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Mer Caspienne : un géant silencieux menacé par le réchauffement climatique

Alors que le monde scrute l’élévation du niveau des océans, un autre phénomène moins médiatisé mais tout aussi inquiétant se déroule à l’Est : la baisse drastique du niveau de la mer Caspienne, révélatrice d’un déséquilibre climatique profond et d’une coopération régionale défaillante.

La mer Caspienne, plus grande mer fermée au monde, partagée par cinq États riverains (Russie, Kazakhstan, Iran, Azerbaïdjan, Turkménistan), connaît depuis plusieurs décennies un déclin progressif mais soutenu de son niveau. Entre 1996 et 2023, elle a perdu environ 2 mètres de profondeur, et les projections scientifiques évoquent une baisse possible de 9 à 18 mètres d’ici la fin du siècle, selon une étude publiée dans Communications Earth & Environment.

Contrairement aux océans menacés par la montée des eaux, la Caspienne fait face à un paradoxe géophysique : un recul de son littoral, avec des zones côtières qui gagnent du terrain à vue d’œil, notamment au Kazakhstan, où certaines portions du rivage ont reculé de 20 à 30 kilomètres.

Les experts s’accordent à identifier trois facteurs principaux :

~ Un réchauffement climatique global : les températures moyennes en hausse dans la région ont intensifié l’évaporation, contribuant à la perte hydrique de ce bassin endoréique (fermé).
~ La baisse du débit des fleuves : la Volga, qui fournit environ 80 % des apports en eau de la Caspienne, est elle-même affectée par les barrages, l’irrigation massive, et la mauvaise gestion hydrique en amont.
~ Des effets cycliques exacerbés : si la Caspienne a connu historiquement des phases de montée et de descente, les niveaux actuels dépassent largement la variabilité naturelle observée depuis plusieurs siècles.

L’assèchement progressif de la Caspienne entraîne une série de perturbations en chaîne :

~ Effondrement de la biodiversité : la faune endémique, notamment les esturgeons essentiels pour la production de caviar, et les phoques de la Caspienne, voient leurs habitats détruits ou fragmentés. La population de phoques a chuté de plus de 90 % en un siècle.
~ Recul économique : la pêche, le transport fluvial et certaines installations portuaires deviennent inopérants. Des communautés côtières, en Azerbaïdjan ou au Turkménistan, sont contraintes de se déplacer, faute de ressources et d’activité économique.
~ Crise environnementale locale : les anciens fonds marins desséchés libèrent des poussières salines et polluantes dans l’air, avec un impact croissant sur la santé publique (maladies respiratoires, allergies).

La Caspienne est juridiquement un espace complexe, soumis à un statut hybride entre mer et lac, longtemps objet de désaccords frontaliers. Si les pays riverains ont adopté en 2018 une convention de régulation partielle de son usage, aucun accord spécifique et contraignant sur la gestion environnementale du bassin n’a vu le jour.

La Russie, en amont de la Volga, détient un levier hydraulique considérable mais se montre peu encline à restreindre son usage industriel de l’eau. Le Kazakhstan a mis en place un observatoire national de suivi du phénomène, mais les efforts restent épars, faute de coordination régionale.

La mer Caspienne, en dehors de sa dimension énergétique (nombreux gisements de pétrole et de gaz offshore), suscite peu d’attention médiatique ou diplomatique. Pourtant, le scénario d’un assèchement partiel voire total d’ici 2100 bouleverserait l’équilibre écologique et géopolitique de l’ensemble de la région eurasiatique.

Les Nations unies et certaines ONG internationales plaident pour la création d’un cadre de gouvernance dédié, incluant une stratégie de préservation des ressources, une meilleure répartition des eaux fluviales, et une évaluation des impacts liés à l’extraction pétrolière.

