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Washington accuse Téhéran d’« avancer caché » sur le nucléaire

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Iran : des plateformes de commerce proposent le paiement fractionné pour des produits alimentaires de bases

Lorsque des produits alimentaires courants peuvent être réglés en plusieurs échéances, ce n’est pas seulement une innovation commerciale. C’est le signe qu’un déséquilibre s’est installé dans le rapport entre revenus et prix. En Iran, cette pratique désormais observable sur certaines plateformes de vente en ligne éclaire l’état réel de l’économie.

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Dans un contexte d’inflation élevée et de dépréciation monétaire prolongée, des acteurs du commerce numérique en Iran ont introduit des solutions de paiement fractionné pour des biens alimentaires de base. Ce dispositif, courant dans d’autres secteurs de la consommation mondiale, prend ici une signification particulière. Il révèle l’érosion du pouvoir d’achat et les ajustements progressifs d’une économie soumise à des contraintes internes et internationales durables.

Depuis plusieurs années, l’économie iranienne évolue dans un environnement contraint. Le rétablissement des sanctions états-uniennes après le retrait des États-Unis d’Amérique de l’accord nucléaire en 2018 a restreint l’accès du pays aux circuits financiers internationaux et réduit ses capacités d’exportation pétrolière. Or les hydrocarbures constituent l’un des piliers des recettes en devises de l’État.

La monnaie nationale, le rial, s’est progressivement dépréciée face au dollar. Cette évolution renchérit les importations et alimente une inflation persistante, notamment dans l’alimentation. Les produits laitiers, les céréales ou encore la viande ont connu des hausses significatives sur plusieurs exercices budgétaires. Les ménages, en particulier dans les grandes agglomérations, voient leur capacité d’achat diminuer malgré les mécanismes de subvention et d’ajustement salarial mis en place par les autorités.

C’est dans ce contexte que certaines plateformes de commerce électronique ont commencé à proposer des solutions de paiement échelonné pour des produits alimentaires. Le principe est simple : le client règle son achat en plusieurs mensualités, parfois sans intérêt à court terme. Ce type d’offre, largement répandu pour les biens durables dans d’autres régions du monde, concerne ici des articles de consommation immédiate.

Pour les commerçants, l’objectif est de soutenir la demande dans un environnement de liquidité réduite. Pour les consommateurs, il s’agit de répartir une dépense devenue plus lourde dans le temps. L’initiative ne relève pas d’une mesure publique, mais d’un ajustement commercial face à une contraction progressive du pouvoir d’achat.

Le développement du paiement fractionné pour des biens alimentaires met en évidence trois dynamiques structurantes.

D’abord, un écart croissant entre revenus nominaux et prix réels. Lorsque l’inflation s’installe à un niveau élevé sur plusieurs années, l’adaptation des salaires peine à suivre. Le crédit à court terme devient alors un instrument de gestion quotidienne plutôt qu’un levier d’investissement ou d’anticipation de consommation.

Ensuite, une transformation des pratiques commerciales. Les entreprises, confrontées à un ralentissement de la demande, diversifient leurs modalités de paiement pour préserver leurs volumes de vente. Cette évolution traduit une économie en phase d’ajustement permanent, où la souplesse contractuelle compense partiellement la fragilité monétaire.

Enfin, la situation renvoie aux contraintes géopolitiques persistantes. Les sanctions limitent les marges budgétaires de l’État et compliquent la stabilisation du taux de change. L’Iran conserve des ressources énergétiques importantes et un tissu industriel non négligeable, mais l’accès restreint aux financements internationaux réduit sa capacité à absorber les chocs externes.

Il convient toutefois d’éviter toute lecture simplificatrice. Le paiement fractionné ne signifie pas effondrement généralisé. Il témoigne d’une adaptation à un environnement inflationniste prolongé. Des dispositifs comparables existent dans de nombreuses économies, y compris développées. La spécificité iranienne tient à l’extension de ces mécanismes à des biens de première nécessité et à la durée des contraintes macroéconomiques.

