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Comores : un ancien ministre accuse le fils du président Azali Assoumani d’influencer le gouvernement, le pouvoir demande des preuves

Une controverse politique secoue le sommet de l’État comorien. Mahmoud Salim Hafi, ancien ministre et ancien haut responsable de l’administration publique, affirme que Nour El-Fath Azali, fils du président Azali Assoumani et secrétaire général du gouvernement, jouerait un rôle qui dépasse ses attributions officielles dans la conduite des affaires publiques. Le gouvernement rejette ces accusations et réclame des éléments permettant de les démontrer.

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La déclaration de Mahmoud Salim Hafi a placé Nour El-Fath Azali au centre des discussions politiques aux Comores. Nommé secrétaire général du gouvernement en 2024, le fils du chef de l’État occupe une fonction stratégique dans l’appareil administratif. Ses détracteurs y voient le signe d’un poids croissant de la famille présidentielle dans la gestion du pays. Le pouvoir, lui, défend un responsable administratif dont les missions relèvent du fonctionnement normal de l’État.

Une accusation venue d’un ancien membre du système

Mahmoud Salim Hafi connaît les rouages de l’État comorien. Il a été ministre, directeur général de l’Office de radio et télévision des Comores (ORTC) et secrétaire général adjoint du gouvernement.

Ses déclarations ont donc immédiatement attiré l’attention. L’ancien responsable accuse Nour El-Fath Azali d’exercer une influence importante sur les membres du gouvernement et sur les décisions prises au sommet de l’exécutif.

Il affirme notamment que plusieurs ministres auraient exprimé des réserves sur le fonctionnement actuel du gouvernement. Ces affirmations n’ont cependant pas été confirmées publiquement par les membres de l’équipe gouvernementale concernés.

Le pouvoir comorien a réagi en demandant à Mahmoud Salim Hafi d’apporter des preuves. Les autorités contestent l’idée d’un dysfonctionnement lié au secrétaire général du gouvernement et défendent la légitimité de ses fonctions.

Un poste stratégique pour le fils du président

Nour El-Fath Azali n’occupe pas un poste politique électif. Sa fonction de secrétaire général du gouvernement le place toutefois au centre de l’organisation administrative de l’exécutif.

Il assure notamment la coordination entre les différents services gouvernementaux et participe au suivi des dossiers transmis au sein de l’administration.

Son arrivée à ce poste, en 2024, avait déjà suscité des réactions dans l’opposition. La présence d’un membre de la famille présidentielle à un niveau aussi élevé de l’appareil d’État avait alimenté les critiques sur une possible concentration du pouvoir autour du chef de l’État.

Ses soutiens répondent que son lien familial avec le président ne remet pas en cause ses compétences ni son rôle administratif.

La succession présidentielle, une question sensible aux Comores

La polémique actuelle ramène une question régulièrement posée depuis plusieurs mois : quel sera l’avenir politique des Comores après Azali Assoumani ?

Le président comorien a déjà dirigé le pays entre 1999 et 2006 avant de revenir au pouvoir en 2016. Depuis son retour à la présidence, il a profondément marqué le fonctionnement politique de l’archipel.

La montée en responsabilité de son fils nourrit les interrogations d’une partie de la classe politique, qui soupçonne le pouvoir de préparer une succession familiale.

Azali Assoumani a rejeté cette interprétation. Son entourage affirme que Nour El-Fath Azali exerce une mission administrative et qu’aucune transmission automatique du pouvoir n’est prévue.

Mais dans un pays marqué par plusieurs décennies d’instabilité politique, la question de la succession reste particulièrement sensible.

Une histoire politique marquée par les changements de pouvoir

Depuis leur indépendance en 1975, les Comores ont connu plusieurs crises institutionnelles et plusieurs renversements de pouvoir.

Cette histoire explique la vigilance qui accompagne chaque évolution au sommet de l’État. Les débats autour de la place occupée par Nour El-Fath Azali ne concernent donc pas uniquement une personne. Ils touchent à la manière dont le pouvoir est organisé et transmis dans l’archipel.

Pour les opposants au régime, la concentration des responsabilités autour de la présidence fragilise les institutions. Pour les partisans d’Azali Assoumani, ces accusations visent surtout à affaiblir un gouvernement qui cherche à maintenir la stabilité du pays.

L’affaire Nour El-Fath Azali pose une question centrale : jusqu’où peut aller le rôle d’un proche du chef de l’État dans le fonctionnement d’un gouvernement sans alimenter les soupçons de pouvoir familial ?