Le cas de la mer Caspienne met en lumière un aspect souvent négligé de la crise climatique mondiale : la baisse du niveau des eaux dans les mers fermées, qui, contrairement à la montée des océans, n’est pas perçue comme une menace immédiate mais en est pourtant l’une des manifestations les plus redoutables.

Ce phénomène témoigne aussi de l’incapacité des acteurs régionaux à anticiper collectivement les transformations en cours, faute d’outils de gouvernance, de volonté politique ou d’intégration des logiques climatiques dans la planification géostratégique.

L’assèchement de la mer Caspienne est un avertissement géographique et politique. Il pose des questions cruciales : jusqu’où le climat peut-il bouleverser les équilibres territoriaux ? Quel rôle pour les États dans la préservation des biens communs régionaux ? Et que reste-t-il à espérer d’une gouvernance mondiale encore balbutiante face à des crises de plus en plus systémiques ?

Canada : Les feux de forêt se rapprochent dangereusement de la ville de Vancouver, dans l’ouest du pays, les autorités craignent le pire dans tout le pays

Des feux de forêt menaçants se rapprochent de Vancouver, en Colombie Britannique. À Squamish, l’état d’urgence est décrété et des milliers de personnes sont appelées à se préparer à évacuer. Le Canada vit un début de saison exceptionnellement violent renforçant une situation catastrophique dans tout le pays.

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Océans en détresse : à Nice, l’ONU tente de rallumer le phare de la conscience mondiale

Sous le ciel azuréen de la Méditerranée, la ville de Nice accueille cette semaine la troisième Conférence des Nations unies sur les océans (9–13 juin 2025). Un cadre séduisant pour une urgence pourtant alarmante : la santé des océans du globe se détériore à une vitesse telle que l’ONU parle d’un « point de rupture écologique ». Pollutions multiples, surexploitation, réchauffement climatique, acidification des eaux… les signaux d’alarme s’accumulent. Et avec eux, une interrogation de fond : la communauté internationale est-elle prête à faire de la protection des mers une priorité réelle, ou se contentera-t-elle d’annonces sans lendemain ?

Les chiffres sont saisissants. Les océans absorbent 90 % de la chaleur excédentaire liée aux émissions de gaz à effet de serre, et environ 25 % du CO₂ émis par les activités humaines. En d’autres termes, ils sont l’un des principaux régulateurs climatiques de la planète. Mais leur rôle d’« amortisseur écologique » atteint ses limites.

Par ailleurs, 11 millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans les océans. D’ici 2040, ce chiffre pourrait presque tripler sans changement radical. Les microplastiques sont désormais présents jusque dans les abysses, menaçant les chaînes alimentaires marines et par ricochet, humaines.

À cela s’ajoute la surpêche massive, qui vide les mers à un rythme insoutenable : plus d’un tiers des stocks halieutiques mondiaux sont exploités au-delà de leur capacité de renouvellement.

Organisée en partenariat avec la France, cette conférence réunit plus de 60 chefs d’État et de gouvernement, des scientifiques, des représentants d’ONG, d’entreprises, et des populations autochtones marines. L’un des objectifs phares est de protéger 30 % des zones marines d’ici 2030, conformément à l’accord mondial sur la biodiversité adopté à Montréal en 2022.

Autre enjeu central : mobiliser au moins 100 milliards de dollars d’engagements financiers pour soutenir la transition vers une économie bleue durable. Mais au-delà des chiffres, le scepticisme demeure. Les précédentes conférences Lisbonne (2022), puis San José (2023) avaient produit des déclarations ambitieuses… sans réel mécanisme de contrainte ni suivi cohérent.

La gouvernance des océans est l’un des sujets les plus complexes de la diplomatie internationale. Les espaces maritimes échappent en grande partie aux juridictions nationales. Le récent Traité sur la haute mer, signé en 2023 à New York, visait à encadrer l’exploitation des zones marines internationales, mais sa ratification demeure lente et son application incertaine.

