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Climat et savoirs autochtones : à Londres, le Prince William plaide pour une alliance entre tradition et modernité

L’appel du Prince William à inclure les voix autochtones dans l’action climatique internationale, lancé lors d’un débat de haut niveau dans la capitale britannique, marque une inflexion notable dans les discours institutionnels sur l’écologie mondiale.

Le 26 juin 2025, dans le cadre de la Climate Action Week organisée à Londres, le Prince William a présidé un débat réunissant des décideurs politiques, des philanthropes et des représentants de peuples autochtones. À l’issue de ces échanges, il a appelé à une mobilisation collective urgente pour préserver la planète, en insistant sur l’apport irremplaçable des savoirs traditionnels dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité et le dérèglement climatique.

Cet événement, soutenu par le Earthshot Prize une initiative environnementale lancée par le Prince en 2020 a mis en lumière une question de plus en plus pressante : comment réconcilier les approches scientifiques et les visions culturelles enracinées dans les territoires, souvent marginalisées dans les négociations climatiques internationales ?

Alors que les peuples autochtones représentent environ 5 % de la population mondiale, ils protègent plus de 80 % de la biodiversité restante sur Terre, selon les Nations unies. Ce paradoxe minoritaires en nombre mais essentiels en impact est au cœur des revendications actuelles en faveur d’une gouvernance écologique plus inclusive.

Lors du débat, plusieurs intervenants venus d’Amazonie, d’Afrique, d’Asie du Sud-Est ou encore des régions arctiques ont insisté sur l’importance des connaissances locales, souvent transmises oralement, dans la gestion des écosystèmes. En reconnaissant publiquement cette expertise ancestrale, le Prince William rejoint un mouvement grandissant qui appelle à intégrer les voix autochtones non pas comme simples « témoins » de la crise, mais comme co-constructeurs des solutions.

Les grands sommets sur le climat, à l’image de la COP28 tenue à Dubaï en 2023, ont souvent été critiqués pour leur approche trop technocratique, centrée sur les marchés carbone, les investissements massifs et les modèles occidentaux de transition énergétique. Or, pour de nombreux acteurs issus des peuples racines, cette vision ignore les dimensions sociales, spirituelles et territoriales du rapport à la nature.

« Il ne peut y avoir de justice climatique sans justice culturelle », a déclaré l’un des représentants présents, rappelant les multiples spoliations territoriales subies au nom du « développement durable ». Ces propos font écho aux critiques adressées à certains projets dits « verts » (barrages, parcs solaires, réserves naturelles fermées aux communautés locales), qui reproduisent parfois les logiques extractivistes qu’ils prétendent combattre.

Autre enjeu soulevé lors de cette rencontre : la place des grandes fondations et fonds privés dans le financement des politiques climatiques. Si leur soutien est souvent vital, notamment pour des initiatives locales hors des circuits institutionnels classiques, leur influence peut aussi poser des questions de gouvernance, de priorisation des projets et de rapports de pouvoir Nord-Sud.

Le Prince William, en position de figure médiatrice, semble avoir voulu faire le lien entre ces mondes encore trop cloisonnés : celui des grandes institutions occidentales, des innovateurs technologiques et des communautés enracinées dans des modes de vie bas carbone depuis des siècles.

Si le ton employé par le Prince William marque une avancée sur le plan symbolique, la reconnaissance réelle des peuples autochtones dans les négociations internationales demeure très partielle. À ce jour, ils restent sous-représentés dans les structures décisionnelles, souvent relégués à des « panels consultatifs » sans pouvoir contraignant.

Pourtant, dans un monde confronté à des crises écologiques systémiques, il devient de plus en plus clair que les réponses ne viendront pas uniquement des laboratoires ou des conférences internationales, mais aussi de l’écoute attentive des voix qui parlent depuis la forêt, la savane, la montagne ou les zones côtières.

