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France : l’AGRIF porte plainte contre Jean-Luc Mélenchon et Imane Hamel pour des propos qu’elle qualifie d’injures à caractère racial envers les Blancs

L’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (AGRIF) a engagé, à Paris, deux procédures judiciaires contre des figures de La France insoumise. L’une vise Jean-Luc Mélenchon pour une déclaration prononcée le 18 mars 2026 lors d’une conférence consacrée à sa conception de la « nouvelle France ». L’autre concerne Imane Hamel, co-animatrice d’un groupe thématique de La France insoumise consacré à l’antiracisme, pour des propos tenus en octobre 2025 à Clichy-sous-Bois. L’association estime que ces déclarations sont susceptibles de constituer des injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une race.

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Les deux plaintes avec constitution de partie civile ont été déposées le samedi 5 septembre 2026 devant le doyen des juges d’instruction du tribunal judiciaire de Paris. Elles ont été introduites par l’intermédiaire de Me Jérôme Triomphe. Pour Jean-Luc Mélenchon, l’AGRIF conteste une formule prononcée alors que le fondateur de La France insoumise développait son idée de « nouvelle France » et évoquait les origines africaines de l’humanité. Pour Imane Hamel, l’association s’appuie sur une déclaration faite lors d’une réunion de La France insoumise à Clichy-sous-Bois.

Deux procédures déposées le même jour

La procédure visant Jean-Luc Mélenchon porte sur une intervention publique du 18 mars 2026, retransmise en direct sur YouTube. Au cours de cette conférence, le responsable de La France insoumise développait sa conception de la « nouvelle France » et abordait notamment l’histoire du peuplement humain et l’origine africaine de l’humanité.

Il déclarait notamment : « Je veux dire, il a quand même bien fallu qu’il y en ait un jour un ou une qui se mette debout sur ses pattes à l’autre bout du continent africain pour qu’à la fin vous soyez en train de faire les malins tout blancs, tout moches que vous êtes ».

C’est cette formulation, et particulièrement l’association entre la référence à la couleur de peau et le qualificatif « moches », que l’AGRIF porte devant la justice. L’association estime que les propos peuvent relever de l’infraction d’« injures publiques envers un groupe de personnes en raison de l’appartenance à la race ».

La plainte ne porte donc pas sur une simple divergence d’interprétation politique de la notion de « nouvelle France ». Elle vise une séquence précise, une déclaration précise et une qualification pénale précise avancée par l’association plaignante.

Imane Hamel visée pour une déclaration faite en 2025

La seconde procédure concerne Imane Hamel. Les faits remontent au 16 octobre 2025, lors d’une réunion de La France insoumise organisée à Clichy-sous-Bois.

Co-animatrice d’un groupe thématique du mouvement consacré à l’antiracisme, elle avait déclaré : « Par une réécriture de l’histoire, le peuple français est réduit à une lignée de sang à la culture sclérosée », avant d’ajouter : « nous ne sommes pas moins français que celui dont la seule gloire malheureuse est d’être né blanc ».

L’AGRIF considère également cette déclaration comme susceptible de constituer une injure publique envers un groupe de personnes en raison de l’appartenance à une race. Elle a donc engagé une procédure contre Imane Hamel sur le même fondement que celle visant Jean-Luc Mélenchon.

Les deux affaires présentent ainsi une particularité commune : l’association ne conteste pas seulement des positions politiques défendues par La France insoumise sur l’histoire, l’immigration ou l’antiracisme. Elle demande à la justice d’examiner pénalement des formulations dans lesquelles elle estime reconnaître une atteinte visant les personnes blanches en raison de leur appartenance raciale.

L’AGRIF revendique une stratégie judiciaire ancienne

Présidée par Yann Baly, l’AGRIF se présente comme une association engagée dans la lutte contre le racisme et dans la défense de l’identité française et chrétienne. Elle affirme depuis plusieurs années vouloir porter devant les tribunaux ce qu’elle considère comme des manifestations de racisme visant notamment les Français et les personnes blanches.

