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Cinq footballeuses iraniennes obtiennent l’asile en Australie après un geste de contestation : un nouvel épisode des tensions entre sport et pouvoir en Iran

Elles étaient venues en Australie pour disputer un tournoi international. Elles y resteront peut-être pour reconstruire leur vie. Cinq joueuses de la sélection féminine iranienne ont obtenu une protection humanitaire après avoir refusé de rentrer dans leur pays, affirmant craindre des représailles.

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L’affaire dépasse le cadre du football. En Iran, plusieurs sportifs ont déjà été sanctionnés pour leurs prises de position publiques. Le choix de ces cinq joueuses rappelle combien le sport peut devenir un espace d’expression politique lorsque les libertés sont limitées.

Une décision prise loin de l’Iran

Tout commence à l’issue d’une compétition organisée en Australie. Alors que l’équipe nationale iranienne devait regagner Téhéran, cinq joueuses quittent discrètement le groupe et sollicitent la protection des autorités australiennes.

Selon plusieurs médias internationaux, ces sportives redoutaient des sanctions à leur retour. Avant un match, elles avaient refusé de chanter l’hymne national, un geste perçu comme une protestation politique. Dans un pays où les manifestations publiques de dissidence sont étroitement surveillées, ce type d’attitude peut entraîner de lourdes conséquences.

Après examen de leur situation, l’Australie a décidé de leur accorder un visa humanitaire.

Le sport iranien sous surveillance

Depuis plusieurs années, le monde du sport iranien est régulièrement traversé par des tensions politiques. Des athlètes ont été critiqués ou sanctionnés pour avoir exprimé leur soutien à des mouvements de contestation ou pour avoir pris leurs distances avec certaines positions officielles.

Dans ce climat, chaque geste public peut être interprété comme une prise de position. Les cérémonies sportives, les hymnes nationaux ou les compétitions internationales deviennent alors des moments particulièrement sensibles.

Pour certains athlètes, les déplacements à l’étranger offrent aussi un espace de liberté qu’ils n’ont pas toujours dans leur pays.

L’intervention du président des États-Unis d’Amérique

L’affaire a rapidement pris une dimension internationale. Le président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump, est intervenu publiquement pour soutenir les joueuses. Il a appelé les autorités australiennes à leur accorder l’asile et a affirmé que son pays serait prêt à les accueillir.

Cette déclaration s’inscrit dans les tensions diplomatiques persistantes entre Washington et Téhéran. Elle montre aussi comment un événement sportif peut rapidement devenir un sujet politique lorsqu’il touche à la question des libertés individuelles.

Quand les compétitions deviennent des portes de sortie

L’histoire de ces cinq footballeuses s’inscrit dans un phénomène plus large. Depuis plusieurs décennies, certains athlètes profitent de compétitions internationales pour demander l’asile dans un autre pays.

Des sportifs cubains, éthiopiens ou encore nord-coréens ont déjà fait ce choix. Les compétitions sportives offrent alors une opportunité rare : quitter temporairement son pays tout en bénéficiant d’une visibilité internationale.

Pour les États organisateurs, ces situations posent parfois des dilemmes diplomatiques, entre obligations humanitaires et relations internationales.

Un épisode révélateur des tensions entre sport et politique

L’asile accordé à ces cinq joueuses rappelle que le sport reste profondément lié aux dynamiques politiques et sociales. Les équipes nationales incarnent l’image d’un pays, mais les athlètes restent aussi des individus, confrontés aux réalités politiques de leur société.

Pour ces sportives iraniennes, la décision de demander l’asile marque une rupture radicale : avec leur équipe nationale, avec leur carrière dans leur pays et, parfois, avec leur propre famille.

L’histoire de ces cinq footballeuses iraniennes dépasse largement les terrains de football. Elle révèle les tensions qui traversent une partie de la société iranienne et montre comment les compétitions internationales peuvent devenir, pour certains athlètes, l’un des rares espaces où une contestation peut s’exprimer.

Dans un monde où le sport est souvent présenté comme universel et apolitique, ce type d’épisode rappelle que les stades restent aussi le reflet des réalités politiques de notre époque.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Iran : pourquoi Ali Khamenei sera enterré à Mashhad, ville sainte du chiisme

La mort d’Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d’Iran, a suscité des réactions politiques et sociales profondes. Le choix de sa sépulture dans la ville de Mashhad, au nord‑est du pays et centre spirituel du chiisme en dit long sur la façon dont le régime entend conjurer l’affrontement intérieur et projeter son autorité en période de crise.

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Après l’annonce du décès du guide suprême des suites de frappes dans le cadre du conflit élargi au Moyen‑Orient, les autorités iraniennes ont confirmé que son corps serait inhumé à Mashhad, lieu sacré du chiisme et ville natale de Khamenei. Ce choix mêle considérations religieuses, enjeux identitaires et calculs politiques dans un contexte de tensions internes et internationales.

La nouvelle de la mort d’Ali Khamenei, qui dirigeait l’État iranien depuis 1989, a été rendue publique à la fin de février 2026. Les autorités ont déclenché une période de deuil officiel, marquée par des cérémonies à Téhéran, ville où de nombreux responsables et fidèles ont rendu hommage à la mémoire du guide suprême.

