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Pour la Génération Z, retourner vivre chez ses parents n’est plus une honte : analyse d’un basculement social et économique profond

Pendant longtemps, quitter le domicile parental a constitué l’un des marqueurs les plus visibles de l’entrée dans l’âge adulte. Revenir y vivre, passé un certain âge, relevait de l’échec personnel ou de la disgrâce sociale. Ce schéma, longtemps présenté comme universel, est aujourd’hui ouvertement remis en question par une génération confrontée à des contraintes inédites.

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Chez les jeunes adultes de la Génération Z, retourner vivre chez ses parents n’est plus nécessairement perçu comme une régression. Ce choix, de plus en plus fréquent dans de nombreuses sociétés occidentales, s’inscrit dans un contexte de tensions économiques durables, de mutation du marché du travail et de redéfinition des normes sociales liées à l’autonomie.

Un phénomène désormais assumé

Dans plusieurs pays industrialisés, une proportion croissante de jeunes adultes vit ou revient vivre au domicile parental après une première expérience d’indépendance. Cette réalité concerne particulièrement la Génération Z, née à la charnière des années 1990 et 2000, dont l’entrée dans l’âge adulte s’effectue dans un environnement économique contraint.

Contrairement aux générations précédentes, ce retour n’est plus systématiquement dissimulé ni justifié comme provisoire. Il est souvent présenté comme un choix rationnel, assumé et parfois revendiqué. Dans les discours recueillis, la honte cède la place à une lecture pragmatique de la situation.

Des contraintes structurelles durables

Ce basculement ne peut être compris sans analyser les transformations profondes du cadre économique. La hausse continue des loyers, la raréfaction des logements accessibles, la précarisation de l’emploi des jeunes diplômés et le coût global de la vie rendent l’autonomie résidentielle de plus en plus difficile à atteindre.

À ces facteurs s’ajoute un marché du travail marqué par l’instabilité : contrats courts, périodes d’inactivité, reconversions fréquentes. Pour de nombreux jeunes adultes, vivre chez leurs parents devient une stratégie de stabilisation financière, permettant de réduire les dépenses contraintes, d’épargner ou simplement d’éviter un endettement précoce.

Dans ce contexte, l’indépendance n’est plus définie uniquement par le lieu d’habitation, mais par la capacité à construire une trajectoire viable à moyen terme.

La fin d’un modèle unique de l’âge adulte

Le recul de la stigmatisation sociale traduit une transformation plus profonde des normes collectives. Le modèle linéaire études, emploi stable, logement autonome qui structurait l’imaginaire de l’âge adulte au cours du XXᵉ siècle ne correspond plus aux réalités contemporaines.

La Génération Z évolue dans un monde où les transitions sont plus longues, plus fragmentées et moins prévisibles. Dans ce cadre, le retour au domicile parental n’est plus interprété comme un échec individuel, mais comme l’une des nombreuses configurations possibles de l’entrée dans l’âge adulte.

Cette évolution interroge également la responsabilité collective. Si le retour chez les parents devient la norme, ce n’est pas seulement par choix culturel, mais parce que les structures économiques et sociales rendent l’autonomie plus coûteuse et plus incertaine qu’auparavant.

Un révélateur des transformations sociales contemporaines

Au-delà de la Génération Z, cette tendance invite à repenser la place de la famille dans les sociétés contemporaines. La cohabitation intergénérationnelle, longtemps considérée comme transitoire ou marginale dans certaines sociétés occidentales, redevient un espace central de solidarité économique et sociale.

Ce mouvement pose aussi la question des politiques publiques : logement, emploi des jeunes, protection sociale. Le débat ne porte plus uniquement sur les choix individuels, mais sur les conditions collectives qui les rendent nécessaires.

Le retour des jeunes adultes au domicile parental ne relève ni d’un renoncement ni d’un refus de l’autonomie. Il constitue l’adaptation rationnelle d’une génération confrontée à des contraintes structurelles durables. En cessant d’y voir une honte, la Génération Z met en lumière une réalité plus large : celle d’un modèle social qui peine à garantir l’indépendance matérielle comme horizon accessible à tous.

Comprendre ce phénomène, c’est reconnaître que les trajectoires individuelles sont indissociables des conditions économiques et sociales dans lesquelles elles s’inscrivent.

Celine Dou, pour La Boussole – infos

Musique – « La nuit baroque » à la salle Jean Renoir (Bois-Colombes – France) : lumière sur la musique baroque en un voyage nocturne

Ce mardi 20 janvier 2026 a eu lieu, à la salle Jean Renoir (Bois-Colombes – Région parisienne), « La nuit baroque » , récital de musique classique du style au même nom, par l’ensemble « Accord futur ».