Les tensions s’exacerbent aussi entre grandes puissances maritimes : exploitation minière en eaux profondes, routes commerciales polaires, militarisation de certaines zones… La mer est un nouvel espace de rivalités. Et comme souvent, les pays du Sud, bien que peu responsables de la dégradation des océans, sont les premiers à en subir les conséquences : érosion des côtes, effondrement des pêches artisanales, migrations climatiques.

Au-delà des discours et des symboles, cette conférence interroge le modèle économique dominant. Peut-on réellement concilier croissance fondée sur l’exploitation des ressources et préservation des équilibres écologiques ? Le mythe d’un océan inépuisable s’effondre, mettant à nu la fragilité du lien entre humanité et nature.

La Méditerranée, en toile de fond de cette rencontre, illustre cette tension : une mer semi-fermée, extrêmement polluée, et surexploitée, mais aussi riche d’une biodiversité unique et de pratiques ancestrales de cohabitation durable. Elle est à la fois un laboratoire et un miroir du reste du monde.

Cette conférence ne sauvera pas à elle seule les océans. Mais elle pourrait marquer un tournant si les annonces sont suivies de mécanismes transparents, de financements effectifs et d’un renforcement du droit international. À l’heure où les nations riches réduisent leur aide au développement (voir nos précédents articles), un engagement fort en faveur des océans serait aussi un engagement en faveur de la justice mondiale.

Protéger les mers, c’est protéger l’avenir de tous et d’abord celui des peuples les plus vulnérables. L’océan est un bien commun : il est temps d’agir en conséquence.

Encadré : Quelques chiffres clés

  • 71 % de la surface terrestre est recouverte par les océans
  • 90 % de la chaleur liée au réchauffement climatique est stockée dans les mers
  • 30 % des espèces marines pourraient disparaître d’ici la fin du siècle sans inflexion
  • 54 % des pêches maritimes se font dans des conditions non durables
  • Objectif 2030 : protéger 30 % des océans

Grossesses sous pression climatique : quand la chaleur menace la vie avant la naissance

Le réchauffement climatique n’épargne aucun corps, pas même celui de la femme enceinte. Tandis que les températures mondiales grimpent, les risques liés à la grossesse augmentent : naissances prématurées, stress fœtal, complications maternelles, voire mortalité périnatale. Un enjeu de santé publique encore largement ignoré dans les stratégies climatiques internationales.

Chaque jour un peu plus chaud que le précédent. Chaque saison un peu plus longue, plus sèche, plus suffocante. Dans ce monde en surchauffe, le corps de la femme enceinte devient un terrain fragile, exposé à des agressions physiologiques qu’on commence tout juste à comprendre scientifiquement.

Les chiffres sont éloquents. Selon une méta-analyse récente couvrant 940 villes dans 247 pays, les « jours à risque thermique pour la grossesse » ont doublé en moins de deux décennies. Dans certains pays comme l’Inde ou l’Australie, les femmes enceintes doivent désormais composer avec jusqu’à six semaines supplémentaires de chaleur dangereuse chaque année.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte : l’exposition à des températures supérieures à 35 °C pendant plusieurs jours consécutifs augmente de façon significative le risque de naissance prématurée, de faible poids à la naissance et de mortinatalité. Ces effets ne sont pas théoriques. Ils sont observés, documentés, quantifiés.

Pourquoi la grossesse est-elle si sensible à la chaleur ? Parce que le métabolisme maternel s’intensifie naturellement durant la gestation. Le volume sanguin augmente, le rythme cardiaque s’accélère, la température corporelle est légèrement plus élevée. Ce qui rend les femmes enceintes plus vulnérables à la déshydratation, aux coups de chaleur, et aux troubles de la régulation thermique.

