Archives du mot-clé #Lavrov

États-Unis d’Amérique : Donald Trump invite Vladimir Putin au G20 de Miami, le dialogue avec la Fédération de Russie reprend malgré la guerre en Ukraine

Donald Trump invite Vladimir Putin à Miami. Le président des États-Unis d’Amérique veut maintenir le contact direct avec son homologue russe alors que les discussions sur la guerre en Ukraine n’ont toujours pas débouché sur un accord. Pour l’Union européenne, cette ouverture ne modifie pas sa position : les sanctions contre la Fédération de Russie restent en place et le soutien à l’Ukraine se poursuit.

Lire la suite: États-Unis d’Amérique : Donald Trump invite Vladimir Putin au G20 de Miami, le dialogue avec la Fédération de Russie reprend malgré la guerre en Ukraine

Marco Rubio, secrétaire d’État des États-Unis d’Amérique, a annoncé le 23 septembre l’invitation adressée à Vladimir Putin pour le sommet du G20 des 14 et 15 décembre à Miami. Le Kremlin a confirmé avoir reçu la proposition et dit l’examiner, sans annoncer la venue du président russe. Une éventuelle participation de Vladimir Putin serait sa première présence physique à un sommet des dirigeants du G20 depuis Osaka, au Japon, en 2019. Quelques semaines plus tôt, Anton Silouanov, ministre russe des Finances, avait déjà participé à une réunion financière du G20 aux États-Unis d’Amérique.

Donald Trump élargit le canal de dialogue avec Vladimir Putin

Marco Rubio a annoncé l’invitation après avoir rencontré Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Le secrétaire d’État états-unien a présenté le sommet de Miami comme une occasion pour Vladimir Poutine de rencontrer Donald Trump et d’échanger avec les autres dirigeants du G20.

Le Kremlin n’a pas fermé la porte. Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, a déclaré que l’invitation était examinée. Il n’a cependant annoncé ni déplacement de Vladimir Poutine aux États-Unis d’Amérique ni rencontre programmée avec Donald Trump.

Donald Trump et Vladimir Putin s’étaient rencontrés à Anchorage, en Alaska, en août 2025 pour discuter de la guerre en Ukraine. Cette rencontre n’avait pas permis de parvenir à un accord. Depuis, les échanges diplomatiques ont continué sans produire de règlement du conflit.

L’entretien de New York entre Marco Rubio et Sergueï Lavrov, le 23 septembre, constitue l’un des derniers épisodes de ce dialogue. L’invitation adressée au président russe donne désormais à ces contacts un cadre plus large : celui d’un sommet réunissant les principales puissances économiques mondiales.

Une présence russe déjà réapparue dans les réunions du G20

L’annonce de Donald Trump prend une autre dimension lorsqu’elle est rapprochée d’un événement survenu quelques semaines plus tôt.

Anton Silouanov avait participé fin août à la réunion des ministres des Finances du G20 à Asheville, en Caroline du Nord. Plusieurs responsables européens avaient contesté cette présence. Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, avait notamment exprimé ses réserves, tandis que plusieurs ministres européens avaient menacé de ne pas participer à la photographie officielle du groupe.

La Fédération de Russie n’a pourtant jamais été exclue du G20. Après l’annexion de la Crimée en 2014, les autres membres avaient suspendu le format du G8, dont elle faisait partie. Le G20 avait, lui, conservé la Fédération de Russie parmi ses membres.

Ce qui changerait à Miami serait donc la présence de Vladimir Putin lui-même au sommet des dirigeants. Le président russe n’a plus assisté physiquement à une réunion des chefs d’État et de gouvernement du G20 depuis 2019.

Le passage d’une représentation ministérielle à une invitation adressée directement au chef de l’État russe donne une nouvelle portée au dialogue entre les États-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie.

L’Ukraine reste loin d’un règlement

Cette évolution diplomatique ne signifie pas que Donald Trump et Vladimir Putin se sont rapprochés sur le fond du dossier ukrainien.

Les discussions menées depuis plusieurs mois n’ont pas permis de mettre fin à la guerre. Les désaccords restent importants sur les conditions d’un éventuel règlement et sur les garanties qui accompagneraient un cessez-le-feu.

Volodymyr Zelensky souhaite lui aussi que le dossier ukrainien reste au centre des discussions. Le président ukrainien a déclaré à New York qu’il était prêt à envisager une rencontre avec Vladimir Putin à Miami dans un format réunissant les États-Unis d’Amérique, l’Ukraine et la Fédération de Russie, si un tel rendez-vous était organisé. Aucune rencontre de ce type n’est toutefois programmée à ce stade.