P.S. : album photos en fin d’article

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Razzie Awards : quand les icônes hollywoodiennes se retrouvent au banc des pires films de l’année

La publication des nominations aux Razzie Awards 2026 a créé la surprise en plaçant sous le feu des projecteurs plusieurs figures majeures du cinéma mondial. Jared Leto, Michelle Yeoh ou encore Sylvester Stallone figurent cette année parmi les personnalités épinglées par ces distinctions satiriques, qui interrogent moins la valeur des artistes que les dérives structurelles de l’industrie cinématographique contemporaine.

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Créés pour pointer les échecs les plus retentissants du cinéma, les Razzie Awards souvent qualifiés d’anti-Oscars révèlent, au-delà de la provocation, un malaise plus profond. Les nominations de 2026, marquées par la présence de stars reconnues et de productions très attendues, soulignent les limites d’un système dominé par la logique industrielle, la surenchère visuelle et la nostalgie recyclée.

Une sélection révélatrice des excès du cinéma industriel

La liste des nominations dévoilée en janvier 2026 frappe par le contraste entre la notoriété des artistes cités et la réception critique de leurs œuvres. Jared Leto est distingué pour une prestation jugée caricaturale, Michelle Yeoh se retrouve paradoxalement nommée quelques années après avoir incarné l’excellence dramatique saluée par l’Académie, tandis que Sylvester Stallone poursuit une trajectoire marquée par des choix artistiques inégaux.

À ces noms s’ajoute une nomination collective visant les personnages des sept nains dans une nouvelle adaptation de Blanche-Neige, symbole d’une industrie qui peine à renouveler ses récits et préfère exploiter des licences éprouvées, au risque de l’usure créative. Ces choix illustrent une tendance lourde : la priorité accordée au potentiel commercial et à la reconnaissance immédiate au détriment de la cohérence narrative et de l’exigence artistique.

Les Razzie Awards, miroir ironique mais utile

Derrière leur apparente légèreté, les Razzie Awards remplissent une fonction critique rarement assumée dans un système largement autocélébratif. Ils rappellent que le prestige, l’expérience ou la popularité ne garantissent ni la qualité d’un film ni la pertinence d’un projet. Loin d’être un simple exercice de moquerie, ces distinctions mettent en lumière les conséquences d’une production standardisée, souvent déconnectée des attentes profondes du public.

Le cas de Michelle Yeoh est particulièrement révélateur. Sa nomination ne remet pas en cause son talent, unanimement reconnu, mais interroge les cadres dans lesquels les acteurs évoluent. Elle illustre la fragilité de l’excellence artistique lorsqu’elle est absorbée par des univers scénaristiques faibles ou des productions pensées avant tout comme des produits dérivés.

Une critique implicite du système des franchises et des remakes

Les films les plus nommés cette année partagent un point commun : ils s’inscrivent dans des logiques de suites, de remakes ou d’univers étendus. Cette orientation stratégique, censée réduire les risques financiers, tend paradoxalement à accroître la défiance critique et la lassitude du public. Les Razzie Awards soulignent ainsi l’écart croissant entre l’investissement financier massif consenti par les studios et la pauvreté relative de certaines propositions artistiques.

Cette dynamique révèle un cinéma qui, à force de vouloir sécuriser ses recettes, fragilise sa crédibilité culturelle. Le recours systématique à des figures connues et à des récits préexistants ne suffit plus à masquer l’absence de vision, ni à susciter l’adhésion durable des spectateurs.

Si les Razzie Awards restent une institution marginale face au prestige des Oscars, leur écho médiatique croissant témoigne d’un besoin de contre-discours dans l’industrie du cinéma. À l’heure où les plateformes de diffusion et les logiques de rentabilité rapide redessinent les contours de la création, ces distinctions rappellent que le public, comme la critique, demeure sensible à la sincérité artistique et à l’exigence narrative.

Les nominations aux Razzie Awards 2026 ne constituent ni un procès des artistes ni une condamnation définitive de leurs carrières. Elles offrent en revanche une lecture critique des dérives d’un cinéma de plus en plus formaté, où la notoriété remplace parfois l’audace et où la puissance financière supplante la vision créative. En cela, ces “anti-récompenses” jouent un rôle paradoxal mais salutaire : rappeler que le cinéma, même industriel, reste un art qui ne peut durablement se soustraire à l’exigence de qualité.

Celine Dou, pour la boussole-infos

Classement mondial du bonheur : les jeunes Lituaniens en tête

Les moins de trente ans en Lituanie se déclarent les plus satisfaits de leur vie au monde, selon le dernier World Happiness Report. Cette performance singulière invite à examiner les facteurs sociaux, économiques et culturels qui distinguent la jeunesse lituanienne de celle de ses voisins européens et d’autres régions du monde.