Selon des agences de presse iraniennes, le corps de Khamenei doit être transféré à Mashhad, grande métropole de la province du Khorassan‑Razavi, située près de la frontière avec l’Afghanistan et le Turkménistan. Mashhad est surtout connue pour abriter le sanctuaire de l’Imam Reza, l’un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés du monde chiite. C’est aussi la ville où Khamenei est né, en 1939.

La planification des funérailles et de l’inhumation doit tenir compte de divers facteurs logistiques et sécuritaires. L’ampleur anticipée des rassemblements a conduit à repousser initialement certaines cérémonies afin d’organiser le déploiement des forces de sécurité et de réguler les flux de fidèles venus de tout le pays.

Parallèlement, le gouvernement iranien a annoncé une période de deuil de quarante jours, une durée traditionnelle dans certaines pratiques religieuses chiites, souvent observée après la mort d’une personnalité de premier plan.

Le choix de Mashhad n’est pas un simple lien affectif ou symbolique lié à l’origine géographique de Khamenei. La ville est au cœur de l’imaginaire chiite : le sanctuaire de l’Imam Reza, huitième imam des chiites duodécimains, est pour des millions de fidèles un lieu de recueillement, de prière et d’expiation.

En plaçant la sépulture du guide suprême à proximité de ce sanctuaire, le régime iranien lie explicitement sa direction à un lieu de forte charge religieuse. Cette proximité physique entre le tombeau d’un chef politique et un site de référence spirituelle cherche à fusionner l’autorité temporelle et l’autorité religieuse, un pilier de la théocratie iranienne.

Cette logique n’est pas étrangère à l’histoire de l’Iran post‑révolutionnaire : depuis 1979, la République islamique a constamment utilisé les symboles religieux pour légitimer ses institutions. L’inhumation d’un guide suprême dans une ville sainte réaffirme cette continuité.

Les funérailles d’Ali Khamenei interviennent dans un contexte d’instabilité interne et de tensions accrues avec des puissances régionales. L’Iran se trouve engagé dans un conflit qui dépasse ses frontières immédiates, impliquant notamment des frappes contre des infrastructures gouvernementales après la mort du guide.

Dans ce contexte, les autorités ont un double impératif : assurer l’ordre intérieur et renforcer l’unité nationale. Organiser les funérailles à Mashhad ville à la fois religieuse et identitaire permet de mobiliser non seulement les élites chiites, mais aussi les populations provincialement sensibles aux symboles religieux.

Cette stratégie vise à canaliser les émotions du deuil vers une affirmation collective de légitimité politique, tout en minimisant les risques de fractures internes. Elle s’appuie sur une logique déjà observée lors des grandes cérémonies nationales précédentes, où les symboles religieux servent de points d’ancrage dans des périodes d’incertitude.

Une démarche à la croisée de l’identité et de la géopolitique

La République islamique d’Iran n’est pas seulement un régime politique : elle se définit comme un système où l’autorité religieuse et l’État se confondent. Mashhad n’est donc pas seulement une ville natale pour Khamenei : c’est une ville qui concentre une part importante de l’identité religieuse chiite iranienne.

À l’extérieur, l’enterrement de Khamenei dans ce lieu permet aussi au régime de renforcer son image auprès des populations chiites dans la région, de l’Irak à l’Afghanistan, où les affiliations religieuses sont des vecteurs de solidarité sociale et politique. Dans un contexte de rivalités régionales, notamment avec des puissances sunnites ou occidentales, ce type de symbolisme est susceptible d’être interprété comme un signe de continuité et de résistance.

Le choix de Mashhad comme lieu d’inhumation pour Ali Khamenei dépasse la seule considération personnelle ou familiale. Il s’agit d’une décision chargée de significations religieuses, identitaires et politiques.

Dans un pays où le religieux n’est pas séparé de l’institutionnel, enterrer un guide suprême dans une ville sainte du chiisme répond à plusieurs objectifs : honorer la mémoire d’un dirigeant, affirmer l’ancrage théologique du régime et rassembler symboliquement un peuple face à des défis internes et externes.

Alors que la République islamique d’Iran engage une transition délicate de leadership, la manière dont elle interprète et utilise ces symboles aura des implications durables pour sa stabilité politique et son positionnement géopolitique dans une région en profonde transformation.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Coupe d’Asie féminine 2026 : les footballeuses iraniennes refusent de chanter l’hymne national avant leur match

Un silence discret, mais remarqué. Avant leur match d’ouverture contre la Corée du Sud à la Coupe d’Asie féminine 2026, les joueuses iraniennes sont restées immobiles pendant l’hymne national, attirant l’attention des médias et des observateurs internationaux.

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Dans un contexte de tensions internes et de conflit régional, ce geste souligne la difficulté pour ces athlètes de concilier leur rôle de représentantes de l’État avec leurs convictions personnelles. Aucun commentaire officiel n’a été formulé, mais la scène a suscité des réactions au-delà du résultat sportif.

Le 3 mars 2026, à la Gold Coast en Australie, l’équipe iranienne a été battue 3-0 par la Corée du Sud. Cependant, ce qui a dominé les reportages n’a pas été le score, mais le silence des joueuses lors de l’hymne national.

Aucune joueuse ni l’entraîneure Marziyeh Jafari n’a pris la parole après le match pour expliquer ce choix. Dans les tribunes, certains supporters ont brandi des drapeaux historiques datant d’avant la révolution islamique de 1979, donnant au geste une dimension symbolique.