Dans son communiqué consacré aux deux plaintes, Yann Baly affirme que l’association ne souhaite désormais « plus rien laisser passer » et établit un lien entre les propos qu’elle poursuit et ce qu’elle décrit comme un climat de tensions autour des questions raciales et identitaires.

Cette stratégie explique également la multiplication des procédures engagées par l’association dans des affaires politiquement sensibles. L’une des prochaines audiences qu’elle met en avant concerne le procès de Majid Messaoudene, prévu le 11 septembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Paris. L’AGRIF le poursuit notamment à la suite d’une publication datant de juin 2020 dans laquelle il écrivait : « Nous sommes antiracistes contre tous les racismes », avant d’ajouter une exception concernant le racisme anti-Blanc.

Le précédent de Crépol, un dossier encore juridiquement disputé

L’AGRIF invoque également l’affaire du meurtre de Thomas Perotto à Crépol, dans la Drôme, pour inscrire ces nouvelles plaintes dans une bataille judiciaire plus large autour de la reconnaissance du racisme visant les personnes blanches.

Mais le dossier de Crépol impose une nuance importante.

Le 23 juillet 2026, les juges d’instruction avaient retenu une circonstance aggravante de racisme dans leur ordonnance concernant les personnes mises en examen. Quelques semaines plus tard, dans son réquisitoire définitif complémentaire daté du 17 août, le parquet de Valence a demandé que cette circonstance aggravante ne soit pas retenue, estimant que les éléments recueillis ne caractérisaient pas suffisamment les faits de racisme.

Il existe donc, à ce stade, une divergence entre les magistrats instructeurs et le ministère public. La qualification n’est pas définitivement tranchée. Présenter l’affaire de Crépol comme une reconnaissance judiciaire définitive du « racisme anti-Blanc » serait donc juridiquement inexact.

Cette distinction est importante pour comprendre la portée des plaintes visant Jean-Luc Mélenchon et Imane Hamel : dans ces deux dossiers également, l’existence d’une plainte et la qualification avancée par l’association ne préjugent pas de la décision qui pourra être prise par la justice.

Une procédure judiciaire dans une année présidentielle

La plainte visant Jean-Luc Mélenchon intervient par ailleurs alors que le fondateur de La France insoumise s’est engagé dans la préparation de l’élection présidentielle de 2027. Sa conférence du 18 mars s’inscrivait déjà dans une réflexion politique autour de ce qu’il appelle la « nouvelle France ».

La procédure judiciaire ajoute désormais une dimension pénale à une séquence politique qui avait déjà suscité des réactions sur la manière dont Jean-Luc Mélenchon parle de l’histoire de France, de l’immigration et de la composition de la société française.

Pour autant, il convient de distinguer les différents niveaux du dossier. Une déclaration peut être politiquement contestée sans être pénalement répréhensible. À l’inverse, la liberté d’expression n’exclut pas, en droit français, l’existence d’infractions relatives notamment aux injures publiques commises en raison de l’appartenance réelle ou supposée à un groupe défini par son origine ou sa race.

C’est précisément cette frontière que l’AGRIF demande aux magistrats d’examiner.

La justice devra établir la qualification des propos

À ce stade, aucun jugement ne permet d’affirmer que Jean-Luc Mélenchon ou Imane Hamel ont été condamnés pour des injures à caractère racial. Les deux procédures résultent de plaintes déposées avec constitution de partie civile par l’AGRIF. La qualification pénale invoquée appartient désormais au débat judiciaire.

Pour Jean-Luc Mélenchon, le cœur du dossier réside dans la phrase prononcée le 18 mars 2026 et dans le sens qu’il convient de lui donner au regard de l’ensemble de son intervention. Pour Imane Hamel, les magistrats devront examiner les propos prononcés à Clichy-sous-Bois le 16 octobre 2025 ainsi que leur contexte.

La question posée par ces deux plaintes dépasse ainsi la seule personne des deux responsables de La France insoumise : elle porte sur les limites de la liberté d’expression lorsqu’un discours associe explicitement une caractéristique raciale à une appréciation dévalorisante, et sur la manière dont le droit français traite les propos visant un groupe défini par la race.