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Avec une note moyenne de 7,7 sur 10, la jeunesse lituanienne devance celle des Pays-Bas (7,2), de la France (6,5), de l’Allemagne (6,4) et de l’Espagne (6,2). Sur l’ensemble de sa population, la Lituanie se classe seulement 19ᵉ, révélant une distinction générationnelle marquée et une satisfaction particulière chez les moins de trente ans. Cette position contraste également avec la moyenne européenne, où les jeunes se situent généralement autour de 6,5 à 6,7 points.

Le World Happiness Report ne se limite pas aux indicateurs économiques mais évalue la satisfaction de vie ressentie par les individus, en prenant en compte le soutien social, la liberté de choix, la santé, la générosité et la confiance envers les institutions publiques. Dans ce cadre, les jeunes Lituaniens apparaissent comme particulièrement optimistes, surpassant nettement leurs homologues européens et même certains pays nordiques traditionnellement bien classés dans le bonheur global, comme la Finlande, dont les jeunes obtiennent 7,0 points.

L’économie contribue de manière déterminante à ce constat. La croissance soutenue et la diversité des secteurs professionnels, notamment dans la technologie et les industries créatives, offrent aux jeunes des perspectives stables. Par ailleurs, le coût de la vie, en particulier celui du logement, reste modéré par rapport à la France ou à l’Allemagne, où l’accès à un logement autonome pèse lourdement sur le budget des jeunes adultes. L’enseignement supérieur peu coûteux renforce encore ce sentiment de sécurité, en limitant le stress lié à l’endettement étudiant, un facteur déterminant dans les classements de pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, où les étudiants déclarent souvent une insatisfaction élevée malgré des revenus supérieurs.

Le tissu social et culturel joue également un rôle fondamental. La Lituanie propose une vie culturelle active et un accès large aux infrastructures sportives, tandis que les villes, notamment Vilnius, allient espaces naturels et vie urbaine. Les jeunes se sentent soutenus par leur famille et leur communauté, un facteur qui explique en partie pourquoi leur score dépasse celui de pays comme l’Italie ou la Grèce, où les réseaux sociaux et familiaux sont souvent plus fragmentés par les migrations et la précarité.

L’histoire et la perception générationnelle complètent l’explication. Les jeunes Lituaniens n’ont pas connu directement le communisme ni les transitions politiques post-soviétiques. Ils perçoivent leur liberté et leurs perspectives comme supérieures à celles des générations précédentes, ce qui contraste avec les jeunes populations des pays d’Europe de l’Est voisins, comme la Lettonie ou l’Estonie, où les notes se situent autour de 7,0 points. La cohésion nationale, accentuée par les tensions géopolitiques régionales, contribue également à un sentiment de solidarité et de sécurité, qui nourrit indirectement le bien-être.

Cette position dominante dans le classement souligne que le bonheur des jeunes ne dépend pas seulement de la richesse matérielle mais d’un ensemble cohérent d’éléments économiques, sociaux et culturels. Comparativement, les jeunes Français et Allemands subissent une pression accrue liée à la précarité de l’emploi et au coût du logement, ce qui se traduit par des notes nettement inférieures. La jeunesse lituanienne illustre comment un environnement stable, un soutien social marqué et un cadre culturel riche peuvent compenser un revenu moyen relativement modeste et créer une perception de satisfaction élevée.

Le classement de la jeunesse lituanienne rappelle que le bien-être ne se limite pas à la prospérité matérielle. Il résulte de l’équilibre entre autonomie économique, sécurité, cohésion sociale et cadre culturel. La Lituanie montre qu’une société peut offrir à sa jeunesse une satisfaction durable lorsque ces éléments convergent. Cette expérience constitue un repère pour les pays européens et mondiaux confrontés aux défis de la qualité de vie des jeunes générations, démontrant que le bonheur se construit autant par des conditions sociales et culturelles que par la richesse économique.

Celine Dou, pour la boussole-infos

CAN 2025 : dérapages extra‑sportifs, dérives sportives et enjeu d’image pour le football africain

Quand la compétition phare du football africain agit comme révélateur de fractures internes et de fragilités institutionnelles.

La Coupe d’Afrique des nations 2025 est l’un des tournants les plus significatifs du football africain récent : techniquement aboutie sur le terrain, elle a en revanche été marquée par une série de dérives extra‑sportives et de dysfonctionnements qui dépassent le simple cadre de la compétition. Du côté de l’arbitrage aux comportements de supporters, en passant par des tensions organisationnelles et des comparaisons internationales, ces événements posent de manière aiguë la question de la crédibilité continentale du football africain.

Une compétition de haut niveau confrontée à ses propres marges

La CAN 2025 a révélé un football africain mature, tactiquement sophistiqué et compétitif. Les grandes nations africaines y ont montré une capacité à jouer des matches structurés, à gérer des moments de haute intensité, et à produire un spectacle digne des grandes scènes internationales.

