La culture hassanie, issue du Sahara occidental et forgée par des siècles de nomadisme, de poésie orale et de traditions tribales sahariennes, vit aujourd’hui une double trajectoire géopolitique. D’un côté, elle est inscrite dans la Constitution marocaine de 2011 comme composante essentielle de l’identité nationale. De l’autre, elle demeure confinée, marginalisée, voire niée dans les camps de Tindouf, en territoire algérien. Derrière cette divergence se joue un affrontement plus large : celui du récit, du droit culturel et de la souveraineté.
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Le risque de génocide au Soudan est « très élevé » prévient l’ONU
Le risque de génocide pendant la guerre au Soudan reste « très élevé », a averti lundi une haute responsable de l’ONU, inquiète face aux attaques fondées sur l’appartenance ethnique menées par les Forces de soutien rapide (FSR).(Source :AFP).
La guerre civile soudanaise, qui a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 13 millions de personnes, plongé une partie du pays dans la famine et favorisé une épidémie de choléra, est considérée par l’ONU comme la pire crise humanitaire actuelle.
Le pays est déchiré depuis avril 2023 par ce conflit sanglant qui oppose l’armée régulière soudanaise (SAF) aux FSR paramilitaires.
« Les deux parties ont commis de graves violations des droits humains », a déclaré Virginia Gamba, conseillère spéciale par intérim du chef de l’ONU, Antonio Guterres, pour la prévention du génocide.
« Les attaques continues et ciblées contre certains groupes ethniques, en particulier dans les régions du Darfour et du Kordofan, sont particulièrement préoccupantes », a-t-elle déclaré au Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève.
La secrétaire générale adjointe de l’ONU a souligné que « les FSR et les milices arabes armées alliées continuent de mener des attaques fondées sur l’appartenance ethnique contre les groupes Zaghawa, Masalit et Fours », avant d’ajouter que « le risque de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité au Soudan reste très élevé ».
Le mois dernier, la Cour internationale de justice (CIJ), plus haute juridiction de l’ONU, a rejeté la plainte du Soudan accusant les Emirats arabes unis de complicité de génocide à l’encontre de la communauté Masalit, en raison de leur soutien présumé aux FSR. Des accusations démenties par les Émirats.
La CIJ s’est déclarée « manifestement incompétente » pour statuer sur cette affaire.
Guerre en Ukraine : pourquoi Volodymyr Zelensky fera escale en Alsace ce mercredi, après sa rencontre avec Donald Trump au sommet de l’OTAN
Ce mercredi 25 juin, le président ukrainien Volodymyr Zelensky entame une journée cruciale sur la scène internationale. Attendu au sommet de l’OTAN à La Haye pour une rencontre bilatérale avec le président américain Donald Trump, il se rendra ensuite à Strasbourg, en Alsace, pour activer la création d’un tribunal spécial chargé de juger l’agression russe contre l’Ukraine. Ce double déplacement illustre l’intensification de l’offensive diplomatique de Kyiv, à la recherche d’un soutien renforcé et de justice.
Rencontre Trump-Zelensky : un échange attendu à La Haye
Une source proche de la présidence ukrainienne a confirmé à l’AFP la tenue d’une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump en marge du sommet de l’OTAN. Elle aura lieu aux alentours de 14h30 (heure belge) ce mercredi. Les deux chefs d’État devraient faire de courtes déclarations avant leur entretien, qui portera essentiellement sur la poursuite du soutien militaire américain, les perspectives de paix et la stratégie de défense commune face à la Russie.
Donald Trump avait déclaré dans l’avion le menant aux Pays-Bas qu’il rencontrerait « probablement » Zelensky. Cette confirmation donne un poids symbolique fort à l’événement, dans un contexte où le soutien américain à l’Ukraine est à nouveau scruté, notamment depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche en janvier dernier.
Strasbourg : un tournant judiciaire contre l’impunité russe
Après cette étape diplomatique majeure, Volodymyr Zelensky est attendu à Strasbourg, au Conseil de l’Europe, pour activer officiellement la création d’un tribunal international spécial chargé de juger le “crime d’agression” commis par la Russie depuis février 2022. Une compétence que la Cour pénale internationale (CPI) ne peut pas exercer dans ce cas précis.