Le 5 septembre 2026, l’AGRIF a saisi la justice parisienne de deux affaires distinctes, mais fondées sur la même qualification pénale : des injures publiques qu’elle estime dirigées contre un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale. Jean-Luc Mélenchon est poursuivi pour une déclaration prononcée en mars 2026 lors d’une conférence sur la « nouvelle France » ; Imane Hamel l’est pour une intervention faite à Clichy-sous-Bois en octobre 2025.

Le débat est désormais judiciaire. Ni la qualification avancée par l’AGRIF, ni les réactions politiques suscitées par ces propos ne valent condamnation. Il appartiendra aux magistrats de déterminer si les déclarations visées dépassent le cadre de la liberté d’expression et répondent effectivement aux éléments constitutifs de l’infraction invoquée.

Celine Dou

FRANCE : SÉBASTIEN DELOGU, DÉJÀ CONVOQUÉ EN JUSTICE APRÈS SON ALTERCATION AVEC DES POLICIERS, VISÉ PAR UNE PLAINTE DE SON EX-ÉPOUSE RÉVÉLÉE PAR LE JOURNAL DU DIMANCHE

Le député de La France insoumise fait l’objet d’une plainte déposée par son ex-épouse autour du 22 juillet, selon les informations du Journal du dimanche. Le dossier concerne un différend familial autour de leur fils et des pensions alimentaires que la plaignante affirme ne pas avoir reçues. L’existence de cette procédure était restée publique inconnue jusqu’à sa révélation, le 29 août.

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Sébastien Delogu fait l’objet d’une plainte dont l’existence n’avait pas été rendue publique jusqu’ici. Le Journal du dimanche rapporte que son ex-épouse a saisi la police aux alentours du 22 juillet, après un épisode conflictuel concernant leur fils.

Selon le récit rapporté par le quotidien, le député aurait voulu récupérer ses enfants avant de repartir avec son fils. Son ex-épouse aurait ensuite gagné un commissariat pour déposer plainte. L’enfant aurait finalement été ramené dans la nuit.

La plaignante aurait également signalé des pensions alimentaires qu’elle affirme ne pas avoir reçues. Le Journal du dimanche indique que Sébastien Delogu avait été convoqué au commissariat le 11 août dans cette affaire et qu’il ne s’y serait pas présenté. Une nouvelle convocation lui aurait ensuite été adressée pour le 26 août.

Ces informations décrivent les faits tels qu’ils sont rapportés par le Journal du dimanche et les déclarations attribuées à l’ex-épouse. Elles ne constituent pas une décision de justice. Les suites judiciaires de cette plainte ne sont pas connues.

La révélation survient après une garde à vue

Le nom de Sébastien Delogu est déjà au centre d’une autre procédure judiciaire.

Le 24 août, trois policiers en civil se sont rendus dans l’immeuble marseillais où réside le député. Ils recherchaient un homme soupçonné d’avoir volé une montre. Une altercation a opposé les fonctionnaires à l’élu.

Les policiers affirment que le député s’est opposé à leur intervention et leur a adressé des insultes. Sébastien Delogu conteste leur récit. Il affirme notamment que les policiers ne lui auraient pas immédiatement indiqué leur qualité et soutient avoir lui-même subi des violences physiques et verbales. Les trois fonctionnaires ont porté plainte ; le député a également saisi la justice.

Le 27 août, Sébastien Delogu s’est présenté au commissariat central de Marseille avec son avocat. Il a été placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête ouverte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Après plus de huit heures, il a été libéré.

La justice lui a fixé une prochaine échéance au 13 novembre 2026. Le député doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Marseille pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique.

Au lendemain de sa garde à vue, Sébastien Delogu a donné sa version des événements. Il affirme avoir été « injurié et agressé » et conteste avoir voulu empêcher les policiers d’effectuer leur intervention.

Une plainte familiale déposée avant l’affaire des policiers

La chronologie permet de comprendre la portée de l’information révélée par le Journal du dimanche.

