Archives pour la catégorie Sciences

La Corée du Nord souffre d’une panne d’Internet généralisée, selon les experts, en raison de problèmes internes

Dans la nuit de vendredi 7 à samedi 8 juin, entre 02h00 et 03h00 du matin (heure locale de Pyongyang), la Corée du Nord a connu une panne d’internet d’envergure, affectant plusieurs de ses sites web majeurs. L’accès a été coupé pendant environ neuf heures, un événement rare dans ce pays connu pour être l’un des plus opaques au monde.

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En Indonésie: une exploitation de Nickel suspendue après des vidéos de Greenpeace

Une large campagne de communication de l’ONG environnementale a poussé les autorités indonésiennes à réexaminer et à suspendre certains projets miniers dans l’archipel de Raja Ampat. Près de 500 hectares de forêt et de végétation auraient déjà été détruits par l’exploitation du nickel sur les îles de Gag, Kawe et Manuran, selon Greenpeace Indonésie.

Le gouvernement indonésien envisage des poursuites judiciaires contre des entreprises minières exploitant du nickel dans un archipel de l’est du pays, après la polémique soulevée par des vidéos de Greenpeace sur les réseaux sociaux.

Cette semaine, Greenpeace a publié plusieurs vidéos montrant des projets d’extraction de nickel dans la région, dont l’une a atteint environ 13 millions de vues sur Instagram. Le ministère de l’Energie a fait suspendre les activités d’une mine de nickel sur l’une des îles de Raja Ampat, dans l’attente d’une inspection. Le ministre de l’Environnement Hanif Faisol Nurofiq a annoncé qu’il se rendrait sur place et a promis des sanctions contre les entreprises concernées. « Nous engagerons immédiatement des poursuites judiciaires concernant les activités à Raja Ampat, après avoir mené nos recherches », a-t-il déclaré jeudi aux médias locaux.

Selon Greenpeace Indonésie, l’exploitation du nickel sur les îles de Gag, Kawe et Manuran a déjà entraîné la destruction de plus de 500 hectares de forêt et de végétation. Ces îles, classées comme petites îles, devraient être protégées de l’exploitation minière selon la loi indonésienne.

Des graves dégâts

Selon l’ONG, l’exploitation de nickel a conduit à la déforestation de plus de 500 hectares de forets, sur trois îles de l’archipel. « La réponse du gouvernement donne espoir que la sensibilisation aide à protéger Raja Ampat », a réagi Arie Rompas, responsable de la campagne forestière de Greenpeace Indonésie, vendredi 6 juin. Il espère que le public continuera à soutenir la campagne de l’ONG jusqu’à ce que le gouvernement révoque toutes les licences minières et que l’archipel soit « véritablement protégé »

L’inaction du gouvernement mis en cause par des ONG

Les mesures prises par les autorités indonésiennes ne modèrent pas les accusations de certains ONG sur l’inaction de Jakarta. Dans un rapport publié le 5 juin dernier par Climate Rights International, les entreprises qui exploitent la vaste concession minière à 2.400 de Jakarta, provoquent une augmentation de la pollution de l’air et de l’eau et une déforestation de la zone

 » Malgré des preuves évidentes que les droits et les moyens de substance des communautés en Indonésie sont menacés sont menacés par l’extraction et le traitement du Nickel, les entreprises opèrent en toute impunité, privilégiant les profits au détriment des populations « , déclaré Krista Shennum, chercheuse pour Climate Rights International. « Le gouvernement indonésien doit écouter les communautés locales et demander des comptes aux pollueurs », a-t-elle ajouté.

La mine de Weda Bay a vu son territoire s’étendre sensiblement, au détriment du peuple premier des Hongana Manyawa( peuple de la forêt), presque totalement isolé du monde. Pas moins de 17% du nickel mondial provenait de cette seule mine en 2023.

L’Indonésie possède les plus grandes réserves mondiales de nickel au monde et est le premier producteur de ce métal utilisé dans les batteries de véhicules électriques et l’acier inoxydable. Les écologistes soulignent que cette exploitation intensive cause des dégâts irréversibles aux terres environnantes.

Conférence des nations unies sur l’océan: Macron appelle à  » mobilisation », l’Afrique au centre des enjeux

Emmanuel Macron a appelé ce lundi 9 juin en ouverture à la conférence des Nations unies sur l’océan à « la mobilisation » pour sauver des océans »en ébullition. Une soixantaine de chefs d’État sont réunis à Nice pour répondre à l’urgence de la dégradation des océans. Une problématique à laquelle le continent africain n’échappe pas.