La réponse dépend moins du lien de parenté que de la transparence des responsabilités exercées. Dans un État où la présidence occupe une place dominante, la présence d’un membre de la famille présidentielle dans un poste stratégique devient rapidement un sujet politique.

Aux Comores, cette situation prend une dimension particulière. Le pays cherche encore à consolider ses institutions après une longue période d’instabilité. Toute perception d’un rapprochement entre l’appareil d’État et la famille dirigeante nourrit donc des interrogations.

Pour le pouvoir, l’enjeu est désormais de démontrer que les fonctions exercées par Nour El-Fath Azali répondent uniquement aux besoins administratifs de l’État. Pour ses critiques, cette affaire confirme leurs inquiétudes sur l’évolution du système politique comorien.

La suite de cette controverse dépendra des suites données aux accusations de Mahmoud Salim Hafi.

L’ancien responsable apportera-t-il des éléments précis pour soutenir ses affirmations ? D’autres voix issues de la majorité présidentielle prendront-elles position ? Ces questions détermineront l’ampleur politique que prendra cette affaire.

Dans les prochains mois, l’attention restera également portée sur la place de Nour El-Fath Azali dans l’appareil d’État et sur les choix politiques du président Azali Assoumani concernant l’avenir du pays.

Une accusation portée par un ancien responsable du régime a replacé la question du fonctionnement du pouvoir comorien au centre des discussions.

Le gouvernement conteste les faits avancés et demande des preuves. Ses adversaires y voient le signe d’une influence grandissante de la famille présidentielle.

Derrière cette controverse, c’est la question de l’équilibre entre stabilité politique et concentration du pouvoir qui continue de se poser aux Comores.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Des documents judiciaires évoquent des démarches de Jeffrey Epstein pour établir des contacts politiques en Afrique de l’Ouest

De nouveaux éléments issus de procédures judiciaires aux États-Unis d’Amérique suggèrent que le financier Jeffrey Epstein a cherché à nouer des relations avec des cercles politiques au-delà des espaces occidentaux.

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Loin de se limiter à une affaire pénale nationale, les archives rendues publiques mentionnent des interactions potentielles avec des acteurs politiques en Afrique de l’Ouest. Si ces références ne constituent ni des accusations ni des mises en cause judiciaires, elles soulèvent des questions sur les modes contemporains d’accès aux sphères de décision par des acteurs privés.

Les documents judiciaires liés aux activités de Jeffrey Epstein révèlent des tentatives de prise de contact avec des personnalités appartenant à des environnements politiques en Afrique de l’Ouest.

Parmi les noms cités dans certaines correspondances figurent notamment Karim Wade, acteur politique sénégalais, ainsi que Nina Keita, membre de l’entourage familial du président ivoirien Alassane Ouattara.

Les éléments évoquent des démarches visant à établir des relations, à organiser des rencontres ou à explorer des perspectives de coopération économique ou technologique. À ce stade, aucune implication dans des activités illégales n’est établie concernant les personnes mentionnées.

Ces informations suggèrent néanmoins l’existence d’initiatives destinées à accéder à des réseaux décisionnels nationaux.

Ces révélations prennent sens dans une évolution plus large du système international.

Depuis plusieurs décennies, les relations entre États ne constituent plus l’unique cadre de circulation de l’influence. Des acteurs privés dotés de ressources financières et relationnelles importantes cherchent à établir des liens directs avec les sphères publiques.

Dans ce contexte, l’accès aux élites politiques peut devenir un levier stratégique, non pas uniquement pour des projets économiques, mais aussi pour renforcer des positions d’influence.

L’intérêt de l’affaire réside ainsi moins dans l’identification des personnalités mentionnées que dans la méthode qu’elle laisse entrevoir : celle d’une insertion progressive dans des réseaux institutionnels par des voies informelles.

Cette dynamique n’est pas propre à l’Afrique de l’Ouest. Elle s’observe dans différentes régions du monde où les interactions entre acteurs privés et décideurs publics se multiplient, dans un environnement marqué par la concurrence économique et la diversification des partenariats internationaux.

Elle pose, de manière transversale, la question de la capacité des institutions à encadrer ces relations tout en maintenant leur ouverture aux coopérations extérieures.

Au-delà de sa dimension judiciaire, l’affaire Epstein met en lumière une transformation plus large des mécanismes d’influence à l’échelle internationale. Elle rappelle que les rapports de pouvoir contemporains ne se jouent plus uniquement dans le cadre formel de la diplomatie, mais également dans des espaces relationnels plus discrets.