Une enquête révèle que le Japon est utilisé comme plaque tournante de trafic de fentanyl par des trafiquants chinois.

Une organisation chinoise aurait établi une base au Japon pour exporter illégalement des produits chimiques utilisés dans la production de fentanyl vers les États-Unis d’Amérique. C’est ce qui ressort d’une enquête du journal japonais « Nikkei »

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L’Union européenne exprime sa volonté de reprendre une coopération renforcée avec le Niger

Dans un contexte géopolitique en pleine mutation, le Niger continue de renforcer ses liens diplomatiques avec ses partenaires internationaux. C’est dans cette dynamique que le Premier ministre et ministre de l’Économie et des Finances, M. Ali Mahamane Lamine Zeine, a reçu en audience, ce mercredi 25 juin 2025, le chargé d’affaires par intérim de la délégation de l’Union européenne (UE) au Niger, M. Olai Voionmaa.

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Accord franco-algérien de 1968, l’assemblée nationale française retire un projet de résolution dénonçant l’accord à la dernière minute

Coup de théâtre à l’Assemblée nationale française ce jeudi 26 juin. Alors qu’une proposition de projet de résolution visant à dénoncer l’accord algéro-francais sur l’immigration de 1968 devait être présentée, avec de très grandes chances d’être adoptée, le texte a été retiré à la dernière minute.

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Procès de P. Diddy : des chefs d’accusation abandonnés dans une stratégie de recentrage judiciaire

Alors que le procès fédéral de Sean Combs, plus connu sous le nom de P. Diddy, entre dans sa phase finale à New York, le ministère public a annoncé, le 25 juin 2025, l’abandon d’une partie des chefs d’inculpation initialement retenus contre l’homme d’affaires et producteur états-unien. Cette décision, loin de constituer un revirement ou une exonération implicite, s’inscrit dans une logique stratégique visant à concentrer l’action judiciaire sur les infractions les plus solidement étayées.

Le parquet fédéral de Manhattan a formellement renoncé à plusieurs chefs secondaires, dont la tentative d’enlèvement, l’incendie criminel présumé, ainsi que certaines accusations connexes de trafic sexuel. L’objectif de cette démarche est de clarifier les instructions destinées au jury et de renforcer la cohérence de l’accusation en écartant les éléments dont la démonstration juridique apparaissait plus incertaine, voire redondante.

Contrairement à certains récits médiatiques sensationnalistes qui évoquent un « abandon soudain des poursuites », cette évolution procède d’un usage relativement courant dans les procès complexes : prioriser les chefs d’inculpation susceptibles d’aboutir à une condamnation effective, sur la base des preuves les plus robustes.

L’accusé demeure poursuivi pour des faits graves. Les charges principales maintenues contre Sean Combs incluent :

  • Traite sexuelle,
  • Racket (notamment pour avoir dirigé un système de coercition au sein de son réseau professionnel),
  • Transport en vue de prostitution, à travers plusieurs États.

Ces chefs d’inculpation relèvent du droit fédéral et s’accompagnent, en cas de condamnation, de peines significatives. Le maintien de ces poursuites traduit la conviction des procureurs quant à la solidité du dossier, malgré la nature parfois ancienne des faits rapportés.

La défense a, pour sa part, adopté une posture minimaliste mais assumée. Le 25 juin, les avocats de Sean Combs ont annoncé avoir reposé leur dossier en une trentaine de minutes, sans faire comparaître de témoin, et sans que l’accusé lui-même ne témoigne. Cette attitude témoigne d’une stratégie de défense classique dans les affaires sensibles, misant sur l’insuffisance de la preuve ou les failles dans l’argumentaire de l’accusation.

Les plaidoiries finales ont débuté le 26 juin. Le jury devra ensuite se prononcer sur les chefs restants, à l’issue de plusieurs semaines d’audiences.