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Ce que les squelettes de femmes révèlent sur la division du travail dans la Nubie préhistorique

Une étude récente révèle que, dans la Nubie d’il y a 3 500 ans, les femmes jouaient un rôle clé dans les activités physiques du quotidien. Leurs squelettes, marqués par l’usure du temps et les contraintes de leur vie, livrent aujourd’hui un témoignage silencieux mais puissant sur la division du travail dans cette société antique, longtemps considérée à travers un prisme essentiellement masculin.

Une société nubienne oubliée par l’histoire

Durant le IIe millénaire avant notre ère, dans l’actuel Soudan, le royaume de Koush s’épanouit au sud de l’Égypte. Sa capitale, Kerma, devient un centre politique et économique majeur, rival de l’Égypte pharaonique. À proximité, dans la nécropole d’Abu Fatima, une équipe interdisciplinaire d’archéologues et d’anthropologues a étudié les restes de 30 individus enterrés à l’époque de l’âge du bronze (2500-1500 av. J.-C.).

Parmi eux, 14 femmes ont révélé des déformations osseuses significatives dans les vertèbres cervicales et à l’arrière du crâne. Ces marques sont typiques d’une technique de portage appelée tumpline, encore utilisée aujourd’hui dans certaines sociétés rurales : une sangle fixée sur le front permettant de soutenir de lourdes charges sur le dos.

Les marques du travail sur les os

Les chercheurs ont notamment mis en lumière le cas d’une femme surnommée “individu 8A2”, décédée à plus de 50 ans. Son crâne présentait une dépression osseuse notable et une arthrose sévère des vertèbres cervicales, signes d’une vie passée à porter de lourdes charges. L’analyse de ses dents révèle qu’elle n’était pas originaire de la région, ce qui suggère un parcours migratoire, suivi d’une vie rurale exigeante, où elle aurait également pu porter des enfants sur son dos.

Chez les hommes, les traces osseuses diffèrent : usure au niveau de l’épaule et du bras droit, suggérant un port de charges sur l’épaule, potentiellement lié à des activités agricoles, artisanales ou guerrières. Ces différences anatomiques permettent de reconstituer une division du travail fondée sur le genre, dans laquelle femmes et hommes contribuaient à l’économie domestique de manière complémentaire, mais distincte.

Une tradition millénaire de portage féminin

Si les représentations visuelles directes de l’époque de Kerma sont rares, des fresques égyptiennes du Nouvel Empire (vers 1550 – 1070 av. J.-C.) offrent des indices : dans la tombe de Rekhmirê, des femmes nubiennes sont dessinées portant des paniers ou des enfants sur le dos à l’aide de sangles frontales. On retrouve ces mêmes gestes bien plus tard, gravés dans les bas-reliefs du temple méroïtique de Méroé.

Ces pratiques ne sont pas seulement anciennes : elles sont encore vivantes aujourd’hui. En Afrique de l’Est (chez les Kikuyu du Kenya) ou au Congo (à Dolisie), des femmes continuent à utiliser des tumplines pour transporter du bois, de la nourriture ou des enfants. Ce lien entre le passé et le présent permet aux chercheurs de mieux comprendre les gestes techniques ancestraux, leur transmission et leur valeur culturelle.

Le corps, une mémoire sociale

Cette étude apporte une contribution précieuse à l’archéologie du genre. Elle confirme que le corps humain conserve les traces durables de l’organisation sociale, des rôles assignés, et des contraintes physiques du quotidien. Les marques visibles sur les os ne sont pas seulement le fruit du vieillissement, mais le reflet de pratiques sociales profondément enracinées.

« Les squelettes des femmes de la Nubie antique racontent une histoire oubliée, celle d’un travail quotidien intense, genré, souvent invisible dans les récits historiques dominants », concluent les auteurs.

Une réécriture nécessaire de l’histoire

Longtemps, la préhistoire et l’antiquité ont été racontées à travers une perspective centrée sur les hommes — chasseurs, bâtisseurs, guerriers. Cette recherche sur la Nubie préhistorique vient corriger ce biais : les femmes aussi travaillaient durement, au point de modeler leur squelette. Elles jouaient un rôle central dans la logistique domestique, les circuits de transport et, probablement, dans le maintien de la vie rurale.