Le stress thermique affecte également le fœtus. Des études menées en Gambie ou en Californie ont montré qu’une simple augmentation de 1 °C suffit à modifier le flux sanguin placentaire, à désynchroniser le rythme cardiaque fœtal, ou à provoquer un accouchement anticipé. En Australie, les femmes exposées à des épisodes de chaleur extrême au troisième trimestre ont deux fois plus de risques de prolongation de grossesse au-delà de 41 semaines, avec les complications que cela entraîne.

À cela s’ajoute la pollution atmosphérique, souvent corrélée aux pics de chaleur. Les particules fines (PM2,5), l’ozone et les oxydes d’azote pénètrent la circulation sanguine, atteignant le placenta, voire le fœtus. Ils sont associés à un risque accru de fausses couches, de retard de croissance intra-utérin et de troubles du développement neurologique.

Cette menace climatique ne frappe pas toutes les femmes de la même manière. Elle accentue les inégalités socio-économiques et géographiques.

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les femmes enceintes ont moins accès à des systèmes de santé adaptés, à des lieux de travail climatisés ou à un suivi médical régulier.
En milieu rural, notamment en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud, les conditions de travail physique intense (agriculture, marché, portage) exposent les femmes à un stress thermique quotidien, sans possibilité de repli.
Les infrastructures hospitalières sont souvent inadéquates pour gérer les complications obstétricales liées à la chaleur ou aux maladies vectorielles amplifiées par le climat (paludisme, dengue, Zika).

C’est la double peine climatique : être enceinte et pauvre, dans une région chaude.

Malgré les alertes répétées de l’OMS, de l’UNICEF ou du Journal of Global Health, la santé maternelle reste quasiment absente des plans climat nationaux. Moins de 20 % des contributions nationales déterminées (NDC) dans le cadre de l’Accord de Paris mentionnent la vulnérabilité des femmes enceintes. Quant aux financements internationaux, ils privilégient encore les infrastructures ou la transition énergétique, reléguant la santé reproductive au second plan.

Il existe pourtant des solutions :

Mettre en place des systèmes d’alerte thermique adaptés aux femmes enceintes ;
Améliorer l’accès à l’eau potable et à la climatisation dans les maternités ;
Intégrer le suivi obstétrical dans les stratégies d’adaptation climatique ;
Former les sages-femmes et médecins aux nouveaux risques liés à l’environnement.

Au-delà des données médicales, il y a une question civilisationnelle : voulons-nous d’un monde où la grossesse devient un risque environnemental majeur ? Où porter la vie suppose de défier la température ambiante, l’air que l’on respire, la stabilité des saisons ?

Le réchauffement climatique n’est pas un phénomène abstrait. Il modifie la biologie intime des corps. Il touche l’origine même de l’humanité : la gestation. C’est pourquoi sa prise en compte dans les politiques publiques ne peut plus se limiter aux grands discours sur l’atténuation des émissions. Il faut descendre dans les détails, dans les ventres, dans les maternités, dans la vie réelle.

Le droit de naître en sécurité ne peut être dissocié du droit de vivre dans un environnement sain. Protéger la santé maternelle face au dérèglement climatique, c’est défendre à la fois l’avenir des enfants et la dignité des femmes. Cela exige une révolution dans nos priorités sanitaires, écologiques et sociales.

La Corée du Nord souffre d’une panne d’Internet généralisée, selon les experts, en raison de problèmes internes

Dans la nuit de vendredi 7 à samedi 8 juin, entre 02h00 et 03h00 du matin (heure locale de Pyongyang), la Corée du Nord a connu une panne d’internet d’envergure, affectant plusieurs de ses sites web majeurs. L’accès a été coupé pendant environ neuf heures, un événement rare dans ce pays connu pour être l’un des plus opaques au monde.

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En Indonésie: une exploitation de Nickel suspendue après des vidéos de Greenpeace

Une large campagne de communication de l’ONG environnementale a poussé les autorités indonésiennes à réexaminer et à suspendre certains projets miniers dans l’archipel de Raja Ampat. Près de 500 hectares de forêt et de végétation auraient déjà été détruits par l’exploitation du nickel sur les îles de Gag, Kawe et Manuran, selon Greenpeace Indonésie.