Ce procès s’inscrit dans un contexte juridique et culturel marqué par la recrudescence des plaintes contre des figures influentes de l’industrie du divertissement, souvent pour des faits remontant à plusieurs années, voire décennies. Comme dans d’autres affaires récentes, il met en tension les impératifs de justice pour les victimes alléguées, le respect des droits de la défense et l’exigence d’un traitement équitable dans l’espace médiatique.

Il ne s’agit donc pas d’un désengagement du parquet mais bien d’une rationalisation procédurale face à un faisceau d’allégations complexes, où la gravité des faits toujours poursuivis rappelle que l’enjeu judiciaire demeure considérable.

La Chine reçoit les ministres iranien et russe de la Défense sur fond de « bouleversements »

La Chine a accueilli jeudi plusieurs ministres de la Défense, dont celui de l’Iran et de la Russie, quelques jours après l’arrêt des combats entre Téhéran et l’armée israélienne et en pleine instabilité au Moyen-Orient.(Source : AFP).

Cette réunion ministérielle de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule à Qingdao (est de la Chine), intervient également au lendemain d’un sommet de l’Otan, dont les membres ont décidé d’augmenter leurs dépenses militaires.

L’OCS regroupe 10 pays dont la Chine, la Russie, l’Iran, l’Inde et le Pakistan. Elle entend faire contrepoids aux organisations occidentales et renforcer la coopération en matière de politique, de sécurité ou encore de commerce.

La Chine, dont les liens avec la Russie sont scrutés de près, se présente comme partie neutre dans la guerre en Ukraine. Elle n’a jamais condamné la Russie, son proche partenaire.

Plusieurs gouvernements alliés de Kiev estiment par ailleurs que le géant asiatique apporte à Moscou un soutien économique et diplomatique qui lui permet de poursuivre son opération militaire.

S’adressant à ses homologues réunis à Qingdao, le ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov, a dressé jeudi le tableau sombre d’un monde confronté à « l’aggravation des tensions géopolitiques » et à une « augmentation menaçante du potentiel conflictuel ».

« La situation militaire et politique actuelle dans le monde reste difficile et a une tendance à se détériorer », a-t-il souligné, selon un communiqué de son ministère.

La réunion, associant les ministres assis autour d’une grande table ronde, dont le représentant iranien Aziz Nasirzadeh, a duré environ deux heures.

Chaos

En tenue militaire, le ministre chinois de la Défense, Dong Jun, a présenté jeudi la réunion de Qingdao comme un contrepoids face à un monde « marqué par des bouleversements et des changements ».

Dans ce contexte, « il est d’autant plus nécessaire que l’Organisation de coopération de Shanghai joue pleinement son rôle d’ancre de stabilité », a-t-il déclaré en ouverture de la session, selon son ministère.

« Les actes hégémoniques, dominateurs et d’intimidation portent gravement atteinte à l’ordre international », avait-il affirmé la veille en accueillant certains des ministres étrangers, selon l’agence de presse Chine nouvelle. Il avait par ailleurs appelé ses homologues à « agir avec plus de vigueur afin de sauvegarder collectivement l’environnement propice au développement pacifique ».

Aucun ordre du jour n’a été publié, mais les récents affrontements entre d’un côté l’Iran, et de l’autre côté Israël associé aux États-Unis, figuraient probablement à l’ordre du jour.

Soutien à l’Iran

La Chine s’est gardée de soutenir l’Iran, un pays partenaire, autrement que par la voie diplomatique. Une position qui illustre sa marge de manœuvre limitée au Moyen-Orient et sa volonté de ne pas détériorer ses relations avec Washington.

« Le soutien public de la Chine à l’Iran se manifestera par des paroles plutôt que par des actes », explique à l’AFP James Char, spécialiste de l’armée chinoise à l’Université technologique de Nanyang, à Singapour.