D’après Le Dauphiné Libéré, le président ukrainien est attendu à 15h pour signer la création de ce tribunal, qui visera spécifiquement les dirigeants politiques et militaires russes ayant pris part à l’agression. Ce tribunal, bien qu’abrité institutionnellement à Strasbourg sous l’égide du Conseil de l’Europe, aura ses bureaux opérationnels à La Haye, ville qui accueille déjà de nombreuses instances internationales, dont la CPI.
Une justice ciblée mais limitée par le droit international
Ce tribunal ne pourra toutefois pas poursuivre immédiatement le président russe Vladimir Poutine, son Premier ministre ou son ministre des Affaires étrangères, en raison des protections liées à leur statut en fonction. Mais il établira une base juridique claire pour de futures poursuites, une fois ces protections levées.
Alain Berset, secrétaire général du Conseil de l’Europe, a affirmé dans un communiqué :
« L’agression ne doit pas rester impunie. Ce tribunal spécial vise à garantir la responsabilité, et à faire en sorte que celles et ceux qui portent la plus grande part de responsabilité répondent de leurs actes. »
Plus de 34 000 demandes d’indemnisation enregistrées
En parallèle à ce projet de tribunal, le Conseil de l’Europe a aussi mis en place un registre des dommages causés par la guerre. Cet outil vise à recueillir les plaintes et demandes d’indemnisation de victimes ukrainiennes.
À ce jour, plus de 34 000 demandes ont été enregistrées, preuve tangible de l’ampleur des souffrances infligées par le conflit.
Zelensky s’adressera à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe
Toujours à Strasbourg, Volodymyr Zelensky prononcera un discours devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, composée d’élus des 46 États membres de l’organisation. Il répondra également aux questions des parlementaires, consolidant encore le soutien politique européen à l’Ukraine.
Il est utile de rappeler que l’Ukraine est membre du Conseil de l’Europe, tandis que la Russie en a été exclue en mars 2022, peu après le début de la guerre, pour violation grave des droits de l’homme et des principes fondamentaux de l’organisation.
Un double message de Kyiv : diplomatie et justice
La journée du 25 juin s’inscrit dans une stratégie claire de Volodymyr Zelensky : conjuguer pression diplomatique et action juridique. À La Haye, il vise à renforcer la coordination militaire avec les alliés de l’OTAN, en particulier les États-Unis. À Strasbourg, il acte une nouvelle phase dans la lutte contre l’impunité russe.
Alors que la guerre se prolonge, l’Ukraine entend prouver que le droit international reste un outil puissant contre l’agression, et que la justice peut encore l’emporter, même au cœur des conflits les plus brutaux.
Israël – Iran : Trump annonce un dialogue imminent et affirme avoir freiné le programme nucléaire iranien ; trois espions israéliens pendus à Téhéran, où un complot viserait à écarter l’ayatollah Khamenei (Point du 25 juin)
Alors que le cessez-le-feu entre l’Iran et Israël entame son deuxième jour, les tensions restent palpables au Moyen-Orient. Frappes aériennes, pendaisons, révélations diplomatiques et luttes de pouvoir internes secouent la région. Le président américain Donald Trump affirme que le programme nucléaire iranien a été durablement affaibli et annonce des discussions imminentes avec Téhéran. Pendant ce temps, l’Iran exécute trois espions présumés au service d’Israël et prépare des funérailles nationales pour ses élites militaires et scientifiques. En coulisse, un plan secret se tramerait à Téhéran pour écarter le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Le programme nucléaire iranien « retardé de plusieurs décennies », selon Trump
Lors d’une conférence de presse à La Haye, où se tient le sommet de l’OTAN, Donald Trump a revendiqué un succès stratégique majeur :
« Les frappes américaines ont totalement détruit les trois principaux sites nucléaires iraniens. Le programme a été retardé de plusieurs décennies. L’Iran ne fabriquera pas de bombe avant longtemps. »
Israël, bien que plus prudent, se félicite également :
« C’est une victoire historique », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, affirmant que les frappes avaient « anéanti » le projet nucléaire iranien. Il a répété : « L’Iran n’aura jamais l’arme atomique. »
Le porte-parole de l’armée israélienne, le général Effie Defrin, a néanmoins rappelé que « l’heure est encore à l’évaluation » :
« Nous avons porté un coup dur, mais il est encore tôt pour mesurer l’ampleur réelle des dégâts. »
Téhéran reconnaît les dégâts mais maintient son cap
De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a reconnu que ses installations nucléaires avaient été « considérablement endommagées », tout en réaffirmant son droit légitime à poursuivre un programme nucléaire à usage civil.