La question centrale demeure celle de la stabilisation à moyen terme. Une amélioration durable supposerait un environnement international moins restrictif ou une diversification plus poussée de l’économie nationale. La réduction de la dépendance aux hydrocarbures et le renforcement de la production locale pourraient atténuer la vulnérabilité aux fluctuations monétaires.

Par ailleurs, l’évolution des négociations diplomatiques autour du dossier nucléaire continuera d’influencer les perspectives économiques. Toute modification du régime de sanctions aurait un impact direct sur les flux de devises et la confiance des acteurs économiques.

L’extension du paiement fractionné aux produits alimentaires en Iran ne relève pas d’une simple innovation commerciale. Elle constitue un indicateur précis de la pression exercée par l’inflation et la dépréciation monétaire sur les ménages.

Au-delà du symbole, ce mécanisme révèle une économie qui s’adapte à des contraintes durables plutôt qu’une économie en rupture immédiate. Comprendre ce type d’évolution concrète permet d’appréhender, avec mesure, les équilibres fragiles d’un pays situé au croisement des tensions économiques et géopolitiques contemporaines.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Afghanistan : un nouveau code pénal encadre les violences domestiques et redéfinit l’ordre juridique

Un texte de loi ne se contente jamais d’organiser des sanctions. Il dit ce qu’un pouvoir considère comme tolérable, condamnable ou secondaire. En Afghanistan, l’adoption d’un nouveau code pénal par les autorités talibanes marque une étape décisive dans la restructuration du système juridique du pays.

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Promulgué sans processus parlementaire ni consultation publique, le nouveau code pénal afghan précise le traitement des violences domestiques et redéfinit plusieurs infractions liées au comportement familial et social. Ses dispositions, qui prévoient des seuils restrictifs pour caractériser certaines violences et fixent des peines limitées, suscitent des réactions internationales. Au-delà de la controverse, le texte révèle une recomposition institutionnelle plus large du droit afghan depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021.

Depuis la prise de Kaboul par les talibans en août 2021, l’Afghanistan a engagé une transformation progressive de son architecture juridique. Les textes adoptés sous la République islamique soutenue par la communauté internationale ont été progressivement remplacés ou amendés afin d’aligner la législation sur l’interprétation du droit islamique défendue par les nouvelles autorités.

Le nouveau code pénal, entré en application au début de l’année 2026, constitue la première codification d’ensemble depuis ce changement de régime. Il rassemble et formalise des règles auparavant appliquées de manière disparate par les juridictions religieuses.

Concernant les violences domestiques, le texte précise les conditions dans lesquelles une agression peut être poursuivie. Selon les dispositions rendues publiques, la qualification pénale dépend notamment de la preuve de blessures constatables et documentées. Les peines prévues demeurent limitées dans leur durée. Par ailleurs, d’autres articles encadrent strictement la mobilité et l’autonomie des femmes dans l’espace familial, prévoyant des sanctions en cas de non-respect de certaines obligations définies par le code.

Le texte n’a pas été soumis à un débat public national. Les tribunaux l’appliquent désormais dans un contexte institutionnel profondément remanié, où les magistrats religieux disposent d’une large marge d’interprétation.

L’enjeu dépasse la seule question des violences conjugales. Il concerne la nature même du système juridique afghan.

Premièrement, le nouveau code pénal traduit une centralisation normative. Là où, depuis 2001, coexistait un droit d’inspiration civile et des références religieuses, le pouvoir taliban opère une clarification idéologique : la norme religieuse devient la source principale de légitimité juridique. Le droit n’est plus conçu comme un compromis entre traditions, standards internationaux et institutions modernes, mais comme l’expression d’un ordre moral défini par l’autorité en place.

