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Liban – Israël : les discussions de Rome sur le désarmement du Hezbollah se poursuivent sans le Hezbollah

À Rome, les délégations libanaise et israélienne tentent de donner une traduction concrète à un accord-cadre négocié sous médiation états-unienne. Au centre des échanges : le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise et le désarmement du Hezbollah. Mais le mouvement chiite, directement concerné par ce dernier point, refuse de reconnaître ce processus.

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La scène résume à elle seule la difficulté des discussions engagées à Rome : les acteurs chargés de négocier l’avenir sécuritaire du sud du Liban avancent sans la participation du mouvement dont les armes se trouvent au cœur du dossier. Entre exigences israéliennes, volonté de contrôle du territoire par Beyrouth et refus catégorique du Hezbollah, l’accord-cadre conclu fin juin cherche encore sa traduction sur le terrain.

À l’ambassade des États-Unis d’Amerique à Rome, les discussions se poursuivent autour d’une question qui concentre toutes les tensions : qui contrôlera les armes dans le sud du Liban ?

Depuis plusieurs mois, Israël et le Liban tentent de transformer une succession d’engagements politiques en mécanisme concret de sécurité. L’accord-cadre conclu fin juin prévoit notamment le retrait progressif des forces israéliennes de certaines zones du sud du pays, le déploiement de l’armée libanaise et le transfert des capacités armées sous l’autorité de l’État libanais.

Mais un acteur manque à la table des négociations : le Hezbollah.

Le mouvement, qui dispose de sa propre structure militaire, rejette l’accord et refuse toute discussion portant sur son désarmement. Son chef, Naim Qassem, a réaffirmé son opposition au processus engagé avec Israël et les États-Unis d’Amerique, estimant que le mouvement n’avait pas à renoncer à ses armes dans ces conditions.

Cette position place le gouvernement libanais face à une équation difficile. Beyrouth participe aux discussions et affirme vouloir renforcer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, notamment dans le sud du pays. Le Premier ministre Nawaf Salam a accusé ceux qui ont entraîné le Liban dans des affrontements passés d’avoir donné des arguments à Israël pour agir contre le pays.

Pour Israël, la question est avant tout sécuritaire. Les autorités israéliennes considèrent que la présence d’un groupe armé indépendant à proximité de leur frontière représente une menace persistante. La délégation israélienne présente à Rome comprend d’ailleurs des responsables militaires chargés de suivre les aspects liés à la sécurité et au retrait progressif.

Washington tente, de son côté, de maintenir le dialogue entre deux positions difficilement conciliables. Les États-Unis d’Amerique présentent ces discussions comme un moyen de garantir la sécurité d’Israël tout en permettant à l’État libanais de reprendre pleinement le contrôle du sud du pays.

Sur le terrain, les désaccords restent visibles. Alors que Beyrouth attend un retrait israélien progressif, Israël affirme vouloir des garanties concrètes avant d’aller plus loin. Des tensions persistent également autour des opérations militaires menées dans certaines zones du sud libanais, malgré le processus diplomatique engagé.

Le problème central reste donc inchangé : le désarmement du Hezbollah est inscrit au cœur des discussions, mais le mouvement refuse d’en faire un sujet de négociation.

Les réunions de Rome ne constituent pas encore un accord final. Elles montrent surtout la difficulté de trouver un compromis entre trois exigences qui ne coïncident pas totalement : la volonté israélienne d’obtenir des garanties de sécurité, celle du gouvernement libanais de restaurer son autorité sur son territoire, et le refus du Hezbollah d’abandonner son arsenal.

Tant que ces positions resteront éloignées, l’avenir du sud du Liban continuera de se jouer autant dans les salles de négociations que sur le terrain.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

Liban-Israël : à Rome, des pourparlers sous haute tension pour tenter d’amorcer un retrait israélien du Sud-Liban

À l’ombre du Vatican, Libanais et Israéliens se sont retrouvés mardi à Rome pour une nouvelle séquence de discussions. Objectif affiché : préciser les modalités d’un accord-cadre négocié sous égide Étatsunienne de visant à mettre fin aux hostilités et à organiser le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban. Dans les faits, la méfiance domine et les attentes restent mesurées.