« Hormis une condamnation des frappes américaines contre l’Iran, Pékin devrait continuer à avancer prudemment sur les questions de sécurité au Moyen-Orient, et n’a aucun intérêt à être entraîné dans les défis sécuritaires de la région », ajoute-t-il.

Le ministre iranien de la Défense pourrait « évoquer avec la Chine la fourniture d’armes, mais je doute que Pékin accepte », estime également Andrea Ghiselli, expert de la politique étrangère chinoise et professeur à l’Université d’Exeter (Royaume-Uni).

« Un tel geste serait perçu comme une provocation par Israël (…) et surtout par les États-Unis, avec lesquels la Chine tente actuellement de stabiliser ses relations », souligne-t-il.

Le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, également présent à Qingdao, a déclaré que les membres de l’OCS devraient « aspirer collectivement à réaliser les souhaits et les attentes des populations, et s’attaquer aux défis d’aujourd’hui ».

« Le monde dans lequel nous vivons subit une transformation drastique. La mondialisation, qui nous a autrefois rapprochés, perd de son élan », a-t-il affirmé via son cabinet sur le réseau social X.

80 ans de l’ONU : l’anniversaire d’une géante fatiguée

Le 26 juin 1945, dans un San Francisco encore marqué par la guerre, naissait l’Organisation des Nations unies. Huit décennies plus tard, l’institution censée garantir la paix et promouvoir la coopération entre les États peine à dissimuler ses failles. Entre blocages politiques, érosion budgétaire et crise de légitimité, l’ONU traverse une période de turbulences qui l’oblige à s’interroger sur son avenir. Ce 80e anniversaire, loin de toute célébration triomphale, sonne comme un appel à une réforme profonde ou à un déclin irréversible.

Créée dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale pour éviter la répétition des catastrophes du XXe siècle, l’ONU a longtemps incarné un idéal de coopération internationale. Elle a joué un rôle central dans la décolonisation, accompagné la naissance de nombreux États africains et asiatiques, soutenu la lutte contre l’apartheid et supervisé de nombreuses missions de maintien de la paix. Le système onusien, avec ses agences spécialisées (OMS, FAO, UNESCO, etc.), a contribué à structurer la diplomatie mondiale pendant des décennies.

À sa naissance, l’ONU représentait un monde bipolaire structuré autour de deux superpuissances. Aujourd’hui, elle évolue dans un monde fragmenté, multipolaire, où les anciens équilibres sont remis en question. Cette nouvelle donne mondiale l’affaiblit plus qu’elle ne la renforce.

Au fil des années, l’ONU s’est vue reprocher son incapacité à prévenir ou résoudre les conflits majeurs. Le Conseil de sécurité, organe central des décisions coercitives, est souvent paralysé par le droit de veto des cinq membres permanents les États-Unis d’Amérique, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Cette structure figée, héritée de 1945, ne reflète plus la répartition actuelle du pouvoir mondial.

Les récentes crises ont mis en lumière cette impuissance : blocages sur la guerre en Ukraine, silence relatif sur Gaza, inefficacité face à la guerre civile au Soudan, inaction prolongée au Yémen. Dans le même temps, les contributions financières des grands États se réduisent, fragilisant les capacités opérationnelles de l’organisation. Les États-Unis d’Amérique, historiquement le premier bailleur de fonds, ont plusieurs fois suspendu ou réduit leur financement, mettant en péril certaines agences vitales.

Depuis les années 1990, les appels à une réforme du Conseil de sécurité se multiplient. L’Inde, le Brésil, l’Allemagne, le Japon, l’Union africaine réclament un élargissement et une meilleure représentativité, en particulier pour les pays du Sud, sous-représentés dans les instances décisionnelles. Mais ces demandes se heurtent aux résistances des membres permanents, peu enclins à partager leurs privilèges.

L’Afrique, qui représente aujourd’hui 28 % des États membres de l’ONU, n’a toujours aucun siège permanent au Conseil de sécurité. Cette absence alimente une défiance croissante envers une gouvernance mondiale jugée déséquilibrée, et parfois néocoloniale dans ses approches.