En réexaminant les traces laissées par les corps, la science révèle une histoire plus riche, plus juste, plus inclusive : celle d’une société où les femmes portaient bien plus que des charges elles portaient l’équilibre de la communauté.

TotalEnergies devant la justice pour »pratiques commerciales trompeuses »

En France, trois ONG accusent la compagnie pétrolière TotalEnergies de « désinformation climatique ». Jeudi 5 juin, la compagnie pétrolière a dû s’expliquer et rendre compte. Le jugement sera rendu le 23 octobre.

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Cybersécurité et souveraineté numérique au Bénin : une stratégie africaine à l’épreuve des cybermenaces mondiales

Alors que la révolution numérique bouleverse les équilibres économiques, politiques et sociétaux à l’échelle mondiale, le Bénin s’illustre comme l’un des fers de lance de la digitalisation sur le continent africain. À la veille du Cyber Africa Forum (CAF) 2025, prévu du 17 au 18 juin à Abidjan, Cotonou entend affirmer sa vision d’une souveraineté numérique africaine fondée sur l’efficience des services publics et la maîtrise des infrastructures critiques.

Avec plus de 70 % de ses services administratifs numérisés, le Bénin se distingue par une politique volontariste entamée depuis 2016, portée par l’Agence des Services et Systèmes d’Information (ASSI) et consolidée par la mise en œuvre du programme e-Bénin. Ce virage numérique a notamment permis une simplification des démarches pour les citoyens, un renforcement de la transparence administrative et une amélioration de la collecte des données publiques.

Mais cette avancée technologique a un revers : l’exposition croissante aux cybermenaces. En Afrique comme ailleurs, les cyberattaques se multiplient, ciblant aussi bien les États que les entreprises. Selon l’Union africaine, le continent aurait subi en 2023 des pertes estimées à plus de 4 milliards de dollars liées aux cybercrimes, dans un contexte de vulnérabilité persistante des infrastructures numériques.

Face à cet enjeu, le gouvernement béninois met désormais l’accent sur la sécurité des données et la résilience des systèmes d’information. Le pays s’est doté d’un CERT (Computer Emergency Response Team) national et a adopté une stratégie de cybersécurité axée sur la sensibilisation, la coopération internationale et le développement des compétences locales. Cette dernière dimension est cruciale, car la pénurie de spécialistes africains en cybersécurité reste un frein majeur à l’autonomie technologique.

La question de la souveraineté numérique, thème central du prochain CAF 2025, dépasse toutefois les seules considérations techniques. Elle engage des enjeux de gouvernance, de contrôle des données stratégiques et de dépendance aux acteurs étrangers qu’il s’agisse des infrastructures cloud ou des logiciels de gestion. Or, aujourd’hui, la majorité des données africaines transitent par des serveurs hébergés hors du continent, dans des juridictions souvent peu alignées sur les priorités des pays africains.

Dans ce contexte, le Bénin ambitionne d’inspirer une approche coordonnée au niveau continental, en faveur d’un écosystème numérique africain interconnecté mais souverain. Cette démarche rejoint les orientations de l’Union africaine, qui plaide pour la création d’un marché unique du numérique à l’horizon 2030, capable de rivaliser avec les puissances technologiques globales tout en protégeant les intérêts africains.

En somme, le positionnement du Bénin dans ce domaine ne saurait être lu comme un simple progrès administratif : il participe d’une réaffirmation géopolitique, à l’heure où les nouvelles frontières de la puissance passent aussi par le cyberespace. Reste à savoir si cet élan pourra être partagé à l’échelle du continent, et soutenu par des partenariats équilibrés, loin des logiques néocoloniales souvent reprochées aux géants technologiques étrangers.

Canada: le Puvirnituq entre état d’urgence et infrastructures inadaptées

Des Rangers canadiens sont en action dans le village de Puvirnituq au Nunavik, placé en état d’urgence, qui vit une crise majeure d’approvisionnement en eau depuis le début d’avril. Et même si la situation s’améliore sur le terrain, cette crise aiguë, révèle aussi l’existence dans la région des infrastructures inadaptées au climat qui y règne affirment certains habitants.

Un village du Grand Nord québécois a déclaré l’état d’urgence après qu’un incendie a ravagé deux maisons de la communauté, qui était déjà aux prises avec une pénurie d’eau depuis des mois. Le conseil municipal de Puvirnituq, une communauté inuite de la région du Nunavik, a pris cette décision après que les équipes ont lutté pour contenir un incendie qui s’était déclaré vers 15 heures. Une situation qui s’ajoute à d’autres difficultés que traversent les populations de cette partie du Nord du Québec.