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Le choix de la capitale italienne n’est pas anodin. Il permet aux deux délégations de rester en contact étroit avec leurs capitales tout en s’extrayant de la pression frontalière. Les échanges, prévus sur deux jours à l’ambassade des États-Unis d’Amérique, portent sur la mise en œuvre concrète d’un texte arrêté le 26 juin à Washington.

Ce texte prévoit trois axes : la cessation des combats, le désarmement des groupes armés, lecture implicite : le Hezbollah, le déploiement de l’armée libanaise dans le Sud et un retrait progressif de l’armée israélienne.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a posé le cadre dès mardi à Tel-Aviv : la mise en œuvre de l’accord est « la seule voie possible ». Israël, a-t-il assuré, fera « preuve de bonne volonté » et est prêt à tester deux « zones pilotes » où le désarmement du Hezbollah, le redéploiement de l’armée libanaise et le retrait israélien seraient expérimentés en parallèle.

Côté libanais, le ton est plus ferme. Le président Joseph Aoun a demandé à sa délégation d’exiger « un début immédiat » du retrait israélien de ces deux zones avant d’entrer dans le détail des autres dispositions.

Sur le terrain, rien n’a bougé. L’armée israélienne maintient une « zone tampon » d’environ 10 km à l’intérieur du territoire libanais, sur toute la longueur de la frontière. Accès interdit aux civils comme aux militaires libanais. Villages vidés, destructions contrôlées, démantèlement de tunnels : Tsahal justifie cette emprise par la nécessité de protéger le nord d’Israël d’éventuelles incursions du Hezbollah.

Le Hezbollah, de son côté, rejette l’accord et toute perspective de désarmement. Soutenu par Téhéran, il conditionne la fin des hostilités à une pression iranienne directe sur Washington. Or l’Iran lui-même, après avoir exigé la fin du conflit libanais dans le cadre de l’accord intérimaire conclu le mois dernier avec les États-Unis d’Amérique, voit ce compromis fragilisé par la reprise des tensions dans le Golfe.

La diplomatie Étatsunienne de tente donc d’avancer sur deux fronts à la fois. Selon un responsable étatsunien, la première zone pilote pourrait voir le jour « dans quelques jours ». Le CENTCOM coordonne avec Beyrouth et Jérusalem. Une délégation militaire Étatsunienne s’est d’ailleurs rendue au Liban ce week-end pour arrêter les détails techniques avec l’armée libanaise.

Depuis la reprise des affrontements le 2 mars, dans le sillage d’un conflit régional élargi, le coût humain s’alourdit. Plus de 4 000 Libanais tués et plus d’un million de déplacés, selon le ministère libanais de la Santé. Le décompte ne distingue pas civils et combattants ; le Hezbollah ne communique pas sur ses pertes. Du côté israélien, au moins 32 soldats et 4 civils ont été tués, la plupart dans le Sud-Liban.

Ces chiffres rappellent que la discussion de Rome ne porte pas seulement sur des cartes et des calendriers. Elle engage la possibilité pour des populations de revenir chez elles, et pour un État de reprendre le contrôle de son Sud.

Et maintenant ?

L’accord de Washington reste une coquille : les principes y sont, les mécanismes manquent. Les deux jours romains doivent donc servir à traduire l’intention politique en séquences vérifiables : où, quand, comment se retire Israël, comment l’armée libanaise prend la relève, comment le désarmement est constaté.

Israël lie explicitement son retrait au désarmement du Hezbollah. Le Liban exige un geste préalable pour enclencher la confiance. Entre les deux, les États-Unis d’Amérique jouent les garants techniques.

Dans un pays où les équilibres sont fragiles et la souveraineté contestée, chaque concession se paie cher. La réussite de ces « zones pilotes » dira si l’accord peut tenir. Leur échec le condamnerait avant même d’avoir commencé.

Celine Dou, pour la Boussole-infos