux célébrités.
Le 1ᵉʳ juin 2025, sur les rives de Durban, l’Ironman 70.3 a vu concourir un participant inattendu : Oscar Pistorius. L’ex-star de l’athlétisme mondial, longtemps surnommé le « Blade Runner », a couvert les 113 km du triathlon malgré sa liberté conditionnelle, effective depuis janvier 2024, après avoir purgé une partie de sa peine pour le meurtre de sa compagne Reeva Steenkamp.
Cette apparition publique, autorisée par les services sud-africains de probation, a provoqué une onde de choc. S’il ne s’agit pas d’une violation de sa conditionnelle Pistorius a bien obtenu l’aval administratif pour voyager de Prétoria à Durban, l’événement soulève une question plus vaste : celle de la réinsertion, certes, mais aussi de l’égalité devant la justice.
L’entourage de Pistorius insiste sur une volonté de « reconstruction personnelle » par le sport. « Il ne s’agit pas d’un retour à la compétition professionnelle, mais d’un pas vers la normalité », plaide son avocat Conrad Dormehl. Classé 555ᵉ au général, l’ancien médaillé paralympique est loin de ses exploits d’antan, et n’a bénéficié d’aucun traitement sportif particulier.
Mais la normalité, justement, est-elle la même pour tous ? De nombreuses voix en Afrique du Sud à commencer par l’UDM Women’s Organisation dénoncent une réintégration publique prématurée et perçue comme insensible envers les victimes de féminicides. « Qu’un homme reconnu coupable d’un meurtre puisse s’exhiber en public de cette manière, moins de deux ans après sa sortie de prison, est un signal dangereux », affirme un communiqué de l’organisation.
Au-delà du cas Pistorius, l’affaire illustre un phénomène mondial bien documenté : l’impression, sinon la réalité, que les personnalités célèbres bénéficient d’un traitement judiciaire distinct de celui du citoyen lambda. Du traitement médiatique aux aménagements de peine, en passant par la réactivité des services judiciaires, les exemples abondent.
Aux États-Unis d’Amérique, les peines allégées ou ajournées pour certains artistes ou sportifs (comme le rappeur états-unien Kodak Black ou l’ancien joueur de football Ray Rice) sont régulièrement dénoncées. En France, la récente libération sous bracelet électronique de personnalités médiatiques condamnées pour des faits graves alimente les débats sur l’égalité devant la loi. L’Afrique du Sud n’échappe pas à cette dynamique : Pistorius n’est pas le seul justiciable à avoir été médiatisé, mais il est peut-être l’un des seuls dont les demandes de déplacement reçoivent une attention si nuancée.
Il convient pourtant de rappeler que la liberté conditionnelle de Pistorius reste encadrée jusqu’en 2029. Toute infraction à ses obligations entraînerait sa réincarcération. Mais cette rigueur formelle ne dissipe pas les perceptions d’injustice symbolique.
Dans une société saturée d’images et d’émotions, la mémoire des victimes peine souvent à rivaliser avec le pouvoir narratif de la rédemption publique. La figure du coupable en réhabilitation fascine plus qu’elle n’indigne surtout lorsqu’elle a déjà brillé sous les projecteurs.
Pour la famille de Reeva Steenkamp, aucune course, aussi longue soit-elle, ne ramènera la jeune femme tuée en 2013. Dans un communiqué sobre, les proches de la victime ont dit vouloir « se tenir à distance du bruit médiatique », tout en rappelant que « le vrai combat, c’est celui contre les violences faites aux femmes ». Un combat, hélas, toujours inachevé.
Ce que nous dit l’affaire Pistorius :
~ La réinsertion des condamnés, même médiatiques, est un droit encadré par la loi mais elle gagne à être conduite avec discrétion.
~ La justice peut être formellement équitable, mais socialement perçue comme biaisée lorsqu’elle concerne des figures célèbres.
~ Le traitement réservé aux célébrités judiciaires mérite un débat sérieux, loin des passions, mais ancré dans une exigence de justice impartiale pour tous.
Océans en détresse : à Nice, l’ONU tente de rallumer le phare de la conscience mondiale
Sous le ciel azuréen de la Méditerranée, la ville de Nice accueille cette semaine la troisième Conférence des Nations unies sur les océans (9–13 juin 2025). Un cadre séduisant pour une urgence pourtant alarmante : la santé des océans du globe se détériore à une vitesse telle que l’ONU parle d’un « point de rupture écologique ». Pollutions multiples, surexploitation, réchauffement climatique, acidification des eaux… les signaux d’alarme s’accumulent. Et avec eux, une interrogation de fond : la communauté internationale est-elle prête à faire de la protection des mers une priorité réelle, ou se contentera-t-elle d’annonces sans lendemain ?