Le silence s’inscrit dans un contexte de surveillance et de contrôle importants dans le sport iranien. Chaque geste des athlètes peut être scruté et interprété, parfois avec des conséquences pour leur carrière ou leur sécurité.

Les joueuses iraniennes ont choisi une forme d’expression discrète mais consciente. Refuser de chanter l’hymne n’est pas une provocation directe, mais un moyen de rester fidèles à elles-mêmes sans s’exposer à une sanction. Elles naviguent dans un équilibre délicat entre représenter leur pays et protéger leur autonomie personnelle.

Ce geste traduit également la complexité du sport en Iran : les athlètes sont visibles à l’international, mais restent sous pression à l’intérieur du pays. Leur silence permet de signaler, de manière subtile, qu’elles ne se limitent pas à un rôle protocolaire, tout en participant pleinement à la compétition.

Enfin, cette action montre que les événements sportifs peuvent devenir un espace où les individus exercent une forme de choix personnel et stratégique, même lorsque les conditions ne permettent pas de s’exprimer ouvertement. Les médias internationaux et les spectateurs peuvent interpréter le message, tandis que les joueuses restent protégées derrière leur geste silencieux.

Le geste des footballeuses iraniennes pose une question plus large : comment les athlètes peuvent-ils exprimer leurs convictions dans des régimes autoritaires ? Les événements sportifs internationaux offrent une visibilité mondiale et permettent parfois des formes de contestation ou d’affirmation personnelle, même limitées.

Cet épisode rappelle également que le sport n’est jamais isolé de la société. Il reflète des tensions politiques, sociales et culturelles, et montre que les choix individuels peuvent prendre une dimension symbolique importante lorsqu’ils sont observés sur la scène internationale.

Le silence des footballeuses iraniennes à la Coupe d’Asie féminine 2026 dépasse la simple formalité protocolaire. Il traduit la tension entre obligation de représenter le pays et volonté de préserver son autonomie personnelle. Même discret, ce geste attire l’attention internationale et rappelle que le sport peut être un espace de décision individuelle et d’expression, même sous pression

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Fusillade à Austin : trois morts, le suspect affichait des sympathies pro-iraniennes

Dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 mars 2026, une fusillade a fait trois morts et plusieurs blessés dans un bar du centre-ville d’Austin. Le tireur, un citoyen naturalisé de 53 ans, a été abattu par la police et présentait des signes d’adhésion au régime iranien. Les autorités fédérales enquêtent pour déterminer si l’attaque relevait d’une motivation idéologique.

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Cette attaque met en lumière la difficulté de qualifier juridiquement un acte violent lorsque l’idéologie est suggérée mais non démontrée, et rappelle les enjeux liés à la circulation d’armes à feu dans un État américain au cadre légal permissif. Au-delà du drame, elle pose des questions sur la sécurité publique et sur les implications géopolitiques d’actes commis sur le sol national.

Une attaque rapide et meurtrière

Peu avant deux heures du matin, des coups de feu retentissent dans le secteur animé de West Sixth Street. Le tireur ouvre le feu depuis son véhicule sur les clients d’un bar avant de descendre et de continuer à tirer avec une arme longue. Les policiers présents interviennent rapidement et neutralisent l’auteur.

Trois personnes perdent la vie et plusieurs autres sont blessées. Le suspect, résidant dans la périphérie d’Austin, avait acquis ses armes légalement et ne faisait pas l’objet d’un signalement antérieur. Le déroulement des faits, confirmé par les autorités locales, reste limité dans le temps, mais ses conséquences sont tragiques et immédiates pour la communauté locale.

Profil du suspect et indices idéologiques

Le suspect présentait des vêtements comportant des inscriptions religieuses et des symboles associés à l’Iran. Des objets et documents retrouvés à son domicile témoignent d’une sympathie pour le régime iranien, sans qu’aucun lien opérationnel avec une organisation ou un État étranger n’ait été établi à ce stade.

Le Federal Bureau of Investigation supervise l’enquête, en évaluant si la motivation idéologique a constitué le moteur principal du passage à l’acte ou s’il s’agit d’un acte individuel isolé, inspiré par des convictions personnelles.

Cette fusillade survient dans un contexte où la sécurité intérieure américaine est régulièrement confrontée à des violences armées isolées. Le Texas, en particulier, applique une législation permissive sur la possession et le port d’armes, ce qui facilite l’accès aux moyens létaux. L’enquête devra déterminer si cet environnement légal a contribué à la réalisation de l’acte.

Sur le plan international, les tensions persistantes entre Washington et Téhéran ajoutent une dimension supplémentaire à l’affaire. Si le suspect n’agissait pas pour le compte de l’Iran, son adhésion à certaines idées pro-iraniennes pourrait toutefois orienter la perception de l’attaque, tant au niveau politique qu’institutionnel.

L’affaire soulève trois enjeux principaux. Premièrement, la distinction entre radicalisation individuelle et acte terroriste organisé demeure essentielle pour la qualification juridique. Deuxièmement, la législation sur les armes aux États-Unis d’Amérique constitue un facteur structurel qui facilite la survenue de violences. Troisièmement, la communication des autorités doit concilier information précise et prudence diplomatique, en évitant toute instrumentalisation prématurée de l’événement.

