En Argentine, le président de la République, Javier Milei, a présenté, le mardi 17 juin, une réforme de la police aux accents toujours plus sécuritaires et qui inquiète les ONG locales dans un contexte de fortes contestations sociales contre les réformes économiques du gouvernement.
Lire la suite Argentine: la réforme de la police présentée par Javier Milei inquiète beaucoup les ONG localesMusique – tournée française de Beyoncé : quand le « business parallèle » des commerçants freine le succès populaire
Le premier des trois concerts français de Beyoncé, dans le cadre de son « Cowboy Carter Tour 2025 », s’est tenu hier au Stade de France. Pourtant, l’événement n’a pas affiché complet, malgré l’immense popularité de l’artiste états-unienne et une demande initiale forte. Une situation paradoxale qui illustre un phénomène désormais bien identifié autour des grandes tournées internationales : le développement d’un juteux business local dont la spéculation finit parfois par desservir l’artiste lui-même.
Lire la suite Musique – tournée française de Beyoncé : quand le « business parallèle » des commerçants freine le succès populaireBudapest : bras de fer juridique autour de la Marche des fiertés entre le pouvoir central et la municipalité
En Hongrie, la tenue de la prochaine Marche des fiertés à Budapest est devenue le théâtre d’un affrontement institutionnel entre le gouvernement du Premier ministre Viktor Orbán et le maire de la capitale, Gergely Karácsony. L’enjeu dépasse le simple cadre de la manifestation : il soulève des questions complexes de droit public, de gouvernance locale, de libertés civiles et de rapports de force au sein de l’Union européenne.
Le 18 juin, la police hongroise a interdit la tenue de la prochaine édition de la Marche des fiertés, invoquant une loi récente entrée en vigueur en mars 2025. Ce texte, soutenu par le gouvernement de Viktor Orbán et adopté par le Parlement à forte majorité, modifie la réglementation sur les rassemblements publics. Il introduit un nouveau principe : la protection prioritaire des enfants contre les « contenus ou manifestations pouvant promouvoir des orientations sexuelles non traditionnelles ».
Selon les autorités nationales, cette législation vise à limiter l’exposition des mineurs à des messages jugés contraires aux valeurs familiales traditionnelles, considérées par le gouvernement comme un pilier de l’identité hongroise.
Face à cette interdiction, le maire de Budapest, Gergely Karácsony issu de l’opposition a annoncé que la municipalité prendrait en charge l’organisation de la manifestation sous le statut d’« événement municipal », et non comme un rassemblement public au sens strict de la loi. Par cette manœuvre juridique, la mairie entend contourner la compétence de la police nationale en matière de maintien de l’ordre.
Le maire a déclaré que la décision d’interdiction n’avait « aucune valeur juridique contraignante » pour la ville, et que l’événement se tiendrait comme prévu. Cet affrontement juridique inédit souligne les tensions croissantes entre les pouvoirs locaux et l’État central hongrois sur la question des compétences respectives.
L’affaire a rapidement pris une dimension internationale. Plusieurs dizaines de députés du Parlement européen ont annoncé leur intention de se rendre à Budapest pour assister à la manifestation. Certains responsables politiques union-européens qualifient l’interdiction hongroise de « violation des droits fondamentaux », relançant les tensions récurrentes entre Bruxelles et Budapest.
De son côté, la Commission européenne envisage d’engager une nouvelle procédure judiciaire contre la Hongrie devant la Cour de justice de l’Union européenne, au motif que cette loi enfreindrait les principes de liberté de réunion et de non-discrimination reconnus par les traités européens.
Au-delà de l’interdiction elle-même, la réforme législative autorise désormais l’usage de la reconnaissance faciale lors de manifestations interdites, dans le but de dresser des listes de participants et de sanctionner les contrevenants par des amendes administratives, pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros.
Cette mesure, présentée par le gouvernement comme un outil de prévention des troubles à l’ordre public, alimente les craintes de dérives sécuritaires. Plusieurs organisations de défense des libertés civiles expriment leurs inquiétudes quant à l’usage massif de technologies de surveillance, qui pourraient s’étendre à d’autres domaines de la vie publique.
La séquence actuelle s’inscrit dans un contexte politique intérieur particulier en Hongrie. Viktor Orbán, au pouvoir depuis 2010, continue de consolider son socle électoral conservateur, en vue des élections législatives prévues en 2026. Les thématiques liées à la famille, à la souveraineté culturelle et à la protection de la jeunesse figurent parmi les axes majeurs de sa communication politique.
Pour l’opposition municipale de Budapest, cet affrontement représente également un levier de mobilisation contre l’autoritarisme supposé du pouvoir central, dans une Hongrie où les marges de manœuvre des contre-pouvoirs institutionnels sont souvent limitées.
