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France – Présidentielle 2027 : jugeant les Écologistes incapables de gagner seuls, Yannick Jadot rallie Raphaël Glucksmann

Yannick Jadot apporte son soutien à Raphaël Glucksmann au lendemain de l’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2027. Le sénateur écologiste estime que son camp ne dispose pas, à lui seul, des moyens politiques pour remporter l’élection. Il participera à la préparation des 100 premiers jours d’une éventuelle présidence Glucksmann, avec un projet d’« état d’urgence écologique ».

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Yannick Jadot a choisi Raphaël Glucksmann. L’ancien candidat écologiste à la présidentielle de 2022 a annoncé son soutien lundi 24 août sur France Inter, quelques heures après l’officialisation de la candidature de Glucksmann.

Pour justifier son choix, le sénateur écologiste ne s’est pas contenté d’invoquer une proximité politique. Il a reconnu les limites de sa propre famille politique dans la course présidentielle. Selon lui, « l’écologie politique pour cette élection présidentielle n’est pas en capacité de rassembler et de jouer la gagne ».

Jadot considère Raphaël Glucksmann comme le candidat le mieux placé pour réunir plusieurs électorats autour de la justice sociale, de l’écologie, de la démocratie et de l’Europe. Il estime également que le député européen dispose d’une possibilité réelle de victoire.

Une candidature Glucksmann à peine officialisée

Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature dimanche 23 août. Le député européen de Place publique participera à la primaire sociale-démocrate prévue en octobre avec le Parti socialiste et son propre mouvement.

Cette primaire doit départager plusieurs personnalités de la gauche sociale-démocrate avant le premier tour de la présidentielle. Glucksmann cherche ainsi à construire une candidature capable de dépasser les seuls rangs de Place publique.

Le soutien de Jadot lui apporte une figure connue de l’écologie politique. En 2022, l’ancien candidat écologiste avait obtenu 4,6 % des suffrages au premier tour de la présidentielle.

Jadot ne rejoint toutefois pas Glucksmann uniquement pour soutenir sa candidature. Il doit également travailler sur le programme écologique du futur candidat.

Jadot chargé des 100 premiers jours

En cas de victoire de Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot devra préparer les mesures des 100 premiers jours consacrées à l’écologie. Il a notamment évoqué la création d’un « état d’urgence écologique ».

Le dispositif doit porter sur plusieurs priorités : renforcer les moyens des pompiers, protéger les populations les plus vulnérables face aux conséquences du changement climatique et adapter les territoires.

Le choix de Jadot donne donc une place importante à l’écologie dans le projet de Glucksmann. Il ne signifie pas pour autant que les deux hommes partagent toutes les mêmes positions.

La question de l’énergie reste notamment sensible. Glucksmann est favorable au développement de nouveaux réacteurs nucléaires, tandis que Jadot défend depuis longtemps une position beaucoup plus critique à l’égard du nucléaire. Leur rapprochement repose donc sur des convergences politiques, sans effacer leurs divergences.

Les Écologistes face à un choix stratégique

La décision de Yannick Jadot intervient aussi dans une famille écologiste qui doit encore déterminer sa stratégie pour 2027.

Marine Tondelier défend l’existence d’un courant écologiste autonome. D’autres responsables écologistes souhaitent travailler avec La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Jadot, lui, choisit désormais le camp de la social-démocratie représenté par Glucksmann.

La différence entre ces orientations dépasse la seule question du candidat. Elle porte sur la conception même du rassemblement de la gauche.

Jean-Luc Mélenchon veut construire une candidature autour de La France insoumise et de son propre projet politique. Raphaël Glucksmann défend une autre ligne : une gauche sociale-démocrate, écologiste et attachée à la construction européenne. Le Parti socialiste et Place publique doivent précisément tenter de donner une forme électorale à cette seconde orientation à travers la primaire annoncée pour octobre.

Pour les Écologistes, le choix sera donc déterminant. Une candidature autonome permettrait au mouvement de défendre directement son programme, mais risquerait de disperser davantage les voix de gauche. Un rapprochement avec Glucksmann offrirait une autre possibilité : peser sur une candidature plus large et obtenir des garanties sur la place de l’écologie dans son programme.

Glucksmann veut élargir son électorat

Le soutien de Jadot apporte à Raphaël Glucksmann un appui politique qui dépasse le cadre de Place publique. Le candidat cherche à réunir des électeurs sociaux-démocrates, écologistes et pro-européens autour d’une même candidature.

Son résultat aux élections européennes de 2024 constitue l’un de ses principaux points d’appui. La liste commune de Place publique et du Parti socialiste avait obtenu 13,83 % des suffrages et terminé devant celle de La France insoumise.

Mais une présidentielle impose une autre échelle. Glucksmann doit désormais transformer cette base électorale en candidature nationale, obtenir les parrainages nécessaires et convaincre une gauche qui reste divisée sur son candidat et sur sa stratégie.