Dans un double discours, Téhéran a également crié « victoire » sur la scène intérieure et a exprimé son ouverture à de futures négociations.
« L’Iran est prêt à dialoguer avec Washington », a déclaré un porte-parole du ministère.
Trump annonce une rencontre avec l’Iran
Sur le plan diplomatique, le président américain a annoncé une potentielle avancée :
« Nous allons discuter avec eux la semaine prochaine. Peut-être signerons-nous un accord, je ne sais pas. »
L’annonce intervient dans un contexte où Washington souhaite rétablir une forme de stabilité régionale après douze jours de guerre intense.
Pendaison de trois espions israéliens présumés
En parallèle, Téhéran a envoyé un signal fort : trois hommes accusés d’espionnage pour le compte d’Israël ont été pendus mercredi à Ourmia, près de la frontière turque. Le pouvoir judiciaire les identifie comme Idris Ali, Azad Shojai et Rasoul Ahmad.
« Ils avaient tenté d’introduire de l’équipement pour commettre des assassinats sur le sol iranien », indique un communiqué officiel.
Ces pendaisons s’inscrivent dans une série d’exécutions expéditives. Depuis le début du cessez-le-feu, l’Iran a accéléré les procès liés à la sécurité nationale. Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, avait promis dimanche :
« Les affaires de trahison, d’espionnage ou de soutien au régime sioniste seront jugées rapidement. »
Un plan secret pour remplacer l’ayatollah Khamenei ?
Selon des sources diplomatiques et militaires, la mort du général Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, aurait fragilisé le cercle rapproché du guide suprême Ali Khamenei. Plusieurs analystes évoquent un plan clandestin au sein même du pouvoir iranien visant à pousser l’ayatollah vers la sortie, dans un contexte de divisions internes aggravées par les pertes militaires et scientifiques.
Deuil national en Iran : funérailles pour les élites tuées
L’agence iranienne IRNA a annoncé pour samedi une journée de deuil national. Une cérémonie sera organisée à Téhéran en l’honneur des hauts responsables militaires et scientifiques tués dans les frappes israéliennes. Parmi eux, le général Hossein Salami, figure-clé du régime.
Le ministère de la Santé iranien fait état de 610 morts civils et plus de 4 700 blessés. En Israël, les tirs de représailles iraniens ont causé 28 décès, selon les autorités.
Plus d’un millier de Français rapatriés d’Iran et d’Israël
La France continue de rapatrier ses ressortissants depuis les deux pays en guerre. Le ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, a déclaré sur TF1 :
« Nous avons dépassé le cap des 1 000 rapatriements. »
Des vols militaires et civils continuent d’affluer depuis Amman, Tel-Aviv et Chypre. Cependant, la situation des Français emprisonnés, dont Cécile Kohler et Jacques Paris détenus à Evin, reste inchangée. Paris en réclame toujours la libération.
Un calme précaire et un avenir incertain
Malgré le cessez-le-feu en cours, les actes de vengeance, les pendaisons, les discours contradictoires et les tensions internes en Iran laissent penser que la crise est loin d’être terminée. L’annonce d’un dialogue à venir entre les États-Unis et l’Iran ouvre une porte, mais sur fond de défiance, de deuil et de bouleversements politiques.
