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Venezuela : pouvoir et opposition entament des négociations sur la transition démocratique, sans la lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado

Sept mois après la chute de Nicolás Maduro, le Venezuela ouvre une nouvelle page de son histoire politique. Sous la supervision des États Unis d’Amérique, représentants du pouvoir et de l’opposition se sont retrouvés jeudi à Caracas pour lancer des négociations destinées à préparer une transition démocratique. Une absence domine pourtant ces premiers échanges : celle de Maria Corina Machado, figure de proue de l’opposition et lauréate du prix Nobel de la paix, toujours contrainte à l’exil.

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Les discussions se sont ouvertes le 6 août au centre des conventions de la base militaire de La Carlota, à Caracas. L’accès au site a été strictement contrôlé. Seuls les photographes ont été autorisés à immortaliser la poignée de main entre les délégations avant le début de pourparlers qui ont démarré avec plusieurs heures de retard. Aucun responsable n’a pris la parole devant la presse.

Autour de la table, le pouvoir est représenté par Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale et frère de la présidente par intérim Delcy Rodríguez, qui dirige le pays depuis la capture de Nicolás Maduro par l’armée des États Unis d’Amérique en janvier dernier. Face à lui, l’opposition a désigné Dinorah Figuera, ancienne députée installée en exil depuis plusieurs années et ancienne présidente de l’Assemblée nationale élue en 2015.

Selon l’ordre du jour arrêté par les deux délégations, les négociations porteront sur trois dossiers majeurs : la réponse au double séisme du 24 juin, qui a coûté la vie à plus de 6 000 personnes, les garanties politiques nécessaires à une normalisation institutionnelle et les conditions d’une transition démocratique débouchant sur de nouvelles élections.

L’absence de Maria Corina Machado donne toutefois une dimension particulière à ces discussions. Devenue la personnalité la plus emblématique de l’opposition vénézuélienne, elle n’a pas pris place à la table des négociations. Son exil continue d’alimenter les interrogations sur la capacité du processus à représenter l’ensemble des forces opposées au chavisme.

Depuis l’étranger, la lauréate du prix Nobel de la paix n’a pas rejeté le dialogue. Elle a réaffirmé son soutien à une résolution adoptée au Sénat des États Unis d’Amérique en faveur de la tenue d’élections libres et équitables au Venezuela. Dans un message publié sur le réseau social X, elle a estimé qu’une transition démocratique permettrait au pays de retrouver sa liberté, sa prospérité et de redevenir un partenaire stable pour la région.

Washington, qui supervise directement les discussions, voit dans ces négociations une occasion de sortir le Venezuela de plusieurs années de crise politique. Le département d’État a salué l’ouverture du dialogue, affirmant que les États Unis d’Amérique demeurent engagés en faveur d’un processus susceptible de conduire à la stabilisation du pays, à sa reprise économique et à une réconciliation politique durable.

Cette implication américaine est également perçue comme une garantie par une partie de l’opposition. Juan Pablo Guanipa, proche de Maria Corina Machado, estime que la présence de Washington réduit le risque de voir le pouvoir revenir sur ses engagements. Il espère que les discussions permettront d’obtenir la libération de tous les prisonniers politiques, la reconstitution d’institutions indépendantes et la fixation d’un calendrier électoral incluant l’élection présidentielle.

La question des détenus politiques s’est d’ailleurs imposée dès cette première journée. À Caracas, des proches de prisonniers ont appelé les négociateurs de l’opposition à ne pas faire de leur libération une variable d’ajustement dans les discussions avec le pouvoir. Ils réclament des mesures immédiates plutôt qu’un engagement conditionné à l’issue des pourparlers.

Ces négociations ne détermineront pas seulement l’avenir institutionnel du Venezuela. Elles diront aussi si le dialogue peut réellement ouvrir la voie à une transition démocratique alors que la principale figure de l’opposition en est absente. Pour le pouvoir comme pour ses adversaires, l’enjeu dépasse la signature d’un accord : il s’agit de convaincre une population éprouvée par des années de crise que cette fois, les promesses de changement pourront se traduire en actes.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Venezuela : fixé à 2027, le procès de Nicolás Maduro ouvre une bataille judiciaire aux répercussions internationales

Le tribunal fédéral du district sud de New York a fixé au 1er juin 2027 l’ouverture du procès de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Cette échéance donne le temps aux deux parties de préparer un dossier particulièrement volumineux. Mais elle annonce surtout des débats qui dépasseront les accusations de narcotrafic. Les juges devront également se prononcer sur la légalité de l’arrestation de l’ancien président vénézuélien et sur la possibilité, pour la justice des États-Unis d’Amérique, de juger un ancien chef d’État étranger dans de telles circonstances.

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Poursuivi pour narcoterrorisme, trafic international de cocaïne et infractions liées aux armes, Nicolás Maduro comparaîtra devant la justice fédérale états-unienne en juin 2027. Derrière ce calendrier judiciaire se joue une confrontation entre deux lectures du droit : celle des procureurs, qui défendent la compétence des juridictions des États-Unis d’Amérique face à des crimes transnationaux, et celle de la défense, qui invoque l’immunité souveraine et conteste les conditions de l’arrestation de l’ancien dirigeant vénézuélien.

Fixer une date de procès ne signifie pas que l’affaire est prête à être jugée. Dans ce dossier, les mois qui précèdent l’ouverture des audiences seront presque aussi importants que le procès lui-même. Les procureurs doivent communiquer des milliers de pages de documents, des interceptions de communications, des expertises et des renseignements provenant de plusieurs agences fédérales. Une partie de ces éléments est soumise à des règles particulières en raison de leur caractère sensible.