Les chiffres sont saisissants. Les océans absorbent 90 % de la chaleur excédentaire liée aux émissions de gaz à effet de serre, et environ 25 % du CO₂ émis par les activités humaines. En d’autres termes, ils sont l’un des principaux régulateurs climatiques de la planète. Mais leur rôle d’« amortisseur écologique » atteint ses limites.
Par ailleurs, 11 millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans les océans. D’ici 2040, ce chiffre pourrait presque tripler sans changement radical. Les microplastiques sont désormais présents jusque dans les abysses, menaçant les chaînes alimentaires marines et par ricochet, humaines.
À cela s’ajoute la surpêche massive, qui vide les mers à un rythme insoutenable : plus d’un tiers des stocks halieutiques mondiaux sont exploités au-delà de leur capacité de renouvellement.
Organisée en partenariat avec la France, cette conférence réunit plus de 60 chefs d’État et de gouvernement, des scientifiques, des représentants d’ONG, d’entreprises, et des populations autochtones marines. L’un des objectifs phares est de protéger 30 % des zones marines d’ici 2030, conformément à l’accord mondial sur la biodiversité adopté à Montréal en 2022.
Autre enjeu central : mobiliser au moins 100 milliards de dollars d’engagements financiers pour soutenir la transition vers une économie bleue durable. Mais au-delà des chiffres, le scepticisme demeure. Les précédentes conférences Lisbonne (2022), puis San José (2023) avaient produit des déclarations ambitieuses… sans réel mécanisme de contrainte ni suivi cohérent.
La gouvernance des océans est l’un des sujets les plus complexes de la diplomatie internationale. Les espaces maritimes échappent en grande partie aux juridictions nationales. Le récent Traité sur la haute mer, signé en 2023 à New York, visait à encadrer l’exploitation des zones marines internationales, mais sa ratification demeure lente et son application incertaine.
Les tensions s’exacerbent aussi entre grandes puissances maritimes : exploitation minière en eaux profondes, routes commerciales polaires, militarisation de certaines zones… La mer est un nouvel espace de rivalités. Et comme souvent, les pays du Sud, bien que peu responsables de la dégradation des océans, sont les premiers à en subir les conséquences : érosion des côtes, effondrement des pêches artisanales, migrations climatiques.
Au-delà des discours et des symboles, cette conférence interroge le modèle économique dominant. Peut-on réellement concilier croissance fondée sur l’exploitation des ressources et préservation des équilibres écologiques ? Le mythe d’un océan inépuisable s’effondre, mettant à nu la fragilité du lien entre humanité et nature.
La Méditerranée, en toile de fond de cette rencontre, illustre cette tension : une mer semi-fermée, extrêmement polluée, et surexploitée, mais aussi riche d’une biodiversité unique et de pratiques ancestrales de cohabitation durable. Elle est à la fois un laboratoire et un miroir du reste du monde.
Cette conférence ne sauvera pas à elle seule les océans. Mais elle pourrait marquer un tournant si les annonces sont suivies de mécanismes transparents, de financements effectifs et d’un renforcement du droit international. À l’heure où les nations riches réduisent leur aide au développement (voir nos précédents articles), un engagement fort en faveur des océans serait aussi un engagement en faveur de la justice mondiale.
Protéger les mers, c’est protéger l’avenir de tous et d’abord celui des peuples les plus vulnérables. L’océan est un bien commun : il est temps d’agir en conséquence.
Encadré : Quelques chiffres clés
- 71 % de la surface terrestre est recouverte par les océans
- 90 % de la chaleur liée au réchauffement climatique est stockée dans les mers
- 30 % des espèces marines pourraient disparaître d’ici la fin du siècle sans inflexion
- 54 % des pêches maritimes se font dans des conditions non durables
- Objectif 2030 : protéger 30 % des océans
Argentine : la condamnation de l’ex-présidente Cristina Kirchner met fin à sa carrière politique
La Cour suprême argentine a confirmé mardi la condamnation de l’ex-présidente péroniste Cristina Kirchner à une peine de six ans de prison et d’inéligibilité à vie pour fraude pendant sa présidence, un jugement retentissant contre une figure dominante de la vie politique argentine depuis 20 ans. Celle-ci dénonce une « guérilla » judiciaire et « une sentence écrite d’avance ».