Pourtant, cette qualité technique n’a pas effacé les failles du cadre organisationnel. L’arbitrage bien qu’arbitré par des officiels expérimentés a été au centre de nombreuses controverses dès le tour préliminaire. Certains penaltys accordés ou refusés ont été perçus comme incohérents, ce qui a immédiatement alimenté des tensions entre techniciens, joueurs et supporters. Par exemple, lors d’un match de poule, la qualification de l’Égypte contre l’Afrique du Sud par un penalty litigieux a suscité un débat sur la cohérence de l’arbitrage, amplifié par des situations où des fautes évidentes n’ont pas été sanctionnées.

Des comportements sportifs problématiques : entre contestation et antisportivité

La marche vers la compétition a également été ponctuée de comportements qui entravent la crédibilité institutionnelle du jeu africain. Dans plusieurs rencontres, des équipes ont manifesté ouvertement leur mécontentement vis‑à‑vis des décisions arbitrales, parfois au point de quitter temporairement la pelouse, un geste rarement observé dans les compétitions internationales majeures.

Ces réactions ne sont pas des faits isolés mais s’inscrivent dans une dynamique plus large où la désacralisation de l’autorité arbitrale s’accompagne d’une tolérance implicite envers des comportements antisportifs : perturbations volontaires autour des phases décisives, gestuelles provocatrices, ou contestations musicales et visuelles témoignant d’un manque de respect envers le cadre de jeu.

L’affaire Salah (2022) : souvenir et héritage d’un précédent troublant

Pour comprendre l’ampleur des réactions observées plus récemment, il est pertinent de rappeler un épisode antérieur qui reste dans les mémoires : en mars 2022, lors du match de qualification pour la Coupe du monde 2022, des supporters ont orienté des lasers vers le visage de Mohamed Salah au moment où il s’apprêtait à tirer un penalty. Ce comportement, qui a été sanctionné par une amende de la FIFA à la Fédération sénégalaise, avait été largement critiqué comme une atteinte à la sécurité et à l’éthique sportive.

Ce précédent a durablement marqué les consciences car il illustre un phénomène récurrent dans quelques contextes du football africain : l’incapacité à prévenir des comportements hostiles qui, ailleurs, seraient immédiatement neutralisés.

Les supporters et les diasporas : la tension hors du continent

La CAN 2025 ne s’est pas limitée aux stades africains. Les comportements des supporters issus des diasporas ont également été au centre des critiques, notamment dans plusieurs pays européens où des scènes de débordements urbains et de confrontation avec les forces de l’ordre ont été observées après certains matchs.

Ces incidents ont renforcé un discours souvent entendu dans l’opinion publique européenne : l’idée que les compétitions africaines s’accompagnent régulièrement de désordres, indépendamment du résultat sportif. Ce jugement, certes réducteur, s’inscrit néanmoins dans une circularité perceptuelle, où les images répétées de débordements renforcent des représentations négatives, y compris auprès de ceux qui ne suivent pas le football africain de façon régulière.

Comparaison internationale : une norme de gouvernance contrastée

Comparer la gestion de la CAN avec celle d’autres compétitions continentales offre un éclairage utile. Dans les coupes majeures comme l’Euro de l’UEFA ou la Copa América de la CONMEBOL, les instances de régulation ont progressivement intégré des mécanismes de sanction automatique, d’encadrement stricte des supporters, et de dissuasion systématique des comportements antisportifs.

Cette culture de la sanction s’appuie sur des traditions institutionnelles robustes où l’arbitre et au‑delà, l’instance dirigeante est considéré comme l’autorité ultime du jeu. Lorsque ce cadre est transgressé, des mesures fermes sont prises : amendes, suspensions, jeux à huis clos, voire retrait de points. Ce contraste s’explique par des histoires administratives et sportives différentes, mais il met en lumière une faiblesse contemporaine du football africain : l‘absence d’une sanctionnalité pleinement dissuasive, capable de transformer les comportements collectifs.

Fragilités institutionnelles : vers une gouvernance renouvelée ?

Les dysfonctionnements observés à la CAN 2025 pointent vers une nécessité structurelle : celle de renforcer l’autorité de la Confédération africaine de football (CAF) et des fédérations nationales dans leurs missions de régulation et de pédagogie. Cela implique non seulement de clarifier les règles et la manière dont elles sont appliquées, mais également de former les acteurs arbitres, officiels, clubs, supporters à une culture du respect des normes.

Cette réforme prescriptive doit aller de pair avec une stratégie de communication cohérente qui met en avant les progrès réels du jeu africain tout en assumant les défis à relever. Une telle démarche contribuerait à réduire l’écart entre la performance sur le terrain et la perception à l’international.

Vers une CAN pleinement crédible

La CAN 2025 a révélé un football africain sur la voie de l’excellence sportive, mais aussi confronté à des défis institutionnels et culturels majeurs. Sans une réponse collective forte assortie de normes claires et de sanctions effectives les progrès tactiques et techniques risquent de rester partiellement invisibles, masqués par les fragilités extra‑sportives qui continuent d’éclipser la performance.