Au-delà de la seule question de la Marche des fiertés, la situation à Budapest illustre plusieurs tensions sous-jacentes dans l’Union européenne actuelle :
- les conflits de compétences entre échelons nationaux et locaux ;
- les divergences d’interprétation sur la protection des libertés fondamentales ;
- les débats autour de la souveraineté culturelle et des normes sociales au sein de l’espace européen.
Il est peu probable que cet épisode clos le débat : tant au niveau interne qu’à l’échelle union-européenne, la question de l’équilibre entre ordre public, valeurs traditionnelles et libertés civiles continuera d’alimenter des controverses durables.
France : vers une redéfinition du viol centrée sur le non-consentement
La France s’apprête à faire évoluer l’une des notions juridiques les plus sensibles de son Code pénal : celle de viol. Mardi 18 juin, le Sénat a adopté à l’unanimité une proposition de loi redéfinissant cette infraction pénale à partir du seul critère du non-consentement. Une avancée juridique saluée par une large partie de la société civile, qui place désormais l’Hexagone dans le sillage de plusieurs pays ayant déjà réformé leur droit en ce sens. Mais ce tournant symbolique soulève aussi des interrogations sur les modalités d’application concrète.
Lire la suite France : vers une redéfinition du viol centrée sur le non-consentementNiger : les autorités annoncent la nationalisation de la Somaïr, filiale du géant français de l’uranium Orano
Après plusieurs mois de crise, la junte militaire au pouvoir au Niger a annoncé jeudi 19 juin la nationalisation de la Somaïr, filiale du géant français de l’uranium Orano qui en avait perdu le contrôle opérationnel depuis déjà plusieurs mois. Le dossier était devenu un symbole des tensions entre Paris et Niamey depuis le coup d’État contre le président Mohamed Bazoum, en juillet 2023.
Lire la suite Niger : les autorités annoncent la nationalisation de la Somaïr, filiale du géant français de l’uranium OranoL’Italie accueille un sommet pour donner un coup d’accélérateur à son plan de développement pour l’Afrique
Ce vendredi 20 juin, la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, co-président un sommet destiné à accélérer la mise en oeuvre du plan Mattei promu par Rome. Ce dernier vise à limiter l’immigration clandestine africaine dans l’Union européenne en aidant les économies de plusieurs pays du continent.
Lire la suite L’Italie accueille un sommet pour donner un coup d’accélérateur à son plan de développement pour l’AfriqueNouvelle-Calédonie: le leader kanak Christian Tein appelle à sortir « par le haut » de la crise calédonienne
Le leader indépendantiste kanak Christian Tein, tout juste libéré après une détention provisoire, a appelé mercredi soir à sortir » par le haut » de la crise calédonienne, réaffirmant avoir toujours eu » une démarche pacifique » et reconnaissant avoir été dépassé par les émeutes du printemps 2024.
Lire la suite Nouvelle-Calédonie: le leader kanak Christian Tein appelle à sortir « par le haut » de la crise calédonienneÉtats-Unis d’Amérique : la Cour suprême valide l’interdiction des traitements de transition de genre pour mineurs
La plus haute juridiction états-unienne renforce la législation du Tennessee en validant l’interdiction des traitements de transition pour les moins de 18 ans. Une décision juridique majeure aux implications nationales, dans un débat de société mondialement sensible.
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En Thaïlande, le gouvernement est au bord de l’effondrement : en pleine crise pour le tracé de la frontière avec son pays voisin le Cambodge, la fuite d’un appel téléphonique de la Première ministre à l’ex-dirigeant cambodgien (et toujours très puissant) Hun Sen la met en difficulté. Après le retrait d’un pilier de sa coalition, son gouvernement est à deux doigts de perdre la majorité même après les excuses qu’elle a présenté ce jeudi.
Lire la suite Thaïlande : le gouvernement au bord de l’effondrement après la fuite d’un appel téléphonique, la Première ministre présente ses excusesAfrique du Sud : 26 milliards de dollars engagés pour une transition énergétique sous haute surveillance
L’Afrique du Sud concentre aujourd’hui les regards de la communauté internationale en matière de transition énergétique. Avec plus de 26 milliards de dollars de financements mobilisés depuis 2021, le pays se trouve au cœur d’une expérience inédite visant à accompagner un basculement progressif vers des énergies plus propres, tout en préservant sa stabilité économique et sociale. Cette transition s’annonce toutefois longue, complexe et semée de nombreux défis.
L’Afrique du Sud figure parmi les plus gros producteurs mondiaux de charbon. Encore aujourd’hui, près de 80 % de son électricité est produite à partir de cette ressource. Cette dépendance énergétique, héritée d’une politique industrielle construite sur l’abondance de ressources fossiles, place le pays dans une situation délicate à l’heure des engagements internationaux contre le changement climatique.