Deuxièmement, le traitement des violences domestiques révèle une hiérarchie des priorités pénales. En fixant des seuils précis et des peines limitées, le code délimite le champ de l’intervention judiciaire dans la sphère familiale. Cette approche s’inscrit dans une conception où la famille constitue une unité régie prioritairement par l’autorité masculine, et où l’État intervient de manière restreinte.

Troisièmement, cette évolution juridique a une portée diplomatique. L’Afghanistan demeure largement isolé sur la scène internationale. Les Nations unies et plusieurs organisations non gouvernementales ont exprimé leurs préoccupations quant à la protection des droits fondamentaux. Or la reconnaissance internationale du régime taliban reste conditionnée, pour de nombreux États, à des garanties minimales en matière de droits des femmes et d’accès à la justice.

Enfin, il convient de replacer cette réforme dans une perspective comparative. Plusieurs pays à majorité musulmane appliquent des systèmes juridiques combinant droit civil et droit religieux. La spécificité afghane tient à l’absence actuelle de contre-pouvoirs institutionnels et à la concentration de l’autorité normative entre les mains du pouvoir exécutif et religieux.

La trajectoire juridique de l’Afghanistan soulève une question centrale : un État peut-il durablement s’inscrire dans les circuits diplomatiques et économiques internationaux tout en assumant une rupture aussi nette avec les standards contemporains de protection des droits fondamentaux ?

La réponse dépendra autant de l’évolution interne du régime que des choix des puissances régionales et des bailleurs internationaux. Entre isolement prolongé et recherche pragmatique de reconnaissance, Kaboul devra arbitrer.

Le nouveau code pénal afghan ne se limite pas à un ajustement technique du droit. Il formalise une vision politique et sociale de l’ordre public, dans laquelle la régulation des relations familiales occupe une place déterminante.

En encadrant strictement la qualification et la sanction des violences domestiques, le texte offre une lecture précise des priorités du pouvoir taliban. Comprendre cette réforme, c’est mesurer la profondeur de la transformation institutionnelle engagée depuis 2021 et ses implications pour l’avenir juridique et diplomatique du pays.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Éducation à la sexualité : un quart des enseignants du privé signalent des dysfonctionnements dans l’application du programme national

L’éducation à la vie affective et sexuelle ne se réduit pas à la transmission de connaissances. Elle révèle la capacité d’un système éducatif à appliquer des normes identiques pour tous les élèves, quelle que soit la diversité des établissements. Une récente enquête de la Fep‑CFDT indique que cette uniformité reste loin d’être atteinte dans les écoles privées.

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Selon la Fep‑CFDT, environ un quart des enseignants du secteur privé sous contrat constatent des difficultés dans l’application du programme national d’éducation à la sexualité. Ces problèmes concernent la formation des enseignants, la présence d’intervenants externes aux méthodes variées et l’inadéquation de certains contenus avec les objectifs officiels. Ces constatations invitent à interroger l’efficacité de la régulation et de la mise en œuvre des programmes dans les établissements privés.

En France, l’éducation à la vie affective et sexuelle est encadrée par le Code de l’éducation. Tous les élèves, qu’ils fréquentent des écoles publiques ou privées sous contrat, doivent bénéficier d’au moins trois séances annuelles. Ces séances ont pour objectifs de sensibiliser au respect du corps, d’enseigner l’égalité entre les sexes et de prévenir les violences. Le cadre légal est clair, mais sa mise en œuvre dépend de la formation des enseignants et des ressources disponibles dans chaque établissement.

L’enquête de la Fep‑CFDT a interrogé un échantillon d’enseignants du privé sous contrat et révèle que près de 25 % d’entre eux rencontrent des obstacles dans l’exécution du programme. Les enseignants signalent que leur formation est souvent insuffisante pour aborder des sujets sensibles et complexes. Par ailleurs, l’intervention d’associations ou de partenaires externes, parfois non alignés sur les objectifs nationaux, crée des disparités dans la manière dont les contenus sont présentés. Ces écarts existent malgré l’obligation légale et les directives ministérielles visant à uniformiser la formation et la mise en œuvre du programme EVARS.