Le sommet pourrait donc réunir, dans un même espace diplomatique, Donald Trump, Vladimir Putin et éventuellement Volodymyr Zelensky. Leur présence simultanée ne suffirait toutefois pas à rapprocher leurs positions.

Le précédent d’Anchorage reste significatif : Donald Trump et Vladimir Putin avaient déjà choisi la rencontre directe pour tenter de débloquer les discussions. Elle n’avait pas produit l’accord recherché.

L’Union européenne maintient la pression sur la Fédération de Russie

Pendant que Donald Trump cherche à maintenir un contact direct avec Vladimir Putin, l’Union européenne conserve sa politique de sanctions.

Le Conseil de l’Union européenne a prolongé jusqu’en septembre 2029 les mesures restrictives visant plus de 3 000 personnes et entités liées, selon les institutions européennes, à des actions portant atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Ces mesures comprennent notamment des gels d’avoirs et des interdictions de déplacement.

La Commission européenne a également fait savoir que l’Union européenne continuerait de condamner la guerre menée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine au sommet du G20, que Vladimir Putin accepte ou non l’invitation de Donald Trump.

Deux démarches diplomatiques vont donc se retrouver dans la même salle. Donald Trump cherche à conserver un dialogue direct avec le président russe. Les dirigeants européens veulent maintenir la pression économique et politique sur la Fédération de Russie tout en poursuivant leur soutien à l’Ukraine.

Miami, un rendez-vous diplomatique sans garantie de résultat

La présence de Vladimir Putin au G20 ne réglerait pas la guerre en Ukraine. Elle pourrait cependant offrir un cadre pour de nouveaux échanges entre dirigeants qui disposent aujourd’hui de peu d’espaces de discussion directe.

Pour Donald Trump, le sommet représente une nouvelle occasion de parler avec Vladimir Putin au-delà des échanges entre diplomates. Pour le président russe, une participation lui permettrait de retrouver physiquement les dirigeants du G20 après plusieurs années d’absence personnelle à ce niveau.

Pour Volodymyr Zelensky, la réunion pourrait offrir la possibilité de présenter directement les positions ukrainiennes face au président russe. Pour les dirigeants européens, elle constituera une nouvelle enceinte où défendre leur ligne sur les sanctions et le soutien à l’Ukraine.

Le fait nouveau est donc le passage d’un dialogue bilatéral entre les États-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie vers une enceinte multilatérale où leurs désaccords seront exposés devant d’autres puissances.

Après la présence d’Anton Silouanov à une réunion financière du G20, Donald Trump propose maintenant à Vladimir Putin de venir lui-même au sommet des dirigeants.

Le président russe n’a pas encore accepté. S’il se rend à Miami, le sommet pourrait devenir l’un des principaux rendez-vous diplomatiques de la fin de l’année autour de la guerre en Ukraine. Mais entre une rencontre, des discussions et un accord de paix, le chemin reste entier.

Celine Dou

Ukraine : pourquoi le Vatican retourne à Moscou alors que la guerre s’éternise

La guerre dure, les armes continuent de parler et les négociations peinent à trouver une issue. Dans ce paysage diplomatique fermé, le Vatican a choisi de reprendre le chemin de Moscou. Du 24 au 28 août, Mgr Paul Richard Gallagher, responsable des relations internationales du Saint-Siège, a rencontré plusieurs responsables russes, dont le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. À Moscou, son message a été direct : la guerre doit prendre fin et les deux parties doivent retrouver le chemin des négociations.

Lire la suite: Ukraine : pourquoi le Vatican retourne à Moscou alors que la guerre s’éternise

Cette visite est la première d’un haut responsable de la diplomatie pontificale en Russie depuis novembre 2021, quelques mois avant le début de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine. Elle ne constitue pas l’ouverture d’une négociation de paix conduite par le Vatican. Elle traduit plutôt la volonté du Saint-Siège de conserver un contact avec Moscou et de proposer ses bons offices, alors que les canaux diplomatiques restent fragiles.

À Moscou, Mgr Paul Richard Gallagher n’est pas venu présenter un plan de paix. Il l’a d’ailleurs clairement expliqué après sa rencontre avec Sergueï Lavrov : le Saint-Siège ne souhaite pas entrer dans les détails d’un éventuel accord. La responsabilité d’une négociation appartient d’abord aux belligérants.