Le soutien de Jadot ne règle aucune de ces difficultés. Il apporte cependant à Glucksmann un relais supplémentaire auprès d’un électorat écologiste qui sera particulièrement disputé dans les mois à venir.

Une gauche toujours sans candidat commun

À ce stade, aucune des principales composantes de la gauche n’a réussi à imposer une candidature commune pour 2027.

La France insoumise avance avec Jean-Luc Mélenchon. Le Parti socialiste et Place publique préparent leur primaire sociale-démocrate. Les Écologistes doivent encore arrêter leur stratégie définitive.

Le choix de Yannick Jadot constitue donc un positionnement clair : plutôt que de défendre une candidature écologiste autonome, il préfère soutenir un candidat qui, selon lui, peut réunir davantage de Français et atteindre le second tour.

Cette décision pourrait alimenter les discussions au sein des Écologistes dans les prochains mois. Elle pose une question simple à la famille écologiste : faut-il chercher à gagner la présidentielle avec un candidat issu de l’écologie politique ou utiliser une candidature plus large pour imposer ses priorités au futur pouvoir ?

Yannick Jadot a choisi sa réponse. Raphaël Glucksmann devra maintenant démontrer qu’il peut transformer ce soutien en force électorale.

Celine Dou

France : Lionel Jospin, ancien Premier ministre, est mort à 88 ans

Lionel Jospin est mort. Avec lui disparaît une figure qui a exercé le pouvoir à un moment où la gauche gouvernait encore de manière stable en France.

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Premier ministre de 1997 à 2002, il a dirigé un gouvernement de coalition et porté plusieurs réformes sociales majeures. Son nom reste aussi attaché au choc politique du 21 avril 2002, qui a marqué une rupture durable.

Lionel Jospin est décédé le 22 mars 2026 à Paris. Il avait 88 ans. Sa famille a annoncé sa mort le lendemain.

Ancien premier secrétaire du Parti socialiste, il avait accédé à Matignon en 1997 après la victoire de la gauche aux élections législatives. Pendant cinq ans, il gouverne aux côtés du président Jacques Chirac, dans une configuration de cohabitation.

Son passage au pouvoir laisse plusieurs mesures qui structurent encore le débat public : la réduction du temps de travail à 35 heures, la création de la couverture maladie universelle, ou encore le pacte civil de solidarité. Ces décisions ont marqué la politique sociale française à la fin des années 1990.

Le gouvernement qu’il dirige repose sur une alliance entre socialistes, communistes, écologistes et radicaux. Cet équilibre impose des compromis permanents, mais permet aussi de maintenir une ligne politique identifiable.

À l’époque, la gauche parvient à gouverner sans éclatement majeur. Elle s’appuie sur une base électorale encore solide et sur un cadre politique relativement stable. Ce moment tranche avec les difficultés actuelles à construire des majorités cohérentes.

La rupture intervient en 2002. Lionel Jospin se présente à l’élection présidentielle. Il est éliminé dès le premier tour, derrière Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. Le résultat surprend, y compris dans son propre camp.

Le soir même, il annonce son retrait de la vie politique. Cette décision met fin à une trajectoire commencée plusieurs décennies plus tôt.

Ce qui reste de Lionel Jospin ne se résume pas à une liste de réformes. Son passage au pouvoir correspond à une période où les institutions fonctionnaient encore autour de blocs politiques structurés.

La gauche qu’il incarne repose sur une idée simple : gouverner par coalition, avec un programme commun, même imparfait. Ce modèle a depuis perdu en efficacité. Les divisions internes et la fragmentation électorale ont rendu cet équilibre plus difficile à reproduire.

L’élection de 2002 marque un basculement. Elle révèle un décalage entre les partis traditionnels et une partie de l’électorat. Ce décalage ne s’est pas résorbé. Il s’est installé.

Son départ rapide, sans tentative de retour, tranche avec les pratiques politiques actuelles. Il quitte la scène sans chercher à prolonger son influence. Ce choix contribue aussi à la manière dont il est perçu aujourd’hui.

La disparition de Lionel Jospin intervient à un moment où la gauche française cherche encore une ligne claire et une capacité à gouverner. Les repères qui existaient à la fin des années 1990 ne sont plus les mêmes.

Les débats sur le travail, la protection sociale ou l’organisation économique existent toujours, mais ils se posent dans un paysage politique plus éclaté.

Lionel Jospin aura exercé le pouvoir dans une période identifiable, avec une majorité stable et des choix assumés. Sa trajectoire reste liée à ce moment, mais aussi à sa fin brutale en 2002. Entre ces deux dates, il aura laissé une empreinte qui continue de structurer une partie du débat politique français.

Celine Dou, pour la Boussole-infos