Cameroun: démission de Issa Tchiroma Bakary, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, allié politique de Paul Biya
Issa Tchiroma Bakary, ministre camerounais de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a démissionné du gouvernement aujourd’hui. Président du FSNC, son parti politique, et plusieurs fois ministre pendant près de 20 ans, il rompt par cette démission une longue alliance avec le président Paul Biya, à quatre mois de la prochaine élection présidentielle. Il y a deux semaines, dans la ville de Garoua, son fief électoral au nord du pays, il avait déjà été très critique à l’égard du pouvoir.
Lire la suite Cameroun: démission de Issa Tchiroma Bakary, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, allié politique de Paul BiyaLe Japon fournira des équipements de défense à la Thaïlande et à sept autres pays
Le Japon prévoit de fournir des équipements de défense à la Thaïlande, aux Tonga et à six autres pays au cours de l’exercice en cours à titre d’aide à la sécurité, a déclaré vendredi une source gouvernementale, dans le but de garantir des voies maritimes sûres dans la région indo-pacifique où la Chine fait évoluer sa posture militaire.
Lire la suite Le Japon fournira des équipements de défense à la Thaïlande et à sept autres paysFrance | Recours climatique : quand les citoyens rappellent l’État à ses responsabilités
Pluies torrentielles, forêts en flammes, sécheresses à répétition : sur tout le territoire français, les catastrophes liées au dérèglement climatique s’enchaînent. Face à ce qu’ils considèrent comme une défaillance grave de l’État, des citoyens sinistrés et plusieurs organisations ont saisi le Conseil d’État ce 25 juin. Leur objectif : contraindre le gouvernement à agir vite, fort, et de façon concrète.
Le recours déposé par une coalition d’associations environnementales et de victimes de catastrophes naturelles n’est pas seulement symbolique. Il vise à faire reconnaître une carence réelle de l’État français en matière d’adaptation au changement climatique.
Car si l’on parle beaucoup de neutralité carbone, les politiques concrètes de protection des populations, elles, avancent à pas lents. Zones inondables toujours urbanisées, habitants laissés sans relogement après des coulées de boue, services d’urgence débordés par les canicules : pour les requérants, le pays n’est pas préparé ou ne veut pas l’être.
Au cœur de la plainte : le non-respect des engagements inscrits dans la stratégie nationale d’adaptation, censée structurer la réponse de l’État face aux risques climatiques majeurs. Sécheresses, incendies, submersions marines, pénuries d’eau potable : tous ces phénomènes, autrefois qualifiés d’« exceptionnels », sont désormais récurrents.
Mais sur le terrain, les habitants ne voient ni plans de prévention réellement appliqués, ni accompagnement durable. Pour beaucoup, les mêmes erreurs se répètent d’année en année, aggravées par l’urbanisation incontrôlée, la sous-dotation des collectivités locales et l’absence de coordination nationale.
Ce recours n’est pas parisien, ni abstrait. Il vient de citoyens frappés dans leur chair : habitants du Pas-de-Calais noyés par les crues, riverains de la Loire en alerte permanente, agriculteurs en ruine dans le sud-ouest. Derrière les termes juridiques, il y a des visages, des histoires, des foyers détruits.
Et un constat partagé : la vulnérabilité au climat dépend aussi du niveau de vie, du lieu de résidence, du statut social. Ce que réclament les plaignants, c’est donc une adaptation juste, pensée à l’échelle des territoires et des personnes.
Ce n’est pas la première fois que l’État est poursuivi sur la question climatique. L’Affaire du Siècle, en 2021, avait déjà mis en lumière le manque de cohérence entre discours et actes. Mais cette fois, il ne s’agit pas seulement d’émissions de CO₂, mais de la capacité de l’État à protéger ses citoyens des effets visibles et actuels du dérèglement.
Le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative du pays, est donc appelé à jouer un rôle inédit : non pas sanctionner un choix politique, mais rappeler que l’adaptation au climat relève du devoir de protection inscrit dans le droit français.
Trop longtemps, l’adaptation a été traitée comme un enjeu secondaire, presque défensif. Pourtant, pour les millions de Français vivant en zones à risques littoral, plaines inondables, territoires ruraux fragilisés, elle est devenue une question de survie.