L’enquête montre que les difficultés ne sont pas uniquement liées à la volonté des enseignants ou à la motivation des établissements. Elles traduisent des tensions structurelles entre l’obligation d’un programme national uniforme et la diversité des pratiques pédagogiques dans le secteur privé. Certains établissements, par leur orientation pédagogique ou confessionnelle, appliquent le programme de manière partielle ou sélective, ce qui entraîne des différences importantes d’un établissement à l’autre.

La question de la formation est centrale. Sans accompagnement adapté, les enseignants disposent de ressources limitées pour traiter les thèmes sensibles et respecter les objectifs officiels. La présence d’intervenants externes, souvent sollicités pour compenser cette lacune, peut renforcer les incohérences si leurs méthodes ne suivent pas les standards officiels.

Les écarts constatés reflètent également des différences culturelles et sociales. L’éducation à la sexualité touche à des normes et des représentations qui varient selon les territoires, les familles et les communautés. Ces facteurs accentuent les disparités dans l’application des programmes et révèlent les limites du contrôle institutionnel sur l’ensemble des établissements privés.

Les constats de l’enquête posent la question de l’efficacité globale du programme national. Assurer une éducation à la sexualité cohérente et équitable pour tous les élèves nécessite d’améliorer la formation continue des enseignants, de réguler plus étroitement les interventions extérieures et de renforcer la coordination entre les établissements et les autorités éducatives. La manière dont ces mesures seront mises en œuvre influencera directement l’égalité des élèves face à cette éducation.

L’enquête de la Fep‑CFDT révèle que près d’un quart des enseignants du secteur privé sous contrat rencontrent des difficultés dans la mise en œuvre de l’éducation à la sexualité. Cette situation met en évidence des tensions entre obligations légales, ressources disponibles et orientations pédagogiques spécifiques, et souligne la nécessité de renforcer l’harmonisation et la régulation pour garantir une éducation complète, cohérente et équitable à tous les élèves. Comprendre ces obstacles permet de mesurer la complexité de l’application des politiques éducatives dans un système diversifié et de déterminer les leviers pour améliorer l’efficacité de l’enseignement.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Un manuscrit vieux de trois siècles révèle que les Français ont fait le tour du monde avant Bougainville

Un journal de bord vieux de plus de trois siècles, récemment acquis par la ville de Saint-Malo, oblige à repenser l’histoire des premiers tours du monde français. Alors que Bougainville était longtemps présenté comme le pionnier des circumnavigations françaises, ce manuscrit montre qu’un navire marchand, le Grand Dauphin, avait accompli cette prouesse dès le début du XVIIIᵉ siècle.

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Le manuscrit, rédigé par le chirurgien du Grand Dauphin, retrace deux voyages autour du globe, en 1711 et 1714. Il décrit les itinéraires empruntés, les performances du navire, les conditions de vie des marins, les incidents de navigation et les enjeux commerciaux. Cette source permet de réévaluer la chronologie des expéditions françaises et offre un éclairage inédit sur le commerce maritime et la vie à bord des navires au temps de Louis XIV.

Le premier voyage du Grand Dauphin, lancé en 1711, mobilise 120 marins sous la direction de Guillaume Rouzier, figure importante des expéditions vers l’Amérique et la Chine. Pendant deux ans, le navire sillonne les océans et remplit ses cales de marchandises précieuses, principalement des soies. À son retour à Saint-Malo en 1713, des commerçants lyonnais s’opposent au débarquement, dénonçant une concurrence jugée « déloyale ».