Chaque élément de l’enquête motifs, choix des armes, profils des victimes et circonstances de l’attaque doit être analysé avec rigueur avant de tirer des conclusions définitives sur le caractère idéologique de l’acte.

La fusillade d’Austin rappelle la vulnérabilité des espaces publics et la complexité des motivations individuelles dans un pays où l’accès aux armes est facile et où les tensions géopolitiques influencent le climat intérieur. L’enquête en cours déterminera si l’idéologie était centrale dans le passage à l’acte ou un élément secondaire. La réponse des autorités devra s’appuyer sur des faits vérifiés, en maintenant un équilibre entre sécurité publique et responsabilité institutionnelle.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Iran : des plateformes de commerce proposent le paiement fractionné pour des produits alimentaires de bases

Lorsque des produits alimentaires courants peuvent être réglés en plusieurs échéances, ce n’est pas seulement une innovation commerciale. C’est le signe qu’un déséquilibre s’est installé dans le rapport entre revenus et prix. En Iran, cette pratique désormais observable sur certaines plateformes de vente en ligne éclaire l’état réel de l’économie.

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Dans un contexte d’inflation élevée et de dépréciation monétaire prolongée, des acteurs du commerce numérique en Iran ont introduit des solutions de paiement fractionné pour des biens alimentaires de base. Ce dispositif, courant dans d’autres secteurs de la consommation mondiale, prend ici une signification particulière. Il révèle l’érosion du pouvoir d’achat et les ajustements progressifs d’une économie soumise à des contraintes internes et internationales durables.

Depuis plusieurs années, l’économie iranienne évolue dans un environnement contraint. Le rétablissement des sanctions états-uniennes après le retrait des États-Unis d’Amérique de l’accord nucléaire en 2018 a restreint l’accès du pays aux circuits financiers internationaux et réduit ses capacités d’exportation pétrolière. Or les hydrocarbures constituent l’un des piliers des recettes en devises de l’État.

La monnaie nationale, le rial, s’est progressivement dépréciée face au dollar. Cette évolution renchérit les importations et alimente une inflation persistante, notamment dans l’alimentation. Les produits laitiers, les céréales ou encore la viande ont connu des hausses significatives sur plusieurs exercices budgétaires. Les ménages, en particulier dans les grandes agglomérations, voient leur capacité d’achat diminuer malgré les mécanismes de subvention et d’ajustement salarial mis en place par les autorités.

C’est dans ce contexte que certaines plateformes de commerce électronique ont commencé à proposer des solutions de paiement échelonné pour des produits alimentaires. Le principe est simple : le client règle son achat en plusieurs mensualités, parfois sans intérêt à court terme. Ce type d’offre, largement répandu pour les biens durables dans d’autres régions du monde, concerne ici des articles de consommation immédiate.

Pour les commerçants, l’objectif est de soutenir la demande dans un environnement de liquidité réduite. Pour les consommateurs, il s’agit de répartir une dépense devenue plus lourde dans le temps. L’initiative ne relève pas d’une mesure publique, mais d’un ajustement commercial face à une contraction progressive du pouvoir d’achat.

Le développement du paiement fractionné pour des biens alimentaires met en évidence trois dynamiques structurantes.

D’abord, un écart croissant entre revenus nominaux et prix réels. Lorsque l’inflation s’installe à un niveau élevé sur plusieurs années, l’adaptation des salaires peine à suivre. Le crédit à court terme devient alors un instrument de gestion quotidienne plutôt qu’un levier d’investissement ou d’anticipation de consommation.

Ensuite, une transformation des pratiques commerciales. Les entreprises, confrontées à un ralentissement de la demande, diversifient leurs modalités de paiement pour préserver leurs volumes de vente. Cette évolution traduit une économie en phase d’ajustement permanent, où la souplesse contractuelle compense partiellement la fragilité monétaire.

Enfin, la situation renvoie aux contraintes géopolitiques persistantes. Les sanctions limitent les marges budgétaires de l’État et compliquent la stabilisation du taux de change. L’Iran conserve des ressources énergétiques importantes et un tissu industriel non négligeable, mais l’accès restreint aux financements internationaux réduit sa capacité à absorber les chocs externes.

Il convient toutefois d’éviter toute lecture simplificatrice. Le paiement fractionné ne signifie pas effondrement généralisé. Il témoigne d’une adaptation à un environnement inflationniste prolongé. Des dispositifs comparables existent dans de nombreuses économies, y compris développées. La spécificité iranienne tient à l’extension de ces mécanismes à des biens de première nécessité et à la durée des contraintes macroéconomiques.

La question centrale demeure celle de la stabilisation à moyen terme. Une amélioration durable supposerait un environnement international moins restrictif ou une diversification plus poussée de l’économie nationale. La réduction de la dépendance aux hydrocarbures et le renforcement de la production locale pourraient atténuer la vulnérabilité aux fluctuations monétaires.

Par ailleurs, l’évolution des négociations diplomatiques autour du dossier nucléaire continuera d’influencer les perspectives économiques. Toute modification du régime de sanctions aurait un impact direct sur les flux de devises et la confiance des acteurs économiques.

L’extension du paiement fractionné aux produits alimentaires en Iran ne relève pas d’une simple innovation commerciale. Elle constitue un indicateur précis de la pression exercée par l’inflation et la dépréciation monétaire sur les ménages.