Les 2100 habitants de Puvirnituq n’ont pas été approvisionnés en eau de manière régulière depuis environ deux mois, après qu’une conduite d’eau a gelé lors d’un blizzard à la mi-mars. Le village a été contraint d’acheminer l’eau par camion dans des conditions météorologiques extrêmes, sur des routes glacées et enneigées. Le centre de santé a signalé une augmentation du nombre de personnes cherchant à se faire soigner pour une gastro-entérite en raison de la pénurie d’eau.

Depuis la mi-mars, la communauté de Puvirnituq, au Nunavik, fait face à une importante pénurie d’eau causée par le gel de la conduite principale. La situation s’est aggravée avec l’incendie du 17 mai dernier, forçant les autorités à déclarer l’état d’urgence et à mettre en place un large dispositif pour venir en aide à la population locale.

Une canalisation gelée à l’origine de la crise majeure

Ian Lafrenière, ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, précise sur un média local que l’origine du problème n’est pas un manque d’eau dans la communauté, mais bien le gel de la conduite principale d’acheminement.La coupure d’eau a paralysé plusieurs services essentiels, notamment dans les établissements scolaires et de santé. Le déclenchement de l’état d’urgence, le 17 mai, à la suite d’un incendie, a marqué un point critique dans cette crise déjà préoccupante.

Un pont aérien quotidien pour répondre à l’urgence

Face à l’ampleur de la situation, le gouvernement du Québec a mobilisé des ressources exceptionnelles. Plus de 100 000 litres d’eau potable ont été transportés par avion jusqu’à Puvirnituq, via un pont aérien établi à raison de deux vols par jour.Avec l’implication de villages voisins, de compagnies de construction et de travailleurs du réseau de la santé, une conduite de dérivation temporaire a également été installée pour rétablir un certain niveau d’alimentation en eau vers l’usine de filtration du village.

Des discussions en cours pour établir les causes

M. Lafrenière affirme avoir convenu avec les représentants de l’ARK (Administration régionale Kativik) et de la Société Makivik d’examiner en profondeur les causes de cet incident pour éviter qu’il ne se reproduise à l’avenir.

Malgré ces mesures temporaires, le ministre insiste sur le fait que l’accès à l’eau potable dans les communautés éloignées reste un enjeu prioritaire pour le gouvernement. Enfin, Ian Lafrenière souligne que plus de 800 millions de dollars sont investis chaque année dans l’administration générale au Nunavik, dont 150 millions spécifiquement dédiés à la gestion de l’eau.

La grave pénurie d’eau à Puvirnituq, dans le Nord-du-Québec, fait beaucoup parler. Or, au-delà de cette crise aiguë, il faut réaliser que bien des infrastructures au Nunavik sont inadaptées au climat qui y règne, constate le DArnaud Messier-Maynard, qui vit là-bas depuis quelques années.

Malheureusement, il semble que les infrastructures et le parc immobilier au Nunavik n’ont jamais vraiment été adaptés aux réalités nordiques a confié M. Messier- Maynard. Dès les années 1950, le programme de logement du ministère des Affaires indiennes du Canada se basait sur la construction de « maisons » de type boîtes d’allumettes . Ces logements, trop petits, trop chers et sans eau courante, étaient hautement inadéquats et ont laissé une marque indélébile dans l’imaginaire collectif des communautés a-t-il expliqué à média canadien.

Près de 70 ans plus tard, le logement et l’accès à l’eau dans le nord du Canada sont toujours des enjeux de taille, contribuant à de nombreux problèmes tels que la tuberculose et la violence conjugale argue Dr Arnaud Messier-Maynard. Les logements du Nunavik, construits avec des matériaux et une main-d’œuvre importés du Sud, peinent à répondre à la demande de cette population grandissante a-t-il déploré.

À l’avenir

Alors que les inondations frappent le Québec à une fréquence accélérée, les changements climatiques nous forcent à nous adapter à des conditions climatiques extrêmes a-t-il souligné. Les infrastructures municipales débordent et plusieurs villes du Québec imposent un moratoire sur la construction parce que leurs égouts ne fournissent pas à la demande. Pourtant, des solutions pour limiter la consommation d’eau et augmenter les capacités des réseaux d’aqueduc existent depuis longtemps a remarqué M. Messier-Maynard.