Le second tour du monde débute le 10 septembre 1714, avec un équipage réduit à 83 hommes, commandé par le capitaine Louis-Hervé Dufresne, frère cadet du capitaine du premier voyage décédé. Le navire, armé de 24 canons malgré l’absence de conflit européen, navigue pendant trois ans vers les contrées les plus lointaines. Le journal de bord indique les vitesses atteintes, les escales stratégiques et les routes suivies, notamment via l’Amérique du Sud et le Cap Horn. Il rapporte aussi les maladies, les décès et les incidents, offrant un aperçu précis de la vie à bord et des défis techniques de la navigation au XVIIIᵉ siècle.

Le manuscrit, composé de 161 pages, est conservé en excellent état et a été acquis par la ville de Saint-Malo pour 23 750 euros grâce au soutien d’institutions culturelles et patrimoniales. Il sera exposé dans le futur musée maritime, dont l’ouverture est prévue après 2029.

La découverte du journal du Grand Dauphin redéfinit la chronologie des premières circumnavigations françaises. Elle montre que les expéditions commerciales précédaient de plusieurs décennies les voyages de Bougainville, souvent mis en avant pour leur dimension scientifique et exploratoire. Ce document illustre également que les objectifs des navigations françaises au début du XVIIIᵉ siècle étaient principalement économiques.

Le manuscrit révèle la complexité de la vie maritime : gestion des équipages, incidents de navigation, maladies et risques constants. Il permet aussi d’apprécier la maîtrise technique des marins et les stratégies employées pour optimiser les routes commerciales. Au-delà de l’histoire maritime, il constitue un témoignage précieux sur l’organisation économique et sociale de l’époque, ainsi que sur la place de Saint-Malo comme port stratégique.

Enfin, la conservation et l’exposition du manuscrit soulignent l’importance des archives anciennes pour réévaluer l’histoire et pour comprendre la richesse du patrimoine maritime français.

Cette découverte invite à reconsidérer d’autres expéditions oubliées ou méconnues et à étudier comment le commerce et la navigation ont façonné la France du XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècle. Elle illustre également l’importance de la préservation patrimoniale dans les villes portuaires et le rôle des musées dans la transmission de la mémoire maritime et économique.

Le journal de bord du Grand Dauphin transforme notre perception des premiers tours du monde français. Il révèle que des voyages commerciaux avaient déjà permis aux Français de faire le tour du globe bien avant Bougainville. Plus qu’un simple objet ancien, il constitue une source historique majeure, enrichissant la connaissance de la navigation, du commerce et de la vie maritime sous Louis XIV, et rappelant l’importance de la conservation du patrimoine pour réécrire l’histoire.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

L’Australie s’engage à investir $2,7 mds dans un chantier de sous-marins nucléaires

L’Australie a annoncé dimanche qu’elle allait engager 3,9 milliards de dollars australiens (2,76 milliards de dollars américains) pour faire avancer la construction d’un chantier naval qui contribuera à la livraison de sous-marins à propulsion nucléaire dans le cadre du pacte de défense trilatéral « AUKUS » conclu avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.(Source : Reuters).

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Corée du Nord : Kim Jong Un réélu à la tête du Parti des travailleurs, Kim Yo Jong promue à un poste stratégique

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a été réélu sans surprise au poste de secrétaire général du Parti des travailleurs de Corée lors d’un congrès quinquennal organisé à Pyongyang, selon l’Agence centrale de presse coréenne (KCNA). Cette reconduction, adoptée à l’unanimité des délégués, renforce encore son autorité à la tête du régime.

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Italie : une femme allemande sans domicile fixe tuée à Florence, un ressortissant marocain suspecté

Une affaire criminelle choquante secoue la région de Florence en Italie après la découverte du corps décapité d’une femme étrangère. Les autorités italiennes ont depuis identifié un homme de nationalité marocaine comme principal suspect dans cette affaire.