Ce que souligne ce recours, c’est l’absence d’une vision d’ensemble : manque de relocalisation des logements, retard sur les infrastructures résilientes, sous-financement des agences de bassin, recul de l’ingénierie territoriale. Autant de signaux d’alerte qu’aucun gouvernement n’a réellement pris au sérieux.
En portant l’affaire devant le Conseil d’État, ces citoyens rappellent que l’action climatique ne peut plus être laissée aux bons sentiments ni aux promesses électorales. Elle est désormais une exigence démocratique, une question de justice, une obligation régalienne.
Si le juge leur donne raison, ce recours pourrait faire date, et ouvrir une nouvelle ère dans la gouvernance environnementale française : celle où l’inaction climatique ne sera plus seulement un scandale moral, mais une faute de droit.
France : un «sommet» des droites ultra conservatrices se déroule à Paris
Pierre-Edouard Stérin et Vincent Bolloré, deux milliardaires proches de la droite conservatrice, voire ultraconservatrice, ont organisé mardi soir à Paris un rassemblement de divers intellectuels ou leaders de parti politiques d’extrême droite.
Mardi 24 juin, les leaders et intellectuels d’extrême droite se sont retrouvés à Paris . Une rencontre qui intervient à deux ans de la présidentielle et qui d’après plusieurs analystes a permis de poser les bases d’une union des droites, toujours très hypothétique.
À entendre les quelque 1 200 personnes venues écouter des discours contre l’immigration, la bureaucratie ou la fiscalité, une union des droites pour 2027 est plébiscité. En témoignent les huées entendues lorsque Laetitia Bonart, journaliste et essayiste conservatrice, a dit « ne pas croire en une union des droites ».
Par exemple, Reconquête, le parti d’Eric Zemmour, faible électoralement, la désire. L’eurodéputée Sarah Knafo tente d’en jeter les bases : « On a toujours défendu une alliance qui doit se faire sur les terrains de l’identité et des libertés économiques, notamment. Ce soir, c’est la bonne manière de montrer qu’il y a un bloc de droite pour préparer les victoires de demain. »
Même chose pour le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, encore moins lourd dans la balance électorale, et jaloux de voir la gauche s’unir dans les moments clé : « Personne ne s’étonne d’avoir vu les communistes, les socialistes, Verts, LFI… pourquoi on s’étonnerait d’avoir des patriotes avec des sensibilités plus ou moins indépendantistes. Je crois qu’il faut que les Français s’habituent.
Une alliance des droites… sous la bannière du RN?
Mais plus la formation pèse dans les urnes, moins l’union des droites importe. Jordan Bardella, chef du RN, premier parti de France, appelle à se ranger derrière lui. Il juge que l’ « alternance viendra d’une majorité Rassemblement national. L’idée, c’est d’appeler tout le monde à faire un bout de chemin ensemble. » Pour Marion Maréchal, enfin, nièce de Marine Le Pen, il faudra tôt ou tard y passer, comme en Italie : « Il n’y a plus aucune digue qui empêche cette logique de l’histoire qui s’impose.
Pourtant, à ce rassemblement, aucun ténor des Républicains n’était présent. Historiquement hostile aux alliances à l’extrême droite, le parti n’a répondu à l’invitation, il faudra encore les convaincre. Même si un organisateur l’assure, certains ont vraiment dit non à contrecœur.
Iran | Golshifteh Farahani, une actrice en exil qui parle au nom d’un peuple réduit au silence
L’actrice franco-iranienne Golshifteh Farahani a récemment livré un discours bouleversant en soutien au peuple iranien. Entre poésie, mémoire et engagement, sa parole résonne comme une alerte : celle d’un peuple qui tend la main au monde libre pour ne pas sombrer dans l’oubli
Récemment invitée à s’exprimer publiquement en France, Golshifteh Farahani a choisi un mode d’expression rare mais puissant : la poésie. En lisant un extrait de « La Conscience » de Victor Hugo, elle a donné une résonance universelle à l’oppression que subissent des millions d’Iraniens. « C’est la mort de la conscience humaine », a-t-elle déclaré, la voix tremblante mais l’émotion parfaitement maîtrisée. À travers ce geste artistique et politique, elle a redonné souffle à la parole étouffée d’un peuple privé de liberté.