Le gouvernement indonésien envisage des poursuites judiciaires contre des entreprises minières exploitant du nickel dans un archipel de l’est du pays, après la polémique soulevée par des vidéos de Greenpeace sur les réseaux sociaux.

Cette semaine, Greenpeace a publié plusieurs vidéos montrant des projets d’extraction de nickel dans la région, dont l’une a atteint environ 13 millions de vues sur Instagram. Le ministère de l’Energie a fait suspendre les activités d’une mine de nickel sur l’une des îles de Raja Ampat, dans l’attente d’une inspection. Le ministre de l’Environnement Hanif Faisol Nurofiq a annoncé qu’il se rendrait sur place et a promis des sanctions contre les entreprises concernées. « Nous engagerons immédiatement des poursuites judiciaires concernant les activités à Raja Ampat, après avoir mené nos recherches », a-t-il déclaré jeudi aux médias locaux.

Selon Greenpeace Indonésie, l’exploitation du nickel sur les îles de Gag, Kawe et Manuran a déjà entraîné la destruction de plus de 500 hectares de forêt et de végétation. Ces îles, classées comme petites îles, devraient être protégées de l’exploitation minière selon la loi indonésienne.

Des graves dégâts

Selon l’ONG, l’exploitation de nickel a conduit à la déforestation de plus de 500 hectares de forets, sur trois îles de l’archipel. « La réponse du gouvernement donne espoir que la sensibilisation aide à protéger Raja Ampat », a réagi Arie Rompas, responsable de la campagne forestière de Greenpeace Indonésie, vendredi 6 juin. Il espère que le public continuera à soutenir la campagne de l’ONG jusqu’à ce que le gouvernement révoque toutes les licences minières et que l’archipel soit « véritablement protégé »

L’inaction du gouvernement mis en cause par des ONG

Les mesures prises par les autorités indonésiennes ne modèrent pas les accusations de certains ONG sur l’inaction de Jakarta. Dans un rapport publié le 5 juin dernier par Climate Rights International, les entreprises qui exploitent la vaste concession minière à 2.400 de Jakarta, provoquent une augmentation de la pollution de l’air et de l’eau et une déforestation de la zone

 » Malgré des preuves évidentes que les droits et les moyens de substance des communautés en Indonésie sont menacés sont menacés par l’extraction et le traitement du Nickel, les entreprises opèrent en toute impunité, privilégiant les profits au détriment des populations « , déclaré Krista Shennum, chercheuse pour Climate Rights International. « Le gouvernement indonésien doit écouter les communautés locales et demander des comptes aux pollueurs », a-t-elle ajouté.

La mine de Weda Bay a vu son territoire s’étendre sensiblement, au détriment du peuple premier des Hongana Manyawa( peuple de la forêt), presque totalement isolé du monde. Pas moins de 17% du nickel mondial provenait de cette seule mine en 2023.

L’Indonésie possède les plus grandes réserves mondiales de nickel au monde et est le premier producteur de ce métal utilisé dans les batteries de véhicules électriques et l’acier inoxydable. Les écologistes soulignent que cette exploitation intensive cause des dégâts irréversibles aux terres environnantes.

Conférence des nations unies sur l’océan: Macron appelle à  » mobilisation », l’Afrique au centre des enjeux

Emmanuel Macron a appelé ce lundi 9 juin en ouverture à la conférence des Nations unies sur l’océan à « la mobilisation » pour sauver des océans »en ébullition. Une soixantaine de chefs d’État sont réunis à Nice pour répondre à l’urgence de la dégradation des océans. Une problématique à laquelle le continent africain n’échappe pas.