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Un élève suspecté d’avoir poignardé une assistante d’éducation devant un collège de Haute-Marne a été arrêté, ce mardi 10 juin au matin. La victime a succombé à ses blessures. Aucun mobile n’a pour le moment été défini, le passage à l’acte étant d’autant plus sidérant que le collégien n’avait aucun antécédent judiciaire. Un drame qui met en lumière une jeunesse scolaire de plus en plus violente envers ses formateurs et la nécessité de protéger l’école.
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Le Maroc pourrait avoir subi une troisième cyberattaque d’ampleur depuis le mois d’avril 2025. Un groupe se faisant appeler « Jabaroot DZ » et affirmant agir pour défendre les intérêts de l’Algérie, annonce avoir attaqué les serveurs du ministère de la Justice marocain. Dans le Royaume, les voix s’élèvent pour proposer une issue à ces cyberattaques
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L’ONU annonce un nombre record de près de 1,3 million de personnes qui ont dû fuir les violences en Haïti pour trouver un endroit sûr, ailleurs dans le pays. Un chiffre qui révèle une augmentation de 24% depuis décembre 2024 et le plus grand nombre de personnes déplacées par la violence jamais enregistré dans le pays selon l’organisation internationale pour les migrations. (OIM)
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Des heurts ont opposé mardi soir des manifestants et les forces de l’ordre à Ballymena en Irlande du Nord, après des violences la veille à motivation raciste selon la police, à la suite de l’inculpation de deux adolescents pour une tentative de viol contre une jeune fille.
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Le procureur général de Bolivie a accepté lundi la plainte du gouvernement contre l’ancien président déposée après la diffusion d’un enregistrement audio dans lequel une voix, attribuée à l’ex-chef d’Etat, appelle à bloquer les principales routes menant à La Paz
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Soulagement après plus d’un mois d’attente pour la famille d’Abdul Aziz Congo, le frère du roi des Mossis a recouvré la liberté. Cela faisait 37 jours que le jeune parent de l’une des plus hautes autorités coutumières au Burkina Faso avait été arrêté sans mobile apparent.
Libéré dans la nuit de jeudi à vendredi, Abdul Aziz Congo a pu rejoindre à son domicile épouse et enfants avant de subir des examens dans un centre médical de Ouagadougou.
Pas de violence, pour autant de la part de ses geôliers, assure l’une de nos sources qui s’abstient de dire pour quel motif ce cadet du roi Mossi a été séquestré sans raison apparente, ce qui est devenue monnaie courante au Burkina Faso. D’ailleurs les témoins joints par une média international, affirment tous que le frère du Mogho Naaba est en forme après un mois et sept jours d’incarcération dans un lieu tenu secret.
Mercredi 30 avril, Abdul Aziz Congo a été enlevé à Ouagadougou par des hommes se présentant comme étant des forces de sécurité. Certains spéculent sur un différend entre la junte militaire en place et le roi des Mossis, différend qui serait à l’origine de cette arrestation. Le Mogho Naaba ayant décliné une requête de la junte lui demandant de jouer les médiateurs au sein d’une armée en mal de cohésion.
Abdul Aziz Congo aurait été arrêté ce 30 avril 2025 par des individus se présentant comme membres des forces de sécurité. L’arrestation a eu lieu alors qu’il faisait ses courses dans son quartier. Il a d’abord été conduit chez lui, et il a été ensuite embarqué pour une destination inconnue.
Abdul Aziz Congo, qui est le demi-frère du Mogho Naaba, le roi des Mossis, avait donné en septembre 2024 une interview sur le site Faso.net. Dans cet entretien, il suggérait que les autorités coutumières et religieuses du Burkina Faso fassent respecter les engagements pris notamment lors de la transition entre le colonel Damiba et le capitaine Traoré en octobre 2022.
À l’époque, ces autorités se voulaient être les garantes d’une transition pacifiée entre les deux putschistes. Le nouveau dirigeant Traoré devant veiller, entre autres, à la réconciliation nationale, au respect des engagements avec la Cédéao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) ou à la cohésion au sein des forces de sécurité. Des sujets devenus, depuis, ultra-sensibles et irritants au sommet de l’État. Facteur aggravant, il y a peu, le Mogho Naaba aurait reçu une demande de la part du capitaine Traoré pour jouer les médiateurs dans les rangs d’une armée de plus en plus fébrile.
Cette demande a été déclinée par le roi des Mossis et 24 heures plus tard son frère était arrêté. L’arrestation du frère du Mogho Naaba aurait été un moyen de faire pression sur le palais Mossi. Nul ne peut dire à cette heure si cela a eu l’effet escompté.