« Le peuple iranien vous tend la main. Il n’a plus peur. Il crie pour vivre. Il crie pour exister. » Ces mots, simples et directs, sont devenus le fil rouge de son intervention. Un cri digne, adressé à la communauté internationale.
Golshifteh Farahani n’est pas une figure de l’opposition politique au sens strict. Elle incarne quelque chose de plus intime et de plus fort : la possibilité de dire non, par l’art, à un système qui mutile les corps et les esprits. Depuis qu’elle a quitté l’Iran en 2008 après avoir joué sans voile dans un film étranger, elle est devenue une voix majeure de la diaspora iranienne.
Installée en France, elle n’a jamais cessé de porter la cause de celles et ceux qui, en Iran, vivent sous surveillance, sous censure, sous menace. Déjà, en 2023, elle avait ému lors de la cérémonie des César, en évoquant Mahsa Amini, morte sous les coups de la police des mœurs, et en appelant à la solidarité avec les femmes iraniennes.
Son discours de 2025, plus intime, plus poétique, s’inscrit dans cette continuité. Il refuse le ton accusateur, lui préférant celui de la dignité. Et c’est précisément cette retenue qui frappe.
Depuis l’automne 2022, la société iranienne vit une séquence particulièrement brutale. Le soulèvement populaire qui a suivi la mort de Mahsa Amini a donné naissance au mouvement Femmes, Vie, Liberté. Cette révolte, largement portée par les femmes et les jeunes, a été écrasée dans le sang. Arrestations massives, disparitions forcées, procès expéditifs, exécutions : les témoignages documentés par des ONG dressent un tableau d’une extrême violence.
Dans ce climat de répression, la parole des exilés iraniens est devenue une ressource précieuse. Elle permet de maintenir une mémoire vivante, d’informer au-delà des censures, et de rappeler que l’opinion publique mondiale ne peut se permettre de détourner le regard.
Farahani le dit à sa manière : « L’Histoire regarde. » Et à travers elle, c’est toute une génération d’Iraniens qui espère que leur combat ne sera pas oublié
À la croisée de la culture et de l’engagement, Golshifteh Farahani appartient à cette catégorie rare d’artistes capables de faire entendre une cause au-delà des frontières idéologiques. Ses rôles au cinéma, sa parole dans les médias, ses gestes publics, tout chez elle participe à une diplomatie du sensible. Elle ne prétend pas représenter une opposition organisée. Elle porte, au contraire, une voix singulière : celle de l’exil sans rupture, de la fidélité douloureuse à un pays qu’on a quitté mais jamais abandonné.
Ce discours s’adresse aussi, implicitement, aux sociétés occidentales. La cause iranienne peine parfois à mobiliser l’attention, alors que d’autres crises monopolisent les regards. Pourtant, les principes que défendent les manifestants iraniens liberté, égalité, dignité sont ceux-là mêmes qui fondent les démocraties libérales.
Le message de Farahani pose une question directe à l’opinion publique : Que valent nos principes s’ils n’inspirent pas notre solidarité ? Elle tend la main, au nom de son peuple, mais aussi en tant que citoyenne d’un monde qui ne peut pas se résigner à la hiérarchie des luttes.
Le discours de Golshifteh Farahani n’est ni un manifeste politique, ni une plainte personnelle. C’est un acte de résistance. Une forme d’alerte douce mais intransigeante. En convoquant Victor Hugo, elle relie le combat du peuple iranien à une mémoire universelle : celle des luttes pour la justice, partout où elle a été bafouée.
Et si l’art ne renverse pas les régimes, il empêche qu’on s’habitue à l’inacceptable.
Arménie: une tentative présumée de coup d’État déjouée selon le Premier ministre Pachinian
Le premier ministre arménien Nikol Pachinian a affirmé mercredi que les forces de l’ordre avaient déjoué une tentative de coup d’État impliquant un ecclésiastique, accusations rejetées par l’un des proches de cet opposant, tandis que se dégradent les relations entre l’Église apostolique et le pouvoir.
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