Au-delà du symbole, ce mécanisme révèle une économie qui s’adapte à des contraintes durables plutôt qu’une économie en rupture immédiate. Comprendre ce type d’évolution concrète permet d’appréhender, avec mesure, les équilibres fragiles d’un pays situé au croisement des tensions économiques et géopolitiques contemporaines.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Iran : les mollahs utilisent peut-être un système russe pour censurer Internet et contrôler les manifestants

Depuis le 8 janvier 2026, l’accès à Internet et aux communications mobiles est largement coupé en Iran, dans une tentative du régime de bloquer la diffusion d’images et d’informations sur les manifestations massives qui secouent le pays. Face à ces restrictions, les Iraniens trouvent des moyens ingénieux pour communiquer avec l’extérieur, mais le contrôle technologique du régime reste sophistiqué.

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Pour diffuser vidéos et informations malgré le blackout, les manifestants utilisent des cartes SIM étrangères dans les zones frontalières afin de capter le réseau de pays voisins comme l’Irak ou la Turquie. Ces accès limités permettent néanmoins d’envoyer des messages et images vers l’étranger.

Starlink, le réseau de satellites d’Elon Musk, est également mobilisé. Il permet un accès Internet même lorsque les infrastructures locales sont coupées. Mais son usage est complexe et risqué : il nécessite un récepteur physique que les autorités peuvent repérer, obligeant les manifestants à des connexions très brèves.

Une censure high-tech, inspirée de systèmes étrangers

Pour contrer ces contournements, le régime iranien déploie des dispositifs sophistiqués de brouillage, capables de couvrir plusieurs kilomètres et d’être déplacés rapidement dans les zones contestataires.

Certains experts estiment que ces systèmes pourraient utiliser une technologie créée par la Russie, déjà expérimentée dans d’autres contextes militaires. Cela ne signifie pas que la Russie orchestre la censure iranienne, mais simplement que le régime des mollahs s’appuie peut-être sur des outils étrangers pour contrôler les communications et limiter la diffusion d’images des manifestations.

La désinformation comme prolongement du contrôle

En parallèle du blackout, le régime multiplie les campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. Sur X et TikTok, de nombreuses vidéos manipulées circulent pour noyer les contenus authentiques des manifestants et décrédibiliser le mouvement. Cette stratégie numérique complète la répression physique et rend plus difficile l’évaluation de la situation par la communauté internationale.

Conséquences économiques et sociales

Les coupures d’Internet affectent profondément la vie quotidienne : écoles fermées, banques et entreprises au ralenti, perturbations dans le fonctionnement des services publics. La population subit un impact direct, et le régime doit jongler entre contrôle de l’information et maintien de la vie économique et sociale.

Limites de la stratégie

Malgré la sophistication des dispositifs de censure, la diffusion de vidéos vers l’étranger continue, et les Iraniens trouvent des solutions alternatives pour communiquer. La stratégie du régime montre ainsi ses limites : bloquer totalement l’accès à l’information fragilise l’économie et ne parvient pas à empêcher totalement la circulation des images de la contestation.

Celine Dou, pour la Boussole – infos

Iran : la répression s’intensifie dans l’ombre d’un blackout numérique – quand la coupure d’Internet devient une arme politique

Depuis fin décembre 2025, l’Iran est secoué par une vague de manifestations sans précédent. Le gouvernement a mis en œuvre une coupure quasi totale d’Internet, privant la population de moyens de communication et de documentation. Au-delà de la simple répression physique, cette stratégie illustre une politique de contrôle de l’information, dont les implications dépassent largement les frontières du pays.

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À l’ère du numérique, la visibilité est devenue une arme. L’Iran démontre que la privation d’accès à l’information peut constituer un outil central de gouvernance autoritaire, transformant l’opacité en instrument de pouvoir.

Un blackout numérique au cœur d’une répression étendue

Depuis le début des manifestations, les Iraniens vivent dans un quasi‑silence électronique. Les réseaux téléphoniques et l’accès à Internet sont largement inaccessibles, empêchant la circulation de vidéos, la publication d’images et même les appels à l’aide. Cette mesure ne relève pas d’un incident technique : elle constitue un outil stratégique pour isoler la population et neutraliser la contestation.

La répression physique s’accompagne de cette invisibilisation systématique. Selon des sources parlementaires locales, environ 2 000 personnes auraient été tuées depuis le 28 décembre, tandis que l’Associated Press évoque au moins 646 morts confirmés et plus de 10 700 arrestations. La coupure d’Internet rend tout bilan précis difficile à établir, et l’opacité entretient un flou volontairement exploité par le régime pour contrôler le récit national et international.

Dans ce contexte, la violence n’est pas seulement physique : elle se déploie dans l’espace même de la perception. Privées de moyens de vérifier les événements, les populations et la communauté internationale doivent composer avec une information fragmentée, filtrée et soigneusement encadrée par l’État.

L’Internet comme instrument de pouvoir et de souveraineté

La stratégie iranienne illustre une tendance contemporaine : la technologie est mobilisée pour gouverner par l’opacité. La privation de communication remplit plusieurs fonctions :

  • Fragmenter les mobilisations : en l’absence de relais numériques, la coordination des protestations devient plus difficile.
  • Contrôler le récit : l’État devient la principale source d’information, modulant ce que le monde peut voir et savoir.
  • Neutraliser l’attention internationale : la documentation des violations des droits humains est limitée, compliquant l’action diplomatique ou humanitaire.