La véritable maturité du football africain passera moins par la qualité du jeu que par la capacité à structurer, réguler et maîtriser son propre écosystème : sur le terrain, dans les tribunes et dans l’arène internationale.

Celine Dou, pour la boussole-infos

Royaume‑Uni : plus de 100 000 signatures pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans soulèvent un débat sur protection des jeunes et régulation numérique

Au Royaume‑Uni, plus de 127 000 personnes ont signé une pétition adressée aux députés pour demander une interdiction légale de l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans. Dépassant le seuil requis pour un examen parlementaire obligatoire, cette initiative citoyenne cristallise un débat national sur la sécurité des enfants, la régulation des plateformes numériques et la responsabilité de l’État dans la protection des adolescents.

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Alors que l’usage des réseaux sociaux par les jeunes atteint des niveaux inédits, la pétition met en lumière des inquiétudes largement partagées : cyberharcèlement, exposition à des contenus inappropriés, dépendance numérique et impacts sur la santé mentale. Selon les signataires, les mécanismes actuels des plateformes pour vérifier l’âge des utilisateurs sont insuffisants et facilement contournables, laissant les adolescents vulnérables.

Une mobilisation citoyenne qui interpelle le Parlement

La pétition, déposée sur le portail officiel du Parlement, dépasse largement le seuil de 100 000 signatures, ce qui oblige les députés à examiner la question et à en débattre publiquement. Cette démarche s’inscrit dans un contexte politique où le gouvernement britannique discute du Children’s Wellbeing and Schools Bill, qui pourrait inclure des mesures similaires visant à encadrer strictement l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs.

Le Premier ministre Sir Keir Starmer s’est déclaré ouvert à des mesures inspirées du modèle australien, où une interdiction légale comparable est déjà en vigueur depuis décembre 2025. Plusieurs syndicats d’enseignants et députés conservateurs soutiennent également cette initiative, invoquant la protection de la jeunesse face aux effets potentiellement néfastes des plateformes numériques.

Un dilemme entre protection et liberté

Le débat ne se limite pas à la sécurité des enfants. Il soulève des questions plus larges sur l’équilibre entre protection et autonomie numérique. Interdire formellement les réseaux sociaux avant 16 ans peut limiter l’exposition à des risques avérés, mais peut aussi restreindre l’accès à la socialisation et à l’information dans un univers numérique qui fait partie intégrante du quotidien des adolescents états‑unien et britannique.

Les experts soulignent également les limites pratiques de cette approche : la vérification de l’âge réel nécessite des mesures intrusives ou complexes et pourrait déplacer les jeunes vers des espaces numériques moins régulés, où les risques sont encore plus difficiles à contrôler.

Une tendance internationale à observer

Le Royaume‑Uni n’est pas isolé dans cette démarche. L’Australie a déjà instauré une interdiction similaire, et plusieurs pays européens explorent des régulations comparables, avec des variantes selon les contextes législatifs et culturels. Cette dynamique montre que la protection des mineurs face aux réseaux sociaux est devenue un enjeu transnational, nécessitant une réflexion sur les droits des enfants, la responsabilité des plateformes et l’impact sociétal des technologies numériques.

Pour La Boussole‑infos, ce sujet dépasse la simple polémique médiatique : il illustre la complexité des politiques publiques à l’ère du numérique, où la sécurité, l’éducation et la liberté d’expression doivent être conciliées dans un cadre institutionnel clair et rigoureux.

Celine Dou, pour la Boussole‑infos

États‑Unis d’Amérique : Robert F. Kennedy Jr. lance des directives alimentaires ambivalentes entre promotion de la viande et lutte contre la malbouffe

Le 7 janvier 2026, le gouvernement des États‑Unis d’Amérique a publié la nouvelle édition des Dietary Guidelines for Americans 2025‑2030, sous l’impulsion du secrétaire à la santé, Robert F. Kennedy Jr. Ces lignes directrices officielles, qui définissent depuis plus de quatre-vingts ans les repères nutritionnels pour la population états‑unienne, combinent des messages à première vue contradictoires : encourager la consommation de « vrais aliments », tout en promouvant simultanément une augmentation de la viande et des graisses saturées dans l’alimentation.

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Cette démarche a suscité de nombreuses réactions dans la communauté scientifique et dans les médias : certains experts s’inquiètent de l’effet paradoxal de ces recommandations sur la santé publique états‑unienne, tandis que d’autres saluent l’attention portée aux aliments non transformés, longtemps relégués au second plan.