La situation actuelle au Nunavik nous offre une fenêtre sur ce que l’avenir nous réserve lorsque les infrastructures municipales ne sont pas adaptées aux chocs climatiques répétés, affectant directement la santé de la population a-expliqué. Heureusement, l’innovation sur ces enjeux de fond est possible. Le plus récent projet de centrale hydro-électrique Innavik dans la communauté d’Inukjuak nous démontre que la collaboration avec les acteurs locaux est possible pour répondre aux besoins des villages nordiques en respectant l’autonomie et les besoins des Inuits a-t-il affirmé.

En France l’Assemblée nationale vote à l’unanimité l’élévation d’Alfred Dreyfus au grade de « général de brigade »

L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité l’élévation au grade de général de brigade du militaire français Alfred Dreyfus le lundi 2 juin. Condamné à partir de fausses accusations montées sur fond d’antisémitisme, le capitaine avait demandé à voir sa carrière revalorisée dès son innocence reconnue, en 1906, sans obtenir gain de cause. Le Sénat devra se prononcer sur le texte.

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Le Royaume-Uni envisage un couvre-feu numérique pour les adolescents : vers une régulation plus stricte des usages en ligne

Santé mentale, temps d’écran, et protection de la jeunesse : une initiative britannique qui interroge les démocraties numériques contemporaines.

Le Royaume-Uni pourrait franchir un nouveau cap dans la régulation numérique : le gouvernement réfléchit à l’instauration d’un couvre-feu numérique pour les adolescents. L’objectif affiché est de limiter l’exposition des mineurs aux écrans durant la nuit, afin de préserver leur santé mentale et de répondre à des inquiétudes croissantes sur les effets délétères des réseaux sociaux. Si cette mesure venait à entrer en vigueur, elle placerait le pays parmi les pionniers d’une régulation active de l’attention numérique des jeunes dans les démocraties libérales.

Cette annonce s’inscrit dans le sillage de l’Online Safety Act, entrée en vigueur au Royaume-Uni à l’été 2025, qui impose déjà aux plateformes des contrôles d’âge renforcés et une modération accrue des contenus destinés aux mineurs. Le secrétaire d’État au numérique, Peter Kyle, entend aller plus loin : des restrictions horaires, notamment après 22h, pourraient être imposées aux adolescents sur les plateformes sociales. L’idée d’un « couvre-feu numérique » fait écho à une régulation déjà expérimentée, comme celle de TikTok, qui limite l’utilisation de ses services pour les moins de 16 ans en soirée.

La démarche s’appuie sur des constats préoccupants : selon les données publiées récemment par la presse britannique, certains enfants passeraient jusqu’à 8 heures par jour devant un écran, un chiffre en forte hausse par rapport à la moyenne de 12,5 heures par semaine en 2014. Ce phénomène s’est accentué avec le télétravail des parents, les écrans devenant un « substitut de présence » après l’école.

Une étude du British Standards Institution révèle que près de la moitié des jeunes de 16 à 21 ans préféreraient un monde sans Internet. Plus frappant encore, 70 % déclarent se sentir moins bien après avoir utilisé les réseaux sociaux. À l’heure où les troubles anxieux et dépressifs sont en nette augmentation chez les adolescents dans les pays industrialisés, ces chiffres résonnent comme un avertissement.

Un soutien notable émerge parmi les jeunes eux-mêmes : 50 % d’entre eux seraient favorables à un couvre-feu numérique à partir de 22h, preuve d’une lucidité sur les effets addictifs des technologies.

Avec cette proposition, le Royaume-Uni poursuit sa stratégie d’encadrement de l’environnement numérique, en rupture progressive avec l’idéologie d’autorégulation qui a prévalu dans les années 2010. Le régulateur britannique Ofcom prépare d’ailleurs un corpus réglementaire qui se veut plus strict encore que celui en vigueur dans l’Union européenne, notamment concernant l’interdiction des algorithmes de recommandation ciblés pour les mineurs.

Derrière ces mesures se dessine un enjeu plus large : celui de la souveraineté numérique des États face à des plateformes transnationales, dont les intérêts commerciaux entrent en collision avec la protection des publics vulnérables. Ce mouvement réglementaire n’est pas isolé. En France, plusieurs députés ont appelé à des initiatives similaires, tandis que la Californie a récemment renforcé son California Age-Appropriate Design Code Act.