En parallèle, des alliances régionales ou idéologiques comme les BRICS+ ou l’Organisation de coopération de Shanghai prennent de plus en plus d’ampleur, court-circuitant souvent les mécanismes onusiens. Le multilatéralisme se fragmente, et l’ONU peine à rester le centre de gravité des relations internationales.

Malgré ses failles, l’ONU conserve une utilité diplomatique certaine. Elle reste un cadre de dialogue universel, un espace où même les ennemis peuvent se parler. Ses agences continuent d’agir efficacement dans des domaines comme la santé, l’éducation, l’alimentation ou les droits humains, même si elles sont parfois critiquées pour leur bureaucratie ou leurs lenteurs.

Mais le dilemme demeure : soit l’ONU se réforme en profondeur pour s’adapter au XXIe siècle, soit elle s’enfonce dans une marginalisation progressive. Dans un monde où les blocs se durcissent, où les rivalités s’aiguisent, et où les défis globaux changement climatique, pandémies, migrations, cybersécurité exigent des réponses coordonnées, le besoin d’un multilatéralisme efficace n’a jamais été aussi fort. Reste à savoir si la volonté politique suivra.

À 80 ans, l’ONU n’a jamais été aussi essentielle et aussi contestée. Loin des célébrations convenues, cet anniversaire met en lumière les tensions d’un ordre mondial en mutation. L’institution fondée sur les cendres de la guerre mondiale peut-elle encore incarner l’avenir ? Ou deviendra-t-elle un témoin dépassé d’un monde révolu ? Une chose est sûre : sans transformation, la géante onusienne pourrait bien rester figée dans l’histoire, regardant passer les recompositions sans plus les influencer.

Mayotte: les députés approuvent une mesure pour faciliter la destruction des bidonvilles

Les députés ont voté mercredi 25 juin 2025 une mesure facilitant les expulsions et la démolition en 24 heures des bidonvilles de moins de sept jours à Mayotte, sans obligation de relogement ni d’hébergement d’urgence, vivement critiquée par la gauche.

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Portugal : le gouvernement veut abroger la loi sur la naturalisation des Juifs séfarades

Le gouvernement portugais a annoncé, ce lundi, son intention d’abroger la loi de 2015 permettant aux descendants des Juifs séfarades expulsés au XVe siècle d’obtenir la nationalité portugaise. Présentée à l’origine comme une mesure de « réparation historique », cette disposition est désormais jugée « exceptionnelle » et « révolue » par l’exécutif issu des récentes élections législatives.

Une mesure de réparation historique remise en question

La loi en question visait à réparer l’injustice historique commise à la fin du XVe siècle, lorsque des milliers de Juifs séfarades furent persécutés, convertis de force ou expulsés de la péninsule Ibérique, notamment après l’instauration de l’Inquisition. En leur offrant une voie d’accès à la nationalité, le Portugal souhaitait reconnaître et corriger les torts du passé.

Mais pour le ministre porte-parole du gouvernement, Antonio Leitao Amaro, cette législation « avait un caractère temporaire » et ne se justifie plus dans le contexte actuel. Lors d’une conférence de presse donnée à l’issue d’un conseil des ministres, il a confirmé que ce régime « cessera d’être en vigueur ».

Durcissement des critères après des scandales

En 2022, la loi avait déjà été partiellement durcie à la suite d’un scandale portant sur des irrégularités dans la délivrance de certificats d’ascendance juive. Parmi les cas les plus médiatisés figure celui de l’oligarque russe Roman Abramovitch, qui avait obtenu la nationalité portugaise dans le cadre de cette loi.

L’affaire avait entraîné des enquêtes judiciaires et la mise en examen de membres de la communauté juive portugaise, accusés d’avoir délivré de faux certificats. Ces dérives ont accéléré la remise en cause politique du dispositif.

