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Royaume-Uni : la police antiterroriste reprend l’enquête sur le meurtre d’Ann Widdecombe

L’enquête sur la mort d’Ann Widdecombe a pris une nouvelle dimension. Alors que les premiers éléments laissaient penser à un homicide isolé, les autorités britanniques ont confié le dossier à la police antiterroriste. Ce changement intervient après la découverte de nouveaux éléments dont le contenu n’a pas été rendu public.

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Ancienne ministre conservatrice et figure de Reform UK, Ann Widdecombe a été retrouvée morte à son domicile dans le Devon. Un homme de 28 ans, déjà arrêté pour meurtre, est désormais également interrogé pour des infractions liées au terrorisme. Les enquêteurs cherchent à établir si l’attaque était motivée par des considérations idéologiques ou politiques.

La mort d’Ann Widdecombe continue de susciter une vive émotion au Royaume-Uni. Connue pour ses prises de position sur l’immigration, la souveraineté nationale et son soutien à Nigel Farage, l’ancienne députée occupait encore une place importante dans le débat public britannique malgré son retrait de la vie gouvernementale.

Les circonstances de son décès restent entourées de nombreuses interrogations. Les services de police ont confirmé qu’un suspect de 28 ans avait été interpellé dans le Yorkshire du Sud avant d’être placé en garde à vue. Initialement poursuivi dans le cadre d’une enquête pour meurtre, il fait désormais aussi l’objet d’investigations pour des infractions relevant de la législation antiterroriste.

Ce transfert du dossier vers les unités spécialisées constitue le principal développement de l’affaire. Les autorités expliquent que de nouveaux éléments recueillis au cours de l’enquête justifient désormais l’intervention de la police antiterroriste. Elles n’ont toutefois communiqué ni sur la nature de ces éléments ni sur le mobile retenu à ce stade.

Les enquêteurs examinent plusieurs hypothèses. Ils cherchent notamment à déterminer si la victime a été choisie en raison de son parcours politique ou si d’autres motivations sont à l’origine de l’attaque. Aucune qualification définitive n’a encore été retenue et les investigations se poursuivent.

Cette affaire ravive le souvenir d’autres attaques ayant visé des responsables politiques britanniques ces dernières années. En 2016, la députée travailliste Jo Cox avait été assassinée en pleine campagne sur le référendum du Brexit. Cinq ans plus tard, le député conservateur David Amess avait lui aussi perdu la vie lors d’une permanence parlementaire, dans une attaque qualifiée de terroriste.

Dans ce contexte, la sécurité des élus et des personnalités politiques revient au centre des préoccupations. Plusieurs responsables de Reform UK, dont Nigel Farage, ont appelé à faire toute la lumière sur les circonstances de la mort d’Ann Widdecombe, tout en demandant que les conclusions de l’enquête soient établies sur la base des faits.

Pour l’heure, les autorités britanniques restent prudentes. Si la police antiterroriste dirige désormais les investigations, rien ne permet encore d’affirmer que le meurtre relève d’un acte terroriste. Les prochains jours devraient permettre de préciser les motivations du suspect et les circonstances exactes de cette affaire, qui dépasse désormais le cadre d’un simple homicide.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Zimbabwe : le Parlement ouvre la voie à une prolongation du mandat d’Emmerson Mnangagwa jusqu’en 2030

Le Parlement zimbabwéen a franchi une étape décisive dans l’adoption d’une réforme constitutionnelle aux conséquences politiques majeures. Après l’Assemblée nationale, le Sénat a approuvé plusieurs amendements qui pourraient permettre au président Emmerson Mnangagwa de rester au pouvoir jusqu’en 2030. Le texte prévoit également une profonde évolution du mode de désignation du chef de l’État.

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Le Sénat a adopté mercredi le projet de réforme par 75 voix contre 4, quelques jours après son approbation par l’Assemblée nationale. Il ne reste désormais plus que la promulgation par le président pour que ces dispositions entrent en vigueur.

Parmi les mesures les plus significatives figure l’allongement de la durée des mandats présidentiels et parlementaires, qui passerait de cinq à sept ans. Réélu en 2023 pour un second mandat, Emmerson Mnangagwa pourrait ainsi demeurer à la tête du Zimbabwe jusqu’en 2030.

La réforme ne se limite toutefois pas à une extension des mandats. Elle prévoit également de confier au Parlement la désignation du président de la République, mettant fin à l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct, en vigueur depuis 1987. Ce changement modifierait profondément l’équilibre institutionnel du pays.

Le projet a été porté par la ZANU-PF, qui dispose d’une confortable majorité dans les deux chambres du Parlement. Cette domination a facilité son adoption malgré les critiques de l’opposition et de plusieurs organisations de la société civile, qui dénoncent une concentration accrue du pouvoir et un recul des garanties démocratiques.

Ces derniers mois, plusieurs recours judiciaires et des campagnes de mobilisation ont été engagés pour tenter de freiner la réforme, sans succès. Human Rights Watch a également fait état d’allégations d’intimidations et de violences visant certains opposants au projet.

Arrivé au pouvoir en novembre 2017 après la chute de Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa, aujourd’hui âgé de 83 ans, avait été élu une première fois en 2018 avant d’être reconduit en 2023. Jusqu’à présent, la Constitution limitait le président à deux mandats de cinq ans.

Le gouvernement défend cette réforme au nom de la stabilité politique et de la continuité de l’action publique. Pour ses détracteurs, elle traduit au contraire une volonté de renforcer durablement l’emprise du parti au pouvoir sur les institutions. Si les amendements sont promulgués, le Zimbabwe s’engagera dans une transformation majeure de son système politique, dont les effets dépasseront largement la seule question de la durée du mandat présidentiel.

Celine Dou, pour la Boussole-infos