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Ce que les squelettes de femmes révèlent sur la division du travail dans la Nubie préhistorique

Une étude récente révèle que, dans la Nubie d’il y a 3 500 ans, les femmes jouaient un rôle clé dans les activités physiques du quotidien. Leurs squelettes, marqués par l’usure du temps et les contraintes de leur vie, livrent aujourd’hui un témoignage silencieux mais puissant sur la division du travail dans cette société antique, longtemps considérée à travers un prisme essentiellement masculin.

Une société nubienne oubliée par l’histoire

Durant le IIe millénaire avant notre ère, dans l’actuel Soudan, le royaume de Koush s’épanouit au sud de l’Égypte. Sa capitale, Kerma, devient un centre politique et économique majeur, rival de l’Égypte pharaonique. À proximité, dans la nécropole d’Abu Fatima, une équipe interdisciplinaire d’archéologues et d’anthropologues a étudié les restes de 30 individus enterrés à l’époque de l’âge du bronze (2500-1500 av. J.-C.).

Parmi eux, 14 femmes ont révélé des déformations osseuses significatives dans les vertèbres cervicales et à l’arrière du crâne. Ces marques sont typiques d’une technique de portage appelée tumpline, encore utilisée aujourd’hui dans certaines sociétés rurales : une sangle fixée sur le front permettant de soutenir de lourdes charges sur le dos.

Les marques du travail sur les os

Les chercheurs ont notamment mis en lumière le cas d’une femme surnommée “individu 8A2”, décédée à plus de 50 ans. Son crâne présentait une dépression osseuse notable et une arthrose sévère des vertèbres cervicales, signes d’une vie passée à porter de lourdes charges. L’analyse de ses dents révèle qu’elle n’était pas originaire de la région, ce qui suggère un parcours migratoire, suivi d’une vie rurale exigeante, où elle aurait également pu porter des enfants sur son dos.

Chez les hommes, les traces osseuses diffèrent : usure au niveau de l’épaule et du bras droit, suggérant un port de charges sur l’épaule, potentiellement lié à des activités agricoles, artisanales ou guerrières. Ces différences anatomiques permettent de reconstituer une division du travail fondée sur le genre, dans laquelle femmes et hommes contribuaient à l’économie domestique de manière complémentaire, mais distincte.

Une tradition millénaire de portage féminin

Si les représentations visuelles directes de l’époque de Kerma sont rares, des fresques égyptiennes du Nouvel Empire (vers 1550 – 1070 av. J.-C.) offrent des indices : dans la tombe de Rekhmirê, des femmes nubiennes sont dessinées portant des paniers ou des enfants sur le dos à l’aide de sangles frontales. On retrouve ces mêmes gestes bien plus tard, gravés dans les bas-reliefs du temple méroïtique de Méroé.

Ces pratiques ne sont pas seulement anciennes : elles sont encore vivantes aujourd’hui. En Afrique de l’Est (chez les Kikuyu du Kenya) ou au Congo (à Dolisie), des femmes continuent à utiliser des tumplines pour transporter du bois, de la nourriture ou des enfants. Ce lien entre le passé et le présent permet aux chercheurs de mieux comprendre les gestes techniques ancestraux, leur transmission et leur valeur culturelle.

Le corps, une mémoire sociale

Cette étude apporte une contribution précieuse à l’archéologie du genre. Elle confirme que le corps humain conserve les traces durables de l’organisation sociale, des rôles assignés, et des contraintes physiques du quotidien. Les marques visibles sur les os ne sont pas seulement le fruit du vieillissement, mais le reflet de pratiques sociales profondément enracinées.

« Les squelettes des femmes de la Nubie antique racontent une histoire oubliée, celle d’un travail quotidien intense, genré, souvent invisible dans les récits historiques dominants », concluent les auteurs.

Une réécriture nécessaire de l’histoire

Longtemps, la préhistoire et l’antiquité ont été racontées à travers une perspective centrée sur les hommes — chasseurs, bâtisseurs, guerriers. Cette recherche sur la Nubie préhistorique vient corriger ce biais : les femmes aussi travaillaient durement, au point de modeler leur squelette. Elles jouaient un rôle central dans la logistique domestique, les circuits de transport et, probablement, dans le maintien de la vie rurale.