La plainte de l’ex-épouse aurait été déposée autour du 22 juillet, soit plus d’un mois avant l’altercation survenue dans l’immeuble du député, le 24 août. Elle n’est donc pas la conséquence de cette affaire et ne constitue pas une procédure ouverte à la suite de sa garde à vue.

Ce que le Journal du dimanche rend public le 29 août, c’est l’existence de cette procédure familiale, alors que Sébastien Delogu vient de passer plusieurs heures en garde à vue et qu’il doit désormais répondre devant le tribunal correctionnel de Marseille des faits d’outrage qui lui sont reprochés.

Les deux dossiers suivent leurs propres chemins judiciaires. Dans l’affaire familiale, les accusations rapportées contre le député restent celles de la plaignante et devront être examinées par les autorités compétentes. Dans l’affaire marseillaise, Sébastien Delogu conteste les faits qui lui sont reprochés et affirme avoir lui-même été victime des policiers.

Pour l’heure, aucune condamnation n’a été prononcée dans l’une ou l’autre de ces affaires.

Celine Dou

France – Présidentielle 2027 : jugeant les Écologistes incapables de gagner seuls, Yannick Jadot rallie Raphaël Glucksmann

Yannick Jadot apporte son soutien à Raphaël Glucksmann au lendemain de l’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2027. Le sénateur écologiste estime que son camp ne dispose pas, à lui seul, des moyens politiques pour remporter l’élection. Il participera à la préparation des 100 premiers jours d’une éventuelle présidence Glucksmann, avec un projet d’« état d’urgence écologique ».

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Yannick Jadot a choisi Raphaël Glucksmann. L’ancien candidat écologiste à la présidentielle de 2022 a annoncé son soutien lundi 24 août sur France Inter, quelques heures après l’officialisation de la candidature de Glucksmann.

Pour justifier son choix, le sénateur écologiste ne s’est pas contenté d’invoquer une proximité politique. Il a reconnu les limites de sa propre famille politique dans la course présidentielle. Selon lui, « l’écologie politique pour cette élection présidentielle n’est pas en capacité de rassembler et de jouer la gagne ».

Jadot considère Raphaël Glucksmann comme le candidat le mieux placé pour réunir plusieurs électorats autour de la justice sociale, de l’écologie, de la démocratie et de l’Europe. Il estime également que le député européen dispose d’une possibilité réelle de victoire.

Une candidature Glucksmann à peine officialisée

Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature dimanche 23 août. Le député européen de Place publique participera à la primaire sociale-démocrate prévue en octobre avec le Parti socialiste et son propre mouvement.

Cette primaire doit départager plusieurs personnalités de la gauche sociale-démocrate avant le premier tour de la présidentielle. Glucksmann cherche ainsi à construire une candidature capable de dépasser les seuls rangs de Place publique.

Le soutien de Jadot lui apporte une figure connue de l’écologie politique. En 2022, l’ancien candidat écologiste avait obtenu 4,6 % des suffrages au premier tour de la présidentielle.

Jadot ne rejoint toutefois pas Glucksmann uniquement pour soutenir sa candidature. Il doit également travailler sur le programme écologique du futur candidat.

Jadot chargé des 100 premiers jours

En cas de victoire de Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot devra préparer les mesures des 100 premiers jours consacrées à l’écologie. Il a notamment évoqué la création d’un « état d’urgence écologique ».

Le dispositif doit porter sur plusieurs priorités : renforcer les moyens des pompiers, protéger les populations les plus vulnérables face aux conséquences du changement climatique et adapter les territoires.

Le choix de Jadot donne donc une place importante à l’écologie dans le projet de Glucksmann. Il ne signifie pas pour autant que les deux hommes partagent toutes les mêmes positions.

La question de l’énergie reste notamment sensible. Glucksmann est favorable au développement de nouveaux réacteurs nucléaires, tandis que Jadot défend depuis longtemps une position beaucoup plus critique à l’égard du nucléaire. Leur rapprochement repose donc sur des convergences politiques, sans effacer leurs divergences.