Un recentrage sur les « vrais aliments » face à la malbouffe

L’un des axes centraux des nouvelles directives est la réduction de la consommation d’aliments ultra-transformés : produits riches en sucres ajoutés, sel, huiles industrielles et additifs chimiques. Cette orientation répond à une problématique sanitaire majeure aux États‑Unis d’Amérique, où près de 70 % de la population adulte est en surpoids ou obèse, et où les maladies métaboliques liées à l’alimentation représentent un enjeu de santé publique considérable.

Robert F. Kennedy Jr. justifie cette approche comme une « refonte historique » du régime états‑unien, en promouvant des aliments naturels et non transformés, qualifiés de « vrais aliments ». Fruits, légumes, protéines complètes, produits laitiers et céréales complètes constituent le socle de ces recommandations, qui cherchent à limiter l’impact négatif des produits industriels sur la santé.

La viande et les graisses : un retour controversé

Ces recommandations introduisent également une hausse des apports en protéines animales et en graisses saturées, une posture qui rompt avec plusieurs décennies de consensus nutritionnel aux États‑Unis d’Amérique et au niveau international. Pendant des décennies, les lignes directrices incitaient à limiter la consommation de graisses saturées pour réduire les risques cardiovasculaires. Aujourd’hui, le message est plus nuancé : Kennedy défend la consommation de viande et de graisses de qualité comme éléments essentiels d’une alimentation équilibrée.

Cette combinaison encourager moins de produits transformés tout en réhabilitant la viande et certaines graisses est jugée ambivalente par de nombreux experts états‑uniens. La tension est réelle entre :

  • La lutte contre l’obésité et les maladies métaboliques, favorisée par la limitation des produits ultra-transformés ;
  • Les recommandations controversées sur la viande et les graisses, qui peuvent entrer en contradiction avec des décennies de messages nutritionnels établis par la recherche scientifique.

Un dilemme politique, scientifique et social

Ces directives ne sont pas uniquement un choix nutritionnel. Elles révèlent aussi un enjeu politique et culturel : Kennedy, figure médiatique et controversée, cherche à proposer un cadre alternatif qui rompt avec les normes nutritionnelles dominantes.

L’impact est concret : ces recommandations influenceront les cantines scolaires, les programmes de subventions alimentaires, l’industrie agroalimentaire, ainsi que les comportements alimentaires des citoyens états‑uniens. Le risque, pour les nutritionnistes, est de brouiller le message sanitaire et de complexifier la perception de ce qui est réellement favorable à la santé, notamment pour les populations vulnérables ou peu informées.

Perspectives et enjeux pour le débat public

L’annonce de ces directives pose une question plus large : comment les sociétés contemporaines équilibrent-elles liberté de choix, science et santé publique ? Elle illustre la difficulté d’élaborer des recommandations alimentaires simples dans un contexte où la nutrition humaine est multifactorielle et où les choix politiques, économiques et sociaux influencent la diffusion des connaissances scientifiques.

Pour La Boussole‑infos, l’enjeu n’est pas de juger le bien-fondé de la consommation de viande ou de graisses, mais d’éclairer la complexité et les contradictions d’une politique publique alimentaire. Le cas des États‑Unis d’Amérique est exemplaire : il montre que les recommandations nutritionnelles, loin d’être purement scientifiques, reflètent également des choix politiques, culturels et économiques qui impactent profondément le quotidien des citoyens.

Celine Dou, pour la Boussole‑infos

Mali : arrestation d’un marabout pour promesse mystique de victoire à la CAN 2025, illustration d’un charlatanisme persistant

Au Mali, l’interpellation d’un marabout ayant affirmé pouvoir garantir la victoire des Aigles à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 dépasse le cadre d’un simple fait divers. Elle met en lumière la persistance du charlatanisme et les fragilités sociales sur lesquelles il prospère.

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Après l’élimination du Mali en quart de finale de la CAN 2025, un marabout basé à Bamako, accusé d’avoir extorqué d’importantes sommes d’argent à des supporters en échange de promesses mystiques, a été arrêté pour escroquerie. Cette affaire soulève des interrogations plus larges sur le rapport à la rationalité, à la foi et à la responsabilité collective.

L’homme, identifié sous le nom de Sinayogo, s’était présenté comme détenteur de pouvoirs occultes capables d’influencer l’issue de la compétition continentale. Selon les éléments communiqués par les autorités, il aurait convaincu plusieurs citoyens de financer des rituels censés assurer la victoire du Mali à la CAN 2025, recueillant au passage des dizaines de millions de francs CFA.

La défaite des Aigles en quart de finale a provoqué la colère de certains supporters, qui se sont rendus devant le domicile du marabout pour exiger des comptes. L’intervention des forces de l’ordre a conduit à son arrestation et à son placement en garde à vue pour escroquerie, dans un pays où le charlatanisme est théoriquement encadré par la loi.