En réexaminant les traces laissées par les corps, la science révèle une histoire plus riche, plus juste, plus inclusive : celle d’une société où les femmes portaient bien plus que des charges elles portaient l’équilibre de la communauté.

TotalEnergies devant la justice pour »pratiques commerciales trompeuses »

En France, trois ONG accusent la compagnie pétrolière TotalEnergies de « désinformation climatique ». Jeudi 5 juin, la compagnie pétrolière a dû s’expliquer et rendre compte. Le jugement sera rendu le 23 octobre.

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Cybersécurité et souveraineté numérique au Bénin : une stratégie africaine à l’épreuve des cybermenaces mondiales

Alors que la révolution numérique bouleverse les équilibres économiques, politiques et sociétaux à l’échelle mondiale, le Bénin s’illustre comme l’un des fers de lance de la digitalisation sur le continent africain. À la veille du Cyber Africa Forum (CAF) 2025, prévu du 17 au 18 juin à Abidjan, Cotonou entend affirmer sa vision d’une souveraineté numérique africaine fondée sur l’efficience des services publics et la maîtrise des infrastructures critiques.

Avec plus de 70 % de ses services administratifs numérisés, le Bénin se distingue par une politique volontariste entamée depuis 2016, portée par l’Agence des Services et Systèmes d’Information (ASSI) et consolidée par la mise en œuvre du programme e-Bénin. Ce virage numérique a notamment permis une simplification des démarches pour les citoyens, un renforcement de la transparence administrative et une amélioration de la collecte des données publiques.

Mais cette avancée technologique a un revers : l’exposition croissante aux cybermenaces. En Afrique comme ailleurs, les cyberattaques se multiplient, ciblant aussi bien les États que les entreprises. Selon l’Union africaine, le continent aurait subi en 2023 des pertes estimées à plus de 4 milliards de dollars liées aux cybercrimes, dans un contexte de vulnérabilité persistante des infrastructures numériques.

Face à cet enjeu, le gouvernement béninois met désormais l’accent sur la sécurité des données et la résilience des systèmes d’information. Le pays s’est doté d’un CERT (Computer Emergency Response Team) national et a adopté une stratégie de cybersécurité axée sur la sensibilisation, la coopération internationale et le développement des compétences locales. Cette dernière dimension est cruciale, car la pénurie de spécialistes africains en cybersécurité reste un frein majeur à l’autonomie technologique.

La question de la souveraineté numérique, thème central du prochain CAF 2025, dépasse toutefois les seules considérations techniques. Elle engage des enjeux de gouvernance, de contrôle des données stratégiques et de dépendance aux acteurs étrangers qu’il s’agisse des infrastructures cloud ou des logiciels de gestion. Or, aujourd’hui, la majorité des données africaines transitent par des serveurs hébergés hors du continent, dans des juridictions souvent peu alignées sur les priorités des pays africains.

Dans ce contexte, le Bénin ambitionne d’inspirer une approche coordonnée au niveau continental, en faveur d’un écosystème numérique africain interconnecté mais souverain. Cette démarche rejoint les orientations de l’Union africaine, qui plaide pour la création d’un marché unique du numérique à l’horizon 2030, capable de rivaliser avec les puissances technologiques globales tout en protégeant les intérêts africains.

En somme, le positionnement du Bénin dans ce domaine ne saurait être lu comme un simple progrès administratif : il participe d’une réaffirmation géopolitique, à l’heure où les nouvelles frontières de la puissance passent aussi par le cyberespace. Reste à savoir si cet élan pourra être partagé à l’échelle du continent, et soutenu par des partenariats équilibrés, loin des logiques néocoloniales souvent reprochées aux géants technologiques étrangers.