Ainsi, la coupure d’Internet n’est pas un incident secondaire, mais un pivot de la stratégie répressive, qui transforme la répression en un phénomène à la fois physique et invisible.

Un phénomène global : la privation d’Internet comme stratégie autoritaire

L’Iran n’est pas isolé dans cette approche. D’autres régimes ont recours à des méthodes similaires, révélant une logique globale de gouvernance coercitive à l’ère numérique.

À Myanmar, après le coup d’État de 2021, les autorités ont coupé l’accès à Internet pour entraver la résistance civile et limiter la diffusion des images de violence militaire. En Éthiopie, lors du conflit dans le Tigré, le blackout prolongé a empêché toute documentation indépendante des affrontements et des déplacements de population. Au Soudan, des coupures similaires ont été utilisées pour neutraliser les mobilisations populaires. Même la Russie, sans recourir à un blackout total, a mis en place une asphyxie informationnelle progressive, contrôlant les plateformes et marginalisant les médias indépendants.

Cette comparaison montre que le contrôle de l’information est devenu un levier stratégique pour des régimes confrontés à des contestations populaires. L’Iran, par l’ampleur et la sophistication de son blackout, représente un exemple extrême, mais inscrit dans une tendance observée ailleurs dans le monde.

Gouverner par l’invisibilité

L’observation comparative met en évidence plusieurs enseignements majeurs :

  1. La répression ne se limite plus à la force physique : elle inclut le contrôle de la perception, rendant les violences difficilement documentables et diminuant la pression internationale.
  2. Le blackout transforme la technologie en instrument de souveraineté coercitive, où l’État définit non seulement la loi, mais aussi ce que le monde peut voir ou savoir.
  3. Les stratégies d’invisibilisation ont des effets durables sur la mobilisation sociale, en fragmentant les mouvements et en instaurant la peur silencieuse.

Dans ces conditions, comprendre la répression iranienne nécessite de dépasser le récit sensationnaliste pour saisir les mécanismes profonds de contrôle de l’information, devenus cruciaux dans les sociétés numériques.

Une dynamique qui interroge le droit et la politique internationale

L’usage de la privation d’Internet comme instrument de répression soulève des questions globales :

  • Comment protéger les droits numériques et la liberté d’expression dans un monde connecté ?
  • Quelle responsabilité internationale face à des violations invisibles mais massives ?
  • Comment anticiper et contrer les stratégies de gouvernance par l’opacité dans d’autres contextes nationaux ?

L’Iran offre un exemple extrême, mais invite à réfléchir sur une évolution globale de l’autoritarisme à l’ère numérique, où l’information elle-même devient une arme et un champ de bataille.

Le cas iranien illustre que la répression contemporaine ne se limite plus à la violence physique : elle intègre le contrôle de l’information, la fragmentation des mobilisations et la privation de visibilité internationale.
La comparaison avec d’autres pays démontre que l’Iran applique une méthode déjà éprouvée, mais à une échelle exceptionnelle. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour appréhender la complexité de la contestation, l’usage stratégique de la technologie et les limites de la couverture internationale.

L’enjeu n’est plus seulement la survie des manifestants, mais la capacité du monde à voir, documenter et analyser les crises invisibles.

Celine Dou, pour la Boussole – infos

Peine de mort : hausse record des exécutions en Iran et en Arabie Saoudite en 2025

L’année 2025 est marquée par une augmentation significative des exécutions capitales dans plusieurs pays, notamment en Iran et en Arabie saoudite. Des niveaux historiques sont atteints, révélant une intensification du recours à la peine de mort dans des contextes politiques, économiques et sociaux sous tension.

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Alors que la peine capitale recule dans une majorité d’États à travers le monde, certains pays en font à nouveau un instrument central de leur politique intérieure.

Des chiffres sans précédent

En Iran, plus de 1 500 condamnés à mort auraient été exécutés depuis le début de l’année 2025, selon des organisations de suivi indépendantes. Ce chiffre représente le niveau annuel le plus élevé enregistré depuis plus de trois décennies. La progression est continue : de quelques centaines d’exécutions au début des années 2020, le pays est passé à des seuils jamais atteints depuis la fin des années 1980.

L’Arabie saoudite enregistre également un record. Selon les données officielles compilées par plusieurs observateurs internationaux, 356 personnes ont été exécutées en 2025, dépassant le précédent record établi en 2024. Une large part de ces condamnations concerne des affaires liées au trafic de stupéfiants, après la levée d’un moratoire informel observé durant plusieurs années.

Ces deux pays figurent désormais parmi ceux qui appliquent le plus fréquemment la peine de mort au niveau mondial.

La peine capitale comme outil de gouvernance

Au-delà des chiffres, la recrudescence des exécutions s’inscrit dans des logiques politiques distinctes mais comparables.
En Iran, l’augmentation des condamnations à mort intervient dans un climat de contestation sociale persistante, alimentée par la dégradation de la situation économique, l’inflation et les conséquences durables des mouvements de protestation des années précédentes. La peine capitale apparaît alors comme un outil de dissuasion, destiné à prévenir l’élargissement de la contestation et à réaffirmer l’autorité de l’État.