Mais l’affaire interroge au-delà de la sanction judiciaire. Elle pose la question de la facilité avec laquelle un discours irrationnel peut s’imposer dans l’espace public, mobiliser des ressources financières conséquentes et bénéficier d’une crédibilité sociale, parfois renforcée par la circulation rapide de l’information sur les réseaux sociaux.

Le recours à des promesses mystiques dans le cadre d’un événement sportif majeur ne relève pas d’un phénomène isolé. Il s’inscrit dans un contexte marqué par la précarité économique, l’incertitude politique et une défiance persistante envers les institutions. Dans ce cadre, le football devient un exutoire collectif, un espace où s’accumulent espoirs nationaux et attentes symboliques, offrant un terrain propice aux manipulations.

Le charlatanisme prospère précisément dans ces zones de fragilité, là où l’accès à une information fiable reste limité et où la pensée critique peine à s’imposer. Loin d’être une survivance folklorique, il constitue un mécanisme d’exploitation structuré, capable de générer des profits significatifs en s’appuyant sur la foi, la détresse ou l’enthousiasme populaire.

Il ne s’agit pas de remettre en cause la spiritualité ou les pratiques culturelles en tant que telles, mais de distinguer clairement ce qui relève de la croyance personnelle et ce qui s’apparente à une manipulation frauduleuse. Lorsque la promesse spirituelle devient une transaction financière fondée sur le mensonge, elle cesse d’être un fait culturel pour devenir un problème social et juridique.

L’arrestation de ce marabout au Mali agit comme un révélateur d’un charlatanisme encore profondément enraciné, nourri par les vulnérabilités sociales et l’absence de garde-fous suffisants. Elle rappelle l’importance du rôle de l’éducation, de la régulation et de la responsabilité des institutions dans la protection des citoyens. Sans un effort durable pour renforcer l’esprit critique et encadrer les dérives, ce type de pratiques continuera de se reproduire, au détriment des populations les plus exposées.

Céline Dou, pour La Boussole – infos

Vatican : Léon XIV entre collégialité et tradition, une révolution de velours

Depuis son élection, le pape Léon XIV impose une gouvernance plus collégiale au Vatican, convoquant annuellement l’ensemble des cardinaux pour réfléchir à l’orientation stratégique de l’Église. Parallèlement, il ouvre un dialogue sur la liturgie traditionnelle, notamment la messe en latin, cherchant à concilier tradition et modernité dans une institution mondiale en mutation.

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Au-delà des symboles, le pontificat de Léon XIV illustre une transformation douce mais significative de la gouvernance ecclésiale, où la collégialité, le dialogue et la prudence doctrinale deviennent les instruments d’une réforme structurelle et spirituelle.

En janvier 2026, le pape a réuni 170 cardinaux lors d’un consistoire annuel, un exercice inédit dans sa régularité depuis Vatican II. L’ordre du jour portait sur quatre dossiers : l’évangélisation, le synode, la Curie romaine et la liturgie. Si seuls les deux premiers ont été abordés de manière formelle, la rencontre a permis aux cardinaux de se familiariser avec les priorités du pontificat, de prier ensemble et d’échanger directement avec le souverain pontife.

Cette démarche marque un tournant dans la gouvernance du Vatican. Léon XIV entend favoriser la collégialité, réduire l’influence des logiques centralisatrices et promouvoir une participation plus active des cardinaux à la définition de la stratégie globale de l’Église. Elle s’inscrit dans une vision où la synodalité devient un outil de cohésion interne et de gouvernance partagée.

Sur le plan liturgique, le pape engage un dialogue prudent autour de la messe en latin, longtemps limitée par son prédécesseur. Des célébrations symboliques en forme extraordinaire du rite romain ont été autorisées, illustrant une volonté d’ouvrir un espace de conciliation entre tradition et exigences contemporaines. Le pontificat met ainsi l’accent sur la valeur spirituelle et identitaire de la liturgie tout en évitant d’en faire un instrument de division.

Cette « révolution de velours » combine réforme institutionnelle et attention à la tradition. Léon XIV illustre qu’une approche douce, fondée sur la collégialité et la consultation, peut produire des changements durables dans une institution millénaire. La gouvernance collégiale, si elle se consolide, pourrait améliorer l’efficacité de la Curie, renforcer la cohésion entre les cardinaux et permettre une meilleure adaptation aux enjeux contemporains, qu’ils soient doctrinaux, sociaux ou diplomatiques.

La question de la liturgie, quant à elle, est révélatrice de tensions plus profondes. Elle traduit la nécessité d’un équilibre entre fidélité historique et ouverture aux attentes d’une Église mondiale, hétérogène et en mutation rapide. En ménageant les deux dimensions, le pape parie sur un processus inclusif et symboliquement fort, sans rupture brutale.