La défense dispose, de son côté, d’un calendrier lui permettant de déposer plusieurs requêtes préalables. L’une des audiences les plus attendues est prévue en novembre 2026. Les avocats de Nicolás Maduro y développeront les arguments sur lesquels repose l’essentiel de leur stratégie : ils soutiennent que leur client bénéficiait de l’immunité attachée à sa fonction de chef d’État et que son arrestation, réalisée lors d’une opération menée à Caracas en janvier 2026, ne respecte ni le droit international ni les principes qui encadrent les extraditions.

Le ministère public présente une lecture radicalement différente. Selon les procureurs, les faits reprochés relèvent d’une organisation criminelle qui aurait utilisé les plus hautes structures de l’État vénézuélien pour faciliter l’acheminement de cocaïne vers l’Amérique du Nord. Les chefs d’inculpation pour narcoterrorisme, trafic de stupéfiants et infractions liées aux armes s’appuient sur une enquête ouverte depuis plusieurs années et enrichie par des témoignages, des interceptions et des renseignements recueillis auprès de différents services fédéraux.

Cette confrontation dépasse le seul sort de Nicolás Maduro. Le tribunal devra déterminer jusqu’où peut s’étendre la compétence de la justice états-unienne lorsqu’elle poursuit un ancien dirigeant étranger accusé de crimes transnationaux. Les réponses apportées à cette question intéresseront bien au-delà du Venezuela, car elles pourraient être invoquées dans d’autres procédures impliquant des responsables politiques étrangers.

Le dossier comporte également une dimension diplomatique. Depuis l’arrestation de Nicolás Maduro, les rapports entre Washington et Caracas ont évolué. Les autorités états-uniennes ont engagé des échanges avec les nouvelles autorités vénézuéliennes et assoupli certaines sanctions, notamment dans le secteur pétrolier. Dans le même temps, la justice poursuit son instruction sans modifier les accusations retenues contre l’ancien président. Cette coexistence entre dialogue politique et procédure pénale illustre la séparation que Washington cherche à établir entre ses objectifs diplomatiques et le travail des juridictions fédérales.

L’affaire rappelle aussi que les procès de dirigeants étrangers sont rarement de simples dossiers pénaux. Celui de Manuel Noriega, ancien dirigeant du Panama, avait déjà soulevé la question de l’intervention des États-Unis d’Amérique sur le territoire d’un autre État. Les procédures engagées contre Charles Taylor devant la justice internationale ou contre Hissène Habré devant les juridictions africaines avaient, quant à elles, posé celle de la responsabilité pénale d’anciens chefs d’État. Le cas de Nicolás Maduro présente une configuration différente : il ne relève ni d’un tribunal international ni d’une juridiction créée spécialement pour juger des crimes contre l’humanité, mais d’une cour fédérale nationale appelée à examiner des infractions de droit commun ayant, selon l’accusation, des effets au-delà des frontières du Venezuela.

C’est ce qui confère à cette affaire une portée particulière. Si les juges estiment que la procédure respecte les règles du droit, la justice des États-Unis d’Amérique confortera sa capacité à poursuivre des dirigeants étrangers pour des crimes transnationaux. Si, à l’inverse, les arguments de la défense prospèrent, la décision pourrait redéfinir les limites de cette compétence et nourrir un débat appelé à dépasser largement les frontières vénézuéliennes.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Venezuela : María Corina Machado demande des élections présidentielles rapides alors que la transition politique se poursuit

À Caracas, la principale figure de l’opposition, María Corina Machado, remet sur la table la question du retour aux urnes. Elle demande l’organisation rapide d’une élection présidentielle dans un pays toujours engagé dans une phase de transition politique

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Cette prise de position intervient alors que le Venezuela fonctionne sous une autorité intérimaire depuis la chute de Nicolás Maduro et que les institutions électorales restent en cours de recomposition. Aucun calendrier officiel de scrutin n’a été annoncé.

María Corina Machado appelle à la tenue d’une élection présidentielle « dès que possible ». Elle associe cette demande à la nécessité de garanties électorales et d’un cadre institutionnel capable d’assurer la transparence du processus.

Cette position s’inscrit dans une série de déclarations publiques où l’opposante insiste sur la nécessité d’un retour rapide au suffrage présidentiel.

Depuis la chute du pouvoir de Nicolás Maduro, le Venezuela est administré par une autorité intérimaire chargée d’assurer la continuité de l’État. Les structures électorales font l’objet de réorganisations, notamment sur leur fonctionnement et leur composition.

Dans le même temps, les forces politiques d’opposition cherchent à accélérer la mise en place d’un nouveau cycle électoral. L’élection présidentielle est présentée comme l’étape centrale de la transition en cours.

Le débat porte désormais sur la séquence institutionnelle : stabilisation préalable des structures publiques pour les autorités en place, ou convocation rapide des électeurs pour l’opposition.

La question du calendrier électoral structure l’équilibre politique actuel. Elle détermine les conditions dans lesquelles les acteurs politiques peuvent s’organiser, se positionner et participer à une compétition électorale.

La position de María Corina Machado s’inscrit dans une logique de pression sur le rythme de la transition. Elle vise à rapprocher le processus politique d’une légitimation par le vote.

Les autorités de transition, de leur côté, maintiennent une approche progressive de la reconstruction institutionnelle. Aucun accord n’a été rendu public sur la tenue d’un scrutin à court terme.

La trajectoire politique du Venezuela dépend désormais des décisions qui seront prises sur l’organisation des élections et sur la définition des institutions chargées de les encadrer. Le calendrier électoral reste l’un des principaux points de divergence entre les acteurs politiques.

Le débat politique au Venezuela se concentre sur le rythme du retour aux urnes. La demande de María Corina Machado place la question électorale au centre de la transition, dans un contexte institutionnel encore en recomposition.

Celine Dou, pour la Boussole-infos