En Arabie saoudite, le recours accru aux exécutions s’inscrit davantage dans une stratégie sécuritaire. La lutte contre le narcotrafic, présentée comme une priorité nationale, justifie un durcissement judiciaire spectaculaire. Cette politique coexiste cependant avec un discours officiel axé sur la modernisation, les réformes économiques et l’ouverture internationale, créant une tension entre image réformatrice et pratiques pénales rigoureuses.

Dans les deux cas, la peine de mort devient moins une réponse strictement judiciaire qu’un signal politique : elle manifeste la capacité de l’État à imposer l’ordre dans des contextes perçus comme instables ou menacés.

Une tendance à contre-courant de l’évolution mondiale

Cette intensification contraste avec l’évolution globale observée depuis plusieurs décennies. Une majorité de pays ont aboli la peine capitale en droit ou cessé de l’appliquer. Le nombre d’États procédant effectivement à des exécutions demeure limité, mais ceux qui y recourent concentrent désormais l’essentiel des mises à mort recensées.

Ce contraste souligne une fracture internationale : d’un côté, des systèmes judiciaires cherchant à limiter l’irréversibilité des sanctions pénales ; de l’autre, des régimes pour lesquels la peine de mort conserve une fonction stratégique dans la gestion de l’ordre intérieur.

La recrudescence des exécutions pose une question centrale : la peine capitale est-elle le signe d’un État fort et souverain, ou au contraire l’indicateur d’institutions confrontées à des fragilités économiques, sociales et politiques qu’elles peinent à contenir autrement ?

En 2025, l’Iran et l’Arabie saoudite illustrent un retour assumé de la peine de mort comme instrument de gouvernance. Derrière les records chiffrés, se dessine une même réalité : lorsque les tensions internes s’accumulent, certains États privilégient la démonstration de force judiciaire à la recherche de réponses structurelles. Une stratégie qui interroge, à long terme, sur son efficacité réelle face aux causes profondes de l’instabilité.

Celine Dou, pour la boussole-infos

Manifestations en Iran : au moins six morts et des dizaines de blessés dans un mouvement social contre la vie chère – comprendre la colère quotidienne des Iraniens

Depuis le 28 décembre 2025, des Iraniens manifestent dans plusieurs villes pour dénoncer la hausse des prix et l’inflation. Ce mouvement, initialement pacifique à Téhéran, a provoqué des affrontements meurtriers, révélant les tensions économiques et sociales profondes qui traversent la société iranienne, en particulier parmi les jeunes et les commerçants.

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Un mouvement qui se propage et devient meurtrier

Les rassemblements ont débuté dimanche dans les bazars de Téhéran, puis se sont étendus aux universités et à d’autres villes, notamment Lordegan, Azna, Kouhdasht et Fassa. Dans ces localités, des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait au moins six morts et une vingtaine de blessés.

Selon l’agence Fars, « le nombre de victimes à Lordegan aujourd’hui s’élève à deux », après des jets de pierres sur des bâtiments publics tels que le gouvernorat, la mosquée, la mairie et des banques. Plus tard dans la journée, trois autres personnes ont été tuées à Azna, toujours dans l’ouest du pays, lors d’un assaut contre un commissariat de police.

Les forces de sécurité, notamment le Bassidj, milice affiliée aux Gardiens de la Révolution, ont également subi des pertes : « Un membre du Bassidj de la ville de Kouhdasht, âgé de 21 ans, a été tué cette nuit par des émeutiers alors qu’il défendait l’ordre public », a déclaré le vice-gouverneur de la province du Lorestan, Saïd Pourali. Treize policiers et membres du Bassidj ont été blessés par des jets de pierres au cours de ces affrontements.

Par ailleurs, 30 personnes ont été arrêtées à Téhéran pour « troubles à l’ordre public », certaines accusées d’avoir tenté de transformer les manifestations en incidents violents, selon l’agence Tasnim.

Contexte socio-économique : la vie quotidienne sous pression

Le mouvement ne peut se comprendre sans replacer ces événements dans le contexte économique iranien. Le rial a perdu plus d’un tiers de sa valeur face au dollar en un an, et le pays connaît une inflation à deux chiffres, estimée à 52 % en décembre 2025.

Cette situation pèse particulièrement sur les jeunes, les étudiants et les commerçants, qui voient leur pouvoir d’achat s’effondrer. Les manifestations traduisent donc une frustration quotidienne face à l’incapacité du régime à répondre aux besoins économiques de la population, et la colère dépasse le simple mécontentement ponctuel pour toucher la vie réelle des Iraniens.

Témoignages et observations

Les médias locaux relatent des scènes de tension et de panique : jets de pierres, attaques de bâtiments publics et interventions des forces de l’ordre au gaz lacrymogène. Le procureur général iranien, Mohammad Movahedi-Azad, a reconnu « la légitimité des manifestations pacifiques », mais a averti que toute tentative de déstabilisation ou de destruction de biens publics serait réprimée fermement.

Un mouvement social révélateur de fractures profondes

Si ces rassemblements ne sont pas comparables en ampleur au mouvement de 2022 après la mort de Mahsa Amini, ils illustrent les tensions structurelles de la société iranienne. La contestation est davantage sociale et économique que politique, et reflète le désarroi des populations face à l’érosion du pouvoir d’achat et à l’insécurité économique.

La propagation du mouvement aux universités et à plusieurs villes montre que la jeunesse iranienne est particulièrement touchée, confrontée à un avenir incertain et à des choix imposés par une inflation galopante et une monnaie en forte dépréciation.