En parallèle, le vieillissement des infrastructures, les difficultés de gestion du géant public Eskom et les fréquentes coupures d’électricité (« load-shedding ») ont exposé les limites du modèle énergétique sud-africain. Face à ces difficultés, la nécessité d’une transition devient à la fois un impératif environnemental et un enjeu de survie économique.
En novembre 2021, lors de la COP26 à Glasgow, l’Afrique du Sud a signé avec cinq partenaires internationaux un accord baptisé Just Energy Transition Partnership (JETP). Ce programme inédit regroupe les États-Unis d’Amérique, l’Union européenne, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, autour d’un engagement initial de 8,5 milliards de dollars, depuis porté à 9,3 milliards par l’arrivée de nouveaux partenaires.
L’objectif affiché du JETP est double :
- Réduire les émissions sud-africaines de CO₂, parmi les plus élevées par habitant dans le monde ;
- Garantir une transition « juste », c’est-à-dire socialement acceptable, en particulier pour les centaines de milliers de travailleurs dépendants de l’industrie charbonnière.
Outre les financements bilatéraux, d’autres institutions multilatérales ont renforcé leur soutien. En juin 2025, la Banque mondiale a accordé un prêt de 1,5 milliard de dollars destiné à financer des réformes structurelles d’Eskom, la modernisation du réseau électrique et le développement des énergies renouvelables.
L’Union européenne, de son côté, via son programme Global Gateway, a annoncé en mars 2025 un nouveau financement de 4,4 milliards d’euros (environ 4,8 milliards de dollars), visant notamment le développement du solaire, de l’éolien et de l’hydrogène vert.
L’Agence française de développement (AFD) a également octroyé un prêt de 400 millions d’euros, spécifiquement orienté vers le volet social de la transition, en soutenant les formations professionnelles et la reconversion des travailleurs affectés par la fermeture des mines et centrales à charbon.
Malgré ces engagements massifs, la transformation reste lente et semée d’embûches. Les difficultés structurelles d’Eskom endetté à hauteur de 20 milliards de dollars et l’état vétuste des centrales électriques compliquent la sécurisation de la fourniture électrique. L’Afrique du Sud continue de connaître des coupures d’électricité quasi quotidiennes, aggravant le mécontentement social.
Paradoxalement, ces difficultés ont amené les autorités à prolonger temporairement l’activité de certaines centrales à charbon, au grand dam des défenseurs de l’environnement. La question de la coordination des fonds internationaux, de leur bonne gestion et de la transparence des projets financés reste aussi un sujet d’inquiétude croissant au sein de la société civile sud-africaine.
Au-delà des aspects techniques et économiques, la transition énergétique sud-africaine s’inscrit dans un contexte politique délicat. Les élections générales de mai 2024 ont vu l’ANC, parti au pouvoir depuis 1994, enregistrer une perte historique de sa majorité absolue. Le gouvernement de coalition dirigé par Cyril Ramaphosa doit composer avec une société de plus en plus polarisée, où les inégalités sociales alimentent la défiance envers les projets perçus comme imposés par des intérêts étrangers.
Le succès ou l’échec de la transition énergétique pourrait ainsi peser lourd dans les équilibres politiques à moyen terme. D’autant plus que les populations des bassins miniers, notamment dans la région du Mpumalanga, craignent des pertes massives d’emploi, malgré les promesses de reconversion et de formation.
L’Afrique du Sud est aujourd’hui un laboratoire observé bien au-delà de ses frontières. Son expérience pourrait servir de modèle (ou de contre-exemple) pour d’autres économies émergentes confrontées aux mêmes dilemmes : sortir des énergies fossiles sans provoquer de fractures sociales insurmontables.
Les institutions financières internationales, de la Banque mondiale à la Banque africaine de développement, suivent de près l’avancement des projets. La réussite de cette transition conditionne en partie la crédibilité des dispositifs globaux de soutien à la décarbonation des pays du Sud, dans un contexte où les fractures entre Nord et Sud sur le climat restent vives.
En définitive, l’Afrique du Sud ne manque ni de soutiens financiers, ni de volonté politique affichée. Mais la réussite de sa transition énergétique dépendra de sa capacité à :
- Moderniser rapidement ses infrastructures électriques ;
- Soutenir effectivement les travailleurs affectés ;
- Assurer une gestion transparente des fonds internationaux ;
- Préserver sa stabilité sociale et politique.
Le pari sud-africain est à haut risque. Il pourrait néanmoins, s’il réussit, préfigurer les futures trajectoires énergétiques de nombreuses économies émergentes confrontées au même dilemme.