Vers une politique migratoire plus stricte

L’abrogation de la loi s’inscrit dans un plan plus large de durcissement de la politique d’immigration au Portugal. Le gouvernement de droite prévoit de soumettre plusieurs réformes au Parlement, parmi lesquelles :
• L’allongement du délai minimal de résidence nécessaire pour obtenir la nationalité : il passerait de 5 à 7 ans pour les ressortissants de pays lusophones, et à 10 ans pour les autres.
• Un durcissement des critères pour le regroupement familial.
• Le renforcement du contrôle aux frontières, avec la création d’une unité spécialisée au sein de la police nationale.

Un gouvernement sans majorité absolue

Toutefois, l’exécutif portugais ne disposant pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, ces propositions devront faire l’objet de négociations avec d’autres partis pour pouvoir être adoptées. Le débat s’annonce sensible, entre enjeux migratoires, respect de la mémoire historique et pression de l’opinion publique sur les questions de sécurité et d’identité.

Affaire du baiser forcé : la cour d’appel espagnole confirme la condamnation de Luis Rubiales

La justice espagnole a confirmé mercredi en appel la condamnation de Luis Rubiales à une amende. L’ancien président de la Fédération espagnole de football avait embrassé de force la joueuse Jennifer Hermoso en août 2023, après la victoire de l’équipe en Coupe du monde.(Source : AFP).

La cour d’appel de l’Audience nationale espagnole confirme mercredi 25 juin en appel qu’il n’y a pas eu de consentement dans le baiser imposé par l’ancien président de la fédération espagnole de football, Luis Rubiales, à la joueuse de l’équipe nationale Jennifer Hermoso.

Elle a jugé « correcte » la qualification des faits en « agression sexuelle » lors du jugement de première instance.

Luis Rubiales avait été condamné le 14 février à 10 800 euros d’amende pour agression sexuelle, mais relaxé du délit de coercition.

La cour d’appel a aussi confirmé mercredi l’interdiction pour Luis Rubiales de s’approcher de Jennifer Hermoso dans un rayon de 200 mètres, ainsi que celle de communiquer avec elle pendant un an.

Le tribunal a également rejeté les autres appels déposés par le parquet, qui avait dénoncé la « partialité » du juge et réclamait un nouveau procès, et par Jennifer Hermoso.

« Un petit bisou consenti »

La procureure avait requis en première instance deux ans et demi de prison contre Luis Rubiales pour agression sexuelle et pour les pressions exercées par la suite sur la joueuse pour atténuer le scandale.

Luis Rubiales, 47 ans, ancien président de la Fédération espagnole de football (RFEF) avait vu sa carrière prendre fin brutalement dans la foulée de la victoire de l’Espagne en finale du Mondial féminin à Sydney en Australie, le 20 août 2023.

Ce soir-là, devant les caméras du monde entier, il avait pris à deux mains la tête de l’attaquante de la « Roja » Jennifer Hermoso, avant de l’embrasser par surprise sur la bouche.

Face à l’indignation suscitée par ce geste, l’ex-homme fort du football espagnol avait tout d’abord refusé de démissionner pour « un petit bisou consenti », dénonçant un supposé « faux féminisme » et assurant qu’il avait obtenu l’autorisation de la joueuse avant de l’embrasser.

Il avait fini par démissionner en septembre 2023, deux semaines après les faits.

Lors de son procès, il avait campé sur ses positions, se disant « absolument sûr » que Jenni Hermoso avait consenti à ce baiser.

En face, Jennifer Hermoso, érigée en symbole de la lutte contre le sexisme dans le sport, avait décrit les « innombrables » pressions subies après ce geste pour étouffer le scandale.

Depuis une réforme du Code pénal espagnol, un baiser non consenti peut être considéré comme une agression sexuelle, catégorie pénale regroupant tous les types de violence sexuelle.