Comprendre et situer ces tensions

Au-delà de l’Iran, ces manifestations posent la question de la fragilité sociale dans les sociétés confrontées à une inflation élevée et à des déséquilibres économiques. Elles mettent en lumière les mécanismes de colère sociale et la nécessité pour les gouvernements de répondre aux besoins essentiels de leurs populations.

Pour La Boussole – infos, il s’agit de saisir la réalité vécue par les citoyens, non pas de prendre parti, mais de permettre aux lecteurs de comprendre les causes et les conséquences sociales de ce mouvement.

Celine Dou, pour la boussole-infos

Iran : l’arrestation de Narges Mohammadi et les enjeux géopolitiques autour des droits humains

Le 12 décembre 2025, Narges Mohammadi, lauréate du Prix Nobel de la paix 2023, a été interpellée en Iran. Cette arrestation, dans un contexte de répression accrue, soulève des questions sur l’efficacité des distinctions internationales et sur les rapports de force dans les relations entre l’Iran et la communauté internationale.

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Narges Mohammadi est une militante iranienne de premier plan, connue pour son engagement en faveur des droits humains, notamment la lutte contre la peine de mort et pour la libération des femmes en Iran. Son arrestation ne constitue pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans un parcours de répression continu, marqué par de multiples emprisonnements et condamnations depuis les années 2000. Lors de l’attribution du Prix Nobel de la paix en 2023, Mohammadi était encore incarcérée pour « propagation de la propagande contre l’État » et « action contre la sécurité nationale ». Cette distinction a permis de porter une attention internationale sur sa cause, mais aussi de mettre en lumière la répression systématique des opposants au régime en place à Téhéran.

L’arrestation de Narges Mohammadi intervient dans un contexte de forte répression en Iran, où les libertés fondamentales sont de plus en plus restreintes. Depuis les manifestations de 2022, déclenchées par la mort de Mahsa Amini en détention policière, les autorités iraniennes ont intensifié leur surveillance des militants des droits humains, des journalistes et des défenseurs de la démocratie. L’arrestation de Mohammadi semble être une réponse du régime à la contestation croissante, tant interne qu’internationale, contre ses pratiques autoritaires.

Elle a été interpellée à Mashhad, dans le nord-est du pays, lors d’une cérémonie en hommage à Khosrow Alikordi, un autre défenseur des droits humains décédé récemment. Cette situation semble illustrer la stratégie du gouvernement iranien : contrôler et museler toute forme de contestation, même dans des événements à caractère symbolique et pacifique. De plus, l’attaque physique et la violence présumée de son arrestation indiquent la brutalité de la répression exercée par les autorités iraniennes contre ceux qu’elles considèrent comme des ennemis du régime.

Le Comité Nobel a réagi vigoureusement à cette arrestation, exigeant la libération immédiate de la lauréate. Ce geste symbolique, bien qu’important pour la reconnaissance des luttes pour les droits humains, n’aura probablement pas de conséquences concrètes sur le régime iranien. En effet, si les prix Nobel peuvent offrir une légitimité morale, ils n’ont qu’une portée limitée dans un contexte géopolitique marqué par l’autonomie des États souverains et la priorité donnée aux intérêts stratégiques.

Dans ce cadre, les condamnations internationales s’accumulent, mais la situation de Narges Mohammadi reste tributaire d’un rapport de force où les États occidentaux, tout en exprimant des préoccupations sur les droits humains, n’ont pas montré une volonté forte de rompre avec leurs engagements géopolitiques dans la région. L’Iran, de son côté, semble se montrer de plus en plus imperméable aux pressions extérieures, notamment en raison de ses enjeux internes et de ses alliances stratégiques avec des acteurs comme la Chine et la Russie.

L’affaire Narges Mohammadi soulève la question de l’efficience des mécanismes internationaux pour défendre les droits humains. Les actions diplomatiques entreprises par les organisations internationales, telles que l’ONU ou l’UE, restent largement insuffisantes face à un régime déterminé à préserver son autorité. En l’absence de mesures concrètes telles que des sanctions ciblées ou des pressions économiques efficaces les répressions comme celle vécue par Mohammadi risquent de se multiplier sans que la communauté internationale ne puisse apporter une réponse significative.

Ainsi, au-delà du cas individuel de Narges Mohammadi, c’est l’efficacité de la diplomatie des droits humains et la véritable portée des distinctions internationales qui sont mises en question. Le cas de Mohammadi illustre les limites de l’action diplomatique dans des régimes autoritaires, où les droits humains sont souvent relégués au second plan au profit de considérations géopolitiques. L’Iran, fort de son indépendance politique et économique, semble prêt à affronter la critique internationale, comme l’ont démontré ses récentes prises de position face à l’Occident.

Au-delà de la situation politique iranienne, l’arrestation de Narges Mohammadi constitue un rappel de la nécessité de soutenir les mouvements de défense des droits des femmes dans des contextes autoritaires. Dans un pays où les droits des femmes sont sévèrement limités, la militante incarne un modèle de résistance pacifique, mais déterminée. Son combat pour l’abolition de la peine de mort et pour la reconnaissance des droits des femmes demeure une cause essentielle, non seulement pour l’Iran, mais aussi pour l’ensemble du monde.

Celine Dou, pour la boussole-infos