Les Écologistes face à un choix stratégique

La décision de Yannick Jadot intervient aussi dans une famille écologiste qui doit encore déterminer sa stratégie pour 2027.

Marine Tondelier défend l’existence d’un courant écologiste autonome. D’autres responsables écologistes souhaitent travailler avec La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Jadot, lui, choisit désormais le camp de la social-démocratie représenté par Glucksmann.

La différence entre ces orientations dépasse la seule question du candidat. Elle porte sur la conception même du rassemblement de la gauche.

Jean-Luc Mélenchon veut construire une candidature autour de La France insoumise et de son propre projet politique. Raphaël Glucksmann défend une autre ligne : une gauche sociale-démocrate, écologiste et attachée à la construction européenne. Le Parti socialiste et Place publique doivent précisément tenter de donner une forme électorale à cette seconde orientation à travers la primaire annoncée pour octobre.

Pour les Écologistes, le choix sera donc déterminant. Une candidature autonome permettrait au mouvement de défendre directement son programme, mais risquerait de disperser davantage les voix de gauche. Un rapprochement avec Glucksmann offrirait une autre possibilité : peser sur une candidature plus large et obtenir des garanties sur la place de l’écologie dans son programme.

Glucksmann veut élargir son électorat

Le soutien de Jadot apporte à Raphaël Glucksmann un appui politique qui dépasse le cadre de Place publique. Le candidat cherche à réunir des électeurs sociaux-démocrates, écologistes et pro-européens autour d’une même candidature.

Son résultat aux élections européennes de 2024 constitue l’un de ses principaux points d’appui. La liste commune de Place publique et du Parti socialiste avait obtenu 13,83 % des suffrages et terminé devant celle de La France insoumise.

Mais une présidentielle impose une autre échelle. Glucksmann doit désormais transformer cette base électorale en candidature nationale, obtenir les parrainages nécessaires et convaincre une gauche qui reste divisée sur son candidat et sur sa stratégie.

Le soutien de Jadot ne règle aucune de ces difficultés. Il apporte cependant à Glucksmann un relais supplémentaire auprès d’un électorat écologiste qui sera particulièrement disputé dans les mois à venir.

Une gauche toujours sans candidat commun

À ce stade, aucune des principales composantes de la gauche n’a réussi à imposer une candidature commune pour 2027.

La France insoumise avance avec Jean-Luc Mélenchon. Le Parti socialiste et Place publique préparent leur primaire sociale-démocrate. Les Écologistes doivent encore arrêter leur stratégie définitive.

Le choix de Yannick Jadot constitue donc un positionnement clair : plutôt que de défendre une candidature écologiste autonome, il préfère soutenir un candidat qui, selon lui, peut réunir davantage de Français et atteindre le second tour.

Cette décision pourrait alimenter les discussions au sein des Écologistes dans les prochains mois. Elle pose une question simple à la famille écologiste : faut-il chercher à gagner la présidentielle avec un candidat issu de l’écologie politique ou utiliser une candidature plus large pour imposer ses priorités au futur pouvoir ?

Yannick Jadot a choisi sa réponse. Raphaël Glucksmann devra maintenant démontrer qu’il peut transformer ce soutien en force électorale.

Celine Dou

France : une plainte vise le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, soupçonné d’avoir cumulé un emploi à la RATP et plusieurs mandats publics

Pendant plusieurs années, Bally Bagayoko aurait cumulé un poste de cadre à la Régie autonome des transports parisiens (RATP) avec plusieurs mandats électifs. Aujourd’hui, cette situation est examinée par la justice après une plainte déposée auprès du Parquet national financier. L’association AC!! Anti-Corruption demande de vérifier si les règles encadrant le cumul d’activités publiques ont été respectées et si les rémunérations perçues correspondaient bien à un travail effectivement exercé.

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L’affaire a commencé avec une enquête du Canard enchaîné. L’hebdomadaire affirme que Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et membre de La France insoumise, formation politique française classée à gauche, aurait conservé un poste de cadre à la RATP alors qu’il exerçait parallèlement plusieurs responsabilités électives.