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France : cinq personnes mises en examen au sein d’associations soupçonnées d’avoir financé le Hamas, organisation terroriste

Une enquête antiterroriste d’ampleur

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Afghanistan : la police de la vertu contrôle barbes et coupes de cheveux

À Kaboul et dans plusieurs provinces afghanes, la police de la vertu impose désormais des normes strictes sur l’apparence masculine. Les barbiers et les hommes doivent se conformer à des règles sur la longueur des barbes et des cheveux, sous peine de sanctions.

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Depuis le retour des Taliban au pouvoir, le Ministère pour la Propagation de la Vertu et la Prévention du Vice renforce le contrôle social, jusque dans les détails de l’apparence personnelle. Les nouvelles mesures touchent hommes et barbiers, et illustrent la manière dont le régime exerce son autorité sur la vie quotidienne des citoyens.

Les règles récemment appliquées par la police de la vertu imposent aux hommes de faire pousser leur barbe au‑delà d’une certaine longueur et d’éviter des coupes de cheveux jugées « non conformes ». Les barbiers qui pratiquent des tailles jugées inadéquates risquent détentions et sanctions, certains ayant été retenus plusieurs jours par les autorités.

Dans la province de Khost, des fonctionnaires civils ont également été interrogés ou licenciés pour ne pas respecter les normes capillaires établies par le régime. Cette politique ne se limite pas aux lieux publics : elle s’étend aux institutions et montre l’importance que les Taliban accordent à l’obéissance et à la conformité visible dans tous les aspects de la vie sociale.

Selon les rapports de l’ONU et de plusieurs médias internationaux, la surveillance capillaire s’inscrit dans un ensemble plus large de restrictions, comprenant l’obligation de respecter la prière, le port de vêtements conformes et des limitations strictes sur la liberté des femmes. Les interventions de la police de la vertu affectent directement la vie professionnelle et sociale des citoyens ordinaires, tout en s’inscrivant dans une stratégie de régulation étendue.

La fixation sur l’apparence, comme la longueur de la barbe ou la coupe des cheveux, dépasse la simple dimension esthétique. Elle constitue un outil de contrôle social et politique. En rendant visibles les signes d’obéissance aux normes du régime, le pouvoir affirme son autorité et impose une discipline collective.

Cette politique crée un climat de peur et de vigilance. Les citoyens et les barbiers doivent surveiller en permanence leur comportement pour éviter sanctions et détentions, ce qui limite leur liberté individuelle et leur autonomie professionnelle. Pour les jeunes hommes, en particulier, ce contrôle peut renforcer le sentiment d’insécurité et de vulnérabilité.

D’un point de vue international, ces mesures illustrent une tension entre souveraineté nationale et respect des droits fondamentaux. L’ingérence dans l’apparence personnelle et la régulation des comportements quotidiens soulignent le contrôle étendu exercé par le régime sur la population, avec des implications directes sur la liberté individuelle et la dignité humaine.

Au‑delà de l’Afghanistan, ce phénomène soulève des questions sur les limites de l’intervention de l’État dans la vie privée et sur la manière dont des régimes peuvent utiliser des normes culturelles ou religieuses pour renforcer leur contrôle social. L’exemple afghan montre comment des aspects apparemment mineurs, comme barbe ou coupe de cheveux, deviennent des instruments de discipline politique et de régulation de la société.

La situation invite également à réfléchir sur les conséquences à long terme pour les jeunes générations et la cohésion sociale. Dans un pays marqué par des décennies de conflit, la normalisation de la surveillance et du contrôle des comportements peut avoir des effets durables sur la culture, les relations interpersonnelles et la perception de l’autorité.

La mise en application de normes strictes sur la barbe et les cheveux en Afghanistan n’est pas un simple détail de la vie quotidienne. Elle révèle la manière dont la police de la vertu devient un instrument de contrôle social et politique, affectant la liberté individuelle, la vie professionnelle et les comportements quotidiens. Ce phénomène illustre les défis contemporains auxquels la société afghane est confrontée, entre obéissance aux normes religieuses, autorité étatique et protection des droits fondamentaux.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

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