Toutefois, l’idée d’un couvre-feu numérique ne fait pas l’unanimité. Les critiques s’inquiètent d’un glissement vers une société de surveillance numérique et d’une délégation excessive du rôle éducatif à l’État, là où l’éducation parentale et scolaire devrait primer. D’autres voix pointent le risque de fracture sociale : comment garantir une application équitable de telles restrictions, dans un contexte où les outils de contrôle numérique sont inégalement accessibles ?

Au fond, cette initiative relance une interrogation essentielle : quel modèle de société numérique voulons-nous construire ? Le Royaume-Uni propose ici une approche volontariste, mêlant régulation étatique, responsabilisation des plateformes, et implication des familles. Une tentative de tracer une ligne de crête entre liberté d’expression, protection de l’enfance, et démocratie numérique.

À l’heure où les jeunes générations grandissent immergées dans un monde connecté, la question du temps d’écran ne saurait se réduire à une affaire domestique. Elle touche à la fabrique même du lien social, du rapport au réel et de la citoyenneté numérique. En cela, le débat britannique dépasse largement les frontières de l’île et interpelle l’ensemble des démocraties modernes.

Un “monde perdu” vieux de 140 000 ans découvert au fond de l’océan au large de l’Indonésie

Une découverte archéologique exceptionnelle vient bouleverser les connaissances sur les origines de l’humanité : un ancien “monde perdu”, datant d’environ 140 000 ans, a été mis au jour au fond de l’océan par une équipe de chercheurs. Situé au large des côtes de l’Indonésie, dans le détroit de Madura, ce site sous-marin révèle les traces d’une ancienne civilisation d’hominidés, ainsi que plus de 6000 fossiles parfaitement conservés.

Une découverte accidentelle devenue une avancée majeure

C’est en 2011, lors d’une opération d’extraction de sable marin par une entreprise minière, que les premiers fossiles ont été découverts par hasard entre les îles de Java et de Madura. Ce premier signal a conduit à l’intervention d’une équipe d’archéologues qui, après plusieurs années de fouilles, ont mis au jour un site d’une richesse inédite dans la mer de Java, une sous-partie de l’océan Pacifique.

Les vestiges d’un monde englouti : le Sundaland

Selon les chercheurs, ce site pourrait constituer la première preuve physique de l’existence du “Sundaland”, un ancien continent tropical qui reliait autrefois une grande partie de l’Asie du Sud-Est. Submergée il y a environ 10 000 ans à la suite d’une montée du niveau des océans provoquée par la fonte des glaces, cette vaste plaine aujourd’hui disparue aurait été un véritable carrefour pour les premiers hominidés.

Un crâne d’Homo erectus vieux de 140 000 ans

Parmi les restes découverts, les archéologues ont identifié un crâne d’Homo erectus, l’un des plus anciens ancêtres de l’être humain. Sa datation, effectuée par luminescence stimulée optiquement, révèle qu’il date d’environ 140 000 ans. Cette technologie permet de mesurer le moment où les sédiments entourant le fossile ont été exposés pour la dernière fois à la lumière du jour.

Une faune diversifiée et des techniques de chasse avancées

La majorité des 6000 fossiles retrouvés appartiennent à 36 espèces animales différentes, dont des dragons de Komodo, des buffles, des cerfs et des Stegodons — de grands herbivores proches des éléphants. Certains ossements portent des traces de coupures, preuve que les hominidés utilisaient des outils de chasse sophistiqués, témoignant d’une intelligence adaptative avancée.

Une fenêtre rare sur la vie humaine ancienne

Pour Harold Berghuis, chercheur à l’université de Leyde (Pays-Bas) et co-responsable des fouilles, cette découverte offre un aperçu exceptionnel de la vie des premiers humains dans un environnement tropical aujourd’hui englouti. Il souligne également la diversité des populations hominidés à cette époque, ainsi que leur mobilité et leur capacité d’adaptation aux changements climatiques.

Un ancien écosystème fluvial découvert

Les fouilles ont aussi permis de révéler un ancien réseau de vallées fluviales, vestiges d’une rivière disparue, qui indique la présence d’un écosystème riche à la fin du Pléistocène moyen. Ces éléments confirment la théorie d’un continent habitable, aujourd’hui enfoui sous les eaux, mais jadis peuplé par des hominidés aux comportements complexes.

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives sur l’évolution humaine en Asie du Sud-Est et renforce l’importance du Sundaland dans l’histoire préhistorique mondiale. Les recherches se poursuivent, promettant d’autres révélations sur ce monde disparu sous les flots depuis des millénaires.