Selon les informations publiées par le journal satirique, l’élu aurait été recruté par la régie publique des transports franciliens en 2000 dans des conditions particulières, sans concours ni entretien. L’enquête évoque également des horaires de travail qualifiés d’« élastiques » et une rémunération qui aurait ensuite dépassé 6 000 euros mensuels, en incluant les primes et le treizième mois.

Au fil des années, Bally Bagayoko a occupé plusieurs fonctions politiques : adjoint au maire de Saint-Denis, vice-président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, puis maire de la commune en 2026. C’est l’association de ces responsabilités électives avec son activité professionnelle au sein d’une entreprise publique qui se trouve aujourd’hui au centre des interrogations.

Une question au cœur de la plainte : le travail était-il réellement exercé ?

La plainte déposée par AC!! Anti-Corruption ne demande pas à la justice de trancher une controverse politique, mais de vérifier des éléments précis. L’association souhaite notamment savoir si une autorisation de cumul avait été délivrée par la RATP ou par les autorités compétentes, et si l’activité professionnelle exercée pendant les différents mandats correspondait aux obligations prévues par son contrat.

En France, le cumul de plusieurs emplois publics à temps complet est encadré par la loi. Lorsqu’une personne perçoit une rémunération provenant d’une entreprise publique, la réalité du travail fourni et le respect des règles administratives doivent pouvoir être établis.

Pour AC!! Anti-Corruption, si des rémunérations avaient été versées pour un emploi qui n’était pas effectivement occupé selon les conditions prévues, les faits pourraient relever d’une utilisation indue de fonds publics. L’association a donc demandé au Parquet national financier, juridiction spécialisée dans les affaires de corruption et d’atteinte à la probité, d’examiner la situation.

Des précédents qui ont marqué la vie publique française

Cette affaire rappelle d’autres dossiers qui ont alimenté le débat sur l’utilisation des fonds publics et la réalité des fonctions rémunérées.

Les affaires d’emplois présumés fictifs ont régulièrement conduit la justice française à s’interroger sur une même question : une rémunération publique correspond-elle à un travail réellement effectué ? Le dossier concernant François Fillon et les emplois de collaboratrice parlementaire attribués à son épouse avait notamment placé cette problématique au centre du débat national.

Le cas de Bally Bagayoko est toutefois différent. Il ne concerne pas une collaboratrice parlementaire, mais un possible cumul entre un emploi dans une entreprise publique et des responsabilités politiques locales. La question posée est donc celle de la compatibilité entre une fonction professionnelle rémunérée et l’exercice simultané de mandats électifs.

Au-delà des situations individuelles, le sujet renvoie à un débat plus large en France : celui de la frontière entre engagement politique et avantages liés à une fonction publique. Les réformes successives sur la transparence de la vie publique ont cherché à renforcer les obligations des responsables politiques afin d’éviter les conflits d’intérêts et de garantir une utilisation rigoureuse de l’argent public.

La justice devra établir les faits

Éric Halphen, ancien juge et président d’honneur d’AC!! Anti-Corruption, affirme que l’association joue son rôle de lanceur d’alerte en transmettant à la justice des éléments qui lui paraissent nécessiter une vérification. Il précise que cette démarche vaut quelle que soit l’appartenance politique des personnes concernées.

Contacté par l’Agence France-Presse, Bally Bagayoko n’a pas souhaité réagir. La RATP indique, pour sa part, qu’elle se tient à la disposition de la justice et qu’elle fournira les documents nécessaires si une enquête est ouverte.

À ce stade, aucune procédure judiciaire n’a été engagée contre le maire de Saint-Denis et aucune infraction n’est établie. Le Parquet national financier devra désormais examiner les éléments transmis et décider des suites à donner.

Cette affaire ne se résume pas au cas personnel de Bally Bagayoko. Elle pose une question centrale de la vie publique française : lorsqu’un élu perçoit une rémunération issue d’une entreprise publique tout en exerçant des responsabilités politiques, comment garantir que chaque fonction est réellement exercée et que chaque euro public est justifié ? La réponse appartient désormais à la justice.

Celine Dou, pour la Boussole-infos