Le Vatican demande en revanche que les conditions d’un dialogue soient préservées. Pour Mgr Gallagher, une guerre ne peut pas se terminer uniquement sur le champ de bataille. Il faut, à un moment donné, revenir à la diplomatie et parvenir à un accord.

Le responsable du Saint-Siège a également insisté sur le coût humain du conflit. Civils, blessés et prisonniers de guerre figurent parmi les dossiers que Rome souhaite voir avancer. Cette dimension humanitaire est aujourd’hui l’un des rares terrains sur lesquels un travail avec Moscou semble possible.

Sergueï Lavrov a lui-même qualifié la rencontre de « très utile ». Le ministre russe a salué la volonté du Saint-Siège de maintenir le dialogue et s’est dit favorable à une coopération renforcée sur les questions humanitaires liées à la guerre.

La visite ne s’est pas limitée au Kremlin et au ministère russe des Affaires étrangères. Mgr Gallagher a également rencontré le métropolite Antonij de Volokolamsk, chargé des relations extérieures du Patriarcat de Moscou. Il s’est ensuite adressé à la petite communauté catholique de Russie, célébrant notamment une messe à la cathédrale de l’Immaculée Conception à Moscou.

C’est précisément là que se trouve l’intérêt politique de cette visite.

Depuis le début de la guerre, les relations entre Moscou et une grande partie des capitales occidentales se sont fortement dégradées. Le Vatican conserve pourtant des relations diplomatiques avec la Russie et continue de parler aux deux camps. Cette position donne au Saint-Siège une place particulière, même si elle ne lui confère pas le pouvoir de faire accepter un accord à Moscou ou à Kiev.

Mgr Gallagher l’a reconnu lui-même : le Vatican a déjà proposé ses « bons offices » pour faciliter le dialogue, mais cette proposition n’a pas encore débouché sur une implication directe de sa diplomatie dans les négociations. Rome reste donc disponible sans prétendre disposer d’un rôle que les parties ne lui ont pas accordé.

Cette prudence est importante. Présenter le Vatican comme le prochain médiateur de la guerre serait aller trop loin. Pour l’instant, Moscou accepte de parler avec Rome. Cela ne signifie pas que le Kremlin accepte une médiation pontificale, encore moins les conditions d’un règlement politique.

Le dossier humanitaire pourrait cependant servir de point de départ. Le cardinal Matteo Zuppi, déjà engagé dans les démarches du Saint-Siège concernant la guerre, doit poursuivre cette mission auprès des autorités russes. Le Vatican espère notamment obtenir des résultats concernant les personnes directement touchées par le conflit.

Pour Rome, ces avancées auraient une portée qui dépasse les seuls dossiers humanitaires. Restaurer un minimum de confiance entre les parties pourrait permettre, à terme, de parler d’autres sujets.

La question est désormais de savoir jusqu’où Moscou acceptera d’aller.

Le Kremlin continue de défendre ses propres conditions pour une sortie de guerre. Le gouvernement russe affirme vouloir traiter ce qu’il présente comme les causes profondes du conflit, tandis que Kiev réclame une paix fondée sur le respect de son intégrité territoriale et de sa souveraineté.

Entre ces positions, le Vatican ne dispose pas d’un levier militaire ou économique. Il possède autre chose : un réseau diplomatique et une capacité à maintenir le contact lorsque les relations politiques sont presque rompues.

La prochaine mission du cardinal Matteo Zuppi en Russie sera donc particulièrement suivie. Elle permettra de voir si le dialogue repris à Moscou peut produire des résultats concrets, notamment sur le terrain humanitaire.

En retournant à Moscou, le Vatican ne promet pas de mettre fin à la guerre. Il fait un choix plus modeste : continuer à parler lorsque beaucoup d’autres interlocuteurs ont du mal à le faire.

La rencontre entre Mgr Gallagher et Sergueï Lavrov n’a pas ouvert de négociation de paix. Elle a néanmoins confirmé que Rome veut rester dans le jeu diplomatique ukrainien et conserver un contact direct avec les autorités russes.

Dans une guerre qui s’éternise, cette présence ne garantit aucune issue. Mais pour le Saint-Siège, couper le dernier fil du dialogue reviendrait à accepter que la paix ne puisse plus être discutée.

Celine Dou