Comprendre ces évolutions apparaît essentiel pour saisir les recompositions actuelles du pouvoir mondial.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Ouganda : un nouveau duel Museveni–Bobi Wine, et la question non résolue de la succession du pouvoir

Le 15 janvier prochain, les Ougandais sont appelés aux urnes pour une élection présidentielle dont l’affiche est désormais familière. Face au président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de quatre décennies, se dresse une nouvelle fois Robert Kyagulanyi, dit Bobi Wine. Mais derrière ce duel répété, l’enjeu central n’est peut-être plus l’issue du scrutin lui-même, largement anticipée, que l’avenir d’un système politique bâti autour d’un homme et confronté à l’inévitable question de sa succession.

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À force de se reproduire, un affrontement politique finit par perdre sa capacité de surprise. En Ouganda, la confrontation entre Yoweri Museveni et Bobi Wine semble relever moins du suspense électoral que d’un rituel institutionnel figé, révélateur d’un régime qui se perpétue sans se projeter clairement au-delà de son fondateur.

Un scrutin sans illusion démocratique

À 80 ans passés, Yoweri Museveni brigue un septième mandat consécutif depuis son arrivée au pouvoir en 1986, à l’issue d’une lutte armée présentée à l’époque comme une libération nationale. Depuis, l’ancien maquisard s’est imposé comme l’axe central de la vie politique ougandaise, façonnant institutions, armée et appareil sécuritaire autour de sa personne. Dans ce contexte, l’élection présidentielle apparaît moins comme un mécanisme de choix populaire que comme un exercice de reconduction contrôlée.

Face à lui, Bobi Wine incarne depuis plusieurs années une opposition populaire, urbaine et générationnelle. Ancienne star de la musique devenue figure politique, il capte les frustrations d’une jeunesse majoritaire, confrontée au chômage, à la précarité et à l’autoritarisme d’un régime vieillissant. Mais cette popularité sociale se heurte systématiquement à un environnement électoral verrouillé : restrictions de rassemblements, arrestations de militants, intimidation des médias et instrumentalisation des forces de sécurité.

Un duel déséquilibré, un système intact

Le déséquilibre structurel entre le pouvoir et l’opposition ne laisse guère de doute quant à l’issue du scrutin. L’appareil d’État demeure solidement arrimé au président sortant, tandis que les institutions électorales peinent à apparaître comme des arbitres indépendants. Dans ce cadre, la candidature répétée de Bobi Wine, aussi symbolique soit-elle, agit davantage comme un révélateur des limites du système que comme une menace réelle pour sa continuité.

Cette répétition pose une question centrale : l’opposition ougandaise peut-elle encore espérer une alternance par les urnes dans un régime qui a progressivement neutralisé les mécanismes de compétition politique ? Ou assiste-t-on à une forme de stagnation démocratique, où la contestation existe sans jamais pouvoir se transformer en changement institutionnel ?

La succession, angle mort du pouvoir

Paradoxalement, la principale zone d’incertitude ne concerne pas l’élection elle-même, mais l’après-Museveni. Après près de quarante ans de pouvoir personnel, aucune transition claire n’a été institutionnellement préparée. Le régime repose sur des équilibres fragiles entre élites militaires, réseaux économiques et alliances régionales, tous liés à la figure du président.

Cette absence de perspective successorale nourrit les tensions internes et inquiète aussi bien les partenaires régionaux que les observateurs internationaux. L’histoire récente du continent africain montre que les régimes hyper-personnalisés, lorsqu’ils évitent trop longtemps la question de la relève, exposent leur pays à des crises brutales au moment de la vacance du pouvoir.

Une jeunesse face à un mur politique

Dans ce contexte, la mobilisation autour de Bobi Wine traduit moins une adhésion idéologique qu’un désir de rupture. Pour une grande partie de la population ougandaise, notamment les jeunes, l’élection devient un espace d’expression plus qu’un véritable instrument de transformation. Cette frustration accumulée constitue l’un des principaux risques à moyen terme : celui d’un décrochage entre la société et ses institutions, voire d’une radicalisation des formes de contestation.

Le duel Museveni–Bobi Wine ne raconte plus seulement l’affrontement entre un pouvoir ancien et une opposition populaire. Il révèle l’essoufflement d’un modèle politique incapable de se renouveler et la fragilité d’un État dont l’avenir demeure suspendu à un homme. En Ouganda, l’élection présidentielle de janvier prochain ne tranchera sans doute pas la question du pouvoir, mais elle continue d’exposer, scrutin après scrutin, l’urgence d’une transition que le régime repousse sans jamais la résoudre.

Celine Dou, pour la boussole-infos