La démarche de Léon XIV s’inscrit dans un contexte international où les institutions, religieuses ou non, doivent conjuguer tradition et modernité, autorité et consultation, identité et adaptation. Le Vatican, par sa portée symbolique et diplomatique, devient un laboratoire de gouvernance innovante, capable de projeter une influence mondiale tout en modernisant ses structures internes.

En privilégiant collégialité et dialogue liturgique, Léon XIV amorce une transformation subtile mais profonde de l’Église catholique. Son pontificat pourrait constituer un modèle de gouvernance durable et nuancée, démontrant qu’une réforme institutionnelle réussie peut s’appuyer sur la tradition, la consultation et l’intelligence stratégique, tout en restant attentive aux attentes spirituelles et sociales des fidèles.

Celine Dou, Pour La Boussole – infos

Golden Globes 2026 : « Une bataille après l’autre » et « L’Agent secret » en tête – quand cinéma et séries dévoilent fractures sociales et enjeux contemporains

La 83ᵉ cérémonie des Golden Globes, tenue le 11 janvier 2026 à Beverly Hills, a consacré des œuvres majeures du cinéma et de la télévision. Une bataille après l’autre, L’Agent secret et la série Adolescence se sont imposés comme les grands vainqueurs, confirmant leur statut de favoris pour les Oscars et révélant la manière dont l’industrie audiovisuelle explore les tensions sociales, les traumatismes historiques et les complexités de l’expérience humaine.

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Au-delà de la distribution des trophées, le palmarès met en lumière un cinéma et des séries qui s’engagent sur le plan politique et social, et qui traduisent avec acuité les fractures et dilemmes contemporains. Les récompenses de cette année reflètent non seulement la qualité artistique, mais aussi la pertinence et l’impact des récits sur les spectateurs.

Une bataille après l’autre, fresque américaine sur les dérives extrémistes, a été distingué par quatre Golden Globes : meilleure comédie, meilleur scénario, meilleur réalisateur pour Paul Thomas Anderson et meilleure actrice dans un second rôle pour Teyana Taylor. L’œuvre met en scène la traque d’ex-révolutionnaires d’extrême gauche par un suprémaciste blanc, tout en exposant la polarisation de la société américaine contemporaine. Leonardo DiCaprio, tête d’affiche, s’est incliné face à Timothée Chalamet pour le prix du meilleur acteur dans une comédie, illustrant la compétition acharnée et la diversité des talents récompensés.

Le film brésilien L’Agent secret, explorant la dictature des années 1970, a été couronné meilleur film international, tandis que Wagner Moura a reçu le Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique. L’histoire y expose la traque d’un ex-universitaire tentant de renouer avec son fils, mettant en lumière les cicatrices laissées par les régimes autoritaires et le poids de la mémoire historique.

Dans le registre dramatique, Hamnet de Chloé Zhao, relatant le deuil fictif de William et Agnes Shakespeare, a été distingué meilleur film dramatique et a valu à Jessie Buckley le prix de meilleure actrice. La série Adolescence a remporté le titre de meilleure mini-série et a permis à Stephen Graham d’être récompensé pour sa performance. Ces œuvres démontrent que la télévision et le cinéma contemporains privilégient désormais les récits qui combinent profondeur psychologique et observation sociale.

Le palmarès des Golden Globes 2026 révèle une tendance marquée : la reconnaissance critique ne se limite plus à l’excellence formelle ou au divertissement. Elle inclut désormais la capacité des œuvres à aborder des enjeux sociopolitiques, à représenter les tensions intergénérationnelles et à interroger les traumatismes historiques. Une bataille après l’autre et L’Agent secret confrontent le spectateur à des réalités politiques et sociales complexes, tandis que Adolescence explore les dynamiques familiales et personnelles propres à l’adolescence contemporaine.

Cette orientation indique un cinéma et une télévision de plus en plus engagés, pour lesquels l’art devient un outil de réflexion et d’éclairage sur le monde réel. Les jurys valorisent les œuvres qui interrogent l’expérience humaine et qui stimulent le dialogue autour des problématiques sociétales et historiques, dépassant ainsi le simple cadre de la narration classique.

Au-delà des tapis rouges et de la compétition pour les Oscars, le palmarès de 2026 illustre une exigence nouvelle pour le public et les critiques : la volonté de considérer le cinéma et la télévision comme des espaces de réflexion sur les tensions contemporaines, sur la mémoire collective et sur les expériences humaines les plus universelles.

La 83ᵉ cérémonie des Golden Globes confirme que le cinéma et la télévision sont plus que des instruments de divertissement : ils deviennent des miroirs des sociétés contemporaines et des instruments de compréhension des fractures, des enjeux historiques et des dilemmes humains. En distinguant des œuvres telles que Une bataille après l’autre, L’Agent secret et Adolescence, la cérémonie illustre le rôle du récit audiovisuel comme vecteur de réflexion et d’analyse.

Celine Dou, pour La Boussole – infos